Eco - Le pendule de Foucault

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Lorenza m'haleinait des mots à l'oreille. Mais je n'entendais pas sa voix.

Le serpent ondulait au rythme d'une musique triste et lente. Les vieux monarques portaient maintenant une robe noire et devant eux étaient six cercueils couverts. On entendit quelques sons sourds de basse-tuba, et apparut un homme encapuchonné de noir. Ce fut d'abord une exécution hiératique, comme si elle se déroulait au ralenti, et que le roi acceptait avec une joie dolente, inclinant, docile, le chef. Ensuite, l'encapuchonné abattit une hache, une lame, qui faucha l'air à l'allure d'un pendule, et l'impact de la lame se multiplia par chaque surface reflétante, et dans chaque surface par chaque surface, ce furent mille têtes qui roulèrent, et à partir de ce moment-là les images se succédèrent sans que je parvinsse à suivre l'événement. Je crois que peu à peu tous les personnages, y compris le roi à la peau sombre, étaient décapités et installés dans les cercueils, puis toute la salle se transforma en un rivage marin, ou rive lacustre, et nous vîmes accoster six vaisseaux illuminés où furent transportées les bières ; les vaisseaux s'éloignèrent sur le plan d'eau, s'évanouissant dans la nuit, et tout se déroula tandis que les encens s'étaient faits palpables sous forme de vapeurs denses ; un moment je craignis d'être parmi les condamnés, et autour de moi beaucoup murmuraient « les noces, les noces... ».

J'avais perdu le contact avec Lorenza, et c'est alors seulement que je m'étais retourné pour la chercher parmi les ombres.

A présent la salle était une crypte, ou un tombeau somptueux, à la voûte éclairée par une escarboucle d'extraordinaire dimension.

Dans chaque angle apparaissaient des femmes en robes virginales, autour d'une chaudière à deux étages, un castel au soubassement de pierre dont le porche avait l'air d'un four, deux tours latérales d'où sortaient deux alambics qui se terminaient en une boule ovoïdale, et une troisième tour centrale, qui s'achevait en forme de fontaine...

Dans le soubassement du castel on apercevait les corps des décapités. Une des femmes apporta une cassette d'où elle tira un objet rond qu'elle déposa sur le soubassement, dans un arc de la tour centrale, et aussitôt, au sommet, la fontaine se prit à jaillir. J'eus le temps de reconnaître l'objet : c'était la tête du Maure, qui maintenant brûlait telle une souche, mettant en ébullition l'eau de la fontaine. Vapeurs, souffles, gargouillements...

Cette fois Lorenza posait sa main sur ma nuque, la caressait comme je l'avais vue faire, furtive, pour Jacopo, dans la voiture. La femme portait une sphère d'or, elle ouvrait un robinet dans le four du soubassement et faisait couler dans la sphère un liquide rouge et dense. Après quoi, la sphère fut ouverte et, au lieu du liquide rouge, elle contenait un œuf gros et beau, aussi blanc que neige. Les femmes le prirent et le posèrent à terre, dans un tas de sable jaune, jusqu'à ce que l'œuf s'ouvrît et qu'en sortît un oiseau, encore difforme et sanglant. Mais, abreuvé du sang des décapités, il commença à croître sous nos yeux, à devenir magnifique et resplendissant.

A présent, ils décapitaient l'oiseau et le réduisaient en cendres sur un petit autel. Certains pétrissaient la cendre, versaient la pâte ainsi obtenue dans deux moules, et plaçaient les moules à cuire dans un four, tout en soufflant sur le feu à l'aide de tuyaux. A la fin, les moules furent ouverts et apparurent deux figures pâles et gracieuses, presque transparentes, un jeune garçon et une jeune fille, pas plus hauts que quatre empans, doux et charnus comme des créatures vivantes, mais avec des yeux encore vitreux, minéraux. On les posa sur deux coussins et un vieux leur versa dans la bouche des gouttes de sang...

D'autres femmes arrivèrent en portant des trompettes dorées, décorées de couronnes vertes, et elles en tendirent une au vieillard qui l'approcha de la bouche des deux créatures encore suspendues entre une langueur végétale et un amène sommeil animal, et il commença à insuffler de l'âme dans leurs corps... La salle se remplit de lumière, la lumière s'atténua en pénombre, puis en une obscurité coupée par des éclairs orange, ensuite il y eut une immense clarté d'aube alors que quelques trompettes sonnaient hautes et retentissantes, et il y eut un éclat de rubis, insoutenable. A cet instant je perdis à nouveau Lorenza, et je compris que je ne la retrouverais plus.

Tout devint d'un rouge flamboyant, qui lentement s'estompa en indigo et violet, et l'écran s'éteignit. Ma douleur au front s'était faite insupportable.

« Mysterium Magnum, disait Agliè, maintenant à voix haute et tranquillement, à mes côtés. La renaissance de l'homme nouveau à travers la mort et la passion. Bonne exécution, dois-je dire, même si le goût allégorique a peut-être influé sur la précision des phases. Ce que vous avez vu était une représentation, c'est normal, mais qui parlait d'une Chose. Et notre hôte prétend que cette Chose il l'a produite. Venez, allons voir le miracle accompli. »

– 59 –

Et si s'engendrent de tels monstres, il faut penser qu'ils sont œuvre de nature, dussent-ils sembler différents de l'homme.

PARACELSE, De Homunculis, in Operum Volumen Secundum, Genevae, De Tournes, 1658, p. 475.

Il nous conduisit dehors, dans le jardin, et tout d'un coup je me sentis mieux. Je n'osais pas demander aux autres si Lorenza était vraiment revenue. J'avais rêvé. Mais après quelques pas nous entrâmes dans une serre, et de nouveau la chaleur suffocante m'étourdit. Au milieu des plantes, tropicales pour la plupart, se trouvaient six ampoules de verre en forme de poire – ou de larme – hermétiquement closes par un sceau, et pleines d'un liquide céruléen. A l'intérieur de chaque vase ondoyait un être haut d'une vingtaine de centimètres : nous reconnûmes le roi aux cheveux gris, la reine, le Maure, le guerrier et les deux adolescents couronnés de laurier, un bleu et l'autre rose... Ils évoluaient avec un mouvement natatoire gracieux, comme s'ils se mouvaient dans leur élément.

Il était difficile d'établir s'il s'agissait de modèles en plastique, en cire, ou d'êtres vivants, d'autant que la légère turbidité ne permettait pas de comprendre si le faible halètement qui les animait provenait d'un effet d'optique ou de la réalité.

« Il paraît qu'ils grandissent de jour en jour, dit Agliè. Chaque matin les vases sont ensevelis sous un tas de fumier de cheval frais, autrement dit chaud, qui fournit la température utile à leur croissance. C'est pour cela que chez Paracelse apparaissent des prescriptions où on dit qu'il faut faire grandir les homuncules à la température d'un ventre de cheval. Selon notre hôte, ces homuncules lui parlent, lui communiquent des secrets, émettent des vaticinations : qui lui révèle les vraies mesures du Temple de Salomon, qui la façon d'exorciser les démons... Honnêtement, moi je ne les ai jamais entendus parler. »

Ils avaient des visages très mobiles. Le roi regardait la reine avec tendresse et ses yeux étaient très doux.

« Notre hôte m'a dit qu'il avait trouvé un matin l'adolescent bleu, échappé qui sait comment à sa prison, alors qu'il cherchait à desceller le vase de sa compagne... Mais il était hors de son élément, il respirait avec peine, et on le sauva juste à temps, en le remettant dans son liquide.

– Terrible, dit Diotallevi. Je ne les aimerais pas comme ça. Il faut toujours transporter le vase avec soi et trouver ce crottin où que vous alliez. Que fait-on l'été ? On les laisse au concierge ?

– Mais peut-être, conclut Agliè, sont-ils seulement des ludions, des diables cartésiens. Ou des automates.

– Diable, diable, disait Garamond. Monsieur le comte, vous êtes en train de me révéler un nouvel univers. Nous devrions devenir tous plus humbles, mes chers amis. Il y a plus de choses dans le ciel et sur la terre... Mais enfin, à la guerre comme à la guerre... »

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