Antoine de Saint-Exupéry - CITADELLE
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Et certes tu ne m'exprimeras rien si tu me fournis le visage parfaitement banal, sinon le simple don du code, l'objet de référence et le modèle d'académie. J'en ai besoin non pour m'émouvoir mais pour lire ce que tu charries dans ma direction. Et si tu me livres le modèle lui-même, certes tu ne charrieras rien. Aussi j'accepte bien que tu t'éloignes du modèle et déformes et emmêles, mais tant que je conserve la clef. Et je ne te reprocherai rien s'il te plaît de me placer l'œil sur le front.
Bien que je te jugerai alors malhabile, comme celui-là qui pour faire entendre sa musique ferait beaucoup de bruit ou qui rendrait trop ostensible dans son poème une image afin qu'elle se vît.
Car je dis qu'il est digne d'enlever les échafaudages quand tu as achevé ton temple. Je n'ai pas besoin de lire tes moyens. Et ton oeuvre est parfaite si je ne les y découvre plus.
Car précisément ce n'est pas le nez qui m'intéresse et il ne faut pas trop me le montrer en me le plaçant sur le front, ni le mot, et il ne faut pas me le choisir trop vigoureux sinon il mange l'image. Ni même l'image sinon elle mange le style.
Ce que je sollicite de toi est d'une autre essence que le piège. Ainsi de ton silence dans la cathédrale de pierre. Or il se trouve que c'est toi, lequel me prétendais mépriser la matière et chercher l'essence, et qui t'es appuyé sur cette belle ambition pour me fournir tes indéchiffrables messages, qui me construis un piège énorme aux couleurs voyantes, lequel m'écrase, et me dissimule la souris mort-née que tu as prise.
Car tant que je te reconnais ou pittoresque ou brillant ou paradoxal c'est que je n'ai rien reçu de toi, car simplement tu te montres comme dans une foire. Mais tu t'es trompé dans l'objet de la création. Car ce n'est point de te montrer toi-même mais de me faire devenir. Or si tu agites devant moi ton épouvantail à moineaux, je m'en irai me poser ailleurs.
Mais celui-là qui m'a conduit là où il voulait, puis s'est retiré, il me fait croire que je découvre le monde et, comme il le désirait, devenir.
Mais ne crois point non plus que cette discrétion consiste à me polir une sphère où ondulent vaguement un nez, une bouche et un menton comme d'une cire oubliée au feu, car si tu méprises si fort les moyens dont tu uses, commence par me supprimer ce marbre lui-même ou cette argile ou ce bronze, lesquels sont plus matériels encore qu'une simple forme de lèvre.
La discrétion consiste à ne pas insister sur ce que tu veux me faire voir. Or je remarquerai du premier coup, car je vois de nombreux visages le long de la journée, que tu me veux effacer le nez et je n'appellerai point non plus discrétion de me loger ton marbre dans une chambre obscure.
Le visage véritablement invisible et dont je ne recevrai plus rien, c'est le visage banal.
Mais vous êtes devenus des brutes et il vous faut crier pour vous faire entendre.
Certes, tu me peux dessiner un tapis bariolé, mais il n'a que deux dimensions et, s'il parle à mes sens, il ne parle ni à mon esprit ni à mon cœur.
CXXXV
Je te veux dessiller les yeux sur le mirage de l'île. Car tu crois que dans la liberté des arbres et des prairies et des troupeaux, dans l'exaltation de la solitude des grands espaces, dans la ferveur de l'amour sans frein, tu vas jaillir droit comme un arbre. Mais les arbres que j'ai vus jaillir le plus droit ne sont point ceux qui poussent libres. Car ceux-là ne se pressent point de grandir, flânent dans leur ascension et montent tout tordus. Tandis que celui-là de la forêt vierge, pressé d'ennemis qui lui volent sa part de soleil, escalade le ciel d'un jet vertical, avec l'urgence d'un appel.
Car tu ne trouveras dans ton île ni liberté, ni exaltation, ni amour.
Et si tu t'enfonces pour longtemps dans le désert (car autre chose est de t'y reposer du charroi des villes), je ne sais qu'un moyen de l'animer pour toi, de t'y conserver en haleine et de le faire terreau de ton exaltation. Et c'est d'y tendre une structure de lignes de force. Qu'elles soient de la nature ou de l'empire.
Et j'installerai le réseau des puits assez avare pour que ta marche aboutisse sur chacun d'entre eux plus qu'elle n'y accède. Car il faut économiser vers le septième jour l'eau des outres. Et tendre vers ce puits de toutes ses forces. Et le gagner par ta victoire. Et sans doute perdre des montures à forcer cet espace et cette solitude, car il vaudra le prix des sacrifices consentis. Et les caravanes ensablées qui ne l'ont point trouvé attestent sa gloire. Et il rayonne sur leurs ossements sous le soleil.
Ainsi, à l'heure du départ, quand tu vérifies le chargement, tires sur les cordages pour juger si les marchandises balancent, contrôles l'état des réserves d'eau, tu fais appel au meilleur de toi-même. Et te voilà en marche vers ta contrée lointaine qu'au-delà des sables bénissent les eaux, gravissant l'étendue d'un puits à l'autre puits, comme les marches d'un escalier, pris, puisqu'il est une danse à danser et un ennemi à vaincre, dans le cérémonial du désert. Et, en même temps que des muscles, je te bâtis une âme.
Mais si je veux te l'enrichir encore, si je veux que les puits comme des pôles attirent ou repoussent avec plus de force et qu'ainsi le désert soit construction pour ton esprit et pour ton cœur, je te le peuplerai d'ennemis. Ceux-là tiendront les puits et il te faudra pour boire ruser, combattre et vaincre. Et selon les tribus qui camperont ici et là plus cruelles, moins cruelles, plus voisines d'esprit ou d'une langue impénétrable, mieux armées ou moins bien armées — tes pas se feront plus agiles ou moins agiles, plus discrets ou plus bruyants et les distances abattues au cours de tes journées de marche varieront, malgré qu'il s'agisse d'une étendue en tous les points semblables pour les yeux. Et ainsi s'aimantera, se diversifiera et se colorera différemment une immensité qui d'abord était jaunâtre et monotone mais qui, pour ton esprit et pour ton cœur, prendra plus de relief que ces pays heureux où sont les fraîches vallées, les montagnes bleues, les lacs d'eau douce et les prairies.
Car ton pays est ici d'un homme puni de mort et là d'un homme délivré, ici d'une surprise et là d'une solution de surprise. Ici d'une poursuite, et là d'une discrétion attentive comme dans la chambre où elle dort et où tu ne veux pas la réveiller.
Et sans doute ne se passera-t-il rien au cours de la plupart de tes voyages, car il suffit que te soient valables ces différences et motivé et nécessaire et absolu le cérémonial qui en naîtra pour enrichir de qualité ta danse. Le miracle alors sera bien que celui-là que j'ajoute à ta caravane, s'il ignore ton langage et ne participe pas à tes craintes, à tes espoirs et à tes joies, si simplement il est réduit aux mêmes gestes que les conducteurs de tes montures, il ne rencontrera rien qu'un désert vide et bâillera tout le long de la traversée d'une étendue interminable dont il ne recevra qu'ennui, et rien de mon désert ne changera ce voyageur. Le puits n'aura été pour lui qu'un trou de taille médiocre qu'il a fallu désensabler. Et qu'eût-il connu de l'ennemi puisque par essence il est invisible: car il ne s'agit là que d'une poignée de graines promenées par les vents, bien qu'elles suffisent à tout transfigurer pour celui-là qui s'y trouve lié, comme le sel transfigure un festin. Et mon désert, si seulement je t'en montre les règles du jeu, se fait pour toi d'un tel pouvoir et d'une telle prise que je puis te choisir banal, égoïste, morne et sceptique dans les faubourgs de ma ville ou le croupissement de mon oasis, et t'imposer une seule traversée de désert, pour faire éclater en toi l'homme, comme une graine hors de sa cosse, et t'épanouir d'esprit et de cœur. Et tu me reviendras ayant mué, et magnifique, et bâti pour vivre de la vie des forts. Et si je me suis borné à te faire participer de son langage, car l'essentiel n'est point des choses mais du sens des choses, le désert t'aura fait germer et croître comme un soleil.
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