Eco - Le pendule de Foucault
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Mais ce n'était pas rien que son regard. D'un geste, d'une seule interjection, Belbo avait le pouvoir de vous placer ailleurs. En somme, supposons que vous vous escrimiez pour démontrer que Kant avait réellement accompli la révolution copernicienne de la philosophie moderne, et que vous jouiez votre destin sur cette affirmation. Belbo, assis devant vous, pouvait tout à coup se regarder les mains, ou fixer son genou, ou entrefermer les paupières en ébauchant un sourire étrusque, ou rester quelques secondes bouche ouverte, les yeux au plafond, et puis, avec un léger balbutiement : « Certes, certes ce Kant... » Ou bien, s'il s'engageait plus explicitement dans un attentat au système entier de l'idéalisme transcendantal : « Euh! Au fond aura-t-il vraiment voulu foutre un tel bordel... » Puis il vous observait avec sollicitude, comme si vous, et non lui, aviez rompu le charme, et il vous encourageait : « Mais dites, dites Car derrière tout ça, certes, il y a... il y a quelque chose qui... L'homme avait du talent. »
Parfois, quand il était au comble de l'indignation, il réagissait avec inconvenance. Et comme la seule chose qui pût l'indigner c'était l'inconvenance d'autrui, en retour son inconvenance était tout intérieure, et régionale. Il serrait les lèvres, levait d'abord les yeux au ciel, puis baissait lentement son regard, et la tête, et il disait à mi-voix : « Mais gavte la nata. » Pour qui ne connaîtrait pas cette expression piémontaise, quelquefois il expliquait : « Mais gavte la nata, ôte ton bouchon. On le dit de qui est enflé de soi-même. On suppose qu'il tient dans cette condition à la posture anormale grâce à la pression d'un bouchon enfoncé dans le derrière. S'il se l'enlève, pffffiiisk, il revient à son humaine condition. »
Ces interventions avaient la propriété de vous faire percevoir la vanité du tout, et j'en étais fasciné. Mais j'en tirais une leçon erronée, car je les choisissais comme modèle de suprême mépris pour la banalité des vérités d'autrui.
A présent seulement, après que j'ai violé, avec les secrets d'Aboulafia, l'âme de Belbo, je sais que ce qui me semblait à moi désenchantement, et que j'érigeais en principe de vie, était pour lui une forme de la mélancolie. Son libertinisme intellectuel déprimé cachait une soif désespérée d'absolu. Difficile de le comprendre à première vue, parce que Belbo compensait les moments de fuite, hésitation, détachement, par des moments de conversation affable et détendue où il s'amusait à produire des alternatives absolues, avec hilare mécréance. C'était l'époque où il construisait avec Diotallevi des manuels de l'impossible, des mondes à l'envers, des tératologies bibliographiques. Et de le voir ainsi, d'une loquacité si enthousiaste dans la construction de sa Sorbonne rabelaisienne, empêchait de comprendre combien le tourmentait son exil de la faculté de théologie, la vraie.
Je le compris après en avoir effacé moi-même l'adresse, tandis que lui l'avait perdue, et ne s'en consolait pas.
Dans les files d'Aboulafia j'ai trouvé quantité de pages d'un pseudo-journal intime que Belbo avait confié au secret des disquettes, sûr ainsi de ne pas trahir sa vocation, tant de fois réitérée, de simple spectateur du monde. Certaines portent une date reculée, où il avait évidemment transcrit d'anciennes notes, par nostalgie, ou bien parce qu'il pensait les recycler d'une manière ou d'une autre. D'autres appartiennent à ces dernières années, depuis l'époque où il avait eu Abou entre les mains. Il écrivait par jeu mécanique, pour réfléchir en solitaire sur ses propres erreurs, il s'imaginait ne pas « créer » parce que la création, même si elle produit l'erreur, se donne toujours pour l'amour de quelqu'un qui n'est pas nous. Mais Belbo, sans s'en apercevoir, était en train de passer de l'autre côté de la sphère. Il créait, et il eût mieux valu qu'il ne l'ait jamais fait : son enthousiasme pour le Plan est né de ce besoin d'écrire un Livre, fût-il seulement, exclusivement, férocement fait d'erreurs intentionnelles. Tant que vous vous contractez dans votre vide, vous pouvez encore penser être en contact avec l'Un, mais dès que vous patrouillez de la glaise, fût-elle électronique, vous voilà déjà devenu un démiurge, et qui s'engage à faire un monde s'est déjà compromis avec l'erreur et avec le mal.
FILENAME : TROIS FEMMES AUTOUR DU CŒUR...
C'est comme ça : toutes les femmes que j'ai rencontrées se dressent aux horizons – avec les gestes piteux et les regards tristes des sémaphores sous la pluie...
Tu vises haut, Belbo. Premier amour, la Très Sainte Vierge. Maman qui chante en me tenant dans son giron comme si elle me berçait quand désormais je n'ai plus besoin de berceuses mais je demandais qu'elle chantât parce que j'aimais sa voix et le parfum de lavande de son sein : « Ô ma Reine de l'Empyrée – toute pure, toute belle – toi épouse, servante, pucelle – toi la mère du Rédempteur. »
Normal : la première femme de ma vie ne fut pas mienne – comme du reste elle ne fut à personne, par définition. Je suis tombé tout de suite amoureux de l'unique femme capable de faire tout sans moi.
Puis Marilena (Marylena ? Mary Lena ?). Décrire lyriquement le crépuscule, les cheveux d'or, le grand nœud bleu, moi dressé le nez en l'air devant le banc, elle qui marche en équilibre sur le rebord du dossier, les bras ouverts pour faire balancier à ses oscillations (délicieuses extra-systoles), la jupe qui volette, légère, autour de ses cuisses roses. Tout en haut, impossible à atteindre.
Esquisse : le soir même ma mère qui est en train de saupoudrer de talc les chairs roses de ma sœur, moi qui demande quand lui sortira enfin son robinet, ma mère qui révèle que le robinet ne sort pas aux filles, qui restent comme ça. Moi tout à coup je revois Mary Lena, et le blanc de ses culottes qu'on apercevait sous la jupe bleue qui flottait, et je comprends qu'elle est blonde et altière et inaccessible parce qu'elle est différente. Aucun rapport possible, elle appartient à une autre race.
Troisième femme aussitôt perdue dans l'abîme où elle sombre. Elle vient de mourir dans le sommeil, pâle Ophélie au milieu des fleurs de son cercueil virginal, tandis que le prêtre récite les prières des défunts, soudain elle se dresse droite sur le catafalque, l'air renfrogné, blanche, vengeresse, le doigt tendu, la voix caverneuse : « Père, ne priez pas pour moi. Cette nuit, avant de m'endormir, j'ai conçu une pensée impure, la seule de ma vie, et maintenant je suis damnée. » Retrouver le livre de la première communion. Il y avait l'illustration ou j'ai tout fait tout seul? Certes, elle était morte en pensant à moi, la pensée impure c'était moi qui désirais Mary Lena intouchable parce que d'une autre espèce, d'un autre destin. Je suis coupable de sa damnation, je suis coupable de la damnation de quiconque se damne, juste que je n'aie pas eu les trois femmes : c'est la punition pour les avoir voulues.
Je perds la première car elle est au paradis, la deuxième car elle envie au purgatoire le pénis qu'elle n'aura jamais, et la troisième parce qu'en enfer. Théologiquement parfait. Déjà écrit.
Mais il y a l'histoire de Cecilia et Cecilia est sur la terre. Je pensais à elle avant de m'endormir, je montais sur la colline pour aller chercher le lait à la ferme et, tandis que les partisans tiraient de la colline d'en face sur le poste de contrôle, je me voyais accourir pour la sauver, la libérant d'une nuée de brigands noirs qui la poursuivaient, la mitraillette brandie... Plus blonde que Mary Lena, plus inquiétante que la jeune fille du sarcophage, plus pure et servante que la vierge. Cecilia vivante et inaccessible, il suffisait d'un rien et j'aurais pu même lui parler, j'avais la certitude qu'elle pouvait aimer quelqu'un de ma race, c'est si vrai qu'elle l'aimait, il s'appelait Papi, avait des cheveux blonds hirsutes sur un crâne minuscule, un an de plus que moi, et un saxophone. Et moi pas même une trompette. Je ne les avais jamais vus ensemble, mais tous à l'oratoire chuchotaient entre coups de coude et petits rires qu'ils faisaient l'amour. Ils mentaient sûrement, ces petits paysans lascifs comme des chèvres. Ils voulaient me faire comprendre qu'elle (reine, servante, épouse, pucelle) était tellement accessible que quelqu'un y avait eu accès. En tout cas – quatrième cas – moi hors jeu.
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