Эмиль Ажар - Pseudo
Здесь есть возможность читать онлайн «Эмиль Ажар - Pseudo» весь текст электронной книги совершенно бесплатно (целиком полную версию без сокращений). В некоторых случаях можно слушать аудио, скачать через торрент в формате fb2 и присутствует краткое содержание. Год выпуска: 2013, Издательство: Mercure de France & Atelier Panik éd. numérique, Жанр: Старинная литература, на французском языке. Описание произведения, (предисловие) а так же отзывы посетителей доступны на портале библиотеки ЛибКат.
- Название:Pseudo
- Автор:
- Издательство:Mercure de France & Atelier Panik éd. numérique
- Жанр:
- Год:2013
- ISBN:нет данных
- Рейтинг книги:4 / 5. Голосов: 1
-
Избранное:Добавить в избранное
- Отзывы:
-
Ваша оценка:
- 80
- 1
- 2
- 3
- 4
- 5
Pseudo: краткое содержание, описание и аннотация
Предлагаем к чтению аннотацию, описание, краткое содержание или предисловие (зависит от того, что написал сам автор книги «Pseudo»). Если вы не нашли необходимую информацию о книге — напишите в комментариях, мы постараемся отыскать её.
Pseudo — читать онлайн бесплатно полную книгу (весь текст) целиком
Ниже представлен текст книги, разбитый по страницам. Система сохранения места последней прочитанной страницы, позволяет с удобством читать онлайн бесплатно книгу «Pseudo», без необходимости каждый раз заново искать на чём Вы остановились. Поставьте закладку, и сможете в любой момент перейти на страницу, на которой закончили чтение.
Интервал:
Закладка:
C’est faux. Bande de salauds. J’ai écrit mes livres de clinique en clinique, sur conseils des médecins eux-mêmes. C’est thérapeutique, disent-ils. Ils m’avaient d’abord conseillé la peinture, mais ça n’a rien donné.
Je savais que j’étais fictif et j’ai donc pensé que j’étais peut-être doué pour la fiction.
« Se réfugie dans des fantasmes d’invulnérabilité, allant parfois jusqu’à assumer la forme d’objets divers, canif, presse-papiers, chaînes, porte-clés, afin d’accéder ainsi à l’insensibilité et aussi pour faire semblant d’adopter, en tant qu’objet, une attitude correcte de coopération avec la société, dont il se sent continuellement menacé. A refusé le prix Goncourt pour échapper aux poursuites. »
J’ai refusé le prix Goncourt en 1975 parce que j’ai été pris de panique. Ils avaient percé mon système de défense, pénétré à l’intérieur, j’étais affolé par la publicité qui me tirait de toutes mes cachettes et par les recherches de mes investigateurs à l’hôpital de Cahors. J’avais peur pour ma mère, qui était morte de sclérose cérébrale et dont je m’étais servi pour le personnage de Madame Rosa du livre. J’avais peur pour l’enfant que je cachais et qui avait peut-être douze ans à trente-quatre, comme moi, ou quarante, ou cent ou deux cent mille ans et encore davantage, car il faut remonter à la source du mal pour avoir le droit de plaider non coupable. J’ai donc refusé le prix, mais ça n’a fait qu’aggraver ma visibilité. On a dit que j’étais publicitaire.
J’ai été traité depuis et ça va mieux, merci. Au cours de mon dernier séjour en clinique, j’ai même écrit un troisième livre.
« S’est imaginé à plusieurs reprises être un python afin d’échapper à son caractère humain et se soustraire ainsi aux responsabilités, obligations et culpabilités qu’il comporte. A tiré de son état de python un roman, Gros-Câlin, s’utilisant ainsi lui-même, conséquence d’une longue pratique de la masturbation. »
C’est exact. J’ai même été convié à ce titre, le 29 novembre 1975, au congrès national du Mouvement contre le racisme et l’antisémitisme, car les reptiles ont toujours été les premiers visés, comme détestés. Je n’ai pas pu m’y rendre, parce qu’à ce moment-là j’avais été remis en cage à Copenhague. Je remercie ici les organisateurs.
Je ne citerai pas, avec mépris, une fiche de mon dossier médical qui a un caractère nettement antisémite, puisqu’il y est dit que je suis juif. J’ai néanmoins cherché à savoir si mon sentiment d’indignité et de culpabilité n’était pas dû au fait que j’étais juif et que je n’avais donc pas crucifié Jésus, ce que les antisémites n’ont cessé de me reprocher depuis. Est-ce que je n’étais pas devenu python pour échapper à mon caractère juif ?
Le docteur Christianssen me dit que je me branlais trop.
Il n’était pas contre la masturbation, car un peu de dialectique, d’animation cérébrale et de satisfactions intellectuelles, ce n’est pas nuisible, c’est même propice, mais deux mille ans de branlette, c’est trop. Il m’a rappelé qu’il y avait maintenant les Noirs, les Arabes, les Chinois, les communistes, et que les Juifs n’étaient plus indispensables, pour se branler.
J’ai alors demandé au bon docteur si je n’avais pas été conduit à devenir un python parce que les Juifs avaient été propagés depuis deux mille ans comme usuriers et boas étrangleurs, et il m’a répondu que c’était parfaitement possible, j’étais capable de tout pour faire de la littérature, y compris de moi-même.
Je pensais à Tonton Macoute, qui est un écrivain notoire, et qui avait toujours su tirer de la souffrance et de l’horreur un joli capital littéraire.
Je me suis remis à écrire.
Comme vous voyez, je n’arrive pas à m’en sortir. Je suis cerné de tous côtés, et c’est l’appartenance.
J’ai à la clinique un collègue qui a réussi à déchiffrer les hiéroglyphes d’un dialecte égyptien précolombien et qui s’est mis à penser et à parler dans cette langue nulle et non avenue, inconnue de tous, sans prise en charge, et il a même laissé certains hiéroglyphes cunéiformes non déchiffrés, pour plus d’espoir. Tant qu’ils demeurent inconnus, ils cachent peut-être une révélation d’authenticité, une explication et une réponse. C’est un homme heureux, car il croit ainsi connaître quelque chose qui est encore resté intact.
Je n’observe pas la chronologie, l’ordre et les règles, dans ce document, car j’ai lu assez de romans policiers pour savoir que l’ordre risque de mener les flics jusqu’à moi et vous pensez bien que ce n’est pas pour cela que je me suis réfugié dans la clinique du docteur Christianssen, à Copenhague.
Je ne connais pas le danois, mais insuffisamment. Lorsque je sors, avec l’autorisation de l’établissement, et que je vais faire un tour dehors, les Danois se mettent à me parler de l’Argentine, du Chili et de l’Irlande du Nord, avec des airs accusateurs. Les passants que je croise me murmurent en danois les horreurs qu’ils ont apprises sur mon compte.
Vous me demanderez comment j’arrive à comprendre ce qu’ils me disent dans une langue dont je ne connais pas un traître mot.
Vous me faites marrer.
Je suis un linguiste-né. J’entends et je comprends même le silence. C’est une langue particulièrement effrayante, et la plus facile à comprendre. Les langues vivantes qui sont tombées dans l’oubli et l’indifférence et que personne n’entend sont celles qui hurlent avec le plus d’éloquence.
Il y a aussi le grave problème de la respiration.
On m’a interné pour la première fois lorsque l’environnement a remarqué que je m’étais mis à retenir ma respiration mille fois, du matin au soir. D’abord on m’a cassé la gueule, parce que c’était insultant, un crime de lèse-humanité, une profanation de Pascal, Jésus et Soljenitsyne. Mettons, par ordre d’importance : de Soljenitsyne, de Jésus et de Pascal. C’était un crachat à la figure de l’humanité, c’est-à-dire la plus grande insulte qu’on puisse faire à la littérature. J’étais alors communiste, mais je me suis désinscrit depuis, pour ne pas les compromettre, parce que je suis subversif. J’étais debout sur le trottoir, il y avait du monde autour, ils ont vu que j’essayais de ne pas respirer le même air qu’eux. Ils ont appelé les flics pour injure à la voie publique. Les flics, dans le fourgon, quand ils ont vu que je continuais à ne pas respirer et même à me boucher le nez, m’ont cassé la gueule pour outrages aux représentants des organes respiratoires dans l’exercice de leurs fonctions.
Quand je me suis trouvé devant le commissaire de police et que je suis resté là, retenant mon souffle, à me boucher le nez et à faire mon exercice d’hygiène, il s’est foutu dans une rogne noire et il m’a dit qu’on n’était pas en Argentine ou au Liban, ici, mais à Cahors. Ça ne sentait pas la merde, le sang, le pus et le cadavre. Je pouvais respirer comme le genre humain l’exige.
— Faut pas essayer de me la faire.
Mais on n’était pas seulement à Cahors. On était partout. Ce con-là ne paraissait même pas se douter que Pinochet et Amin Dada, c’est vous et moi.
« Faut pas essayer de me la faire. » Il paraît que c’est ce que le premier ovule a dit au premier spermatozoïde qui se présentait, mais l’ovule était sans défense et le foutre a eu le premier mot.
Après, je me suis fait à Cahors de nouveaux ennemis, parce que j’ai voulu faire comme les conteurs arabes : je m’arrêtais dans la rue Clemenceau, le jour du marché, et je racontais ma vie. Je me suis encore fait casser la gueule. Au poste, le commissaire Paternel m’a sévèrement mis en garde.
Читать дальшеИнтервал:
Закладка:
Похожие книги на «Pseudo»
Представляем Вашему вниманию похожие книги на «Pseudo» списком для выбора. Мы отобрали схожую по названию и смыслу литературу в надежде предоставить читателям больше вариантов отыскать новые, интересные, ещё непрочитанные произведения.
Обсуждение, отзывы о книге «Pseudo» и просто собственные мнения читателей. Оставьте ваши комментарии, напишите, что Вы думаете о произведении, его смысле или главных героях. Укажите что конкретно понравилось, а что нет, и почему Вы так считаете.