Amélie Nothomb - Le Robert des noms propres

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Les tueurs ont des fragilités plus ou moins incompréhensibles. Et l'on n'imagine pas l'influence du hoquet d'un fœtus sur une fillette de dix-neuf ans enceinte, à fleur de peau! A fortiori après huit heures d'insomnie. Ajoutez à cela une petite querelle sur le choix du prénom… et hop, voilà Lucette qui vide le chargeur d'un revolver sur la tempe de son mari endormi! Rien de tel pour faire disparaître le hoquet! Vite fait, bien fait… D'ailleurs, tout file sur les chapeaux de roue dans ce nouvel opus d'Amélie Nothomb. Robert des noms propres est l'histoire de cette enfant née en prison, dont la mère a flingué sèchement le père avant de baptiser sa fille Plectrude et de se suicider dans sa cellule. Il y a mieux comme géniteurs! Surtout quand par la suite on est recueilli par un oncle et une tante qui vous élèvent comme une princesse, à tort et à travers, avec qui tous les coups sont permis, les plus excentriques, les plus capricieux. C'est là l'itinéraire d'une gamine hors norme, belle et farouche, rebelle et prodigieusement intelligente, cancre et douée à la fois, qui se voit danseuse et petit rat à l'Opéra, se nourrit des pages du dictionnaire Le Robert, sombre dans l'anorexie avant de connaître les révélations de sa naissance, de vivre avec "l'homme de sa vie" et de rencontrer… l'auteur! Conduisant son récit avec légèreté et une distance ironique, Amélie Nothomb démontre bien encore (à raison d'un roman par an!) qu'elle possède le feu de l'écriture. Le feu de Dieu et des démons à en croire la touche finale de ce Robert des noms propres, au titre aussi subtil que Cosmétique de l'ennemi ou Hygiène de l'assassin…

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Il peut arriver qu'un premier coup de foudre littéraire déchaîne le goût de la lecture chez l'intéressé; ce ne fut pas le cas de la jeune fille, qui n'ouvrit d'autres livres que pour se persuader de leur ennui. Elle décida qu'elle ne lirait pas d'autres auteurs et s'enorgueillit du prestige d'une telle fidélité.

Un soir, comme elle regardait la télévision, Plectrude apprit l'existence de Catherine Ringer. En l'entendant chanter, elle ressentit un mélange d'engouement et d'amertume: engouement, parce qu'elle la trouvait formidable; amertume, parce qu'elle eût voulu faire très précisément ce métier, alors qu'elle n'en avait ni la capacité, ni les moyens, ni la moindre notion.

Si elle avait été le genre de fille qui a une nouvelle ambition par semaine, ce n'eût pas été très grave. Ce n'était hélas pas son cas. A dix-sept ans, Plectrude avait peu d'enthousiasme. Ses cours de théâtre ne la passionnaient pas. Elle eût vendu son âme pour reprendre la danse, mais les médecins, s'ils avaient constaté un net progrès dans sa recalcification, étaient unanimes pour lui interdire son ancienne vocation.

Si la découverte de Catherine Ringer fut un tel choc pour l'adolescente, c'est parce qu'elle lui donnait, pour la première fois, un rêve étranger à la danse.

Elle se consola en pensant qu'elle allait mourir dans deux ans et au'entre-ternes elle devrait mettre un enfant au monde: «Je n'ai pas le temps d'être chanteuse.»

Au cours de théâtre, Plectrude eut à jouer un passage de La Leçon d'Ionesco. Pour un comédien, obtenir l'un des rôles principaux dans une pièce de son auteur préféré, c'est à la fois Byzance et Cythère, Rome et le Vatican.

Il serait faux de dire qu'elle devint la jeune élève de la pièce. Elle avait toujours été ce rôle, cette fille si enthousiaste face aux apprentissages élus qu'elle en venait à les pervertir et à les démolir – encouragée et devancée en cela, bien entendu, par le professeur, grand masticateur de savoir et d'étudiants.

Elle fut l'élève avec tant de sens du sacré que cela contamina la partie adverse: celui qui reçut le rôle du professeur fut automatiquement choisi par Plectrude.

Lors d'une répétition, comme il lui disait une réplique d'une vérité prodigieuse («La philologie mène au crime»), elle lui répondit qu'il serait le père de son enfant. Il crut à un procédé langagier digne de La Cantatrice chauve et acquiesça. La nuit même, elle le prit au mot. Un mois plus tard, Plectrude sut qu'elle était enceinte. Avis à ceux, s'ils existent, qui ne verraient encore en Ionesco qu'un auteur comique.

PLECTRUDE avait l'âge de sa propre mère quand elle accoucha: dix-neuf ans. Le bébé fut appelé Simon. Il était beau et bien portant.

L'adolescente ressentit une fabuleuse bouffée d'amour en le découvrant. Elle ne se doutait pas qu'elle aurait à ce point la fibre maternelle et le déplora: «Ça ne va pas être facile de se suicider.»

Elle était pourtant déterminée à aller jusqu'au bout: «J'ai déjà mis de l'eau dans le vin de mon destin en renonçant à tuer le père de Simon. Mais moi, je n'y couperai pas.»

Elle berçait le petit en lui murmurant:

– Je t'aime, Simon, je t'aime. Je mourrai parce que je dois mourir. Si j'avais le choix, je resterais auprès de toi. Je dois mourir: c'est un ordre, je le sens.

Une semaine plus tard, elle se dit: «C'est maintenant ou jamais. Si je continue à vivre, je vais trop m'attacher à Simon. Plus j'attendrai, plus ce sera difficile.»

Elle n'écrivit aucune lettre, pour cette noble raison qu'elle n'aimait pas écrire. De toute manière, son acte lui paraissait si lisible qu'elle ne voyait pas la nécessité de l'expliquer.

Comme elle ne se sentait aucun courage, elle décida de revêtir ses plus beaux vêtements: elle avait déjà remarqué que l'élégance donnait du cœur au ventre.

Deux ans plus tôt, elle avait trouvé aux puces une robe d'archiduchesse fantasmatique en velours bleu nuit, avec des dentelles couleur de vieil or, si somptueuse qu'elle était importable.

«Si je ne la mets pas aujourd'hui, je ne la mettrai jamais», se dit-elle, avant d'éclater de rire en prenant conscience de la profonde vérité de cette pensée.

La grossesse l'avait un peu amaigrie et elle flottait dans la robe: elle s'en accommoda. Elle lâcha sa chevelure magnifique qui lui tombait jusqu'aux fesses. Quand elle se fut composé un maquillage de fée tragique, elle se plut et décréta qu'elle pouvait se suicider sans rougir.

Plectrude embrassa Simon. Au moment de sortir de chez elle, elle se demanda comment elle allait procéder: se jetterait-elle sous un train, sous une voiture, ou dans la Seine? Elle ne s'était même pas posé la question: «Je verrai bien», conclut-elle. «Si on se soucie de ce genre de détails, on ne fait plus rien.»

Elle marcha jusqu'à la gare. Elle n'eut pas le courage de se précipiter sous les roues du RER. «Tant qu'à mourir, autant mourir à Paris, et de moins vilaine façon», se dit-elle, non sans un certain sens des convenances. Elle monta donc dans le train, où, de mémoire de banlieusards, on n'avait jamais vu une passagère d'aussi superbe allure, d'autant qu'elle souriait d'une oreille à l'autre: la perspective du suicide la mettait d'excellente humeur.

Elle descendit dans le centre de la ville et marcha le long de la Seine, à la recherche du pont qui favoriserait le mieux son entreprise. Comme elle hésitait entre le pont Alexandre-111, le pont des Arts et le Pont-Neuf, elle marcha longtemps, effectuant d'incessants allers-retours pour reconsidérer leurs mérites respectifs.

Finalement, le pont Alexandre-III fut recalé pour magnificence exagérée et le pont des Arts éliminé pour excès d'intimité. Le Pont-Neuf fut élu qui la séduisit tant par son ancienneté que par ses plates-formes en demi-lune, idéales pour les réflexions de dernière minute.

Hommes et femmes se retournaient sur le passage de cette beauté qui ne s'en rendait pas compte, tant son projet l'absorbait. Elle ne s'était plus sentie aussi euphorique depuis l'enfance.

Elle s'assit sur le bord du pont, pieds dans le vide. Beaucoup de gens adoptaient cette position qui n'attirait plus l'attention de personne. Elle regarda autour d'elle. Un ciel gris pesait sur Notre-Dame, l'eau de la Seine frisait au vent. Soudain l'âge du monde frappa Plec trude: comme ses dix-neuf années seraient vite englouties dans les siècles de Paris!

Elle eut un vertige et son exaltation tomba: toute cette grandeur de ce qui dure, toute cette éternité dont elle ne ferait pas partie! Elle avait apporté à la terre un enfant qui ne se souviendrait pas d'elle. Sinon, rien. La seule personne qu'elle avait aimée d'amour était sa mère: en se tuant, elle obéissait à celle qui ne l'aimait plus. «C'est faux: il y a aussi Simon. Je l'aime. Mais vu combien l'amour d'une mère est nocif, il vaut mieux que je le lui épargne.»

Sous ses jambes, le grand vide du fleuve l'appelait.

«Pourquoi ai-je attendu ce moment pour sentir ce qui me manque? Ma vie a faim et soif, il ne m'est rien arrivé de ce qui peut nourrir et abreuver l'existence, j'ai le cœur desséché, la tête dénutrie, à la place de l'âme j'ai une carence, est-ce dans cet état qu'il faut mourir?»

Le néant vrombissait sous elle. La question l'écrasait, elle fut tentée d'y échapper en laissant ses pieds devenir plus lourds que son cerveau.

A cet instant précis, une voix hurla, de loin:

– Plectrude!

«M'appelle-t-on de chez les morts ou de chez les vivants?» se demanda-t-elle.

Elle se pencha vers l'eau, comme si elle allait y voir quelqu'un.

Le cri redoubla d'intensité:

– Plectrude!

C'était une voix d'homme.

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