Simenon, Georges - L'écluse n°1

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Quand on observe des poissons à travers une couche d’eau qui interdit entre eux et nous tout contact, on les voit rester longtemps immobiles, sans raison, puis d’un frémissement de nageoires aller un peu plus loin pour n’y rien faire qu’attendre à nouveau.
C’est dans le même calme, comme sans raison aussi, que le tramway 13, le dernier « Bastille-Créteil », traîna ses lumières jaunâtres tout le long du quai des Carrières. Au coin d’une rue, près d’un bec de gaz vert, il fit mine de s’arrêter, mais le receveur agita sa sonnette et le convoi fonça vers Charenton. Derrière lui, le quai restait vide et stagnant comme un paysage du fond de l’eau. A droite, des péniches flottaient sur le canal, avec de la lune tout autour.
Un filet d’eau se faufilait par une vanne mal fermée de l’écluse, et c’était le seul bruit sous le ciel encore plus quiet et plus profond qu’un lac.
[http://www.amazon.fr/LEcluse-numéro-1-Georges-Simenon/dp/2253143154](http://www.amazon.fr/LEcluse-num%C3%A9ro-1-Georges-Simenon/dp/2253143154)

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Ducrau tendait le cou.

— Pour cela, il faut des preuves !

— Si bien que ?…

— Rien ! Mercredi à minuit, je n’appartiendrai plus à la police. Vous me l’avez rappelé tout à l’heure. Vous n’avez pas de tabac gris, par hasard ?

Il en prit dans un pot de grès qu’on lui désignait et, après avoir bourré sa pipe, emplit sa blague. On frappait à la porte. C’était Decharme, qui entra sans attendre de réponse.

— Je vous demande pardon. Ma femme me prie de l’excuser si elle ne descend pas dîner. Elle est un peu souffrante. C’est son « état »…

Il ne s’en allait pas, cherchait la place où il allait s’installer et s’étonnait devant les verres de cognac.

— Vous ne voulez pas plutôt des apéritifs ?

Par miracle, Ducrau ne le rabrouait pas, ne semblait même pas s’apercevoir de sa présence. Il avait ramassé sur le tapis sa pipe qui n’était pas cassée. Il n’y avait qu’un éclat blanc dans l’écume, et il y passait son doigt enduit de salive.

— Ma femme est là-haut ?

— Elle vient de descendre à la cuisine.

— Vous permettez un instant, commissaire ?

Ducrau avait l’air de s’attendre à ce que le commissaire ne permît pas, mais il n’en fut rien.

— Un drôle de bonhomme ! soupira Maigret une fois la porte refermée.

Et Decharme, qui était mal à l’aise dans le fauteuil où il avait replié son grand corps, mais qui n’osait pas se lever, toussota, murmura :

— Il est parfois étrange, vous l’avez sans doute remarqué. En somme, il a ses bons et ses mauvais moments.

Maigret, comme s’il eût été chez lui, ferma les rideaux, laissa une mince fente par laquelle il observait parfois la cour.

— Il faut beaucoup de patience…

— Vous en avez !

— Par exemple, pour le moment, ma situation est assez délicate. Je suis officier, vous le savez. Il est évident que l’Armée ne peut pas être mêlée à certaines choses, à certains drames qui…

— Drames qui ?… répéta Maigret, impitoyable.

— Je ne sais pas. C’est un conseil que je vous demande. Vous avez une situation officielle, vous aussi. Or, votre présence et certains bruits…

— Quels bruits ?

— Je ne sais pas. Mais supposez… C’est horriblement difficile à dire. Ce n’est qu’une supposition, n’est-ce pas ? Supposez qu’un homme qui a une certaine situation se soit mis dans une position… une position…

— Un verre de fine ?

— Merci. Jamais d’alcool !

Il se cramponnait quand même. Il était décidé à tout et il n’improvisait pas ! Tout son discours était prêt !

— Quand un officier a failli, il est de tradition que ses camarades eux-mêmes lui montrent son devoir et le laissent seul avec un revolver. Cela évite le scandale des débats publics et…

— De qui parlez-vous ?

— De personne. Je ne puis pourtant m’empêcher d’être inquiet. Et je venais vous demander, en définitive, de me rassurer ou de me dire si nous devons nous attendre à…

Il ne voulait quand même pas préciser davantage. Il se levait, soulagé. Il souriait en attendant la réponse.

— Vous me demandez si votre beau-père est un assassin et si je vais l’arrêter ?

Il n’avait pas paru s’inquiéter un seul instant de l’absence de Ducrau, qui rentrait le visage plus frais, les cheveux humides aux tempes comme ceux d’un homme qui vient de se laver la figure.

— Nous allons le lui demander.

Maigret fumait à grandes bouffées, tenait son verre de fine à la main, et il évitait de regarder Decharme qui était devenu blême mais qui n’osait pas ouvrir la bouche.

— Voilà, Ducrau, votre gendre qui me demande si je pense que vous êtes un assassin et si j’ai l’intention de vous arrêter.

On dut l’entendre d’en haut, car les pas s’arrêtèrent net au-dessus des têtes. Ducrau, malgré son sang-froid, en avait la respiration coupée.

— C’est lui qui demande… si je…

— N’oubliez pas qu’il est officier. Il me rappelait justement la coutume en pareil cas. Quand un officier a failli, comme il dit avec beaucoup d’élégance, ce sont ses meilleurs amis qui le laissent seul avec son revolver.

Le regard de Ducrau suivait obstinément Decharme, qui marchait comme sans but vers le fond de la pièce.

— Ah ! Il a dit…

Pendant quelques secondes, on put croire que les choses allaient mal tourner. Mais les traits de Ducrau se détendaient peu à peu, peut-être sous le coup d’un effort héroïque. Il souriait. Le sourire s’élargissait. Il riait ! Il riait même en se tapant sur les cuisses.

— C’est crevant, hurla-t-il enfin, des larmes aux yeux à force de rire. Ah ! mon petit Decharme ! Quel charmant garçon tu fais ! Dites donc, mes enfants, on va se mettre à table. Les officiers qui… quand un autre a failli… Sacré Decharme ! Et dire qu’on va bouffer l’un en face de l’autre…

La chemise de Maigret lui collait au corps, mais on ne pouvait s’en douter en le voyant vider avec soin sa pipe dans le cendrier et la glisser dans son étui avant de la remettre en poche.

X

La servante apporta la soupière au moment où Ducrau, avec un soupir d’aise, glissait entre son faux col et sa chair un grand coin de serviette. Il n’y avait pas de feu et Mme Ducrau, frileuse, avait jeté sur ses épaules une mantille de tricot noir qui avait l’air d’un éteignoir.

La place de Berthe restait vide, juste en face de l’armateur, qui ordonna à la servante :

— Allez dire à ma fille de descendre.

Il se servit de soupe, posa à côté de son assiette un énorme quignon de pain. Comme sa femme reniflait, il fronça deux ou trois fois les sourcils et s’impatienta enfin.

— Tu es enrhumée ?

— Je crois que oui, balbutia-t-elle en détournant la tête pour ne pas laisser voir qu’elle était sur le point de pleurer à nouveau.

Quant à Decharme, il écoutait des bruits d’en haut, tout en maniant sa cuiller avec élégance.

— Eh bien ! Mélie ?

— Mme Berthe fait répondre qu’elle ne peut pas descendre.

Ducrau aspirait bruyamment sa soupe.

— Va lui répéter, toi, que je veux qu’elle descende, malade ou non. Compris ?

Decharme quitta la pièce, et Ducrau parut chercher autour de lui quelqu’un à attaquer encore.

— Mélie, ouvre les rideaux.

Il faisait face aux deux fenêtres qui dominaient la cour, la grille, la Seine. Pesant sur la table de tout son torse, il mangeait son pain en regardant dehors, dans l’épaisseur de la nuit. À l’étage au-dessus, il y avait des bruits précipités, des chuchotements, des sanglots. Quand Decharme reparut, ce fut pour annoncer :

— Elle vient.

Et, en effet, sa femme entra quelques instants plus tard. Elle n’avait pas pris la peine de cacher sous de la poudre les rougeurs luisantes de son visage.

— Mélie ! appela Ducrau.

Il ne s’occupait pas de Maigret, ni des autres. On eût dit qu’il menait une vie à part, qu’il suivait, sans s’inquiéter du reste, un plan bien établi.

— Servez la suite.

Comme elle se penchait sur la table pour saisir la soupière, il lui tapota la croupe. Si la servante de Charenton était jeune, celle-ci n’avait pas d’âge, pas d’entrain, pas de charme.

— Au fait, Mélie, quand avons-nous couché ensemble pour la dernière fois ?

Elle sursauta, essaya en vain de sourire, regarda son patron puis sa patronne avec angoisse. Ducrau, lui, haussait les épaules et souriait avec pitié.

— Encore une qui croit que ça a de l’importance ! Vous pouvez aller. C’était ce matin, en choisissant les vins dans la cave.

Il ne put quand même pas s’empêcher de jeter un coup d’œil à Maigret pour juger de l’effet produit, mais le commissaire paraissait à cent lieues de ces histoires. Mme Ducrau n’avait pas réagi. Elle s’était tassée un peu plus sous son éteignoir de tricot et fixait la nappe avec application, tandis que sa fille tapotait son nez rouge de son mouchoir.

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