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Marc Levy: Une autre idée du bonheur

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Marc Levy Une autre idée du bonheur

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*

Les saisons filent à toute vitesse, même dans la banlieue de Philadelphie. Frank n'est plus capitaine d'équipe ; à la fin de ses études, il est entré dans le cabinet d'avocats de son père, dont les bureaux se trouvent en centre-ville. Milly et lui sont toujours en couple. Ils n'en sont pas encore au point de s'installer ensemble, mais c'est un sujet qu'ils abordent, comme l'idée de se marier un jour. Frank travaille beaucoup et, pour décompresser, il joue chaque samedi au baseball. Milly en profite pour aller au cinéma avec Jo. Après la séance, ils déambulent dans les allées du centre commercial, partageant de longues conversations. Lorsqu'elle s'achète des vêtements, elle lui offre parfois un tee-shirt ou une chemise, et lui l'invite à dîner.

Puis quand vient l'hiver ils grimpent sur le toit de la maison de Milly et regardent côte à côte la neige tomber.

La plupart du temps, Milly est heureuse de sa vie. Même si celle-ci est un peu routinière, entre son travail sur le campus où Mme Berlington lui confie désormais la libre rédaction des rapports qu'elle lui dictait avant, les cinq nuits par semaine où Frank vient dormir chez elle et ses samedis avec Jo, elle lui convient parfaitement.

Certains soirs, Frank trouve à Milly le regard absent, alors il lui reparle de ses rêves, de son envie de s'affranchir de son père, de s'engager dans une ONG et de partir en voyage avec elle, et ces soirs-là Milly repense à ce destin auquel elle a toujours cru, se demandant parfois s'il viendra vraiment frapper à sa porte.

*

Au premier jour du printemps, alors que Milly entre à 16 h 06 dans son Oldsmobile garée sur le parking, elle ne peut se douter que bientôt il va se présenter à elle.

2.

Elle se l'était juré, cette nuit serait la dernière qu'elle passerait ici, et tandis qu'elle revisitait une ultime fois son plan, elle se demanda comment la vie serait au-dehors. Tant de choses lui avaient échappé. La télévision et les journaux assuraient un semblant de lien avec les temps modernes, mais elle les délaissait depuis longtemps, se réfugiant dans la lecture des livres qu'elle empruntait à la bibliothèque. Elle savait ignorer tout ou presque du monde qu'elle s'apprêtait à rejoindre.

Elle referma son cahier et essaya de se remémorer le jour où elle en avait rédigé les premières lignes. C'était au lendemain d'un réveillon, il y a neuf ou dix ans peut-être, comment se le rappeler ? À force de répéter les mêmes choses, les mêmes gestes, de subir une routine invariable, tout finit par se confondre. Son existence s'était améliorée après son transfert et ce repas de Noël avait presque pris un petit air de fête. On avait servi un gâteau légèrement alcoolisé au rhum, une pâtisserie qui portait un drôle de nom, semblable à un borborygme, mais elle avait oublié lequel. Elle aurait dû dater les pages, sa mémoire foutait le camp, même si elle s'exerçait à la mettre à l'épreuve chaque soir en s'endormant.

Elle regarda par la fenêtre grillagée le halo orangé des réverbères qui éclairaient la cour et s'imagina incarner l'un de ces personnages de fiction qui surgissent du passé pour renaître dans un présent qu'ils ont du mal à concevoir. L'idée l'amusa et elle en rit toute seule.

Elle rangea le cahier sous son matelas, fit sa toilette et alla se coucher en compagnie d'un roman commencé la veille, attendant que l'ordre soit donné d'éteindre la lumière. Elle qui dans sa jeunesse s'enorgueillissait de la richesse de son vocabulaire était désormais confrontée à tant de mots dont le sens lui échappait. Que pouvait signifier « twitter », sinon imiter le pépiement d'un moineau ? Et pourquoi l'héroïne d'un roman irait-elle faire l'oiseau à la sortie d'un restaurant pour raconter son dîner en compagnie d'un politicien qui s'était comporté en mufle ? Cela n'avait pas de sens. Et aller publier une photo du goujat sur Facebook – probablement un nouveau magazine –, à peine rentrée chez elle, n'avait là aussi ni queue ni tête.

Lorsque le dortoir fut plongé dans la pénombre, elle garda les yeux ouverts, compta les secondes – elle ne se trompait jamais – et s'arrêta à dix mille huit cents. On éteignait les feux à 21 heures, il était donc minuit, heure du changement de service. Elle récupéra sous son lit le sac de linge sale dans lequel elle avait caché ses affaires, hésita à emporter le roman, et se leva en silence. Elle avança jusqu'à la porte, tourna la poignée juste assez pour faire reculer le pêne hors de la gâche, la poussa lentement et s'engagea dans le couloir. Il lui fallait parcourir cinquante pas avant d'atteindre le recoin où se trouvait la fontaine à eau.

Elle s'y faufila, retint son souffle au moment où passa la surveillante qui finissait sa ronde, et reprit son chemin.

L'infirmière de garde allait se coucher dès l'extinction des feux. Depuis qu'elle s'était trouvée incapable de rouvrir son local une nuit où une détenue s'était tailladé les poignets, elle ne le fermait plus à clé. La clé, c'était Agatha qui la lui avait subtilisée, elle était douée pour ce genre de choses. Quand une patiente hurle de douleur à vous vriller les tympans, une bonne infirmière ne fait plus attention à son trousseau. Agatha savait simuler toutes sortes de maux pour passer du temps à l'infirmerie, elle savait aussi faire semblant d'avaler les cachets qu'on lui donnait.

Elle entra dans la pièce, referma la porte derrière elle et se coucha à même le sol. La loupiote de l'armoire vitrée à médicaments éclairait suffisamment pour projeter son ombre sous la porte. Elle rampa jusqu'à la grille d'aération, elle n'était plus fixée depuis qu'Agatha en avait ôté les vis une à une au cours de six visites consécutives. L'infirmière la laissait toujours se reposer seule après lui avoir donné un calmant. Elle se glissa dans le conduit de ventilation qui traversait le mur pour déboucher sur le local technique où les hommes de ménage entreposaient leur matériel. Elle s'était si souvent amusée avec l'infirmière à épier leurs conversations. C'est elle qui lui avait expliqué par où transitait le son.

Une fois dans le local, elle se débarrassa de son pyjama, enfila ses vêtements, grimpa dans le container où l'on déversait papiers, cartons, bouteilles en plastique et autres déchets secs dont elle se recouvrit. Puis elle continua de compter les secondes jusqu'à minuit et demi.

Lorsque la porte du local s'ouvrit, son cœur s'emballa. Les roues du container où elle s'était cachée couinaient sur le linoléum du couloir. L'homme de maintenance qui le poussait s'arrêta pour se moucher et se remit en route. Agatha entendit la clé tourner dans la serrure de la porte qui donnait sur la cour. Le manutentionnaire se moucha à nouveau, souleva le couvercle pour se débarrasser de son Kleenex et conduisit le container jusqu'au quai de chargement. Puis ce fut le silence.

Mille huit cents secondes plus tard, elle entendit le moteur d'un camion, le son strident de son alarme de recul, et le bruit des vérins qui se déployaient vers le container pour le soulever de terre.

Agatha avait imaginé cent fois ce moment, certainement le plus dangereux. Elle se recroquevilla, couvrit sa tête avec ses bras et détendit ses muscles. Elle avait pratiqué des acrobaties plus dangereuses, mais son corps aujourd'hui était moins tonique, ses articulations moins souples. Les charnières du couvercle commencèrent à claquer, elle se sentit glisser et ne chercha pas à lutter, conservant toutes ses forces pour la suite des événements. L'inclinaison devenait de plus en plus prononcée quand soudain, au milieu d'un fatras de papiers, cartons et bouteilles, elle se trouva projetée dans la gueule béante de la benne à ordures.

La mâchoire du compacteur se rabattit pour entraîner les déchets vers le ventre de la benne, Agatha tendit les bras, prit appui sur ses jambes et se retint au rebord de la trémie tandis que le container redescendait sur le quai. La bête semblait repue, la mâchoire recula, offrant à Agatha l'occasion de se tapir sous les cartons qui avaient échappé au carnage.

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