Simenon, Georges - Maigret aux assises

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L’homme qui s’avançait vers la barre en traînant la patte était un tout autre échantillon d’humanité. Si Ginette Meurant, sous ses fards, avait la pâleur des femmes qui vivent en serre chaude, il était, lui, non seulement blafard, mais d’une matière molle et malsaine.

Était-ce à la suite de son opération qu’il avait tant maigri ? Toujours est-il que ses vêtements flottaient, beaucoup trop amples, sur son corps qui avait perdu tout ressort et toute souplesse.

On l’imaginait mieux tapi, en pantoufles, dans le bureau aux vitres dépolies de son hôtel, que marchant sur les trottoirs de la ville.

Il avait des poches sous les yeux, des peaux sous le menton.

— Vous vous appelez Nicolas Cajou, soixante-deux ans. Vous êtes né à Marillac, dans le Cantal, et vous exercez la profession de gérant d’hôtel à Paris, rue Victor-Massé.

— Oui, monsieur le Président.

— Vous n’êtes ni parent, ni ami, ni au service de l’accusé... Vous jurez de dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité...

Levez la main droite... Dites : Je le jure...

— Je le jure...

Un assesseur se penchait vers le président pour une observation qui devait être pertinente car Bernerie parut frappé, réfléchit un bon moment, finit par hausser les épaules. Maigret, qui n’avait rien perdu de la scène, croyait avoir compris.

Les témoins qui ont subi une condamnation infamante, en effet, ou qui se livrent à une activité immorale, n’ont pas le droit de prêter serment. Or, le tenancier de meublé ne se livrait-il pas à un métier immoral, puisqu’il recevait dans son établissement des couples dans des conditions interdites par la loi ? Était-on sûr qu’aucune condamnation ne figurait à son casier judiciaire ?

Il était trop tard pour vérifier et le président toussotait avant de demander d’une voix neutre :

— Tenez-vous régulièrement un registre des clients qui vous louent des chambres ?

— Oui, monsieur le Président.

— De tous les clients ?

— De tous ceux qui passent la nuit dans mon hôtel.

— Mais vous n’enregistrez pas les noms de ceux qui ne font que s’y arrêter au cours de la journée ?

— Non, monsieur le Président. La police pourra vous dire que...

Qu’il était régulier, bien sûr, qu’il n’y avait jamais de scandale dans son établissement et qu’à l’occasion il fournissait à la brigade des garnis ou aux inspecteurs des mœurs les tuyaux dont ils avaient besoin.

— Vous avez regardé avec attention le témoin qui vous a précédé à la barre ?

— Oui, monsieur le Président.

— Vous l’avez reconnu ?

— Oui, monsieur le Président.

— Dites à messieurs les jurés dans quelles circonstances vous avez vu cette jeune femme, auparavant.

— Dans les circonstances habituelles.

Un regard de Bernerie étouffa les rires.

— C’est-à-dire ?

— C’est-à-dire qu’elle venait souvent, l’après-midi, en compagnie d’un monsieur qui louait une chambre.

— Qu’appelez vous souvent ?

— Plusieurs fois par semaine...

— Combien par exemple ?

— Trois ou quatre fois.

— Son compagnon était toujours le même ?

— Oui, monsieur le Président.

— Vous le reconnaîtriez ?

— Certainement.

— Quand l’avez-vous vu pour la dernière fois ?

— La veille de mon entrée à l’hôpital, c’est-à-dire le 25 février. À cause de mon opération, je me souviens de la date.

— Décrivez-le.

— Pas grand... Plutôt petit... Je soupçonne que, comme certains qui souffrent d’être petits, il portait des souliers spéciaux... Toujours bien habillé, je dirais même tiré à quatre épingles... Dans le quartier, nous connaissons ce genre-là... C’est même ce qui m’a étonné...

— Pourquoi ?

— Parce que ces messieurs, en général, n’ont pas l’habitude de passer l’après-midi à l’hôtel, surtout avec la même femme...

— Je suppose que vous connaissez plus ou moins de vue la faune de Montmartre ?

— Pardon ?

— Je veux dire les hommes dont vous parlez...

— J’en vois passer.

— Cependant, vous n’avez jamais vu celui-là ailleurs que dans votre établissement ?

— Non, monsieur le Président.

— Vous n’en avez pas entendu parler non plus ?

— Je sais seulement qu’on l’appelle Pierrot.

— Comment le savez-vous ?

— Parce qu’il est arrivé à la dame qui l’accompagnait de l’appeler ainsi devant moi.

— Il avait un accent ?

— Pas à proprement parler. Pourtant, j’ai toujours pensé qu’il était du Midi, ou que c’était peut-être un Corse.

— Je vous remercie.

Cette fois encore, on lisait le désappointement sur les visages. On avait attendu une confrontation dramatique et il ne se passait rien, qu’un échange en apparence innocent de questions et de réponses.

Le président regardait l’heure.

— L’audience est suspendue et reprendra à deux heures et demie.

Le même brouhaha que tout à l’heure, à la différence, cette fois, que toute la salle se vidait et qu’on faisait la haie pour voir passer Ginette Meurant. Il semblait, de loin, à Maigret, que Maître Lamblin restait dans son sillage et qu’elle se retournait de temps en temps pour s’assurer qu’il la suivait.

Le commissaire avait à peine franchi la porte qu’il se heurtait à Janvier, lui lançait un regard interrogateur.

— On les a eus, patron. Ils sont tous les deux au Quai.

Le commissaire mettait un bon moment à comprendre qu’il s’agissait d’une autre affaire, un vol à main armée dans une succursale de banque du XX earrondissement.

— Comment cela s’est-il passé ?

— C’est Lucas qui les a arrêtés chez la mère d’un des garçons. L’autre était caché sous le lit et la mère l’ignorait. Depuis trois jours, ils ne sortaient pas. La pauvre femme croyait son fils malade et lui préparait des grogs. Elle est veuve d’un employé des chemins de fer et elle travaille dans une droguerie du quartier...

— Quel âge ?

— Le fils, dix-huit ans. Le camarade, vingt.

— Ils nient ?

— Oui. Je crois pourtant que vous les aurez facilement

— Tu déjeunes avec moi ?

— De toute façon, j’ai prévenu ma femme que je ne rentrerais pas.

Il pleuvait toujours quand ils traversèrent la place Dauphine pour se diriger vers la brasserie qui était devenue une sorte de succursale de la P. J.

— Et au Palais ?

— Encore rien de précis.

Ils s’arrêtèrent devant le comptoir en attendant qu’une table soit libre.

— Il faudra que je téléphone au président pour qu’il m’autorise à m’absenter des débats.

Maigret n’avait pas envie de passer l’après-midi immobile dans la foule, dans la chaleur moite, à écouter des témoins qui, désormais, n’apporteraient plus rien d’imprévu. Ces témoins-là, il les avait entendus dans le calme de son bureau. Pour la plupart, il les avait vus aussi chez eux, dans leur cadre.

La Cour d’Assises avait toujours représenté pour lui la partie la plus pénible, la plus morne de ses fonctions, et il y ressentait chaque fois une même angoisse.

Est-ce que tout n’y était pas faussé ? Non par la faute des juges, des jurés, des témoins, non pas à cause du code ou de la procédure, mais parce que des êtres humains se voyaient soudain résumés, si l’on peut dire, en quelques phrases, en quelques sentences.

Il lui était arrivé d’en discuter avec son ami Pardon, le médecin de quartier avec qui ils avaient pris l’habitude, sa femme et lui, de dîner une fois par mois.

Un jour que son cabinet n’avait pas désempli, Pardon avait laissé pointer du découragement, sinon de l’amertume.

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