Pierre Lemaître - Trois jours et une vie

Здесь есть возможность читать онлайн «Pierre Lemaître - Trois jours et une vie» весь текст электронной книги совершенно бесплатно (целиком полную версию без сокращений). В некоторых случаях можно слушать аудио, скачать через торрент в формате fb2 и присутствует краткое содержание. Город: Paris, Год выпуска: 2016, ISBN: 2016, Издательство: Éditions Albin Michel, Жанр: Современная проза, Триллер, на французском языке. Описание произведения, (предисловие) а так же отзывы посетителей доступны на портале библиотеки ЛибКат.

Trois jours et une vie: краткое содержание, описание и аннотация

Предлагаем к чтению аннотацию, описание, краткое содержание или предисловие (зависит от того, что написал сам автор книги «Trois jours et une vie»). Если вы не нашли необходимую информацию о книге — напишите в комментариях, мы постараемся отыскать её.

« À la fin de décembre 1999, une surprenante série d'événements tragiques s'abattit sur Beauval, au premier rang desquels, bien sûr, la disparition du petit Rémi Desmedt. Dans cette région couverte de forêts, soumise à des rythmes lents, la disparition soudaine de cet enfant provoqua la stupeur et fut même considérée, par bien des habitants, comme le signe annonciateur des catastrophes à venir. Pour Antoine, qui fut au centre de ce drame, tout commença par la mort du chien… »
P.L. Le nouveau roman de Pierre Lemaître, Goncourt 2013.

Trois jours et une vie — читать онлайн бесплатно полную книгу (весь текст) целиком

Ниже представлен текст книги, разбитый по страницам. Система сохранения места последней прочитанной страницы, позволяет с удобством читать онлайн бесплатно книгу «Trois jours et une vie», без необходимости каждый раз заново искать на чём Вы остановились. Поставьте закладку, и сможете в любой момент перейти на страницу, на которой закончили чтение.

Тёмная тема
Сбросить

Интервал:

Закладка:

Сделать

L’affaire retournait à son point de départ, ce serpent rampait maintenant en direction de la maison de Mme Courtin. Antoine pouvait encore être interrogé, on demanderait à l’enfant qu’il avait été si quelque chose lui revenait. Chaque mensonge à faire serait une enclume à soulever, il ne s’en sentait plus la force.

Qu’un gendarme sonne à la porte et Antoine lui tendrait les poignets sans un mot.

Il oublia qu’il devait aller à Beauval chercher des papiers. Bien que Mme Courtin soit entrée dans un délire de plus en plus actif, épuisé de fatigue, Antoine parvint à s’assoupir, assis sur sa chaise, et il était plus de 5 heures du matin lorsqu’il se réveilla. Il avait, dans le miroir de la petite salle de bains, une tête de repris de justice. Il quitta l’hôpital, marcha jusqu’à la gare où il trouva les taxis qui attendaient le premier train de Paris et se fit conduire à Beauval, espérant arriver chez sa mère sans rencontrer personne. Ce fut le cas.

Lorsqu’il descendit du taxi, il ne put s’empêcher de jeter un œil vers la maison voisine. Hasard ou intuition, alors qu’il n’était pas 6 heures du matin, derrière ses carreaux, Mme Mouchotte, immobile, intemporelle, le suivait du regard. Sa beauté spectrale confinait au cauchemar, il eut l’impression de voir une araignée au bout de son fil, prête à bondir…

Il se hâta d’entrer chez sa mère.

La maison de Mme Courtin était d’une propreté provinciale. Les papiers se trouvaient dans le même tiroir depuis la naissance du monde. Il avait dormi lourdement et d’un sommeil agité sur sa chaise d’hôpital, il était terriblement courbatu, il s’allongea sur le canapé, s’endormit et se réveilla en milieu de matinée épuisé, déprimé, vaporeux comme un lendemain de cuite ou de fête de Noël, c’est souvent pareil.

Il utilisa l’appareil ancestral de sa mère pour fabriquer un café qui reproduisit exactement l’odeur et le goût qu’il avait connus pendant toute son enfance.

Il ne résista pas au besoin de reprendre l’actualité où il l’avait laissée, alluma le téléviseur. Le visage du procureur de la République emplissait l’écran et évoquait « l’identité de la victime dont le squelette a été retrouvé hier » :

« Il s’agit bien du jeune Rémi Desmedt, disparu le 23 décembre 1999. »

Antoine lâcha sa tasse, qui se brisa sur le tapis. Il eut le curieux réflexe de regarder en direction de la fenêtre comme s’il s’attendait à voir réunie devant l’ancienne maison des Desmedt la population entière de Beauval, et à entendre, à travers les vitres, la clameur populaire réclamer vengeance.

« Les inondations de 1999 n’avaient pas atteint les hauteurs de Saint-Eustache. Les restes de l’enfant, protégés par les nombreux arbres qui se sont abattus à cette période, ne se sont pas trop dégradés au fil des années et ont permis à l’Identité judiciaire de procéder aux analyses. »

Antoine fixa, sur le tapis, les débris de la tasse cassée, le café renversé faisait une tache large et sombre qui s’agrandissait comme une tache de vin sur une nappe…

« L’enfant a reçu un coup violent sur la tempe droite, qui a sans doute entraîné sa mort. Il est évidemment trop tôt pour dire s’il a subi d’autres violences. »

Il ne se passait pourtant rien que de très logique, mais Antoine fut affolé de constater la vitesse avec laquelle les recherches avançaient dans sa direction. Si l’on ajoutait à cela la fatigue des deux derniers jours…

Il se souleva, rassembla péniblement les papiers qu’il devait apporter à l’hôpital, appela le taxi de Fuzelières et sortit pour l’attendre, il avait besoin d’air.

Il n’eut pas le temps de revenir sur ses pas lorsqu’un reporter de radio l’assaillit au sortir du jardin.

— Vous occupez la maison voisine de celle du petit Rémi Desmedt à l’époque de sa disparition, l’avez-vous bien connu, quel genre d’enfant était-il… ?

Antoine balbutia quelques mots qu’on lui demanda de répéter :

— Euh…, c’était un voisin…

Antoine n’était pas à la hauteur : ne comprenait-il pas qu’il fallait une réponse plus personnelle, plus émotionnelle ? Le reporter était agacé.

— Oui, bien sûr, mais… quel genre d’enfant ?

Le taxi arriva, Antoine se précipita dedans.

Par la vitre, il vit que le journaliste s’était déjà tourné vers une jeune femme blonde. C’était Émilie, sortie de chez elle, enveloppée dans le châle de sa mère. Elle avait forci. En répondant à la question du reporter, elle suivit d’un regard rancunier le taxi qui s’éloignait.

Mme Courtin était toujours dans un délire intermittent et tourmenté, elle s’agitait, tournait la tête en tous sens, prononçait des syllabes incohérentes et répétitives, des prénoms (Antoine ! Christian !), ceux de son fils, de son ex-mari, et d’autres (Andrée !) qui devaient remonter à son enfance.

Toute la journée Antoine resta près d’elle, lui essuya le front, il sortit pour que l’on procède à sa toilette, revint s’asseoir épuisé, malade, torturé.

Le délire de Mme Courtin paraissait tourner en boucle. Sa tête faisait toujours le même mouvement, ses lèvres prononçaient toujours les mêmes syllabes : « Antoine ! Andrée ! » Rester auprès d’elle était d’autant plus oppressant que, sur le téléviseur placé en haut du mur, les reportages sur « l’affaire Rémi Desmedt » ne cessaient de défiler.

Les archives avaient été exhumées. Elles n’avaient pourtant qu’une douzaine d’années, mais ces images avaient terriblement vieilli : Beauval avec son platane sur la place de la mairie, la maison du petit Rémi avec M. Desmedt qui se fâchait contre les journalistes et tentait de les chasser comme une nuée malsaine ; M. Weiser, le maire, en organisateur affairé le matin de la battue, le départ des groupes de recherche vers la forêt domaniale, puis les images de la tempête, de l’inondation, les voitures saccagées, les arbres abattus, les habitants exténués, démoralisés…

Laura laissa toute la journée des textos sur le portable d’Antoine, qui tous revenaient à la même chose : je t’aime.

Mme Courtin émergea enfin du coma vers 18 heures. Antoine appela les infirmières. Ce fut aussitôt le branle-bas de combat, on l’emmena, Antoine attendit nerveusement dans le couloir. Il fallut plus d’une heure avant qu’une infirmière vienne lui confirmer que sa mère avait repris conscience, qu’elle resterait en observation assez longtemps, qu’il n’était pas nécessaire de patienter ici, il serait prévenu de toute évolution de la situation.

Il passa prendre ses vêtements, il allait rentrer à l’hôtel, dormir, dormir…

Le téléviseur était resté allumé. Antoine leva le regard vers l’écran :

« Les techniciens de l’Identité judiciaire ont retrouvé sur place un cheveu qui n’appartiendrait pas à la victime. Il est évidemment impossible d’en déduire qu’il s’agit d’un cheveu du meurtrier, même si la probabilité est assez élevée… La recherche de l’ADN est en cours. Le résultat, lorsqu’il sera connu, c’est-à-dire très bientôt, sera comparé aux ADN recensés dans le Fichier national des empreintes génétiques. En cas de rapprochement, cette personne sera invitée à s’expliquer sur la présence de son cheveu près de la dépouille de l’enfant disparu… »

18

Un peu avant minuit, Antoine était étendu sur le lit de sa chambre d’hôtel lorsqu’il entendit des pas dans le couloir, quelqu’un frappa à sa porte. Sans attendre, Laura entra, posa son sac et jeta sa veste. Antoine n’eut pas le temps de dire un mot, Laura était allongée sur lui, la tête dans son cou, elle respirait fort, comme quelqu’un qui a couru. Antoine referma ses bras sur elle. Cette présence inattendue, il ne savait pas très bien ce que ça lui faisait.

Читать дальше
Тёмная тема
Сбросить

Интервал:

Закладка:

Сделать

Похожие книги на «Trois jours et une vie»

Представляем Вашему вниманию похожие книги на «Trois jours et une vie» списком для выбора. Мы отобрали схожую по названию и смыслу литературу в надежде предоставить читателям больше вариантов отыскать новые, интересные, ещё непрочитанные произведения.


libcat.ru: книга без обложки
Guy de Maupassant
Frédéric Beigbeder - Une vie sans fin
Frédéric Beigbeder
libcat.ru: книга без обложки
Ги де Мопассан
Andreï Makine - La musique d'une vie
Andreï Makine
Guy de Maupassant - Une vie (1883)
Guy de Maupassant
Pierre Lemaitre - Rosy & John
Pierre Lemaitre
Pierre Lemaitre - Travail soigné
Pierre Lemaitre
Guy Maupassant - Une vie
Guy Maupassant
Отзывы о книге «Trois jours et une vie»

Обсуждение, отзывы о книге «Trois jours et une vie» и просто собственные мнения читателей. Оставьте ваши комментарии, напишите, что Вы думаете о произведении, его смысле или главных героях. Укажите что конкретно понравилось, а что нет, и почему Вы так считаете.

x