Iegor Gran - Ipso facto
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, à l'archivisme comme moteur, justification et fin de toute action. Un
monde fou avec sa bureaucratie, ses profiteurs et ses parias, un
monde dont un dérèglement mystérieux a changé les bases et tout bouleversé, jusqu'à la sexualité.
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Les après-midi je reçois, entre quatorze et dix-sept heures, sur rendez-vous, comme le font les grands bijoutiers suisses, il faut se rendre inaccessible, ça vous crée une aura, un expert qu'on peut joindre n'importe quand n'est pas un expert, c'est un épicier. Alors à quatorze heures, on sonne à ma porte, je me presse pas d'aller ouvrir, je porte mes demi-lunes qui me donnent un air méticuleux, un stylo plume en or dépasse de la poche de ma veste. Par ici s'il vous plaît, passez dans la salle d'attente, je vais vous recevoir, et là ils attendent encore un quart d'heure, aujourd'hui c'est un monsieur très british, il vient de la Royal Academy, il me soumet son Baccalauréat, ses mains tremblotent un peu quand il me tend la chemise, il appréhende ma réaction, sa gorge est nouée au monsieur british. Lentement je sors ma loupe plaquée tortue, et voilà mon œil qui parcourt les étendues du diplôme, j'apprécie la qualité de la patine, je la veux régulière comme seul le temps sait faire, ensuite j'examine les lettres, l'impression de mon nom doit être légèrement en relief comme si on l'avait tapé à la machine. Si ce n'est pas le cas, je n'ai aucun doute, c'est un mauvais faux, j'enlève mes demi-lunes et je les range à côté du stylo plume, mon expression cloue le monsieur british, comme je ne parle pas il est sur la chaise électrique, il pressent que le diagnostic n'est pas favorable, je fais une moue style je ne sais pas comment vous l'annoncer, et là il craque, dites quelque chose, je vous en prie, est-il véridique? Je crains que non, que je fais en poussant un soupir comme si c'était le mien de Baccalauréat, les bras lui en tombent, alors pour qu'il n'ait pas de scrupules à me payer, j'ajoute que j'en ai vu des bien pires que le sien, que l'on peut même dire que le sien est parmi la crème, dans ma collection personnelle d'expert j'en ai pas qui soient aussi jolis, vous pouvez être fiers dans votre Royal Academy, celui du Vatican est largement en dessous du vôtre, c'est le baratin que je sors à tous mes clients histoire d'éviter les suicides, ça marche comme une pommade divine, car aussitôt je lis la reconnaissance sur son visage, la pure reconnaissance du ventre, quand on nourrit un chien on n'en reçoit pas autant.
Pendant que la Royal Academy me faisait le chèque, je regardais par la fenêtre le collectionneur qui rangeait les documents qui lui restaient, il avait méchamment vieilli ces derniers temps le collectionneur, il avait perdu de sa superbe, était-ce parce que je ne lui vendais plus rien, allez savoir, toujours est-il qu'il périclitait, et pour ce que j'en voyais j'aurais dit qu'il partouzait sans entrain. Comme la vie sait se renverser c'est terrifiant. Je n'allais pas jusqu'à le plaindre, il n'avait que ce qu'il méritait, mais j'avais un pincement disons philosophique devant cette sarabande du destin. Quant à ma collection personnelle, j'avais maintenant suffisamment d'argent pour racheter aux enchères les documents qui m'avaient appartenu, petit à petit je complétais le fonds que j'avais dilapidé avec tant de légèreté, mes laissez-passer et certificats de secouriste avaient entre-temps atteint des prix grandelets, c'était bien fait pour moi, en les cédant pour une bouchée de pain je m'étais conduit comme un écervelé.
Pour tout vous dire, je m'étais embourgeoisé. Je ne saurais vous préciser quand le déclic s'est produit, le résultat se voyait comme un nez, j'avais de l'embonpoint, mes journées s'écoulaient placidement, je lisais le journal tous les jours pour me tenir au courant des cours de la Bourse, avec Marko on allait dans de bons restaurants, nos discussions ont commencé à se remplir de subjonctifs, et d'imparfaits aussi, c'est qu'on parlait beaucoup au passé comme ces mercenaires qui ont fait le Viêtnam, on se rappelait nos faits d'armes en aspirant du porto. La vie roulait pour moi, je n'avais pas à me plaindre, on peut dire que j'avais retourné la situation à mon avantage alors qu'on ne donnait pas cher de ma peau, c'est vrai que j'ai eu beaucoup de chance, de peu j'ai manqué l'extinction. En toute modestie je vous le dis, la bonne étoile c'est capital quand vous êtes désarçonnés et que le destin est à deux pas de vous piétiner. La chance, quand elle est alliée à un solide caractère que donne le sens des responsabilités, c'est ce scaphandre qui vous remontera à la surface.
Était-ce encore ma bonne étoile, je ne saurais le dire, en tout cas je vous avouerais que je ne méritais pas une telle aubaine, toujours est-il qu'un jour à quatorze heures la porte sonne comme un jour habituel, je mets mes demi-lunes et qui je vois? Françoise accompagnée d'une petite fille, elles sont là devant moi un peu gênées, Françoise est rouge d'émotion, son décolleté frétille comme quand on est amoureux, je me dis: c'est le retour au bercail, vise un peu ce déhanchement. Je les fais entrer dans mon cabinet, comme le temps sprinte je remarque, Françoise avait la peau exagérément tendue que donne le lifting, ça ne l'empêchait pas d'être désirable, sexy la Françoise, malgré ce regard fatigué que l'on a quand on passe trop de temps dans les archives, quant à la petite je lui donnais cinq ans, c'était une vraie photo de sa mère, cinq ans déjà qu'elle m'avait quitté. Tu es bien établi dis donc, qu'on me fait en frôlant de l'œil mon stylo plume, ah-ah que je me dis, c'est toujours plein de sous-entendus une phrase de ce genre, le bruit des gros sabots sur la prairie. Cela signifiait le regret, un regret en pointillé, un regret que l'on observe au microscope mais un regret qui ne trompe personne, et je ressentis le bouquet que donne la vengeance quand on la mange froide. Quel bon vent t'amène, je fais d'un ton le plus neutre possible, j'ouvre grand mes oreilles, je me doute qu'elle n'est pas venue pour rien, là-dessus j'apprends qu'on venait de retrouver un Baccalauréat à la Bibliothèque nationale, tiens donc. Il traînait dans la cave où l'on stocke les papiers dérisoires, c'est un stagiaire qui l'a remarqué, il était en piteux état, les rats l'avaient entamé et l'humidité aussi, on l'a sauvé de la moisissure il était moins une, elle me l'apportait pour que je l'expertise. O.K., je suis là pour ça comme on dit, je sors ma loupe, j'ouvre sa chemise, le marmot m'observe alors je prends un air sphinx, pincé des lèvres, j'ai envie de lui en mettre plein la vue à la petite, une envie puérile j'entends bien. J'examine les caractères qui forment mon nom, je les trouve parfaits, alors je file en diagonale vers le buste de la République, là aussi la gravure est finement exécutée, cette double perfection me fait transpirer des aisselles, je regarde le numéro de série, et il correspond bien à celui de mon rectorat, alors je reviens à mon nom, puis je saute du nom à la République, puis de la République au numéro de série, mon regard bégaie et raye le papier, j'ai des picotements dans les yeux à force de scruter, mais non, il n'y a rien à dire, je n'avais jamais vu un Baccalauréat aussi proche de l'original, je glisse alors une main sous mon bureau et je me pince la jambe histoire de vérifier que je ne rêve pas. C'est extraordinaire, je vois les étoiles, je sens un liquide chaud qui coule le long de ma cuisse, je ne pipe mot devant les femelles, ça non! il n'est pas né celui qui me fera parler sous la torture! J'attends. La douleur se calme par vagues, pourtant il est toujours là, je tiens le Graal dans mes mains comme avant, et les deux autres garces sont plantées devant moi elles aussi, la petite et la grande me regardent, elles attendent le verdict. Le temps leur semble long, elles sont au supplice, et moi j'hésite, je ne sais comment l'annoncer, mon côté archange Gabriel refuse de s'enclencher, les mots sont bloqués, je me racle la gorge, ça ne diminue en rien mon émotion immense, il est au-delà de l'imaginable ce Baccalauréat, que je leur dis et je ne reconnais pas ma voix qui parle tellement je suis figé, en face d'un cobra je suis, hypnotisé. Je ne peux le certifier, que je leur répète et ma voix se casse, tout vacillait, il y avait cette nouvelle incroyable qui se ramifiait en moi comme un éclair dans la nuit. Les doigts de Françoise malaxent maladroitement un sac à main. Je regarde ces doigts, je réfléchis à ce que je m'apprête à lui dire, un bon réflexe que de tourner sa langue sept fois avant de parler, je touille mon cerveau pour trouver les mots justes, quand tout à coup: bang, ça percute dans la tête, vous savez comme chez les détectives, ce flash qui rend omniscient. Oh je comprends pourquoi elle est venue la Françoise, c'est pour sa carrière qu'elle s'inquiète la manipulatrice, mon avis se traduira illico en pouvoir d'achat sur sa feuille de paye, mes beaux yeux n'y sont pour rien dans son déplacement, c'est la faim au ventre qui la pousse, les moulures au plafond de son futur appartement, la télécommande de la porte du garage.
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