Эмиль Ажар - Pseudo
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- Название:Pseudo
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- Издательство:Mercure de France & Atelier Panik éd. numérique
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- Год:2013
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Le livre en effet se sert de tout, mais il est d’abord une révolte de Gary qui a inventé un pseudonyme, un mot creux, lui a attribué des œuvres, et pensait s’en tenir là pour renaître, mais qui s’est trouvé pris dans un engrenage qui l’a amené à remplir ce creux par Pavlowitch. Celui-ci s’est incarné en Ajar de façon si crédible qu’il a fait perdre au pseudonyme sa fonction. Le masque vide est devenu un comédien. Gary s’en veut et il en veut à son neveu, créature vivant pour son propre compte : même si elle joue sur canevas, elle improvise. Lui, l’adepte de la commedia dell’arte, aurait dû le savoir. Ainsi le pseudonyme n’est plus qu’un oripeau inutile et absurde. Ajar était une tentative d’effraction, qui a échoué. Et a mené les deux protagonistes jusqu’à des limites psychiques repoussées à coup de tranquillisants, d’amphétamines, d’alcool et de séjours en clinique. Le problème étant que les deux hommes, tenus par le même secret, ne pouvaient plus ni se séparer ni cohabiter, alors même que pendant toute la durée de la rédaction, ils partagèrent le même appartement (Paul dans la partie réservée d’abord à Jean). « Il n’y avait rien à faire, écrit Paul Pavlowitch, dans L’Homme que l’on croyait 1, c’était la situation. Il ne pouvait pas me lâcher et je ne pouvais pas le trahir. Ajar était contre nous », et pas seulement entre nous. À leurs difficultés de communication s’ajoutaient des questions financières, le problème des droits d’auteur, celui des impôts, la présence d’avocats pour les régler. Le paroxysme de rancune, de méfiance, de paranoïa même à certains moments, fut tel (on le verra en lisant Vie et mort d’Émile Ajar) que les deux hommes ne se réconcilièrent jamais complètement.
Pseudo
Le titre vient de Gros-Câlin dont le héros, Cousin, explique à deux résistants de l’intérieur, Jean Moulin et Pierre Brossolette, dont les portraits ornent son mur, que la meilleure solution pour passer inaperçu est de « faire malin-malin et pseudo-pseudo ». Proposé au Mercure de France sous cette forme redoublée, il fut finalement simplifié, la répétition étant jugée trop « boulevardière ». Il est né aussi d’une vision du comportement de l’homme moderne en général (et de Cousin en particulier) qui fait semblant 8 heures par jour d’être conforme à l’image d’un statisticien, d’un garçon de bureau, d’une secrétaire, ou d’un écrivain, quand tout cela n’est que comédie et que chacun suit ses rêves, ses cauchemars, sa folie propre. Il évoque pour finir la matrice de l’aventure, le pseudonyme, en abrégé pseudo.
Quant à son contenu, il est, sous une forme éclatée et apparemment incohérente, le récit de l’affaire Ajar dans ce que le public et les divers participants en ont su et telle que Gary et Paul Pavlowitch l’ont vécue, c’est-à-dire dans tous ses détails et tous ses rebondissements. Romain, dans son texte testamentaire, écrit que « tout, à peu de choses près, dans Pseudo, est roman ». En réalité, l’air de rien, tout ou à peu près est là, mais réécrit par Gary qui reste égal à lui-même dans la dérision et la virtuosité, dans la pratique de l’illusionnisme ou de trapèze volant, mais qui se trouve dans un état d’angoisse rare.
Ainsi le choix du Danemark comme lieu de l’action est sans doute vraisemblable, puisque Paul y a effectivement reçu Simone Gallimard puis Yvonne Baby. Mais il est faux, Gary a raison, c’est du roman. Tout le reste, mis à part un autre rendez-vous en Suisse, a eu lieu à Paris. En revanche ce choix correspond à d’autres motivations, profondément garyennes. Le Danemark, comme tous les pays d’Europe, à part l’Angleterre et la Suisse, fut occupé par les nazis pendant la guérir. Son roi, Christian X, refusant de partir en exil demeura parmi son peuple et s’opposa à toute discrimination contre ses compatriotes juifs. Il se réserva même ce que Modiano a appelé « la place de l’étoile » : il menaça de porter lui-même l’étoile jaune si on l’imposait aux Juifs danois, sauvant ainsi l’honneur de l’Europe, Le Danemark, la Suisse, un rêve d’exterritorialité parcourt toute l’œuvre de Gary sous ses deux noms, un endroit où chacun pourrait enfin être à l’abri. Dans la vie de Gary, dans son œuvre et dans l’affaire Ajar qui appartient aux deux, tout est toujours surdéterminé, tout fait signe, tantôt du côté de son imaginaire comme ici, tantôt du côté du réel. Par exemple si Zazie dans le métro est cité de façon bien visible, c’est parce que Raymond Queneau a été soupçonné d’être Ajar. Ou si le narrateur insiste, on se demande pourquoi, sur l’expression « gauloises bleues », c’est parce qu’il s’agit du titre du film réalisé par Michel Cournot soupçonné lui aussi par les médias, les deux allusions voisinant d’ailleurs dans le texte. Et même si ce ne sont que deux détails, on est sans le savoir dans l’affaire Ajar.
Le livre lui-même est indéfinissable, ni roman ni autobiographie, ni confession – Gary écrit : « Je m’y étais fourré tel qu’on m’a inventé » – ni pamphlet ; rien de connu ; sans queue ni tête, il ne commence pas, comme dit la première phrase, et ne mène à rien de précis, la dernière phrase est encore une pirouette de saltimbanque. « Des cris défiant toute concurrence », comme dirait Ajar. Un livre d’angoisse pure et de claustrophobie qui génère des tentatives de fuite toujours renouvelées, toujours inutiles. Sans que le lecteur puisse comprendre de quelle plaie ces chapitres sans suite sont nés. En fait de ce qu’on pourrait appeler le désespoir métaphysique latent de Romain Gary, activé par l’échec d’Ajar en tant que tentative désespérée de fuite de soi.
Quelques pistes sont pourtant utiles pour aider à sa lecture. La première, la principale, consiste simplement à intervertir les fausses données sur les deux personnages principaux. Il ne s’agit pas d’un texte de Paul Pavlowitch inventant Romain Gary pour mieux l’assassiner, comme on l’a lu à sa sortie en 1976, mais d’un texte de Romain Gary inventant Paul Pavlowitch pour mieux assassiner Gary. Un texte de Romain Gary réglant ses comptes avec lui-même et expliquant ses motivations, à l’origine de l’invention d’un simple pseudonyme qui s’est transformé en formidable machine infernale. Ce qui lui a donné au passage l’amère victoire de constater à quel point un milieu intellectuel parisien qui décide de la qualité et de la gloire de quelques écrivains est lui-même une machine à mépriser les uns pour mieux valoriser les autres. Futilité, cruauté et ridicule de la Puissance, thèmes garyens par excellence, là encore. Au départ, il était guidé par la « vieille tentation protéenne de l’homme », parvenir à être un autre, se cacher derrière un autre qui n’existe pas, être un nouvel écrivain, recommencer une nouvelle œuvre, vivre une nouvelle vie. Tentation ambitieuse, de nature existentielle, qui n’avait vraiment rien à voir avec une imposture : « j’avais l’illusion parfaite d’une nouvelle création de moi-même par moi-même », écrit-il. Il avait aussi l’espoir d’illustrer ainsi son rêve de « roman total », décrit dans Pour Sganarelle, où la fiction dépasse les bornes du livre pour se répandre dans le monde dit réel et le plie à ses impératifs imaginaires, c’est-à-dire à sa fantaisie.
Le livre est donc d’abord une entreprise de désinformation où tout est à lire à l’envers. Un exemple parmi d’autres : le choix du titre du deuxième livre d’Ajar. Gary l’avait intitulé La Tendresse des pierres, l’histoire de Momo étant de celles qui attendriraient même des cœurs de pierre. La couverture d’André François représentant une femme à l’enfant, avec des nombrils bien visibles et des têtes remplacées par des pierres, était déjà prête et a été conservée pour l’édition originale. Quand soudain, dans la réalité, Annie, la femme de Paul, se rappela que Jess, l’héroïne d’Adieu Gary Cooper, dit à un moment qu’elle écrit un livre intitulé : « La Tendresse des pierres ». Panique de Gary qui avait complètement oublié ce détail. Lui qui craignait en permanence de se faire prendre en flagrant délit de lui-même vit là une preuve évidente de sa paternité sur l’ouvrage. Il fallait donc faire marche arrière. Paul fut chargé de faire savoir qu’il trouvait finalement ce titre – que tout le monde trouvait bon – exécrable, en brodant sur le thème : « c’est complètement putain », que Paul sut très bien développer dans le genre « ça racole, c’est merdique », tout mais pas ça, je paierai, je n’y survivrai pas. Il devenait bon comédien. Quand le télégramme de Gary signé « Émile » arriva avec ses propositions : Les premiers pas ; Tendres bagages ; Rien ; Quelqu’un à aimer ; Madame Rosa ; Momo…, il était trop tard et Michel Cournot avait déjà choisi La Vie devant soi. Le hasard fait parfois bien les choses. Si l’on prend maintenant la version donnée dans Pseudo, on y retrouvera cette histoire de titre dans tous ses détails, mais réécrite et réinterprétée. Pavlowitch étant l’auteur du livre, c’est donc lui qui a choisi ce titre La Tendresse des pierres, qu’il a emprunté, mais sans le faire exprès, à un livre de son oncle, souvenir inconscient. Mais en réfléchissant, il se souvient que c’est tonton Macoute qui lui a suggéré ce titre, qu’il a eu une attitude bizarre pendant tout l’épisode et en fait l’a manipulé pour qu’il le choisisse précisément, pense-t-il, parce qu’il figure dans une œuvre de Gary. Ainsi tout le monde se dira que Gary est l’auteur véritable de l’œuvre de Pavlowitch. Conclusion : tonton Macoute est un jaloux pervers. Ce simple exemple suffit à rendre compte des contorsions de l’auteur-python (l’image rampe dans tout le texte) qui prend un malin plaisir à « se bouffonner », à « se péjorer », à se caricaturer pour mieux couvrir sa tentative de fuite.
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