Simenon, Georges - L'écluse n°1

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Quand on observe des poissons à travers une couche d’eau qui interdit entre eux et nous tout contact, on les voit rester longtemps immobiles, sans raison, puis d’un frémissement de nageoires aller un peu plus loin pour n’y rien faire qu’attendre à nouveau.
C’est dans le même calme, comme sans raison aussi, que le tramway 13, le dernier « Bastille-Créteil », traîna ses lumières jaunâtres tout le long du quai des Carrières. Au coin d’une rue, près d’un bec de gaz vert, il fit mine de s’arrêter, mais le receveur agita sa sonnette et le convoi fonça vers Charenton. Derrière lui, le quai restait vide et stagnant comme un paysage du fond de l’eau. A droite, des péniches flottaient sur le canal, avec de la lune tout autour.
Un filet d’eau se faufilait par une vanne mal fermée de l’écluse, et c’était le seul bruit sous le ciel encore plus quiet et plus profond qu’un lac.
[http://www.amazon.fr/LEcluse-numéro-1-Georges-Simenon/dp/2253143154](http://www.amazon.fr/LEcluse-num%C3%A9ro-1-Georges-Simenon/dp/2253143154)

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— Le commissaire me demandait des renseignements sur vous. Et comme il sait que vous avez des dettes, il me faisait remarquer que ma mort aurait tout arrangé. Quant à celle de Jean, elle double vos espérances.

— Papa !… s’écria sa fille en portant à ses yeux un mouchoir bordé de noir.

— Papa !… l’imita-t-il. Eh bien ! quoi ? Est-ce moi qui ai des dettes ? Est-ce moi qui veux aller vivre dans le Midi ?

Le couple avait l’habitude, et Decharme était assez habile : il esquissait un sourire triste, à peine dessiné, comme s’il eût considéré ces discours comme une plaisanterie ou comme l’effet d’une mauvaise humeur passagère. Il avait de jolies mains, blanches et longues, qu’il caressait en jouant avec l’alliance de platine.

— Vous ai-je dit qu’ils attendent un enfant ?

Berthe Decharme se cachait le visage. C’était pénible. Ducrau le savait bien, mais il le faisait exprès. Le chauffeur traversa la cour, se dirigea vers le perron, et l’armateur ouvrit la fenêtre pour l’appeler.

— Qu’est-ce qu’il y a ?…

— Monsieur m’a dit…

— Oui ! Ensuite ?

Le chauffeur, désarçonné, désignait un bonhomme qui s’était assis dans l’herbe, au-delà de la grille, et qui tirait un morceau de pain de sa poche.

— Imbécile !

La fenêtre fut refermée. On voyait la servante, qui avait mis un tablier blanc, dresser la table sur la terrasse ombragée par un parasol rouge.

— Est-ce que tu sais seulement ce qu’il y a à dîner ?

Sa fille en profita pour sortir tandis que Decharme feignait de parcourir les partitions de piano.

— Vous jouez ? lui demanda Maigret.

Ce fut Ducrau qui répondit :

— Lui ? Jamais de la vie ! Il n’y a personne ici qui joue ! Le piano, c’est du chiqué, comme le reste !

Et bien qu’il fît plutôt frais dans la pièce, il avait le front en sueur.

Les voisins de gauche jouaient toujours au tennis, et un valet en livrée leur apportait des rafraîchissements à l’heure où les Ducrau déjeunaient sur leur terrasse. Le parasol ne tamisait pas assez le soleil, et la robe de soie noire de Berthe Ducrau avait des demi-cercles mouillés sous les bras. Quant à Ducrau, il était tellement tendu que cela fatiguait de le voir. Tout ce qu’il disait, tout ce qu’il faisait était pénible.

Lorsqu’on servit le poisson, il demanda à voir le plat, renifla, toucha du bout de l’index et gronda :

— Emportez !

— Mais, Émile…

— Emportez ! répéta-t-il.

Quand sa femme revint de la cuisine, elle avait les yeux rouges. Il disait, lui, pesamment, tourné vers Maigret :

— C’est mercredi que vous prenez votre retraite. Mercredi soir ou mercredi matin ?

— Mercredi à minuit.

Alors, attaquant son gendre :

— Tu sais combien je lui ai offert pour travailler avec moi ? Cent cinquante mille. S’il en veut deux cent, il les aura !

Il épiait toujours les allées et venues devant la grille. Il avait peur. Et Maigret, qui était seul à le savoir, était plus mal à l’aise que les autres, car le spectacle du bonhomme se débattant contre la panique était tragique, avec une pointe de ridicule et d’odieux.

Au café, Ducrau trouva autre chose.

— Voilà, dit-il en désignant le cercle qu’on formait autour de la table, ce qu’on appelle une famille. D’abord un homme qui a tout le poids sur les épaules, qui l’a toujours eu, qui l’aura jusqu’à ce qu’il en crève. Puis les autres qui s’accrochent à lui, inertes…

— Ça recommence ? questionna sa fille en se levant.

— Tu as raison. Va faire un petit tour. C’est peut-être ton dernier bon dimanche.

Elle tressaillit. Son mari, qui s’essuyait les lèvres de sa serviette, leva la tête. Quant à Mme Ducrau, elle n’avait peut-être pas entendu.

— Qu’est-ce que tu veux dire ?

— Rien ! Je ne veux rien dire ! Continue à préparer ton voyage dans le Midi !

Alors le gendre, qui ne devait pas avoir le sens de l’opportunité, de dire gentiment :

— Nous avons réfléchi, Berthe et moi. Le Midi est un peu loin. Si nous trouvons quelque chose sur les bords de la Loire…

— C’est cela ! Vous n’avez qu’à demander au commissaire de vous dénicher ça tout près de chez lui, et il le fera, rien que pour le plaisir de vous avoir comme voisins !

— Vous habitez la Loire ? s’empressa Decharme.

— Il y habitera peut-être.

Lentement, Maigret tourna la tête vers lui, et cette fois il ne souriait pas. Il venait d’avoir un choc à la poitrine, une émotion qui faisait frémir ses lèvres. Depuis des jours, il pataugeait dans une incertitude écœurante, et voilà que tout changeait soudain de par la magie d’un petit mot.

— Peut-être !

Ducrau soutenait son regard avec la même gravité, la même conscience de la valeur de cette minute.

— De quel côté est votre propriété ?

Mais la voix du gendre n’était qu’un bourdonnement auquel ils ne prenaient garde ni l’un ni l’autre. Plus encore était la respiration de Ducrau, dont les narines se dilataient tandis que l’excitation de la lutte illuminait son visage luisant.

Ils avaient assez tourné l’un autour de l’autre. Ils s’étaient assez mesurés sans oser porter de coups.

À présent, Maigret respirait mieux, lui aussi. Il bourrait sa pipe, et ses doigts s’enfonçaient voluptueusement dans la blague à tabac.

— Moi, j’aimerais assez la région de Cosne ou de Gien…

Les balles rebondissaient sur le tennis rouge où voletaient les robes blanches des jeunes filles. Un petit canot à moteur grignotait le courant de la Seine avec un ronron de matou satisfait.

Mme Ducrau agita une sonnette pour appeler la servante, mais tout cela ne comptait pas, n’existait pas pour les deux hommes qui venaient enfin de se rejoindre.

— Tu peux aller près de ta femme, qui doit être en train de pleurer dans sa chambre.

— Vous croyez ? Moi, je pense que c’est son état qui la rend nerveuse.

— Crétin, va ! pouffa Ducrau tandis que l’autre s’éloignait en s’excusant. Et toi, qu’est-ce que tu veux, avec ta petite sonnette ?

— Rosalie a oublié les liqueurs.

— Ne t’inquiète pas pour cela. Quand nous aurons envie de liqueurs, nous en trouverons nous-mêmes. Pas vrai, Maigret.

Il n’avait pas dit commissaire. Il avait dit Maigret. Debout, il s’essuyait les lèvres de sa serviette et il bombait le torse en faisant du regard le tour du paysage. Il aspirait l’air à pleins poumons, ronronnait d’aise, lui aussi.

— Qu’est-ce que vous en dites ?

— De quoi ?

— De tout ! De tout ça ! Il fait bon ! Tenez, même l’éclusier qui déjeune dehors avec sa famille ! Quand j’étais charretier, tout au début, on cassait la croûte sur le talus, avec Gassin, puis, comme les chevaux doivent se reposer pendant deux heures, on roupillait le nez dans l’herbe, avec des sauterelles qui nous passaient par-dessus la tête…

On eût dit que chacune de ses prunelles était double. Il y avait d’abord le regard un peu flou qui caressait gaiement le paysage puis, au milieu, pointu, précis, farouche, un autre regard qui restait indépendant du premier.

— Vous faites quelques pas pour digérer ?

Il se dirigea vers la grille, qu’il ouvrit. Mais, avant de gagner le chemin de halage, il enfonça sa main dans la poche de derrière, sortit ostensiblement son browning, dont il vérifia le chargeur.

C’était théâtral, enfantin, mais c’était impressionnant quand même. Maigret ne bronchait pas, feignait même de n’avoir rien vu. Des voix venaient de la chambre d’en haut, dont une voix courroucée.

— Qu’est-ce que je vous avais dit ? Ils se disputent.

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