Pierre Lemaître - Trois jours et une vie

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Trois jours et une vie: краткое содержание, описание и аннотация

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« À la fin de décembre 1999, une surprenante série d'événements tragiques s'abattit sur Beauval, au premier rang desquels, bien sûr, la disparition du petit Rémi Desmedt. Dans cette région couverte de forêts, soumise à des rythmes lents, la disparition soudaine de cet enfant provoqua la stupeur et fut même considérée, par bien des habitants, comme le signe annonciateur des catastrophes à venir. Pour Antoine, qui fut au centre de ce drame, tout commença par la mort du chien… »
P.L. Le nouveau roman de Pierre Lemaître, Goncourt 2013.

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Oui, mais elle faisait toujours semblant d’être préoccupée par autre chose. Lorsqu’il entrait dans la salle, elle levait vers lui un regard surpris, ah, c’est vous, quel bon vent vous amène… ?

Mademoiselle avait maintenant trente et un ans, elle en faisait quinze de plus. Elle était effroyablement maigre, mais Antoine savait que ce squelette allait sans doute défier la mort pendant des décennies. Si Mademoiselle avait espéré mourir, ce désir lui était passé, un peu comme à Antoine celui de s’enfuir.

Il approcha une chaise, fouilla dans sa sacoche et, après avoir jeté un long regard circulaire, en sortit une plaquette de chocolat qu’il glissa sous la couverture de Mademoiselle. C’était un secret pour la forme, tout le monde savait qu’elle n’y avait pas droit et qu’elle en mangeait, y compris son médecin qui était son principal fournisseur.

Mademoiselle souleva discrètement le coin de la couverture pour voir la marque, elle fit une moue assez dégoûtée.

— Vous n’êtes pas très bon perdant, docteur…

Ils avaient commencé à jouer aux échecs lorsque Antoine avait pris, à la maison de santé, la succession du docteur Dieulafoy, mais il n’avait jamais le temps d’une vraie partie. C’est elle qui avait eu l’idée : ils échangeaient maintenant leurs coups par e-mail. Antoine réfléchissait à sa stratégie en voiture, répondait avant d’entrer chez un patient, recevait la réponse pendant sa consultation, répliquait à sa sortie. Mademoiselle avait raison, il n’était pas un bon perdant. Non pas à cause de la défaite, mais à cause de son systématisme : avec elle, il n’avait jamais gagné une seule partie. Il venait lui apporter du chocolat chaque fois qu’il perdait de nouveau.

— Je ne vais pas pouvoir rester, j’ai près de deux heures de retard.

— Eh bien, ils partiront, vos patients, ça leur fera peut-être beaucoup de bien ! Si ça se trouve, demain matin vous irez les voir et ils seront guéris !

Toujours la même chanson, comme un vieux couple. Antoine saisit l’extrémité des doigts de Mademoiselle, des doigts glacés et osseux qui attrapaient la main d’Antoine avec avidité, merci, à bientôt.

Retour sous la pluie. Beauval.

La ville avait changé ces dernières années. Le parc Saint-Eustache avait été une réussite, en saison, on y venait de toute la région. Parc familial, proximité, le concept avait fait recette. M. Weiser avait permis à Beauval de prendre le bon virage, son fils avait été élu dès le premier tour. Le tourisme avait déclenché des embauches, les commerçants étaient heureux et une ville dont les commerçants sont satisfaits est une ville contente de soi.

Ce virage avait d’ailleurs correspondu à la renaissance du jouet en bois. Ringard dans les années 90, il était redevenu à la mode avec la poussée écologiste de la population française, on s’était remis à adorer les petits trains en frêne et les toupies en sapin. Weiser, jouets en bois depuis 1921 , avait presque retrouvé son niveau d’emploi d’avant la crise.

Salle d’attente bondée, chaleur moite, l’humidité coulant sur les vitres.

Antoine entrouvrit la fenêtre, ce que personne ne s’était permis de faire. Il lança un bonjour à la cantonade, accompagné d’un petit geste censé excuser son retard. Un murmure d’assentiment se fit entendre, on aimait bien avoir un médecin débordé, son activité garantissait sa qualité.

Il reconnut M. Fremont, Valentine, M. Kowalski. Le docteur Dieulafoy avait accueilli la proposition de reprise d’Antoine avec tout l’enthousiasme dont il était capable. La passion qu’il avait pour son métier avait fait craindre à Antoine qu’il refuse de décrocher, qu’il propose une collaboration, qu’il intervienne sans cesse, mais pas du tout. Le cabinet sitôt vendu, il était parti pour Viet Tri, une ville située au nord d’Hanoi où il était allé prendre soin de sa mère, une femme de quatre-vingts ans qu’il n’avait pas vue depuis près de cinquante ans. Avant de s’en aller, il avait laissé à Antoine des fiches extraordinairement détaillées sur chaque patient, ils avaient même pris un temps infini, c’était l’exigence du vieux médecin, pour parler des cas les plus problématiques.

Antoine avait découvert à ce moment-là que M. Kowalski faisait partie de la clientèle, mais il ne l’avait encore jamais vu dans le cabinet. Quant à Valentine, il faudrait négocier, elle venait six fois par an solliciter un arrêt de travail, accompagnée de plusieurs de ses mômes pour l’attendrir ou exciter sa pitié. Antoine se montrait toujours faible avec elle, il renâclait à rédiger l’arrêt de travail, mais il finissait par le faire. Il ne se l’avouait pas, mais Valentine occupait une place embarrassante dans son histoire, elle était avant tout la jeune fille frappée par la disparition de son petit frère, la sœur de l’enfant qu’Antoine avait tué.

Antoine prit le temps de s’installer pour la troisième manche de la journée, ranger le matériel, vérifier que tout était en ordre, replacer son portefeuille dans le premier tiroir de son bureau, le seul qu’il fermait à clé, réflexe plus magique que sécuritaire, il aurait suffi d’un coupe-papier à un enfant de dix ans pour en venir à bout en quelques secondes. C’est là qu’il conservait, sans trop savoir pourquoi, la réponse de Laura au courrier qu’il lui avait écrit, d’une traite, Laura (pas mon amour, ne pas lui laisser le moindre espace), je vais te quitter (être simple, clair, définitif), une longue explication concernant Émilie, la femme qu’il avait, en fait, toujours aimée, qu’il avait mise enceinte et qu’il allait épouser, et c’est mieux ainsi, je t’aurais rendue malheureuse, etc. Le genre de lettre idiote, menteuse et prévisible qu’adressent tous les hommes lâches à toutes les femmes qu’ils se décident enfin à quitter.

La réponse de Laura avait été immédiate, une grande feuille de papier blanc portant en haut à gauche : « D’accord. »

Il l’avait pliée, l’avait rangée dans le tiroir et fermé à clé. Et même, avec le temps, il l’avait presque oubliée.

Antoine rédigea un arrêt de travail d’une semaine pour Valentine, puis il reçut M. Kowalski, un homme sec, à la voix très douce, aux gestes lents et précis. Antoine écouta son cœur, fatigué. En prenant sa tension, il jeta un œil sur sa fiche, oui, il se souvenait, M. Kowalski était veuf, il calcula rapidement son âge, soixante-six ans.

— Bon, un virus…

M. Kowalski sourit aimablement, fataliste. Antoine écrivit sa prescription, qu’il commentait toujours, il soulignait toujours les posologies, tâchait d’écrire lisiblement, pas de snobisme.

Il rangea la fiche de son patient, le raccompagna à la porte et lui serra la main.

Déjà M. Fremont se levait et s’avançait lorsque Antoine fut saisi d’une brusque impulsion, il ne prit pas le temps de réfléchir :

— Monsieur Kowalski ?

Tout le monde se tourna vers la porte.

— Euh… vous pouvez revenir un instant ? demanda Antoine.

Il adressa un geste d’excuse à M. Fremont, ça ne sera pas long, si vous permettez…

— Entrez, entrez, disait-il en désignant la chaise que M. Kowalski venait juste de quitter, asseyez-vous un instant.

Et il faisait le tour de son bureau, reprenait sa fiche et la consultait de nouveau.

Andréi Kowalski, né à Gdynia, Pologne, le 26 octobre 1949.

Antoine avait été saisi d’une de ces intuitions si convaincantes qu’elles nous font, sur le coup, l’effet d’une révélation et qui, un instant plus tard, semblent totalement vaines.

Mais M. Kowalski baissa les yeux sur ses genoux et Antoine fut aussitôt convaincu qu’il avait vu juste.

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