Émile Zola - Une page d'amour

Здесь есть возможность читать онлайн «Émile Zola - Une page d'amour» — ознакомительный отрывок электронной книги совершенно бесплатно, а после прочтения отрывка купить полную версию. В некоторых случаях можно слушать аудио, скачать через торрент в формате fb2 и присутствует краткое содержание. Издательство: Иностранный паблик, Жанр: literature_19, foreign_antique, foreign_prose, на французском языке. Описание произведения, (предисловие) а так же отзывы посетителей доступны на портале библиотеки ЛибКат.

Une page d'amour: краткое содержание, описание и аннотация

Предлагаем к чтению аннотацию, описание, краткое содержание или предисловие (зависит от того, что написал сам автор книги «Une page d'amour»). Если вы не нашли необходимую информацию о книге — напишите в комментариях, мы постараемся отыскать её.

Une page d'amour — читать онлайн ознакомительный отрывок

Ниже представлен текст книги, разбитый по страницам. Система сохранения места последней прочитанной страницы, позволяет с удобством читать онлайн бесплатно книгу «Une page d'amour», без необходимости каждый раз заново искать на чём Вы остановились. Поставьте закладку, и сможете в любой момент перейти на страницу, на которой закончили чтение.

Тёмная тема
Сбросить

Интервал:

Закладка:

Сделать

– Oh! moi, j'ai le coeur solide!.. Allez, allez donc, monsieur Rambaud. Et, en effet, sa voix restait calme. Elle semblait ne pas se soucier des deux hommes qui étaient là. Ils ne comptaient pas sans doute. Sa natte s'était échevelée; la ficelle devait se relâcher, et ses jupons avaient des bruits de drapeau. Elle montait.

Mais, tout d'un coup, elle cria:

– Assez, monsieur Rambaud, assez!

Le docteur Deberle venait de paraître sur le perron. Il s'approcha, embrassa tendrement sa femme, souleva Lucien et le baisa au front. Puis, il regarda Hélène en souriant.

– Assez, assez! continuait à dire celle-ci.

– Pourquoi donc? demanda-t-il. Je vous dérange?

Elle ne répondit pas. Elle était devenue grave. La balançoire, lancée à toute volée, ne s'arrêtait point; elle gardait de longues oscillations régulières qui enlevaient encore Hélène très-haut. Et le docteur, surpris et charmé, l'admirait, tant elle était superbe, grande et forte, avec sa pureté de statue antique, ainsi balancée mollement, dans le soleil printanier. Mais elle paraissait irritée; et, brusquement, elle sauta.

– Attendez! attendez! criait tout le monde.

Hélène avait poussé une plainte sourde. Elle était tombée sur le gravier d'une allée, et elle ne put se relever.

– Mon Dieu! quelle imprudence! dit le docteur, la face très-pale.

Tous s'empressaient autour d'elle. Jeanne pleurait si fort, que M. Rambaud, défaillant lui-même, dut la prendre dans ses bras. Cependant, le docteur interrogeait vivement Hélène.

– C'est la jambe droite qui a porté, n'est-ce pas?.. Vous ne pouvez vous mettre debout?

Et, comme elle restait étourdie, sans répondre, il demanda encore:

– Vous souffrez?

– Une douleur sourde, là, au genou, dit-elle péniblement.

Alors, il envoya sa femme chercher sa pharmacie et des bandages. Il répétait:

– Il faut voir, il faut voir… Ce n'est rien sans doute.

Puis, il s'agenouilla sur le gravier. Hélène le laissait faire. Mais, lorsqu'il avança les mains, elle se souleva d'un effort, elle serra ses jupes autour de ses pieds.

– Non, non, murmura-t-elle.

– Pourtant, dit-il, il faut bien voir…

Elle avait un léger tremblement, et, d'une voix plus basse, elle reprit:

– Je ne veux pas… Ce n'est rien.

Il la regarda, étonné d'abord. Une teinte rose était montée à son cou. Pendant un instant, leurs yeux se rencontrèrent et semblèrent lire au fond de leurs âmes. Alors, troublé lui-même, il sa releva avec lenteur et resta près d'elle, sans lui demander davantage à la visiter.

Hélène avait appelé M. Rambaud d'un signe. Elle lui dit à l'oreille:

– Allés chercher le docteur Bodin, racontez-lui ce qui m'arrive.

Dix minutes plus tard, quand le docteur Bodin arriva, elle se mit debout avec un courage surhumain, et s'appuyant sur lui et sur M. Rambaud, elle remonta chez elle. Jeanne la suivait, toute secouée de larmes.

– Je vous attends, avait dit le docteur Deberle à son confrère. Venez nous rassurer.

Dans le jardin, on causa vivement. Malignon s'écriait que les femmes avaient de drôles de têtes. Pourquoi diable cette dame s'était-elle amusée à sauter? Pauline, très-contrariée de l'aventure qui la privait d'un plaisir, trouvait imprudent de se faire balancer si fort. Le médecin ne parlait pas, semblait soucieux.

– Rien de grave, dit le docteur Bodin en redescendant, une simple foulure… Seulement, elle restera sur sa chaise longue au moins pendant quinze jours.

M. Deberle tapa alors amicalement sur l'épaule de Malignon. Il voulut que sa femme rentrât, parce que décidément il faisait trop frais. Et, prenant Lucien, il l'emporta lui-même, en le couvrant de baisers.

V

Les deux fenêtres de la chambre étaient grande ouvertes, et Paris, dans l'abîme qui se creusait au pied de la maison, bâtie à pic sur la hauteur, déroulait sa plaine immense. Dix heures sonnaient, la belle matinée de février avait une douceur et une odeur de printemps.

Hélène, allongée sur sa chaise longue, le genou encore emmailloté de bandes, lisait devant une des fenêtres. Elle ne souffrait plus; mais, depuis huit jours, elle était clouée là, ne pouvant même travailler à son ouvrage de couture habituel. Ne sachant que faire, elle avait ouvert un livre traînant sur le guéridon, elle qui ne lisait jamais. C'était le livre dont elle se servait chaque soir pour masquer la veilleuse, le seul qu'elle eût sorti en dix-huit mois de la petite bibliothèque, garnie par M. Rambaud d'ouvrages honnêtes. D'ordinaire, les romans lui semblaient faux et puérils. Celui-là, l' Ivanhoé de Walter Scott, l'avait d'abord fort ennuyée. Puis, une curiosité singulière lui était venue. Elle l'achevait, attendrie parfois, prise d'une lassitude, et elle le laissait tomber de ses mains pendant de longues minutes, les regards fixés sur le vaste horizon.

Ce matin-là, Paris mettait une paresse souriante à s'éveiller. Une vapeur, qui suivait la vallée de la Seine, avait noyé les deux rives. C'était une buée légère, comme laiteuse, que le soleil peu à peu grandi éclairait. On ne distinguait rien de la ville, sous cette mousseline flottante, couleur du temps. Dans les creux, le nuage épaissi se fonçait d'une teinte bleuâtre, tandis que, sur de larges espaces, des transparences se faisaient, d'une finesse extrême, poussière dorée où l'on devinait l'enfoncement des rues; et, plus haut, des dômes et des flèches déchiraient le brouillard, dressant leurs silhouettes grises, enveloppés encore des lambeaux de la brume qu'ils trouaient. Par instants, des pans de fumée jaune se détachaient avec le coup d'aile lourd d'un oiseau géant, puis se fondaient dans l'air qui semblait les boire. Et, au-dessus de cette immensité, de cette nuée descendue et endormie sur Paris, un ciel très-pur, d'un bleu effacé, presque blanc, déployait sa voûte profonde. Le soleil montait dans un poudroiement adouci de rayons. Une clarté blonde, du blond vague de l'enfance, se brisait en pluie, emplissait l'espace de son frisson tiède. C'était une fête, une paix souveraine et une gaieté tendre de l'infini, pendant que la ville, criblée de flèches d'or, paresseuse et somnolente, ne se décidait point à se montrer sous ses dentelles.

Hélène, depuis huit jours, avait cette distraction du grand Paris élargi devant elle. Jamais elle ne s'en lassait. Il était insondable et changeant comme un océan, candide le matin et incendié le soir, prenant les joies et les tristesses des cieux qu'il reflétait. Un coup de soleil lui faisait rouler des flots d'or, un nuage l'assombrissait et soulevait en lui des tempêtes. Toujours, il se renouvelait: c'étaient des calmes plats, couleur orange, des coups de vent qui d'une heure à l'autre plombaient l'étendue, des temps vifs et clairs allumant une lueur à la crête de chaque toiture, des averses noyant le ciel et la terre, effaçant l'horizon dans la débâcle d'un chaos. Hélène goûtait là toutes les mélancolies et tous les espoirs du large; elle croyait même en recevoir au visage le souffle fort, la senteur amère; et il n'était pas jusqu'au grondement continu de la ville qui ne lui apportât l'illusion de la marée montante, battant contre les rochers d'une falaise.

Le livre glissa de ses mains. Elle rêvait, les yeux perdus. Quand elle le lâchait ainsi, c'était par un besoin de ne pas continuer, de comprendre et d'attendre. Elle prenait une jouissance à ne point satisfaire tout de suite sa curiosité. Le récit la gonflait d'une émotion qui l'étouffait. Paris, justement, ce matin-là, avait la joie et le trouble vague de son coeur. Il y avait là un grand charme: ignorer, deviner à demi, s'abandonner à une lente initiation, avec le sentiment obscur qu'elle recommençait sa jeunesse.

Читать дальше
Тёмная тема
Сбросить

Интервал:

Закладка:

Сделать

Похожие книги на «Une page d'amour»

Представляем Вашему вниманию похожие книги на «Une page d'amour» списком для выбора. Мы отобрали схожую по названию и смыслу литературу в надежде предоставить читателям больше вариантов отыскать новые, интересные, ещё непрочитанные произведения.


Отзывы о книге «Une page d'amour»

Обсуждение, отзывы о книге «Une page d'amour» и просто собственные мнения читателей. Оставьте ваши комментарии, напишите, что Вы думаете о произведении, его смысле или главных героях. Укажите что конкретно понравилось, а что нет, и почему Вы так считаете.

x