Louis-Ferdinand Céline - Nord

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Nord: краткое содержание, описание и аннотация

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Céline au milieu de l'Allemagne en flammes. Avec ses compagnons d'infortune, — sa femme Lili, l'acteur Le Vigan, et le chat Bébert —, le voici à Baden-Baden dans un étrange palace où le caviar, la bouillabaisse et le champagne comptent plus que les bombardements, puis dans Berlin en ruines, et enfin à Zornhof dans une immense propriété régie par un fou. C'est une gigantesque tragédie-bouffe, aux dimensions d'un pays qui s'effondre, vécue par celui qui se nomme lui-même « le clochard vieillard dans la merde ».

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« Tout de même vous voyez ! tout n'est pas de leur faute, chère amie ! »

En fait, notre demoiselle avait tout fait depuis son arrivée, trois semaines, que tous les mâles de la piscine deviennent intenables… un nouveau maillot tous les jours, de plus en plus provocant… oh, des superbes fesses, j'admets… mais ce qu'elle pouvait faire avec !… de ces déhanchements… appels de reins dès le plongeoir !… et puis en nageant… une manière de crawl qui lui faisait dix croupes à la fois… tapant dans les mousses… sur l'eau, sous l'eau… de quoi bien retourner la piscine… je veux dire les clients… coiffeurs, croupiers, garçons de bains… et les désœuvrés de notre hôtel… officiers en convalescence… bien sûr, bien sûr, les nerfs à bout… cet attentat contre Adolf avait fait monter la température… mais en plus elle là, son derrière ! sans M mevon Seckt elle se faisait lyncher… d'un mot le calme est revenu… nous repassons devant cette horde, masseurs, maîtres de bains, cuisiniers, clique bien sournoise, courbettes partout ! M llede Chamarande, sauf sa manie déplorable de tellement faire valoir son séant, était une personne très gentille, même très sympathique, instruite… pharmacienne à Barcy-sur-Aude… « collaboratrice » de hasard, elle avait été aimée et très amoureuse d'un avocat de la Milice… ils allaient se marier… leur idylle avait tourné court, deux jours avant le Débarquement les fifis l'avaient abattu, le fiancé, en plein prétoire… elle s'était sauvée, sa maison brûlait, sa pharmacie, tout, et sa grand-mère… un tank S.S. l'avait trouvée dans les luzernes ! un maquis entier la cherchait… si elle l'avait échappé, juste !… à plat ventre entre les balles !… ah, M llede Chamarande !… les émotions !… elle pouvait être un petit peu drôle !… en se sauvant elle avait rejoint toutes les familles miliciennes à Gérardmer… et ce n'était pas tout !… en prenant ses bains, elle avait fait la conquête de toute l'Ambassade d'Allemagne en étape de repli vers Francfort… plus les croupiers de Monte-Carlo qui devaient ouvrir à Stuttgard une autre école, filiale d'ici… puisqu'elle n'avait plus d'officine, plus de maison, plus de grand-mère, plus que des voyous partout autour qui la recherchaient pour la scalper, la demoiselle, pas sotte, s'était rendue plus qu'aimable avec les messieurs des deux bords, croupiers gaullistes, nazis d'ambassades… toutefois peut-être un peu trop de croupe pour des gens jeunes et sur les nerfs… surtout du plongeoir !… la preuve, vous avez entendu cette basse bataille, entre les loufiats de Vichy « résistants occultes » au « Brenner » et les habitants de Baden-Baden, mutilés boches, boscos, tordus, des hôpitaux, qui venaient aussi à la piscine, s'offrir un « strip-tease » à l'œil… exaspérés forcément, bien prêts à nous bouziller, tous déjà préparaient les pavés qu'ils allaient nous passer au cou… c'était fait sans M mevon Seckt… nous profitons de l'accalmie, nous reprenons la berge de l'Oos, quelqu'un accourt au-devant de nous… Fräulen Fisher !… encore une qui nous aime bien… et qui se vante d'être très méchante… les Américains l'ont fessée… elle nous met tous dans le même sac !… elle est laide d'une certaine façon, si Quasimodo, que ça peut que lui avoir fait du bien… à Alger qu'elle s'est fait fesser… au Consulat… elle était là, chez Schulze, à présent, sa secrétaire… la nature l'avait servie, toute sa joue gauche, une tache de vin, les cheveux rouges, drus, queue-de-vache, les yeux, un œil gris, l'autre bleu… et louchante… elle faisait aussi son effet !… elle s'en vantait !… qu'elle était du Hartz, du massif pays des sorcières… d'abord, elle soignait son décor, partout dans sa chambre, peintures et poupées de sorcellerie… au mur, en bibelots, en assiettes… pendant du plafond… autant de sorcières chevauchant balais… « vous savez… elle nous prévenait… nous allons toutes au sabbat ! » Elle tenait à cette bonne légende… elle se voyait touillant la marmite, nous dedans et les Américains, à bien bouillir, dépiautés… Alger, au moment du débarquement, les amerloques l'avaient passée au coaltar… nous les responsables ! un monde !… là si pressée de venir au-devant de nous… quelle bonne nouvelle ?…

« Docteur ! Docteur !… »

C'était pour moi…

« Monsieur le Legationsrat voudrait parler au docteur… urgent !… si vous voulez bien ?

— Mademoiselle Fisher à vos ordres !… je vous suis !… »

Deux minutes… j'étais chez Schulze…

« Docteur, vous savez ce qui s'est passé ?

— Oh à peu près Monsieur le ministre… à peu près ?…

— Oh non Docteur, vous ne savez pas !… vous allez savoir !… vous connaissez cet hôtel !… vous avez été partout ?…

— Oui, à peu près… il me semble…

— Alors, s'il vous plaît… si vous voulez bien… je vais vous faire accompagner par un homme à moi… il aura une clef spéciale… “passe-partout”… vous connaissez ! inutile de frapper aux portes… vous ouvrirez et vous trouverez des malades… si vous êtes assez aimable, prenez tout ce qu'il faut, vous savez, votre sacoche !… surtout ceux-là !… je vous donne les numéros !… »

Il écrit…

« 113… 117… 82… entrez sans frapper !… ils pourraient ne pas vous ouvrir… ne leur dites pas que c'est de ma part…

— Oh, pas un mot, Monsieur le ministre !

— Ensuite, lorsque vous aurez donné vos soins… revenez me voir !… vous ne parlerez à personne de ce que vous aurez observé… jamais !… jamais !…

— La tombe, strict ! La tombe, Monsieur le ministre !

— Alors, bien merci Docteur !… nous nous reverrons après… après… »

Ce sont des chambres que je connais… 117… 113 surtout… pas très sorcier !… ça s'étalait depuis des mois, y avait qu'à les regarder un peu… tous ces gens, les gros du « Brenner », les plus grands appartements, surtout le 117, avait trempé dans le complot, pardi !… les magnats à brouettes de marks… peut-être qu'ils s'étaient suicidés ?… ça, que le Schulze m'envoyait voir… je raffolais pas… y étaient morts ou étaient saouls… du moment que l'on célèbre quelque chose, bon ou mauvais, l'humain se rondit, bâfre, maximum… je prends ma seringue, ma trousse, mes ampoules… voyons si ça s'est pendu ? je me dis, tout près là, le 113 !… d'abord !… voyons !… toc ! toc ! on ne répond pas… le loufiat au « passe » ouvre… une femme sort du noir une belle brune… dépoitraillée, échevelée…

« Ah, c'est vous ! ah, c'est vous, cher docteur !… entrez donc, voyons, entrez ! »

Je crois qu'en fait de complot, ce qui se passe c'est plutôt un genre de partouze… combien ils sont ?… cinq six formes bougent… là-bas, au fond… pas mon affaire !… cette femme était assez distante, d'habitude… à peine un espèce de sourire… là, le peignoir ouvert je la vois plus aimable… brusque, elle m'embrasse !… elle veut peut-être que je me joigne ? zut ! je ne viens pas pour ça du tout !… je viens pour m'en aller ! ils sont combien ?… je distingue mal… un mélimélo… je reconnais un garçon d'étage et un commandant… et une manucure… à poil celle-là… et cinq… six couples… tout ça dans l'obscurité… ils ont tout fermé, ils n'ont qu'une bougie, une seule… qu'est-ce qu'ils foutent en plus qu'ils se massent ?… des incantations ?… ça sent l'encens… j'y vois mieux, je m'accommode, comme à la radio… la belle échevelée ne m'embrasse plus, elle me laisse, s'affale, tout de suite elle ronfle… ah je vois au mur une grande photo, celle d'Hitler, pendue à l'envers… avec, en large, un crêpe… à travers le cadre… ils devaient célébrer sa mort… ce que m'avait recommandé Schulze de jamais en parler à personne pardi !… que leur bombe avait fait fiasco !… ils étaient fins là, à se peloter comme si c'était réussi ! pas crevé l'Adolf !… pas du tout !… le colonel chauve et le môme liftier à même le tapis… saouls aussi les deux !… hoquetants… ils vomiraient… les autres aussi… pas drôles du tout… l'Hitler à l'envers qu'était drôle, orné du grand crêpe… je dis au porte-clés : « Ça va !… maintenant le 117 !… » je vois encore qu'ils ont mis des tables… trois… quatre… avec tout ce qu'il faut ! des poulets entiers découpés… des énormes compotiers de tout… fruits glacés… meringues… ils n'ont même pas pu y toucher tellement ils dégueulaient déjà… les caisses de champagne… ils en avaient pour bien huit jours… ma brune si accueillante ronfle… elle s'aperçoit pas que je m'en vais… les autres chambres doivent être aussi libertines… 214… 182… peut-être pas tous en messe noire… alors à jouer du piano… enfiler des perles… en attitudes édifiantes… dans les circonstances tragiques y a toujours deux clans, ceux qui vont voir couper les têtes, ceux qui vont pêcher à la ligne… on jouait du piano au salon, en bas, j'entendais… le tout de descendre trois étages… je dis au porte-clés : allons-y ! je m'étais pas trompé… pas qu'en un salon !… dans deux… dans trois salons… grand rassemblement des familles… oh, mais très convenables ! industriels, et généraux convalescents… et Français collaborateurs… pères, mères, les enfants et petits chiens… sûrement ils savent pour l'attentat… mais pas l'air du tout soucieux… tout à la musique !… j'entends… lieder … romances… juste notre Constantini chante… il a de la voix, c'est un fait… M mevon Seckt l'accompagne, très bien, sans partition… tout le répertoire… comme elle veut… tous les opéras…

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