Pierre Lemaître - Trois jours et une vie

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Trois jours et une vie: краткое содержание, описание и аннотация

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« À la fin de décembre 1999, une surprenante série d'événements tragiques s'abattit sur Beauval, au premier rang desquels, bien sûr, la disparition du petit Rémi Desmedt. Dans cette région couverte de forêts, soumise à des rythmes lents, la disparition soudaine de cet enfant provoqua la stupeur et fut même considérée, par bien des habitants, comme le signe annonciateur des catastrophes à venir. Pour Antoine, qui fut au centre de ce drame, tout commença par la mort du chien… »
P.L. Le nouveau roman de Pierre Lemaître, Goncourt 2013.

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— La dernière…

— Ah, déjà…

Antoine fut projeté par la voix du docteur Dieulafoy à ces minutes étranges d’il y avait longtemps. « Si je t’avais hospitalisé, les choses se seraient passées autrement, tu comprends… »

C’était vrai. Si ce jour-là Antoine avait été hospitalisé pour une tentative de suicide, une enquête aurait été ouverte, on l’aurait interrogé, il aurait avoué le meurtre de Rémi, c’en aurait été fini pour lui, c’est de cela que le docteur l’avait protégé.

Que savait-il exactement ? Rien de précis. Mais quelques heures après la disparition de l’enfant des voisins, alors que toute la ville tournait autour de cet événement tragique, l’envie de mourir de ce garçon de douze ans devait prendre un sens terrible, représenter un vrai cas de conscience.

« S’il arrive quelque chose, tu peux me demander, m’appeler… », avait-il dit.

Ce jour n’était jamais venu. Curieusement, le docteur réapparaissait à un moment où Antoine n’avait jamais été si près du gouffre.

C’est maintenant qu’il allait arriver « quelque chose », dont le docteur Dieulafoy n’avait aucune idée, parce que le corps de Rémi serait bientôt découvert.

Antoine regarda le visage blanc de sa mère.

Elle aussi avait saisi « quelque chose », mais elle n’avait pas voulu aller plus loin. Son intuition lui avait fait comprendre que, sans doute, son fils était mêlé à ce drame, elle avait tenté de le protéger contre un mal inconnu mais pressant et cet échafaudage de mensonges, d’ignorance et de silences avait tenu près de douze ans.

Antoine se trouvait à présent dans cette chambre d’hôpital avec les deux seuls témoins de son drame, deux adultes qui, à l’époque et chacun à sa manière, avaient préféré se taire.

La boucle était en train de se boucler.

En ce moment même, les camions transporteurs de grumes devaient monter la colline et se diriger vers le bois Saint-Eustache, les bulldozers devaient soulever et retourner les arbres. Les restes de Rémi Desmedt ne seraient pas définitivement éparpillés, enterrés sous les chenilles des machines forestières, ils se dresseraient soudain, comme la statue du Commandeur, pour demander qu’enfin justice soit faite et qu’Antoine Courtin soit confondu, arrêté, jugé et condamné.

Mme Courtin avait commencé à prononcer des syllabes inaudibles.

Les deux hommes, de chaque côté du lit, la regardaient, écoutaient ces borborygmes auxquels il leur était impossible de ne pas chercher un sens, tâche évidemment vaine.

— Qu’allez-vous faire ensuite ? demanda le docteur.

De quoi parlait-il ? Antoine chercha puis raccrocha cette question à la conversation interrompue.

— Oh… l’humanitaire. J’ai réussi les entretiens… Normalement…

Le docteur Dieulafoy resta un long moment pensif.

— Oui, vous voulez partir…

Il leva soudain la tête, fixa Antoine comme sous le coup d’une soudaine révélation.

— C’est très petit ici, n’est-ce pas !

Antoine voulut protester.

— Si, si, dit le docteur, c’est très petit. Je comprends, vous savez… Je veux dire…

Il sombra alors dans une réflexion profonde à l’issue de laquelle il se leva et s’en alla comme il était venu, à sa manière de chat, feutrée et impersonnelle, se contentant d’un signe de tête et d’une déclaration surprenante et énigmatique :

— Je vous aime bien, Antoine.

Le fantasme d’Antoine de ne plus jamais remettre les pieds à Beauval ne survécut pas à cette journée : en fin d’après-midi, l’administration de l’hôpital réclama des papiers de Mme Courtin, des affaires, il fallait qu’Antoine aille les chercher, il n’y avait personne d’autre.

La perspective de retourner à Beauval l’étreignait. La maison de sa mère était voisine de celle des Mouchotte et il imaginait sans peine la scène pénible à laquelle il aurait droit si Émilie s’apercevait de sa présence.

Il gagna du temps, se donna toutes sortes de prétextes, il attendrait la toilette de sa mère, il partirait après la venue du médecin, etc.

Il alluma machinalement la télévision sur le journal de la soirée.

L’événement majeur de la matinée tournait en boucle sur toutes les chaînes nationales d’information continue : on venait d’exhumer, dans le parc Saint-Eustache, les ossements d’un jeune enfant.

La gendarmerie, prudente, n’avait fait que confirmer la découverte et s’interdisait toute interprétation sur l’identité de la victime, mais les journalistes, comme tous les habitants de la région, n’avaient évidemment qu’une idée en tête : il ne pouvait s’agir que du corps de Rémi Desmedt, qui cela pouvait-il être sinon lui ?

Antoine s’attendait à cette nouvelle. Il avait même eu plus de dix ans pour l’anticiper, mais au fond, comme pour la mort d’un proche, il n’y était pas réellement préparé.

Les reportages se succédaient, reléguant à l’arrière-plan les problèmes du moment. On avait filmé le chantier interrompu, les camions à l’arrêt, les bulldozers silencieux, les techniciens de l’Identité judiciaire en combinaison blanche affairés autour des véhicules dont les gyrophares balayaient les barrières sécurisant la zone où s’activaient gravement des hommes en costume et en uniforme, mais tout cela n’était que le décor, ce qui passionnait vraiment les médias, c’était Rémi Desmedt. La photo qui avait servi autrefois pour l’avis de recherche fut sans doute, pendant ces premières heures après la découverte, la plus diffusée en France et la plus regardée. Les reporters s’étaient précipités vers Mme Desmedt et faisaient le siège de son immeuble. S’ils n’avaient pas encore réussi à l’interviewer, ils n’avaient eu aucune peine à recueillir les propos des voisins, commerçants, élus, passants, facteur, enseignants, parents d’élèves, tout le monde était ému aux larmes, la ville s’apprêtait avec délectation, à communier dans la douleur.

Tout ce qu’Antoine avait tenté rationnellement d’imaginer était balayé par les ravages prévisibles de cette médiatisation. Allons, se disait-il, réfléchis, que va-t-il se passer…

C’est le moment que Laura choisit pour l’appeler. Antoine ne trouva pas le courage de répondre.

Tandis que derrière lui Mme Courtin délirait d’une voix de plus en plus forte, il suivit, tout au long de la journée, l’évolution des événements, l’évocation de l’analyse des restes mis au jour, l’identité probable de la victime (on montrait la photo de Rémi souriant, la mèche bien lissée, revêtu de son T-shirt portant le petit éléphant bleu), l’attente concernant l’élucidation des causes de sa mort et des sévices que l’enfant avait pu subir ante ou post mortem. On évoqua la réouverture de l’enquête dont les gendarmes, la justice et le ministère assurèrent pourtant qu’elle n’avait jamais été fermée. On attendait avec espoir et recueillement la découverte d’un indice permettant de lancer de nouvelles investigations et enfin d’arrêter le coupable.

Une nausée saisit Antoine lorsqu’une jeune femme arborant une dignité de circonstance devant le micro de sa chaîne d’information continue fut filmée sur la place de l’hôtel de ville, entourée d’une population calme et recueillie qui tentait quand même de s’apercevoir sur les écrans de retour d’image.

« Selon les enquêteurs, l’hypothèse de l’enlèvement demeure plausible, mais il semble plus vraisemblable que l’enfant n’ait pas été emmené très loin, qu’il soit resté en captivité dans les frontières de la commune. Auquel cas, l’enquête se concentrera sur la ville elle-même… Sur Beauval, où nous nous trouvons. »

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