Louis-Ferdinand Céline - Nord

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Céline au milieu de l'Allemagne en flammes. Avec ses compagnons d'infortune, — sa femme Lili, l'acteur Le Vigan, et le chat Bébert —, le voici à Baden-Baden dans un étrange palace où le caviar, la bouillabaisse et le champagne comptent plus que les bombardements, puis dans Berlin en ruines, et enfin à Zornhof dans une immense propriété régie par un fou. C'est une gigantesque tragédie-bouffe, aux dimensions d'un pays qui s'effondre, vécue par celui qui se nomme lui-même « le clochard vieillard dans la merde ».

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« Oh n'ayez crainte Monsieur Céline, ils ont leur idée !… vous verrez cette grande catastrophe se déroulera selon un plan… les armées du Reich quittent la Russie selon un plan !… dix mille tués par kilomètre… pour la France je peux pas vous dire… pas encore… mais sûrement aussi, tant par kilomètre… le prince Metternich me disait hier qu'à Paris, déjà les représailles… méfiez-vous Monsieur Céline, nos fous sont extrêmement sournois, et chevaleresques, et méthodiques… très baroque mélange n'est-ce pas ?… vous verrez !… l'art baroque est un art allemand…. typique, n'est-ce pas ?… typique !… ils prennent leur temps, vous verrez, vous verrez tout, Monsieur Céline… tenez, moi, ma propre maison à Potsdam, je suis absolument certaine que j'ai été bombardée par la Luftwaffe ! pas du tout par la R.A.F. !… un ordre du fou, me faire disparaître, et ma maison, et les papiers de mon mari !… ils sont venus juste à midi, au moment du déjeuner… j'étais chez ma fille à Grünwald… oh, ma maison n'existe plus !… une équipe de la Chancellerie est venue fouiller les décombres ! ils n'ont rien trouvé… c'est bien au prince Metternich que je dois la vie, il est venu me chercher à onze heures… maintenant, n'est-ce pas, Baden-Baden !… vous dire que du temps de mon mari nous voulions y prendre quelque chose… une villa… vous voyez le destin !… moi aussi je me demande pourquoi ils nous ont mis là, tous ensemble ? ou plutôt je ne me le demande pas… sûrement vous avez remarqué… ces bombes qui tombent… pas bien loin de l'hôtel… et au moment du déjeuner ?… si souvent n'est-ce pas que personne n'a plus peur… le monde s'habitue… le monde n'y croit plus !… si vous pouvez quitter le Brenner, allez-vous-en Monsieur Céline !… l'Hôtel Brenner est endormi et ses hôtes !… sous le charme !… seule une bombe peut tout réveiller !… je plaisante, Monsieur Céline… en vérité, vous le savez, cette vallée est paradisiaque… nulle part au monde vous ne verrez de telles essences, de tels bosquets… de telles douceurs… peut-être à Tzarskoïe-Selo ?… les saules seuls n'est-ce pas ?… non des feuilles, des larmes d'or et d'argent, au courant de l'Oos… un enchantement, évidemment ! et tant d'oiseaux !…

— Une merveille, Madame von Seckt !…

— Du temps de Max de Bade, nous avions peut-être plus de nids… pour les oiseaux de Lichtenthal existait une Société… ils avaient un enclos à eux, tout planté, mouron et chènevis… aussi pour les oiseaux de passage un enclos de rocaille… on avait soin de tout alors… »

Je voulais pas lui faire remarquer que si les oiseaux pépiaient tant et loin devant nous c'était à cause de Bébert qui ne nous quittait pas, fidèle greffe !… il nous suivait dans les talons… lui pensait aux mésanges, fauvettes, rouges-gorges… lui et les oiseaux se comprenaient, d'une certaine façon…

Je vous parle beaucoup de M mevon Seckt, je vous la fais pas voir… une personne âgée, menue, toute vêtue de satin violet… demi-deuil… oh mais pas triste ! toute prête à rire… nullement abattue par les événements, s'en amusant… « des bijoux que je ne portais plus depuis mon deuil »… elle les avait tous sur elle… trois sautoirs, bagues, et de très beaux bracelets… « une châsse, Monsieur Céline, une châsse !… tout ce que j'ai retrouvé de ma maison !… je suis ridicule, n'est-ce pas ?… vous trouvez ?… la jeune femme est coquette pour plaire, la vieille pour avoir l'air riche, il faut être riche ou disparaître !… tenez mes nièces venaient me voir à Potsdam… elles allaient bientôt se marier… ma maison était très vaste, trop importante, quatre étages, mon mari avait ses bureaux, bien trop grande pour moi… je pensais à venir par ici finir mes jours… je leur aurais donné ma maison… Hitler a tout arrangé, n'est-ce pas ?… est-ce drôle !… où peuvent être mes nièces ?… je ne les reverrai jamais sans doute… moi, où pensez-vous que je finirai ?… à l'hôtel Brenner ?… encore sous une bombe ? oh, certainement pas dans l'Oos !… personne n'a jamais pu s'y noyer !… aucun joueur ! le plus malchanceux !… à Monte-Carlo tout le monde peut se noyer ! la mer est là… ici l'Oos est fait exprès pour le Casino !… il clapote, gazouille, mais ne noie personne, jamais !… vous l'entendez ?… piquant détail Monsieur Céline, son gazouillis est réglable, variable selon l'heure, le temps qu'il fait… réglé par une demoiselle préposée aux sources, une employée du Casino, l'Oos ne doit ni éclabousser, ni importuner, ni noyer… charmer il doit !… les autorités de la Vallée pensent à tout… tout doit être ici dans un rêve… vous avez pu voir… »

C'était pas tout à fait notre cas… je nous trouvais pas du tout dans le rêve… dans la vérité, bien tocarde !… comme aujourd'hui en 59… la bourgeoisie l'effort qu'elle fait, pour se croire encore en 1900… foutue mascarade !… certes pas à dire, certains attraits, grand luxe vieillot, très capitonné, rassurant… douceurs tziganes pour des siècles et des siècles de stupres… mais pour nous pardon, bêtes marquées, moqueries ! rarement vous voyez les bêtes s'amuser devant l'abattoir… tout de même un joli monument ! qui valait la peine même pour nous animaux traqués : l'église russe… cinq coupoles, énormes oignons d'or, sur le ciel bleu… un effet que vous dites : voilà ! oh quelle éblouissante prière !… le pope est là, il attend… il attend le retour des tsars… ou au moins de quelque archiduc… deux lui étaient venus depuis 17… pas donateurs ni l'un ni l'autre… emprunteurs d'icônes… emprunteurs pour montrer à Rome… le pope les avait jamais revus… ce pope vivait au « Brenner », aussi, aux cuisines !… il faisait partie de la Vallée, en attendant des temps meilleurs les autorités l'avaient casé à l'hôtel… il faisait visiter son église de temps en temps… Lili, moi, Bébert et M mevon Seckt l'avons fait un peu parler… avant d'aller un peu plus loin à l'« enclos des roses »… la promenade finissait là… depuis les Romains… les premiers Thermes, elle finit là… vous devez prendre quelque repos… « l'enclos des roses » ne veut pas de truands ! valets-la-sauvette !… saucissons !… l'enclos des roses ne s'offre qu'aux promeneurs de bon ton… les fleurs sont là depuis Tibère…

* * *

Bosquets… massifs… roses… pastels ardents… pas à croire… nous en étions là, sur un banc de marbre, M mevon Seckt nous racontant, une fois de plus, ses séjours en Chine, avec son mari, général, génial réorganisateur de l'armée Mao… et que le funeste petit clown aurait pas tenu seulement deux mois !… ah, Monsieur Céline, croyez-moi !… son mari là !

« Vous savez Monsieur Céline le triomphe du Diable tient surtout à ce que les personnes qui le connaissaient bien ne sont plus là… vous pensez si cet Adolf peut s'en donner ! il ne craint personne !… un autre diable seul !… »

Je pensais en effet que ça allait de plus en plus mal… cette M mevon Seckt radotait mais je crois assez justement… plus aucune nouvelle de ma mère… ni de personne… un petit peu par les radios… les levées de barricades dans Paris… tout le personnel du « Brenner » communiquait par Lausanne… toute la ville d'ailleurs… croupiers, manucures, commerçants, et le Legationsrat lui-même, notre führer … bien d'avis tous que « Radio-Sottens » était autrement plus sérieux que « Télé-Göbbels »… Schulze, notre führer se déclarait pas nettement pro-alliés, mais à chaque vraiment grande défaite, il faisait dire une grande messe à l'église des Thermes, lui et sa famille communiaient… rien à dire !… nous étions là à réfléchir dans cet endroit d'enchantement, M mevon Seckt nous faisait voir, entre les roses, l'endroit où s'élevait, quelques briques tenaient encore, le « Pavillon des Philosophes »… où Grimm, M mede Staël, Constant, se rencontraient chaque matin… M mevon Seckt venait ici toute petite, elle connaissait tous les buissons, tous les sentiers, tous les labyrinthes, désespoir des gouvernantes !…

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