Эмиль Ажар - Pseudo
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- Название:Pseudo
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- Издательство:Mercure de France & Atelier Panik éd. numérique
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- Год:2013
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Pseudo est un très grand témoignage sur la folie, comme les livres de Nerval, mais c’est un faux témoignage. Gary est très sûr de lui, il maîtrise exactement ce qu’il écrit. Il est d’une duplicité ou plutôt d’une triplicité incroyable. L’entreprise Ajar a échoué. Pseudo, le récit fou de cet échec, est une parfaite réussite.
par Mireille SACOTTE *
1. Fayard, 1981. Livre auquel beaucoup de détails sont empruntés.
*. Mireille Sacotte est professeur émérite de littérature à l'université nouvelle de la Sorbonne - Paris III.
Elle a dirigé deux colloques sur Romain Gary : l'un à Paris III en 2000, « Géographies de Romain Gary », et les Actes publiés sous le titre « Romain Gary ou la pluralité des mondes », PUF, 2002 ;l'autre au ministère des Affaires Étrangères en 2002, « Romain Gary, écrivain-diplomate » publié sous ce titre à l'ADPF.
Elle est aussi l'auteur de nombreux articles, d'un commentaire de La Promesse de l'Aube , «Foliothèque », Gallimard. Elle est enfin l'éditrice de Légendes du Je , les récits et roman de Romain Gary et d'Émile Ajar en « Quarto », Gallimard, 2009.
PSEUDO
Brûlures, morsures, déchirures. Des chiens mordent. Des meutes de chiens. Des vagues incessantes de chiens. Des ruées de chiens ardents,impétueux et dont je ne puis parler à personne, dont je dois, dans un pareil moment, me retenir de parler, faisant comme s’ils n ’étaient pas là, comme si j ’étais au repos... tranquille, hors d ’atteinte.
Henri Michaux, Face à ce qui se dérobe.
Il n’y a pas de commencement. J’ai été engendré, chacun son tour, et depuis, c’est l’appartenance.
J’ai tout essayé pour me soustraire, mais personne n’y est arrivé, on est tous des additionnés.
J’avais pourtant élaboré un système de défense très au point devenu connu dans le jeu de l’échec sous mon nom, « la défense Ajar ». Ce fut d’abord l’hôpital de Cahors, ensuite plusieurs séjours à la clinique psychiatrique du docteur Christianssen, à Copenhague.
Ils m’ont expertisé, analysé, testé, percé à jour, et mon système de défense s’est écroulé. J’ai été « guéri » et remis en circulation.
J’ai réussi à voler quelques fiches dans mon dossier médical, pour voir s’il n’y avait rien à en tirer du point de vue littéraire, si je ne pouvais pas me récupérer.
« La simulation, poussée à ce point, et assumée pendant des années avec tant de constance et de continuité, témoigne par son caractère obsessionnel de troubles authentiques de la personnalité. »
D’accord, je veux bien, mais tout le monde simule à qui mieux mieux : je connais un Algérien qui fait le boueux depuis quarante ans, un poinçonneur qui exécute trois mille fois par jour le même geste, et si vous ne simulez pas, vous êtes déclaré asocial, inadapté ou perturbé. Je pourrais même aller plus loin et vous dire que c’est une vie simulée dans un monde complètement pseudo, mais ce serait vu comme un manque de maturité de ma part.
« Orphelin, éprouve depuis son enfance un sentiment de haine envers un parent éloigné, recherche caractérisée du Père. »
Tonton Macoute est un salaud, mais cela ne veut pas dire nécessairement qu’il est mon père. Je ne l’ai jamais prétendu, je l’ai seulement espéré, à certains moments, par désespoir. Ce n’est pas moi, ce sont mes investigateurs qui ont insinué, après la publication de mon livre La Vie devant soi, qu’il était mon véritable auteur.
« Fait toujours des nœuds inextricables lorsqu’il essaye de délacer ses souliers, qu’il déchire ou coupe ensuite rageusement pour se libérer. Transfert sur les lacets de ses nœuds psychologiques qu’il ne fait que multiplier lorsqu’il cherche à les dénouer. »
C’est vrai pour les lacets mais pour le reste, merde.
Il est vrai également que j’ai des problèmes avec ma peau, parce que ce n’est pas la mienne : je l’ai reçue en héritage. J’en ai été enveloppé par voix génétiques, avec soin, préméditation et accusé levez-vous, surtout la nuit, vers quatre heures, quand le taux de sucre dans mon sang est, parait-il, à son plus bas, et ça hurle de terreur, là-dedans.
J’ignore à quel moment ont commencé les « signes cliniques » d’appartenance, mes « symptômes », comme ils disent. Je ne sais plus de quel massacre précis il s’agissait, mais je m’étais soudain senti entouré d’index pointeurs, en proie à une visibilité inouïe. C’est lui, saisissez-le. Je me découvrais planétaire, d’une responsabilité illimitée. C’est d’ailleurs pourquoi les psychiatres m’ont déclaré irresponsable. À partir du moment où vous vous sentez un persécuteur d’un bout du monde à l’autre, vous êtes diagnostiqué comme un persécuté.
J’ai tout essayé pour me fuir. J’ai même commencé à apprendre le swahili, parce que ça devait quand même être très loin de moi. J’ai étudié, je me suis donné beaucoup de mal, mais pour rien, car même en swahili, je me comprenais, et c’était l’appartenance.
J’ai alors tâté du hongro-finnois, j’étais sûr de ne pas tomber sur un Hongro-Finnois à Cahors et de me retrouver ainsi nez à nez avec moi-même. Mais je ne me sentais pas en sécurité : l’idée qu’il y avait peut-être des engendrés qui parlaient le hongro-finnois, même dans le Lot, me donnait des inquiétudes. Comme on serait seuls à parler cette langue, on risquait, sous le coup de l’émotion, de tomber dans les bras l’un de l’autre et de se parler à cœur ouvert. On échangerait des flagrants délits et après, ce serait l’attaque du fourgon postal. Je dis « l’attaque du fourgon postal », parce que ça n’a aucun rapport avec le contexte et il y a là une chance à ne pas manquer. Je ne veux aucun rapport avec le contexte.
Et cependant je continue à chercher quelqu’un qui ne me comprendrait pas et que je ne comprendrais pas, car j’ai un besoin effrayant de fraternité.
J’ai eu pour la première fois des hallucinations à l’âge de seize ans. Je m’étais soudain vu cerné par des vagues hurlantes de réalité et agressé par elle de tous les côtés. J’étais très jeune, je ne connaissais rien à la psychiatrie, et quand je voyais sur mon écran les images du Viêtnam, les gosses aux ventres gonflés par la mort qui crevaient en Afrique ou les cadavres militaires qui me sautaient dessus, je croyais sincèrement que j’étais dingue et que j’avais des hallucinations. C’est ainsi que je me suis mis peu à peu à élaborer, sans même le savoir, mon système de défense, qui me permet de chercher refuge dans divers établissements hospitaliers.
Ce n’est pas venu d’un seul coup et ce fut le résultat d’un long travail.
Je ne me suis pas fait moi-même. Il y a l’hérédité papa-maman, l’alcoolisme, la sclérose cérébrale, et un peu plus haut, la tuberculose et le diabète. Mais il faut remonter beaucoup plus loin, car c’est à la source originelle que l’on trouve le vrai sans-nom.
Dès la sortie de mon premier ouvrage d’affabulation, on a commencé à remarquer que je n’existais pas vraiment et que j’étais sans doute fictif. On a même supposé que j’étais un ouvrage collectif.
C’est exact. Je suis une œuvre collective, avec ou sans préméditation, je ne puis encore vous le dire. À première vue, je ne me crois pas assez de talent pour imaginer qu’il pût y avoir préméditation syphilitique ou du même genre, uniquement pour me soutirer quelque œuvrette littéraire.
C’est possible, vu qu’il n’y a pas de petits bénéfices, mais je ne saurais me prononcer là-dessus.
« Écrit sous le pseudonyme d’Ajar, Ajar voulant dire laissé ouvert en anglais, aveu d’une vulnérabilité masochiste, sans doute délibérément cultivée comme source féconde d’inspiration littéraire. »
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