François Mauriac - Thérèse Desqueyroux

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Thérèse Desqueyroux, orpheline de mère, élevée par un père athée dans « l'orgueil d'appartenir à l'élite humaine », a tenté, falsifiant des ordonnances, d'empoisonner Bernard, son mari, un être respectable, mais froid, buté. Pour préserver sa famille du scandale, ce dernier, grand propriétaire terrien landais, a déposé en sa faveur au tribunal ; Thérèse a obtenu un non-lieu…
Ce roman, publié pour la première fois en 1927, débute au moment où la jeune femme quitte le palais de justice. Sur le chemin qui la ramène à la propriété d'Argelouse, où elle doit retrouver l'homme qu'elle a voulu voir mourir, la ténébreuse Thérèse fait défiler sa vie, les blessures qui l'ont poussée à commettre ce crime démoniaque : une jeunesse solitaire, un caractère instable, rebelle, mélancolique et tourmenté qui n'a pu s'affermir dans le mariage avec un homme riche mais hostile aux idées, fossilisé par les conventions, une belle-famille qu'elle méprise. Thérèse, qui croit encore au pardon de son mari, ignore qu'elle a définitivement brûlé sa vie. Bernard, fidèle à ses principes de plomb, préférera l'éloigner, plutôt que la comprendre et se rapprocher d'elle. Cette histoire d'une âme noire et perdue, étouffée dans le carcan d'une famille, est peut-être la plus belle, la plus violente prière romanesque de Mauriac.

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VII

Bernard, sur le seuil, guettait le retour de Thérèse : « Je n'ai rien ! Je n'ai rien ! cria-t-il, dès qu'il aperçut sa robe dans l'ombre. Crois-tu que, bâti comme tu me vois, je suis anémique ? C'est à ne pas croire et c'est pourtant vrai : il ne faut pas se fier à l'apparence ; je vais suivre un traitement… le traitement Fowler : c'est de l'arsenic ; l'important est que je retrouve l'appétit. »

Thérèse se souvient que d'abord elle ne s'irrita pas : tout ce qui lui venait de Bernard l'atteignait moins que d'habitude (comme si le coup eût été porté de plus loin). Elle ne l'entendait pas, le corps et l'âme orientés vers un autre univers où vivent des êtres avides et qui ne souhaitent que connaître, que comprendre — et, selon un mot qu'avait répété Jean avec un air de satisfaction profonde, « devenir ce qu'ils sont ». Comme, à table, elle parlait enfin de sa rencontre, Bernard lui cria : « Tu ne me le disais pas ? quel drôle de type tu es tout de même ! Eh bien ? Qu'est-ce que vous avez décidé ? »

Elle improvisa aussitôt le plan qui devait être en effet suivi : Jean Azévédo acceptait d'écrire une lettre à Anne où il saurait en douceur lui enlever tout espoir. Bernard s'était esclaffé lorsque Thérèse lui avait soutenu que le jeune homme ne tenait pas du tout à ce mariage : un Azévédo ne pas tenir à épouser Anne de la Trave ! « Ah ! çà, tu es folle ? Tout simplement, il sait qu'il n'y a rien à faire ; ces gens-là ne se risquent pas lorsqu'ils sont sûrs de perdre. Tu es encore naïve, ma petite. »

A cause des moustiques, Bernard n'avait pas voulu que la lampe fût allumée ; ainsi ne vit-il pas le regard de Thérèse. « Il avait retrouvé appétit », comme il disait. Déjà le médecin de Bordeaux lui avait rendu la vie.

« Ai-je souvent revu Jean Azévédo ? Il a quitté Argelouse vers la fin d'octobre… Peut-être fîmes-nous cinq ou six promenades ; je n'isole que celle où nous nous occupâmes de rédiger ensemble la lettre pour Anne. Le naïf garçon s'arrêtait à des formules qu'il croyait apaisantes, et dont je sentais, sans lui en rien dire, toute l'horreur. Mais nos dernières courses, je les confonds dans un souvenir unique. Jean Azévédo me décrivait Paris, ses camaraderies, et j'imaginais un royaume dont la loi eût été de “devenir soi-même”. “Ici vous êtes condamnée au mensonge jusqu'à la mort.” Prononçait-il de telles paroles avec intention ? De quoi me soupçonnait-il ? C'était impossible, à l'entendre, que je pusse supporter ce climat étouffant : “Regardez, me disait-il, cette immense et uniforme surface de gel où toutes les âmes ici sont prises ; parfois une crevasse découvre l'eau noire : quelqu'un s'est débattu, a disparu ; la croûte se reforme… car chacun, ici comme ailleurs, naît avec sa loi propre ; ici comme ailleurs, chaque destinée est particulière ; et pourtant, il faut se soumettre à ce morne destin commun ; quelques-uns résistent : d'où ces drames sur lesquels les familles font silence. Comme on dit ici : Il faut faire le silence…” — Ah ! oui ! m'écriai-je. Parfois je me suis enquise de tel grand-oncle, de telle aïeule, dont les photographies ont disparu de tous les albums, et je n'ai jamais recueilli de réponse, sauf, une fois, cet aveu : “Il a disparu… on l'a fait disparaître.”

« Jean Azévédo redoutait-il pour moi ce destin ? Il assurait que l'idée ne lui serait pas venue d'entretenir Anne de ces choses, parce que, en dépit de sa passion, elle était une âme toute simple, à peine rétive, et qui bientôt serait asservie : “Mais vous ! Je sens dans toutes vos paroles une faim et une soif de sincérité…” Faudra-t-il rapporter exactement ces propos à Bernard ? Folie d'espérer qu'il y puisse rien entendre ! Qu'il sache, en tout cas, que je ne me suis pas rendue sans lutte. Je me rappelle avoir opposé au garçon qu'il parait de phrases habiles le plus vil consentement à la déchéance. J'eus même recours à des souvenirs de lectures morales qu'on nous faisait au lycée. “Etre soi-même ? répétai-je, mais nous ne sommes que dans la mesure où nous nous créons.” (Inutile de développer ; mais peut-être faudra-t-il développer pour Bernard.) Azévédo niait qu'il existât une déchéance pire que celle de se renier. Il prétendait qu'il n'était pas de héros ni de saint qui n'eût fait plus d'une fois le tour de soi-même, qui n'eût d'abord atteint toutes ses limites : “Il faut se dépasser pour trouver Dieu”, répétait-il. Et encore : “S'accepter, cela oblige les meilleurs d'entre nous à s'affronter eux-mêmes, mais à visage découvert et dans un combat sans ruse. Et c'est pourquoi il arrive souvent que ces affranchis se convertissent à la religion la plus étroite.”

« Ne pas discuter avec Bernard le bien-fondé de cette morale — lui accorder même que ce sont là sans doute de pauvres sophismes ; mais qu'il comprenne, qu'il s'efforce de comprendre jusqu'où une femme de mon espèce en pouvait être atteinte et ce que j'éprouvais, le soir, dans la salle à manger d'Argelouse : Bernard, au fond de la cuisine proche, enlevait ses bottes, racontait en patois les prises de la journée. Les palombes captives se débattaient, gonflaient le sac jeté sur la table ; Bernard mangeait lentement, tout à la joie de l'appétit reconquis — comptait avec amour les gouttes de “Fowler” : “C'est la santé”, répétait-il. Un grand feu brûlait et, au dessert, il n'avait qu'à tourner son fauteuil pour tendre à la flamme ses pieds chaussés de feutres. Ses yeux se fermaient sur La Petite Gironde. Parfois il ronflait, mais aussi souvent je ne l'entendais même pas respirer. Les savates de Balionte traînaient encore à la cuisine ; puis elle apportait les bougeoirs. Et c'était le silence : le silence d'Argelouse ! Les gens qui ne connaissent pas cette lande perdue ne savent pas ce qu'est le silence : il cerne la maison, comme solidifié dans cette masse épaisse de forêt où rien ne vit, hors parfois une chouette ululante (nous croyons entendre, dans la nuit, le sanglot que nous retenions).

« Ce fut surtout après le départ d'Azévédo que je l'ai connu, ce silence. Tant que je savais qu'au jour Jean de nouveau m'apparaîtrait, sa présence rendait inoffensives les ténèbres extérieures ; son sommeil proche peuplait les landes et la nuit. Dès qu'il ne fut plus à Argelouse, après cette rencontre dernière où il me donna rendez-vous dans un an, plein de l'espoir, me disait-il, qu'à cette époque je saurais me délivrer (j'ignore encore aujourd'hui s'il parlait ainsi légèrement ou avec une arrière-pensée. J'incline à croire que ce Parisien n'en pouvait plus de silence, du silence d'Argelouse, et qu'il adorait en moi son unique auditoire), dès que je l'eus quitté, je crus pénétrer dans un tunnel indéfini, m'enfoncer dans une ombre sans cesse accrue ; et parfois je me demandais si j'atteindrais enfin l'air libre avant l'asphyxie. Jusqu'à mes couches, en janvier, rien n'arriva… »

Ici, Thérèse hésite ; s'efforce de détourner sa pensée de ce qui se passa dans la maison d'Argelouse, le surlendemain du départ de Jean : « Non, non, songe-t-elle, cela n'a rien à voir avec ce que je devrai tout à l'heure expliquer à Bernard ; je n'ai pas de temps à perdre sur des pistes qui ne mènent à rien. » Mais la pensée est rétive ; impossible de l'empêcher de courir où elle veut : Thérèse n'anéantira pas dans son souvenir ce soir d'octobre. Au premier étage, Bernard se déshabillait ; Thérèse attendait que la bûche fût tout à fait consumée pour le rejoindre — heureuse de demeurer seule un instant : que faisait Jean Azévédo à cette heure ? Peut-être buvait-il dans ce petit bar dont il lui avait parlé ; peut-être (tant la nuit était douce) roulait-il, en auto, avec un ami, dans le bois de Boulogne désert. Peut-être travaillait-il à sa table, et Paris grondait au loin ; le silence, c'était lui qui le créait, qui le conquérait sur le vacarme du monde ; il ne lui était pas imposé du dehors comme celui qui étouffait Thérèse ; ce silence était son œuvre et ne s'étendait pas plus loin que la lueur de la lampe, que les rayons chargés de livres… Ainsi songeait Thérèse ; et voici que le chien aboya, puis gémit, et une voix connue, une voix exténuée, dans le vestibule, l'apaisait : Anne de la Trave ouvrit la porte ; elle arrivait de Saint-Clair à pied, dans la nuit — les souliers pleins de boue. Dans sa petite figure vieillie, ses yeux brillaient. Elle jeta son chapeau sur un fauteuil ; demanda : « Où est-il ? »

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