Mikhaïl Boulgakov - Le Maitre et Marguerite

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Immédiatement, la vieille nappe tachée de jaune disparut de la table, une nouvelle nappe plus blanche qu’un burnous de Bédouin et crissante d’empesage se déploya comme une aile, et Archibald Archibaldovitch, penché sur l’oreille de Koroviev, chuchota d’un ton expressif :

– Quel régal puis-je vous offrir ? J’ai un filet d’esturgeon tout à fait spécial… réservé pour le banquet du congrès des architectes, mais je peux vous en mettre un de côté…

– Vous… euh… donnez-nous toujours des hors-d’œuvre… heu…, marmonna Koroviev avec bienveillance, en se renversant sur le dossier de sa chaise.

– Je comprends, dit Archibald Archibaldovitch en fermant les yeux d’un air entendu.

En voyant le patron agir ainsi avec ces visiteurs plus que douteux, les garçons laissèrent leurs soupçons de côté et se mirent à l’œuvre sérieusement. Déjà, l’un d’eux présentait une allumette à Béhémoth qui avait tiré de sa poche un mégot et se l’était planté dans la bouche, un autre accourait dans un tintement de cristal vert et plaçait devant chaque assiette un petit verre à alcool, un verre à bordeaux et un de ces grands verres ballons à paroi fine où il fait si bon boire de l’eau minérale pétillante sous la tente de toile… ou plutôt, non, anticipant sur les événements à venir, nous préférons écrire : où il faisait si bon boire de l’eau minérale pétillante sous la tente de toile de l’inoubliable véranda de Griboïedov.

– Que diriez-vous, ensuite, de bons petits filets de gélinottes ? ronronna Archibald Archibaldovitch d’une voix musicale.

L’hôte au lorgnon cassé approuva pleinement la suggestion du commandant du brick corsaire et le regarda avec bonté à travers son inutile pince-nez.

Le romancier Petrakov-Soukhovieï, qui dînait à la table voisine avec son épouse, laquelle finissait de manger une grillade de porc, avait remarqué, avec cette faculté d’observation propre à tous les écrivains, l’empressement d’Archibald Archibaldovitch, et il en était très, très étonné. Quant à son épouse, dame fort respectable, elle était simplement jalouse de l’attention du pirate pour Koroviev, et elle donna même quelques coups de sa petite cuiller sur son verre : « Eh bien, quoi, on nous oublie ?… Cette glace, elle vient ? Qu’est-ce que c’est que ça ?… »

Mais Archibald Archibaldovitch, après avoir adressé à la Petrakova un sourire enjôleur, se contenta de lui envoyer un garçon, lui-même demeurant près de ses chers hôtes. Ah ! c’était un habile homme qu’Archibald Archibaldovitch ! Et très observateur – pas moins, peut-être, que les écrivains eux-mêmes ! Archibald Archibaldovitch était au courant de la séance des Variétés et des nombreux événements survenus ces derniers jours, il avait entendu parler de « chat » et de « pantalon à carreaux, », mais chez lui, contrairement à beaucoup d’autres, cela n’était pas tombé dans l’oreille d’un sourd. Archibald Archibaldovitch avait tout de suite deviné qui étaient ces visiteurs. Et, l’ayant deviné, il ne se risqua pas, naturellement, à leur chercher querelle. Elle allait bien, Sophia Pavlovna ! Belle idée, vraiment, que d’interdire l’entrée de la pergola à ces deux-là ! D’ailleurs, que pouvait-on attendre d’elle !…

Plantant d’un air hautain sa petite cuiller dans sa crème glacée, la Petrakova jeta des regards mécontents à la table de ces deux espèces de pitres aux vêtements grotesques, qui se couvrait de victuailles comme par magie. Déjà, des feuilles de salade lavées à briller émergeaient d’un ravier de caviar frais… et hop ! sur une desserte spécialement apportée surgissait un seau d’argent embué…

C’est seulement lorsqu’il fut certain que tout était parfait, et lorsqu’il vit accourir, entre les mains d’un garçon, une sauteuse couverte où quelque chose bouillottait, qu’Archibald Archibaldovitch se permit de quitter les deux visiteurs mystérieux, non sans leur avoir murmuré au préalable :

– Excusez-moi ! Une minute seulement ! Je tiens à surveiller personnellement vos filets de gélinottes !

Il s’en fut, et disparut à l’intérieur du restaurant. Si quelque observateur avait pu épier les actes ultérieurs d’Archibald Archibaldovitch, ceux-ci lui eussent paru, sans aucun doute, quelque peu énigmatiques.

Le patron ne se rendit nullement à la cuisine pour surveiller les filets de gélinottes, mais à la réserve du restaurant. Il l’ouvrit avec sa clef, s’y enferma, sortit d’une glacière, avec précaution afin de ne pas tacher sa manchette, deux lourds esturgeons, les enveloppa dans un journal et ficela soigneusement le paquet qu’il mit de côté. Puis il passa dans la pièce voisine, vérifia que son léger manteau doublé de soie et son chapeau étaient à leur place, et seulement alors, se rendit à la cuisine, où le chef découpait avec soin les filets de gélinottes promis par le pirate à ses hôtes.

Il faut dire que dans les actes d’Archibald Archibaldovitch, il n’y avait rien d’étrange ou d’incompréhensible, et que seul un observateur superficiel aurait pu les considérer comme tels. La conduite d’Archibald Archibaldovitch découlait avec une parfaite logique de tout ce qui précédait. La connaissance des événements récents et surtout le flair phénoménal d’Archibald Archibaldovitch suggéraient au patron du restaurant de Griboïedov que le dîner des deux visiteurs, encore qu’abondant et luxueux, serait de très courte durée. Or, son flair n’avait jamais trompé l’ancien flibustier ; il en fut de même cette fois encore.

Koroviev et Béhémoth trinquaient pour la seconde fois avec un petit verre d’excellente vodka Moskovskaïa, deux fois purifiée et bien glacée, quand parut sous la pergola, tout en sueur et en émoi, l’échotier Boba Kandaloupski, célèbre dans Moscou pour son étonnante omniscience. Il vint directement s’asseoir à la table des Petrakov. Il posa sa serviette bourrée de papiers sur la table, et tout aussitôt, fourra ses lèvres dans l’oreille de Petrakov et se mit à lui chuchoter des histoires apparemment fort excitantes. N’en pouvant plus de curiosité, Mme Petrakova, à son tour, colla son oreille aux grosses lèvres molles de Boba. Celui-ci, tout en jetant par moments des regards furtifs autour de lui, chuchotait sans interruption, et l’on pouvait saisir, çà et là, quelques mots :

– Parole d’honneur !… Rue Sadovaïa, rue Sadovaïa !… (Boba baissa encore la voix :) Les balles ne leur font rien !… balles… balles… pétrole… incendie… balles…

– Les menteurs qui répandent des bruits aussi dégoûtants, corna le contralto de Mme Petrakova qui, indignée, avait parlé un peu plus fort que ne l’eût souhaité Boba, on devrait les dénoncer ! Mais ça ne fait rien, on mettra tous ces gens-là au pas ! Ces bobards nous font tant de mal !

– Des bobards, Antonida Porphyrievna ? s’écria Boba, fâché de l’incrédulité de Mme Petrakovna, puis de nouveau, il susurra : Je vous le dis, les balles ne leur font rien !… Et maintenant l’incendie… et eux – en l’air – en l’air !

Et Boba chuchotait, sans se douter que les protagonistes de son récit étaient à quelques pas de lui et se réjouissaient de l’entendre.

Au reste, cette joie fut de courte durée. Trois hommes bottés de cuir, ceinturon serré à la taille et revolver au poing, firent irruption sous la pergola, venant du restaurant. Le premier cria d’une voix de tonnerre :

– Que personne ne bouge !

Et aussitôt, tous trois ouvrirent le feu, visant les têtes de Koroviev et Béhémoth. Criblés de balles, ceux-ci se dissipèrent immédiatement dans les airs. Du réchaud à pétrole jaillit une colonne de feu, droit vers la toile de tente. Un trou béant aux bords noirs s’y ouvrit et s’élargit rapidement en crépitant. Les flammes s’engouffrèrent dans ce trou et montèrent jusqu’au toit de la maison de Griboïedov. Des chemises bourrées de papier posées sur l’appui de la fenêtre d’une salle de rédaction, au deuxième étage, s’embrasèrent d’un coup. Les flammes attaquèrent le rideau, et le feu, ronflant comme si quelqu’un soufflait dessus, s’enfonça en tourbillonnant dans la maison de la tante de Griboïedov.

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