Iegor Gran - Ipso facto

Здесь есть возможность читать онлайн «Iegor Gran - Ipso facto» весь текст электронной книги совершенно бесплатно (целиком полную версию без сокращений). В некоторых случаях можно слушать аудио, скачать через торрент в формате fb2 и присутствует краткое содержание. Жанр: Современная проза, на французском языке. Описание произведения, (предисловие) а так же отзывы посетителей доступны на портале библиотеки ЛибКат.

Ipso facto: краткое содержание, описание и аннотация

Предлагаем к чтению аннотацию, описание, краткое содержание или предисловие (зависит от того, что написал сам автор книги «Ipso facto»). Если вы не нашли необходимую информацию о книге — напишите в комментариях, мы постараемся отыскать её.

Un médiocre et plutôt antipathique paléontologue coule des jours à peu près tranquilles même si bien peu gratifiants dans l'institut qui l'emploie. Vie sans histoires et sans excès. Mais, à la faveur d'une promotion inespérée on s'aperçoit qu'il a égaré le diplôme de son baccalauréat. Catastrophe! Le voici rapidement mis au ban d'une société toute entière dédiée à l'archivisme
, à l'archivisme comme moteur, justification et fin de toute action. Un
monde fou avec sa bureaucratie, ses profiteurs et ses parias, un
monde dont un dérèglement mystérieux a changé les bases et tout bouleversé, jusqu'à la sexualité.

Ipso facto — читать онлайн бесплатно полную книгу (весь текст) целиком

Ниже представлен текст книги, разбитый по страницам. Система сохранения места последней прочитанной страницы, позволяет с удобством читать онлайн бесплатно книгу «Ipso facto», без необходимости каждый раз заново искать на чём Вы остановились. Поставьте закладку, и сможете в любой момент перейти на страницу, на которой закончили чтение.

Тёмная тема
Сбросить

Интервал:

Закладка:

Сделать

Rien à voir avec mon autre voisin, le presque chauve, on le trouvait idem dans l'immeuble en face, un étage plus bas que le nœud papillon, plus près de la Terre, ce qui le rendait plus réaliste. Lui c'était du solide je vous garantis. On pouvait compter sur son sens civique, du papier il en triait toute la journée, il ne sortait que pour faire les courses, il revenait les mains chargées de dossiers, c'était son courrier du matin, il devait être inscrit à un club qui lui envoyait ces tonnes comme manne du ciel, on le voyait qui emmenait le paquet chez lui, il en étalait le contenu sur sa table de la salle à manger, c'étaient des milliers de feuilles et je blague pas, on l'observait à la jumelle, et le voilà qui se mettait à tout trier en mâchouillant son sandwich, il ne prenait même pas le temps de manger correctement, c'est ça la passion. Le soir quand on y pensait, on jetait un coup d'oeil, il y était encore, il avait presque fini, il ne lui restait qu'une miette, et là on s'émerveillait Françoise et moi, les feuilles étaient disposées en éventail, on voyait qu'il les gérait au millimètre, on se disait qu'il était quand même fortiche de faire ça du matin jusqu'au soir, même si comme je dis toujours ce n'était pas un exploit compte tenu du temps libre dont il disposait. Il devait être en préretraite, ou rentier, en tout cas il ne faisait rien de la journée, alors forcément ses étagères étaient magnifiques, et nous on l'admirait de l'autre côté de la rue. “Le maniaque” on l'appelait, Françoise et moi, et pas uniquement à cause des papiers, c'est aussi qu'on a été frappé par la quantité de femmes qui venaient chez lui, des femmes plutôt mûres, vous savez du genre divorcées avec des enfants étudiants, les désabusées en somme, elles s'accumulaient chez lui en strates sur le canapé, grosses ou maigres peu lui importait il les honorait toutes, comme quoi ce n'est pas une question d'âge mais de tempérament.

On les regardait avec Françoise, ils nous donnaient des idées, les vieux c'est bien plus salace que les jeunes, ils osaient des compositions que l'on n'aurait jamais imaginées, leur fougue était contagieuse, on ne tardait pas à les imiter, avec tout de même au fond de la conscience une certaine honte à n'être pas aussi intransigeants avec les papiers, à manquer de professionnalisme. Question de temps, je le répète.

Dans la vie on a tous un joker. Certains ont une Robert amp; Sons, et ils ne sont pas à plaindre croyez-moi, d'autres ont du talent pour le rangement, moi j'avais Françoise que j'aimais sérieusement, par concupiscence. C'est que les formes de Françoise étaient un défi à la géométrie d'Euclide, c'étaient des proportions qui auraient rendu jaloux un nombre d'or, demandez à Marko si j'embellis. J'admets certes qu'elle a un peu vieilli, le cou notamment s'est ridé en crevasses, le mollet s'est durci et fait saillie ce qui n'est pas forcément esthétique, que voulez-vous le temps est l'ennemi des pin-up comme il est l'ennemi du rangement, les femmes et les papiers jaunissent au soleil, il y a rien à faire, la mémoire est notre seul moyen de faire face, dans ma mémoire elle restera pour la nuit des temps ma caille du premier jour.

Dites qu'elle était belle ma Françoise ce jour incandescent où l'on s'était donné rendez-vous à la statue de Balzac. On a pris un café à la brasserie des écrivains, ça l'a impressionnée la pauvre petite toutes ces célébrités incognito qui sirotaient leur jus en tirant sur le cigare. Elle les pointait de l'index en me demandant discrètement leur nom, je m'empressais de répondre, j'étais ravi par son ingénuité, alors je lui montrais la jeune révélation de l'automne, elle poussait des oh mais c'est pas possible, il est si jeune, si si je lui disais, les révélations sont toujours jeunes, c'est une loi universelle Françoise, elle comprenait en hochant la tête. On distinguait aussi le chantre du nouveau roman à ses longs cheveux très propres, il déboutonnait et reboutonnait sa chemisette comme s'il était sur scène pour un strip-tease, Françoise tenta vainement de flirter à distance, hélas pour elle le nouveau roman avait d'autres soucis en tête, alors on s'intéressa au fond du café où il y avait la traditionnelle brochette des académiciens pour qui c'était l'heure du digestif, Françoise répétait les noms compliqués après moi, se trompait dans les particules, recommençait en pouffant, jamais on a autant ri que ce jour-là.

Peut-on jamais oublier l'aurore dans ses yeux quand j'évoquais mon métier de paléontologue avec tout ce que ça comporte comme formation, le Baccalauréat bien sûr, mais aussi les diplômes universitaires, une maîtrise en archivage niveau deux, mes stages dans les centres de tri du Ministère, oh j'étalais mes atouts comme un paon, je paradais monstrueusement sans me rendre compte évidemment du ridicule qui garnissait cette scène de séduction. Le paradoxe voulait que c'était précisément ce qu'elle attendait de moi, que je lui montre mon côté Kennedy, de la poudre aux yeux elle en redemandait, alors ça marchait du tonnerre. Quand sera venu le moment de crever, je crois que je savourerai encore cet instant admirable, lorsque la pupille s'altère et qu'une jupette bleue spécialement composée à mon intention se relève à mi-cuisse. Pendant que le serveur nous apportait le viennois, on s'est mis en position, elle à plat ventre sur le guéridon, la jupette flottant dans le dos comme un pavillon baissé, et moi dans l'alignement de la terrasse. Le pantalon est tombé tout seul tellement j'en avais envie, je poussais en m'agrippant à ses hanches, j’étais un peu malhabile comme le jour où j'ai fait de la bicyclette pour la première fois, le guéridon valsait de droite à gauche, le sucrier tomba avec un bruit de faïence toc, je rougis violemment, le garçon m'adressa un regard plombé et se mit à ramasser les morceaux sans m'accabler de reproches comme si rien de particulier ne venait de se passer. Je lui en fus reconnaissant et mes affaires terminées je réglai le supplément en y ajoutant un pourboire… Je l'ai encore là, si vous voulez voir, la facture du sucrier, à la lettre “I” comme “incidents”, bougez pas je vous l'apporte, et puis non, vous avez raison, ce genre de détails n'intéresse que moi, vous devez en avoir plein votre vie d'incidents semblables.

En somme nous étions ensemble, Françoise et moi, on s'est tout de suite calé sur la même longueur d'onde. Question papiers, on se sentait tous deux responsables, sans pousser jusqu'au fanatisme qui se rencontre si souvent de nos jours. Il faut se réserver un peu de liberté tout de même, on ne peut pas se consacrer corps et âme au rangement, l'homme ne vit pas que pour trier les factures, je crois. Les intégristes du rangement comme je les appelle passent à côté de quantité de belles choses qui font l'essence de la vie. Certes ils sont mieux protégés contre les coups du sort, je n'en disconviens pas, mais ils se gâchent l'existence, ils se fossilisent avant l'heure, ils ne profitent pas du beau temps et ils n'ont pas de loisirs.

Demandez à la chef du personnel depuis combien d'années elle n'a pas été au cinéma avec ses gosses. Elle reste des heures au bureau pour classer nos curriculums, nos fiches de paye, nos demandes de remboursement, l'énorme usine de papier qu'est l'Institut repose sur ses épaules, et chez elle c'est un peu devenu une déformation. Comme une droguée en manque, elle se précipite sur le paquet de lettres qui lui arrive chaque matin avec son lot de questions paléontologiques, de savants qui nous écrivent du monde entier pour nous demander ces petits os que nous conservons, mais aussi des relevés fiscaux par liasses et toutes sortes d'avenants, de circulaires, de notes du Ministère, c'est une vague de fond qui submergerait n'importe qui. Eh bien, des collègues m'ont rapporté que les jours où la pile de lettres est moins importante, la physionomie de la chef devient sale, elle paraît affectée comme si quelqu'un l'avait personnellement insultée, elle flippe pour son shit et il vaut mieux éviter de la croiser ces jours-là.

Читать дальше
Тёмная тема
Сбросить

Интервал:

Закладка:

Сделать

Похожие книги на «Ipso facto»

Представляем Вашему вниманию похожие книги на «Ipso facto» списком для выбора. Мы отобрали схожую по названию и смыслу литературу в надежде предоставить читателям больше вариантов отыскать новые, интересные, ещё непрочитанные произведения.


Iegor Gran - Truoc-nog
Iegor Gran
libcat.ru: книга без обложки
Iegor Gran
Jesus Tomás Gironés - El gran libro de Android 9ed
Jesus Tomás Gironés
Alicia Carrera García - Cinco - La Gran Profecía
Alicia Carrera García
Jesus Tomás Gironés - El gran libro de Android
Jesus Tomás Gironés
Estefanía Olivares Ruiz - El amor, esa gran encrucijada
Estefanía Olivares Ruiz
Avneet Kumar Singla - El gran Benjamin Franklin
Avneet Kumar Singla
Отзывы о книге «Ipso facto»

Обсуждение, отзывы о книге «Ipso facto» и просто собственные мнения читателей. Оставьте ваши комментарии, напишите, что Вы думаете о произведении, его смысле или главных героях. Укажите что конкретно понравилось, а что нет, и почему Вы так считаете.

x