Эмиль Ажар - Pseudo
Здесь есть возможность читать онлайн «Эмиль Ажар - Pseudo» весь текст электронной книги совершенно бесплатно (целиком полную версию без сокращений). В некоторых случаях можно слушать аудио, скачать через торрент в формате fb2 и присутствует краткое содержание. Год выпуска: 2013, Издательство: Mercure de France & Atelier Panik éd. numérique, Жанр: Старинная литература, на французском языке. Описание произведения, (предисловие) а так же отзывы посетителей доступны на портале библиотеки ЛибКат.
- Название:Pseudo
- Автор:
- Издательство:Mercure de France & Atelier Panik éd. numérique
- Жанр:
- Год:2013
- ISBN:нет данных
- Рейтинг книги:4 / 5. Голосов: 1
-
Избранное:Добавить в избранное
- Отзывы:
-
Ваша оценка:
- 80
- 1
- 2
- 3
- 4
- 5
Pseudo: краткое содержание, описание и аннотация
Предлагаем к чтению аннотацию, описание, краткое содержание или предисловие (зависит от того, что написал сам автор книги «Pseudo»). Если вы не нашли необходимую информацию о книге — напишите в комментариях, мы постараемся отыскать её.
Pseudo — читать онлайн бесплатно полную книгу (весь текст) целиком
Ниже представлен текст книги, разбитый по страницам. Система сохранения места последней прочитанной страницы, позволяет с удобством читать онлайн бесплатно книгу «Pseudo», без необходимости каждый раз заново искать на чём Вы остановились. Поставьте закладку, и сможете в любой момент перейти на страницу, на которой закончили чтение.
Интервал:
Закладка:
Mais le livre est à lire aussi comme une entreprise proprement littéraire placée sous le patronage d’une série d’écrivains qui cette fois sont résolument des poètes. « À moi l’histoire d’une de mes folies », écrivait Rimbaud dans Une saison en enfer (« Délires » II, « Alchimie du verbe »). Tel semble aussi le projet de Gary dans cette folle narration. Qui convoque, obliquement, puisque la clinique psychiatrique du Docteur Christianssen se trouve en pays Scandinave, Hamlet, prince du royaume de Danemark qui, un crâne à la main, dit sans cesse et pour l’éternité : « To be or not to be » ; être ou ne pas être, telle est la question d’un écrivain hanté par la recherche d’un absolu qu’il traque dans et par la création littéraire, comme Malraux.
Mais Gary place son livre sous le signe d’un autre alchimiste du verbe qui est Henri Michaux, poète déjà présent à la fin des Enchanteurs et à qui il emprunte son exergue : une citation où passent l’angoisse, la peur physique, la persécution et le dédoublement entre homme intérieur et homme social. Tout le livre et le chapitre XXVII en particulier qui commence par « Le Docteur Christianssen s’est révélé un salaud » est un hommage à Michaux, dans l’invention verbale, une sorte de « à la manière de », imitée, dans le recueil Qui je fus, du poème intitulé « Le grand combat » bâti à base de néologismes (« Il l’emparouille et l’endosque… »). Le paragraphe de Gary où il fait de même (« Il y avait des acétates de barnum qui se mélangeaient avec des zazas… ») commence par « Et je luttais », ce qui confirme la référence. On notera que, dans cette page et ailleurs, passe le nom de Saint-John Perse, peut-être pour le caractère parfois obscur ou difficile de son écriture et aussi pour sa visée à la fois métaphysique et résolument de ce monde, Passe encore Rimbaud, et, ailleurs, Mallarmé et le « don du poème » et encore Valéry. Comme si Gary comprenait soudain que dans son « entreprise qui n’eut jamais d’exemple », comme disait Rousseau qui s’y connaissait en introspection, l’écriture poétique aurait été beaucoup mieux adaptée à ses besoins, suggérant toujours plus que ce qu’elle exprime par les moyens d’associations et de musique qui lui sont propres, pour inventer « une langue […] tout à fait étrangère », ce qui également est au départ de l’entreprise surhumaine d’Ajar. Gary tente bien des sorties, comme dans tous ses livres vers d’autres langues qui existent et sont peu parlées, le hongro-finnois par exemple qui est peut-être le finno-ougrien parlé en Hongrie, ou n’existent pas, tel ce dialecte égyptien précolombien plein de fantaisie, Quoi qu’il en soit l’ajar reste sa plus belle tentative de fuite linguistique, avec rire, néologismes, désespoir et sauts de carpe (voir la notice de La Vie devant soi, ou lire Gros-Câlin ;. Ajar-Gary est un inventeur.
Pseudo est aussi un effort pour naître de rien ni de personne d’où l’espoir que suscite en son auteur la nouvelle (fausse) que les savants travaillent à la fabrication d’un gène complètement artificiel qui serait à lui-même sa propre origine. On frémit en pensant qu’en fait les savants allaient (vraiment) bientôt inventer le clonage, Gary n’y aurait pas survécu. Soucieux d’échapper à toute aliénation, influence, regard des autres, hérédité, il s’est lancé là dans une opération d’émancipation de soi par rapport à soi et à tous ses passés, surtout celui d’écrivain. Cela aboutit à Ajar, qui dégénère en Pavlowitch qui est le fils de sa cousine, ce qui revient à dire : je suis, donc je suis coincé, cerné de tous les côtés, cogito désespérant. D’où angoisse et claustrophobie familiale.
À partir de ce misérable constat, il va mener une sorte de duel tragi-comique contre des représentations psychanalytiques figées. Il va donc jouer avec acharnement sur le cliché freudien du complexe d’Œdipe revu à travers Molière, et en particulier L’École des Femmes.
Agnès, qui a un amoureux, le cache à son vieux tuteur désireux de l’épouser, sous l’innocente formule : « Le petit chat est mort. » Elle échappe ainsi à la vigilance du surmoi. Ici le pseudo Pavlowitch s’accuse d’avoir, dans son enfance, tué un petit chat, peut-être pour donner du grain à moudre à son surmoi persécuteur tonton Macoute. Derrière ce tout petit paravent œdipien, il accuse son oncle, ou plutôt Gary s’accuse tout seul, de tous les péchés d’Israël, de Palestine, du Liban, de l’Argentine et du Chili, Toutes les horreurs, tous les fascismes sont à verser au compte de celui qui « a massacré des populations civiles de très haut pendant la guerre », sa seule source de culpabilité réelle, même s’il a agi en service commandé. Mais Pavlowitch-Gary transforme habilement cette culpabilité en glissant à nouveau vers un schéma œdipien classique, massif cette fois, qui explique ses relations conflictuelles avec tonton Macoute, figure paternelle, « Tonton Macoute est un salaud, mais cela ne veut pas nécessairement dire qu’il est mon père », lit-on dès le début du texte. À partir de là, les preuves s’accumulent d’une relation incestueuse (fausse) de Gary avec Dinah, sa cousine, la mère de Paul, qu’il aimait beaucoup, et donc d’une paternité réelle de Gary.
Le tout orné des techniques d’associations libres permettant d’observer des coïncidences, répétitions, images symboliques, à la fois freudiennes et lacaniennes, par l’exploitation de jeux de mots significatifs. Cela se joue par exemple autour du mot « auteur » : « On a insinué, après la publication de mon livre La Vie devant soi, écrit le présumé Pavlowitch-Ajar, qu’il était mon véritable auteur », auteur de mes livres, auteur de mes jours, dit la formule équivoque. Même travail autour du mot « œuvres ». Être le fils des œuvres d’un homme signifiant être né de son action sexuelle et de ses spermatozoïdes. Cela signifie aussi, dans le contexte, né des œuvres de Gary, grâce aux œuvres signées Ajar, Pavlowitch n’ayant pas d’autre existence que celle que lui fournit Gary-Ajar qui en est le ventriloque. Le travail qui semble prouver bruyamment la malfaisance et la culpabilité de Gary renvoie en fait non seulement Ajar, mais Pavlowitch, à son néant. C’est le meurtre du fils et non celui du père qui est à l’ordre du jour dans cette antipsychiatrie d’un nouveau genre, Même si c’est un fils de papier, Pavlowitch ne s’y est pas trompé.
Ce qui n’empêche nullement Gary d’exploiter tout au long de cette affaire les maladies psychologiques et psychiatriques les plus variées. La couverture, elle aussi choisie par Cournot, qui décidément avait parfaitement compris de quoi il s’agissait, est une gravure du XVIII emontrant un crâne écorché, puis la boîte crânienne ouverte sur un cerveau que l’on imagine malade. La schizophrénie, bien sûr, psychose du dédoublement (déjà présente dans Gengis Cohn et Europa, ici d’un narrateur à la fois, comme toujours, plaie et couteau, soufflet et joue, membres et roue, mais la victime et le bourreau sont ici remis au goût du jour grâce aux références politiques, Plioutch (le dissident russe persécuté) et Pinochet (le tortionnaire chilien). La paranoïa, autre psychose, de la persécution allant jusqu’à l’hallucination auditive, omniprésente : chaque chapitre, dans l’édition originale, est précédé du dessin d’un œil qui peut être celui de l’auteur véritable se contemplant lui-même aussi bien que son œuvre, qui est plutôt sans doute la représentation visible de l’œil de Caïn, selon Victor Hugo, toujours lui. Et toutes les petites névroses, angoisses, obsessions, tendances messianiques… font la ronde, soignées par toute une pharmacopée aux noms poétiques et étranges. Le fantastique n’est pas loin.
Читать дальшеИнтервал:
Закладка:
Похожие книги на «Pseudo»
Представляем Вашему вниманию похожие книги на «Pseudo» списком для выбора. Мы отобрали схожую по названию и смыслу литературу в надежде предоставить читателям больше вариантов отыскать новые, интересные, ещё непрочитанные произведения.
Обсуждение, отзывы о книге «Pseudo» и просто собственные мнения читателей. Оставьте ваши комментарии, напишите, что Вы думаете о произведении, его смысле или главных героях. Укажите что конкретно понравилось, а что нет, и почему Вы так считаете.