Antoine de Saint-Exupéry - CITADELLE
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Tu l'auras traversé comme une piscine miraculeuse. Et quand tu remonteras sur l'autre bord, riant, viril et saisissant, elles te reconnaîtront bien, les femmes, toi qu'elles cherchaient, et tu n'auras plus qu'à les mépriser pour les obtenir.
Combien fou celui-là qui prétend chercher le bonheur des hommes dans la satisfaction de leurs désirs, croyant, de les regarder qui marchaient, que compte d'abord pour l'homme l'accès au but. Comme s'il était jamais un but.
C'est pourquoi je te dis que comptent pour l'homme d'abord et avant tout la tension des lignes de force dans lesquelles il trempe, et sa propre densité intérieure qui en découle, et le retentissement de ses pas, et l'attirance des puits et la dureté de la pente à gravir dans la montagne. Et celui-là qui l'a su gravir, s'il vient de surmonter à la force de ses poignets et à l'usure de ses genoux une aiguille de roc, tu ne prétendras point que son plaisir est de la qualité médiocre du plaisir de ce sédentaire qui, y ayant traîné un jour de repos sa chair molle, se vautre dans l'herbe sur le dôme facile d'une colline ronde.
Mais tu as tout désaimanté en défaisant ce nœud divin qui noue les choses. Car de voir les hommes forcer vers les puits, tu as cru qu'il s'agissait de puits et tu leur a foré des puits. Car de voir les hommes tendre vers le repos du septième jour, tu as multiplié leurs jours de repos. Car de voir les hommes désirer les diamants, tu leur as distribué des diamants en vrac. Car de voir les hommes craindre l'ennemi, tu leur as supprimé leurs ennemis. Car de voir les hommes souhaiter l'amour, tu leur as bâti des quartiers réservés, grands comme des capitales, où toutes les femmes se vendent. Et tu t'es montré ainsi plus stupide que cet ancien joueur de quilles dont je t'ai autrefois parlé et qui cherchait sans la trouver sa volupté dans une moisson de quilles que lui renversaient des esclaves.
Mais ne va pas croire que je t'ai dit qu'il s'agissait de te cultiver tes désirs. Car si rien ne s'y meut, il n'est point de lignes de force. Et le puits, s'il est proche de toi, certes, tu le désires quand tu meurs par la soif. Mais si, pour quelque raison, il te demeure inaccessible et que tu ne puisses ni rien en recevoir ni rien lui donner, il en est de ce puits comme s'il n'existait pas. Ainsi en est-il de cette passante que tu croises et qui ne peut rien être pour toi. Plus lointaine, malgré la distance, que d'une autre ville et mariée ailleurs. Je te la transfigure si je la fais pour toi élément d'une structure tendue et que tu puisses, par exemple, rêver de progresser vers elle de nuit, avec une échelle à sa fenêtre, pour l'enlever et la jeter sur ton cheval et t'en réjouir dans ton repaire. Ou si tu es soldat et qu'elle soit reine et que tu puisses espérer de mourir pour elle.
Faible et pitoyable est la joie que tu tires de fausses structures, en te les inventant par jeu. Car si tu aimes ce diamant il te suffirait de marcher vers lui à petits pas et de plus en plus lentement pour vivre une vie pathétique. Mais si ta marche lente vers le diamant est d'un rite qui t'enserre et t'interdit d'accélérer, si en poussant de toutes tes forces contre lui ce sont mes freins que tu rencontres et qui t'interdisent d'accélérer plus, si l'accès au diamant ne t'est ni empêché absolument — ce qui te le ferait disparaître en signification, le changeant en spectacle sans poids — ni facile, ce qui ne tirerait rien de toi — ni difficile par invention stupide, ce qui serait caricature de la vie — mais simplement de structure forte et de qualités nombreuses, alors te voilà riche. Et je ne connais point autre chose que ton ennemi pour te le fonder et je ne découvre rien ici qui puisse te surprendre car je dis simplement qu'il faut être deux pour faire la guerre.
Car ta richesse est de forer des puits, d'atteindre un jour de repos, d'extraire le diamant et de gagner l'amour.
Mais ce n'est point de posséder des puits, des jours de repos, des diamants, et la liberté dans l'amour. De même que ce n'est point de les désirer sans y prétendre.
Et si tu opposes comme mots qui se tirent la langue le désir et la possession, tu ne comprends rien de la vie. Car ta vérité d'homme les domine et il n'est rien là de contradictoire. Car il faut la totale expression du désir et que tu rencontres non d'absurdes obstacles mais l'obstacle même de la vie, l'autre danseur qui est rival — et alors c'est la danse. Sinon tu es aussi stupide que celui-là qui se joue, à pile ou face, contre lui-même.
Si mon désert était trop riche en puits, il faut que l'ordre vienne de Dieu qui en interdise quelques-uns.
Car les lignes de force créées doivent te dominer de plus haut pour que tu y trouves tes pentes et tes tensions et tes démarches, mais doivent, car toutes ne sont point également bonnes, ressembler à quelque chose qu'il n'est point de toi de comprendre. C'est pourquoi je dis qu'il est un cérémonial des puits dans le désert.
Donc n'espère rien de l'île heureuse qui est pour toi provision faite pour toujours comme cette moisson de quilles tombées. Car tu deviendrais ici bétail morne. Et si les trésors de ton île que tu imaginais retentissants et qui une fois abordés t'ennuient, je te les veux faire retentir, je t'inventerai un désert et les distribuerai dans l'étendue selon les lignes d'un visage qui ne sera point de l'essence des choses.
Et si je désire te sauver ton île, je te ferai don d'un cérémonial des trésors de l'île.
CXXXVI
Si tu me veux parler d'un soleil menacé de mort, dis-moi: «soleil d'octobre». Car celui-là faiblit déjà et te charrie cette vieillesse. Mais soleil de novembre ou décembre appelle l'attention sur la mort et je te vois qui me fais signe. Et tu ne m'intéresses pas. Car ce qu'alors je recevrai de toi ce n'est point le goût de la mort, mais le goût de la désignation de la mort. Et ce n'était point l'objet poursuivi.
Si le mot lève la tête au milieu de ta phrase, coupe-lui la tête. Car il ne s'agit point de me montrer un mot. Ta phrase est un piège pour une capture. Et je ne veux point voir le piège.
Car tu te trompes sur l'objet du charroi quand tu crois qu'il est énonçable. Sinon tu me dirais: «mélancolie», et je deviendrais mélancolique, ce qui est vraiment par trop facile. Et certes joue en toi un faible mimétisme qui te fait ressembler à ce que je dis. Si je dis: «colère des flots», tu es vaguement bousculé. Et si je dis: «le guerrier menacé de mort», tu es vaguement inquiet pour mon guerrier. Par habitude. Et l'opération est de surface. La seule qui vaille est de te conduire là d'où tu vois le monde comme je l'ai voulu.
Car je ne connais point de poème ni d'image dans le poème qui soit autre chose qu'une action sur toi. Il s'agit non de t'expliquer ceci ou cela, ni même de te le suggérer comme le croient de plus subtils, — car il ne s'agit point de ceci ou de cela — mais de te faire devenir tel ou tel. Mais de même que dans la sculpture j'ai besoin d'un nez, d'une bouche, d'un menton pour les faire retentir l'un sur l'autre et te prendre dans mon réseau, j'userai de ceci ou de cela que je suggérerai ou énoncerai, pour te faire autre devenir.
Car si j'use du clair de lune ne t'en va pas t'imaginer qu'il s'agit de toi dans le clair de lune. Il s'agit de toi tout aussi bien dans le soleil, ou dans la maison ou dans l'amour. Il s'agissait de toi tout court. Mais j'ai choisi le clair de lune parce qu'il me fallait bien un signe pour me faire entendre. Je ne pouvais les prendre tous. Et il se trouve ce miracle que mon action ira se diversifiant à la façon de l'arbre qui était simple à l'origine puisque graine, laquelle graine n'était point un arbre en miniature, mais qui développa des branches et des racines quand il s'est étalé dans le temps. Il en est pareillement de l'homme. Si je lui ajoute quelque chose de simple et qu'une seule phrase peut-être charriera, mon pouvoir ira se diversifiant et je modifierai cet homme dans son essence et il changera de comportement dans le clair de lune, dans la maison ou dans l'amour.
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