Émile Zola - Une page d'amour

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– C'est une gare… Non, je crois que c'est un théâtre…

Elle eut un sourire, elle lissa les cheveux de Jeanne, en répétant sa réponse habituelle:

– Je ne sais pas, mon enfant.

Alors, elles continuèrent à regarder Paris, sans chercher davantage à le connaître. Cela était très-doux, de l'avoir là et de l'ignorer. Il restait l'infini et l'inconnu. C'était comme si elles se fussent arrêtées au seuil d'un monde, dont elles avaient l'éternel spectacle, en refusant d'y descendre. Souvent, Paris les inquiétait, lorsqu'il leur envoyait des haleines chaudes et troublantes. Mais, ce matin-là, il avait une gaieté et une innocence d'enfant, son mystère ne leur soufflait que de la tendresse à la face.

Hélène reprit son livre, tandis que Jeanne, serrée contre elle, regardait toujours. Dans le ciel éclatant et immobile, aucune brise ne s'élevait. Les fumées de la Manutention montaient toutes droites, en flocons légers qui se perdaient très-haut. Et, au ras des maisons, des ondes passaient sur la ville, une vibration de vie, faite de toute la vie enfermée là. La voix hante des rues prenait dans le soleil une mollesse heureuse. Mais un bruit attira l'attention de Jeanne. C'était un vol de pigeons blancs, parti de quelque pigeonnier voisin, et qui traversait l'air, en face de la fenêtre; ils emplissaient l'horizon, la neige volante de leurs ailes cachait l'immensité de Paris.

Les yeux de nouveau levés et perdus, Hélène rêvait profondément. Elle était lady Rowena, elle aimait avec la paix et la profondeur d'une âme noble. Cette matinée de printemps, cette grande ville si douce, ces premières giroflées qui lui parfumaient les genoux, avaient peu à peu fondu son coeur.

DEUXIÈME PARTIE

I

Un matin, Hélène s'occupait à ranger sa petite bibliothèque, dont elle bouleversait les livres depuis quelques jours, lorsque Jeanne entra en sautant, en tapant des mains.

– Maman, cria-t-elle, un soldat! un soldat!

– Quoi? un soldat? dit la jeune femme. Qu'est-ce que tu me veux, avec ton soldat?

Mais l'enfant était dans un de ses accès de folie joyeuse; elle sautait plus fort, elle répétait: «Un soldat! un soldat!» sans s'expliquer davantage. Alors, comme elle avait laissé la porte de la chambre ouverte, Hélène se leva, et elle fut toute surprise d'apercevoir un soldat, un petit soldat, dans l'antichambre. Rosalie était sortie; Jeanne devait avoir joué sur le palier, malgré la défense formelle de sa mère.

– Qu'est-ce que vous désirez, mon ami? demanda Hélène.

Le petit soldat, très-troublé par l'apparition de cette dame, si belle et si blanche dans son peignoir garni de dentelle, frottait un pied sur la parquet, saluait, balbutiait précipitamment:

– Pardon… excuse…

Et il ne trouvait rien autre chose, il reculait jusqu'au mur, en traînant toujours les pieds. Ne pouvant aller plus loin, voyant que la dame attendait avec un sourire involontaire, il fouilla vivement dans sa poche droite, dont il tira un mouchoir bleu, un couteau et un morceau de pain. Il regardait chaque objet, l'engouffrait de nouveau. Puis, il passa à la poche gauche; il y avait la un bout de corde, deux clous rouillés, des images enveloppées dans la moitié d'un journal. Il renfonça le tout, il tapa sur ses cuisses d'un air anxieux. Et il bégayait, ahuri:

– Pardon… excuse…

Mais, brusquement, il posa un doigt contre son nez, en éclatant d'un bon rire. L'imbécile! il se souvenait. Il ôta deux boutons de sa capote, fouilla dans sa poitrine, où il enfonça le bras jusqu'au coude. Enfin, il sortit une lettre, qu'il secoua violemment, comme pour en enlever la poussière, avant de la remettre à Hélène.

– Une lettre pour moi, vous êtes sur? dit celle-ci.

L'enveloppe portait bien son nom et son adresse, d'une grosse écriture paysanne, avec des jambages qui se culbutaient comme des capucins de cartes. Et dès qu'elle fut parvenue à comprendre, arrêtée à chaque ligne par des tournures et une orthographe extraordinaires, elle eut un nouveau sourire. C'était une lettre de la tante de Rosalie, qui lui envoyait Zéphyrin Lacour, tombé au sort «malgré deux messes dites par monsieur le curé». Alors, attendu que Zéphyrin était l'amoureux de Rosalie, elle priait madame de permettre aux enfants de se voir le dimanche. Il y avait trois pages où cette demande revenait dans les mêmes termes, de plus en plus embrouillés, avec un effort constant de dire quelque chose qui n'était pas dit. Puis, avant de signer, la tante semblait avoir trouvé tout d'un coup, et elle avait écrit: «Monsieur le curé le permet,» en écrasant sa plume au milieu d'un éclaboussement de pâtés.

Hélène plia lentement la lettre. Tout en la déchiffrant, elle avait levé deux ou trois fois la tête, pour jeter un coup d'oeil sur le soldat. Il était toujours collé contre le mur, et ses lèvres remuaient, il paraissait appuyer chaque phrase d'un léger mouvement du menton; sans doute il savait la lettre par coeur.

– Alors, c'est vous qui êtes Zéphyrin Lacour? dit-elle.

Il se mit à rire, il branla le cou.

– Entrez, mon ami; ne restez pas là.

Il se décida à la suivre, mais il se tint debout près de la porte, pendant qu'Hélène s'asseyait. Elle l'avait mal vu, dans l'ombre de l'antichambre. Il devait avoir juste la taille de Rosalie; un centimètre de moins, et il était réformé. Les cheveux roux, tondus très-ras, sans un poil de barbe, il avait une face toute ronde, couverte de son, percée de deux yeux minces comme des trous de vrille. Sa capote neuve, trop grande pour lui, l'arrondissait encore; et les jambes écartées dans son pantalon rouge, pendant qu'il balançait devant lui son képi à large visière, il était drôle et attendrissant, avec sa rondeur de petit bonhomme bêta, sentant le labour sous l'uniforme.

Hélène voulut l'interroger, obtenir quelques renseignements.

– Vous avez quitté la Beauce il y a huit jours?

– Qui, madame.

– Et vous voilà à Paris. Vous n'en êtes pas fâché?

– Non, madame.

Il s'enhardissait, il regardait dans la chambre, très impressionné par les tentures de velours bleu.

– Rosalie n'est pas là, reprit Hélène; mais elle va rentrer… Sa tante m'apprend que vous êtes son bon ami.

Le petit soldat ne répondit pas; il baissa la tête, en riant d'un air gauche, et se remit à gratter le tapis du bout de son pied.

– Alors, vous devez l'épouser, quand vous sortirez du service? continua la jeune femme.

– Bien sûr, dit-il en devenant très-rouge, bien sûr, c'est juré…

Et, gagné par l'air bienveillant de la dame, tournant son képi entre ses doigts, il se décida à parler.

– Oh! il y a beau temps… Quand nous étions tout petiots, nous allions à la maraude ensemble. Nous avons joliment reçu des coups de gaule; pour ça, c'est bien vrai… Il faut vous dire que les Lacour et les Pichon demeuraient dans la même traverse, côte à côte. Alors, n'est-ce pas? la Rosalie et moi, nous avons été élevés quasiment à la même écuelle… Puis, tout son monde est mort. Sa tante Marguerite lui a donné la soupe. Mais elle, la mâtine, elle avait déjà des bras du tonnerre…

Il s'arrêta, sentant qu'il s'enflammait, et il demanda d'une voix hésitante:

– Peut-être bien qu'elle vous a conté tout ça?

– Oui, mais dites toujours, répondit Hélène qu'il amusait.

– Enfin, reprit-il, elle était joliment forte, quoique pas plus grosse qu'une mauviette; elle vous troussait la besogne, fallait voir! Tenez, un jour, elle a allongé une tape à quelqu'un de ma connaissance, oh! une tape! J'en ai gardé le bras noir pondant huit jours… Oui, c'est venu comme ça. Dans le pays, tout le monde nous mariait ensemble. Alors, nous n'avions pas dix ans que nous nous sommes tapé dans la main… Et ça tient, madame, ça tient…

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