Ernest Renan - Vie De Jésus

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Une circonstance, d'ailleurs, qui prouve bien que les discours rapportés par le quatrième évangile ne sont pas des pièces historiques, mais des compositions destinées à couvrir de l'autorité de Jésus certaines doctrines chères au rédacteur, c'est leur parfaite harmonie avec l'état intellectuel de l'Asie-Mineure au moment où elles furent écrites. L'Asie-Mineure était alors le théâtre d'un étrange mouvement de philosophie syncrétique; tous les germes du gnosticisme y existaient déjà. Jean paraît avoir bu à ces sources étrangères. Il se peut qu'après les crises de l'an 68 (date de l'Apocalypse) et de l'an 70 (ruine de Jérusalem), le vieil apôtre, à l'âme ardente et mobile, désabusé de la croyance à une prochaine apparition du Fils de l'homme dans les nues, ait penché vers les idées qu'il trouvait autour de lui, et dont plusieurs s'amalgamaient assez bien avec certaines doctrines chrétiennes. En prêtant ces nouvelles idées à Jésus, il ne fit que suivre un penchant bien naturel. Nos souvenirs se transforment avec tout le reste; l'idéal d'une personne que nous avons connue change avec nous [49]. Considérant Jésus comme l'incarnation de la vérité, Jean ne pouvait manquer de lui attribuer ce qu'il était arrivé à prendre pour la vérité.

S'il faut tout dire, nous ajouterons que probablement Jean lui-même eut en cela peu de part, que ce changement se fit autour de lui plutôt que par lui. On est parfois tenté de croire que des notes précieuses, venant de l'apôtre, ont été employées par ses disciples dans un sens fort différent de l'esprit évangélique primitif. En effet, certaines parties du quatrième évangile ont été ajoutées après coup; tel est le XXI echapitre tout entier [50], où l'auteur semble s'être proposé de rendre hommage à l'apôtre Pierre après sa mort et de répondre aux objections qu'on allait tirer ou qu'on tirait déjà de la mort de Jean lui-même (v. 21-23). Plusieurs autres endroits portent la trace de ratures et de corrections [51].

Il est impossible, à distance, d'avoir le mot de tous ces problèmes singuliers, et sans doute bien des surprises nous seraient réservées, s'il nous était donné de pénétrer dans les secrets de cette mystérieuse école d'Éphèse qui, plus d'une fois, paraît s'être complu aux voies obscures. Mais une expérience capitale est celle-ci. Toute personne qui se mettra à écrire la vie de Jésus sans théorie arrêtée sur la valeur relative des évangiles, se laissant uniquement guider par le sentiment du sujet, sera ramenée dans une foule de cas à préférer la narration de Jean à celle des synoptiques. Les derniers mois de la vie de Jésus en particulier ne s'expliquent que par Jean; une foule de traits de la Passion, inintelligibles dans les synoptiques [52], reprennent dans le récit du quatrième évangile la vraisemblance et la possibilité. Tout au contraire, j'ose défier qui que ce soit de composer une vie de Jésus qui ait un sens en tenant compte des discours que Jean prête à Jésus. Cette façon de se prêcher et de se démontrer sans cesse, cette perpétuelle argumentation, cette mise en scène sans naïveté, ces longs raisonnements à la suite de chaque miracle, ces discours raides et gauches, dont le ton est si souvent faux et inégal [53], ne seraient pas soufferts par un homme de goût à côté des délicieuses sentences des synoptiques. Ce sont ici, évidemment, des pièces artificielles [54], qui nous représentent les prédications de Jésus, comme les dialogues de Platon nous rendent les entretiens de Socrate. Ce sont en quelque sorte les variations d'un musicien improvisant pour son compte sur un thème donné. Le thème peut n'être pas sans quelque authenticité; mais dans l'exécution, la fantaisie de l'artiste se donne pleine carrière. On sent le procédé factice, la rhétorique, l'apprêt [55]. Ajoutons que le vocabulaire de Jésus ne se retrouve pas dans les morceaux dont nous parlons. L'expression de «royaume de Dieu,» qui était si familière au maître [56], n'y figure qu'une seule fois [57]. En revanche, le style des discours prêtés à Jésus par le quatrième évangile offre la plus complète analogie avec celui des épîtres de saint Jean; on voit qu'en écrivant les discours, l'auteur suivait, non ses souvenirs, mais le mouvement assez monotone de sa propre pensée. Toute une nouvelle langue mystique s'y déploie, langue dont les synoptiques n'ont pas la moindre idée («monde,» «vérité,» «vie,» «lumière,» «ténèbres,» etc.). Si Jésus avait jamais parlé dans ce style, qui n'a rien d'hébreu, rien de juif, rien de talmudique, si j'ose m'exprimer ainsi, comment un seul de ses auditeurs en aurait-il si bien gardé le secret?

L'histoire littéraire offre du reste un autre exemple qui présente la plus grande analogie avec le phénomène historique que nous venons d'exposer, et qui sert à l'expliquer. Socrate, qui comme Jésus n'écrivit pas, nous est connu par deux de ses disciples, Xénophon et Platon, le premier répondant par sa rédaction limpide, transparente, impersonnelle, aux synoptiques, le second rappelant par sa vigoureuse individualité l'auteur du quatrième évangile. Pour exposer l'enseignement socratique, faut-il suivre les «Dialogues» de Platon ou les «Entretiens» de Xénophon? Aucun doute à cet égard n'est possible; tout le monde s'est attaché aux «Entretiens» et non aux «Dialogues.» Platon cependant n'apprend-il rien sur Socrate? Serait-il d'une bonne critique, en écrivant la biographie de ce dernier, de négliger les «Dialogues?» Qui oserait le soutenir? L'analogie, d'ailleurs, n'est pas complète, et la différence est en faveur du quatrième évangile. C'est l'auteur de cet évangile, en effet, qui est le meilleur biographe, comme si Platon, tout en prêtant à son maître des discours fictifs, connaissait sur sa vie des choses capitales que Xénophon ignorât tout à fait.

Sans nous prononcer sur la question matérielle de savoir quelle main a tracé le quatrième évangile, et tout en inclinant à croire que les discours au moins ne sont pas du fils de Zébédée, nous admettons donc que c'est bien là «l'Évangile selon Jean,» dans le même sens que le premier et le deuxième évangile sont bien les Évangiles «selon Matthieu» et «selon Marc.» Le canevas historique du quatrième évangile est la vie de Jésus telle qu'on la savait dans l'école de Jean; c'est le récit qu'Aristion et Presbyteros Joannes firent à Papias sans lui dire qu'il était écrit, ou plutôt n'attachant aucune importance à cette particularité. J'ajoute que, dans mon opinion, cette école savait mieux les circonstances extérieures de la vie du fondateur que le groupe dont les souvenirs ont constitué les évangiles synoptiques. Elle avait, notamment sur les séjours de Jésus à Jérusalem, des données que les autres ne possédaient pas. Les affiliés de l'école traitaient Marc de biographe médiocre, et avaient imaginé un système pour expliquer ses lacunes [58]. Certains passages de Luc, où il y a comme un écho des traditions johanniques [59], prouvent du reste que ces traditions n'étaient pas pour le reste de la famille chrétienne quelque chose de tout à fait inconnu.

Ces explications seront suffisantes, je pense, pour qu'on voie, dans la suite du récit, les motifs qui m'ont déterminé à donner la préférence à tel ou tel des quatre guides que nous avons pour la vie de Jésus. En somme, j'admets comme authentiques les quatre évangiles canoniques. Tous, selon moi, remontent au premier siècle, et ils sont à peu près des auteurs à qui on les attribue; mais leur valeur historique est fort diverse. Matthieu mérite évidemment une confiance hors ligne pour les discours; là sont les Logia , les notes mêmes prises sur le souvenir vif et net de l'enseignement de Jésus. Une espèce d'éclat à la fois doux et terrible, une force divine, si j'ose le dire, souligne ces paroles, les détache du contexte et les rend pour le critique facilement reconnaissables. La personne qui s'est donné la tâche de faire avec l'histoire évangélique une composition régulière, possède à cet égard une excellente pierre de touche. Les vraies paroles de Jésus se décèlent pour ainsi dire d'elles-mêmes; dès qu'on les touche dans ce chaos de traditions d'authenticité inégale, on les sent vibrer; elles se traduisent comme spontanément, et viennent d'elles-mêmes se placer dans le récit, où elles gardent un relief sans pareil.

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