Guy de Maupassant - Contes divers (1884)

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Elle, tremblante, apeurée et ravie, soulevait jusqu’au bout de son nez, qui la retenait en l’air, sa voilette noire pliée en deux ; et elle se mettait à boire avec la joie qu’on a en accomplissant une adorable scélératesse. Chaque cerise avalée lui donnait la sensation d’une faute commise, chaque gorgée du rude liquide descendait en elle comme une jouissance délicate et défendue.

Puis elle me disait à mi-voix : « Allons-nous-en. » Et nous partions. Elle filait vivement, la tête basse, d’un pas menu, entre les buveurs qui la regardaient passer d’un air mécontent ; et quand nous nous retrouvions dans la rue, elle poussait un grand soupir comme si nous venions d’échapper à un terrible danger.

Quelquefois elle me demandait en frissonnant : « Si on m’injuriait dans ces endroits-là, qu’est-ce que tu ferais ? » Je répondais d’un ton crâne : « Mais je te défendrais, parbleu ! » Et elle me serrait le bras avec bonheur, avec le désir confus, peut-être, d’être injuriée et défendue, de voir des hommes se battre pour elle, même ces hommes-la, avec moi ;

Un soir, comme nous étions attablés dans un assommoir de Montmartre, nous vîmes entrer une vieille femme en guenilles, qui tenait à la main un jeu de cartes crasseux. Apercevant une dame, la vieille aussitôt s’approcha de nous en offrant de dire la bonne aventure à ma compagne. Emma, qui avait à l’âme toutes les croyances, frissonna de désir et d’inquiétude, et elle fit place, près d’elle, à la commère.

L’autre, antique, ridée, avec des yeux cerclés de chair vive et une bouche vide, sans une dent, disposa sur la table ses cartons sales. Elle faisait des tas, les ramassait, étalait de nouveau les cartes en murmurant des mots qu’on ne distinguait point. Emma, pâlie, écoutait, attendait, le souffle court, haletant d’angoisse et de curiosité.

La sorcière se mit à parler. Elle lui prédit des choses vagues : du bonheur et des enfants, un jeune homme blond, un voyage, de l’argent, un procès, un monsieur brun, le retour d’une personne, une réussite, une mort. L’annonce de cette mort frappa la jeune femme. La mort de qui ; Quand ; Comment ;

La vieille répondait : « Quant à ça, les cartes ne sont pas assez fortes, il faudrait v’nir chez moi d’main. J’vous dirais ça avec l’marc de café qui n’trompe jamais. »

Emma anxieuse se tourna vers moi : « Dis, tu veux que nous y allions demain. Oh ; je t’en prie, dis oui. Sans ça, tu ne te figures pas comme je serais tourmentée. »

Je me mis à rire : « Nous irons si ça te plaît, ma chérie. » Et la vieille donna son adresse.

Elle habitait au sixième étage, dans une affreuse maison, derrière les Buttes-Chaumont. On s’y rendit le lendemain.

Sa chambre, un grenier avec deux chaises et un lit, était pleine de choses étranges, d’herbes pendues, par gerbes, à des clous, de bêtes séchées de bocaux et de fioles contenant des liquides colorés diversement. Sur la table, un chat noir empaillé regardait avec ses yeux de verre. Il avait l’air du démon de ce logis sinistre.

Emma, défaillant d’émotion s’assit, et aussitôt : « Oh ; chéri, regarde ce minet comme il ressemble à Misti. » Et elle expliqua à la vieille qu’elle possédait un chat tout pareil, mais tout pareil ;

La sorcière répondit gravement : « Si vous aimez un homme, il ne faut pas le garder. »

Emma, frappée de peur, demanda : « Pourquoi ça ? » La vieille s’assit près d’elle familièrement et lui prit la main : « C’est le malheur de ma vie », dit-elle.

Mon amie voulut savoir. Elle se pressait contre la commère, la questionnait, la priait : une crédulité pareille les faisait sœurs par la pensée et par le cœur. La femme enfin se décida :

« Ce chat-là, dit-elle, je l’ai aimé comme on aime un frère. J’étais jeune alors, et toute seule, couturière en chambre. Je n’avais que lui, Mouton. C’est un locataire qui me l’avait donné. Il était intelligent comme un enfant, et doux avec ça, et il m’idolâtrait, ma chère dame, il m’idolâtrait plus qu’un fétiche. Toute la journée sur mes genoux à faire ron-ron, et toute la nuit sur mon oreiller ; je sentais son cœur battre, voyez-vous.

« Or il arriva que je fis une connaissance, un brave garçon qui travaillait dans une maison de blanc. Ça dura bien trois mois sans que je lui aie rien accordé. Mais vous savez on faiblit, ça arrive à tout le monde ; et puis, je m’étais mise à l’aimer, moi. Il était si gentil, si gentil ; et si bon. Il voulait que nous habitions ensemble tout à fait, par économie. Enfin, je lui permis de venir chez moi, un soir. Je n’étais pas décidée à la chose, oh ; non, mais ça me faisait plaisir à l’idée que nous serions tous les deux une heure ensemble.

« Dans le commencement, il a été très convenable. Il me disait des douceurs qui me remuaient le cœur. Et puis, il m’a embrassée, Madame, embrassée comme on embrasse quand on aime. Moi, j’avais fermé les yeux, et je restais là saisie dans une crampe de bonheur. Mais, tout à coup, je sens qu’il fait un grand mouvement, et il pousse un cri, un cri que je n’oublierai jamais. J’ouvre les yeux et j’aperçois que Mouton lui avait sauté au visage et qu’il lui arrachait la peau à coups de griffe comme si c’eût été une chiffe de linge. Et le sang coulait, Madame, une pluie.

« Moi je veux prendre le chat, mais il tenait bon, il déchirait toujours ; et il me mordait, tant il avait perdu le sens. Enfin, je le tiens et je le jette par la fenêtre, qui était ouverte, vu que nous nous trouvions en été.

Quand j’ai commencé à laver la figure de mon pauvre ami, je m’aperçus qu’il avait les yeux crevés, les deux yeux ;

Il a fallu qu’il entre à l’hospice. Il est mort de peine au bout d’un an. Je voulais le garder chez moi et le nourrir, mais il n’a pas consenti. On eût dit qu’il m’haïssait depuis la chose.

« Quant à Mouton, il s’était cassé les reins dans la tombée. Le concierge avait ramassé le corps. Moi je l’ai fait empailler, attendu que je me sentais tout de même de l’attachement pour lui. S’il avait fait ça, c’est qu’il m’aimait, pas vrai ? »

La vieille se tut, et caressa de la main la bête inanimée dont la carcasse trembla sur un squelette de fil de fer.

Emma, le cœur serré, avait oublié la mort prédite. Ou, du moins, elle n’en parla plus ; et elle partit, ayant donné cinq francs.

Comme son mari revenait le lendemain, je fus quelques jours sans aller chez elle.

Quand j’y revins, je m’étonnai de ne plus apercevoir Misti. Je demandai où il était.

Elle rougit et répondit : « Je l’ai donné. Je n’étais pas tranquille. » Je fus surpris. « Pas tranquille ; Pas tranquille ; A quel sujet ? »

Elle m’embrassa longuement, et tout bas : « J’ai eu peur pour tes yeux, mon chéri. »

22 janvier 1884

Notes d’un voyageur

Sept heures. Un coup de sifflet ; nous partons. Le train passe sur les plaques tournantes, avec le bruit que font les orages au théâtre ; puis il s’enfonce dans la nuit, haletant, soufflant sa vapeur, éclairant de reflets rouges des murs, des haies, des bois, des champs.

Nous sommes six, trois sur chaque banquette, sous la lumière du quinquet. En face de moi, une grosse dame avec un gros monsieur, un vieux ménage. Un bossu tient le coin de gauche. A mes côtés, un jeune ménage, ou du moins un jeune couple. Sont-ils mariés ; La jeune femme est jolie, semble modeste, mais elle est trop parfumée. Quel est ce parfum-là ; je le connais sans le déterminer. Ah ; j’y suis. Peau d’Espagne. Cela ne dit rien. Attendons.

La grosse dame dévisage la jeune avec un air d’hostilité qui me donne à penser. Le gros monsieur ferme les yeux. Déjà ; Le bossu s’est roulé en boule. Je ne vois plus où sont ses jambes. On n’aperçoit que son regard brillant sous une calotte grecque à gland rouge. Puis il plonge dans sa couverture de voyage. On dirait un petit paquet jeté sur la banquette.

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