Stephen Fry - Le faiseur d'histoire

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Michael Young est convaincu que sa thèse d’histoire va lui rapporter un doctorat, un tranquille poste académique, un vénérable éditeur universitaire et le retour de sa difficile petite amie Jane.
Mais un historien devrait savoir que l'on ne peut prédire l’avenir…
Sa rencontre avec Leo Zuckermann, vieux physicien obsédé par le génocide juif, va les amener à semer aux quatre vents les pages de la thèse, mais aussi à tourner celles de l’histoire. Et après leur expérience rien – passé, présent ou futur – ne sera plus jamais pareil.

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Ahhhh-yahhhh-houu ! On s’étire un peu, ce sera notre gym du matin.

Je pousse un soupir de satisfaction et je pars à la dérive vers la cuisine. Les 150 mg de caféine ont bondi à l’attaque et franchi la barrière du sang encéphalique, bras levés. Je suis désormais réveillé. Réveillé, au taquet.

Oui, je suis réveillé, désormais. Réveillé pour tout.

Réveillé pour L’Anomalie Dans La Cuisine.

Réveillé pour un bout de papier dressé entre un rognon de fromage de la veille et la bouteille de vin vide au centre de la table de la cuisine.

Réveillé pour la raison qui explique qu’à huit heures pétantes, je n’étais pas réveillé comme je l’aurais dû.

Voyons les choses en face, P’tit Chiot. Ça ne marche pas. Je repasserai plus tard dans la journée prendre le reste de mes affaires. Nous calculerons combien je te dois pour la voiture. Félicitations pour ta thèse. Réfléchis un moment, et tu verras que j’ai raison. J.

Alors même que je me sens passer par l’état de choc, la fureur et les hurlements qui s’imposent, une partie de moi éprouve du soulagement, un soulagement immédiat, ou, sinon du soulagement, assurément la perception que cet élégant petit billet affecte une proportion de mes émotions moindre et moins significative que ne l’ont fait un peu plus tôt l’absence de café, la possibilité que j’aie pu dormir trop tard ou, en ce moment avant tout, sa conviction négligente, arrogante, que ma voiture doit lui échoir.

L’explosion de fureur, par conséquent, se produit surtout pour le respect des convenances, un genre de compliment envers Jane, en fait. Le lancement de la bouteille de vin – la bouteille de vin que j’avais sélectionnée hier au soir avec tant de soin chez Oddbins, ce Chateauneuf-du-Pape en direction duquel j’avais œuvré durant un sixième de toute mon existence – constitue en définitive un geste, la confirmation théâtrale et nécessaire que le terme de nos trois années passées ensemble mérite au moins un peu de fracas et de spectacle.

En revenant prendre ses « affaires », elle notera la traînée élégamment incurvée de sédiments couleur rouille le long du mur de la cuisine, ses grands pieds feront craquer le verre, elle en tirera la satisfaction de croire que j’avais « des sentiments », et ce sera tout. Jane&Michael a cessé d’être et il y a désormais Jane, et il y a Michael, et Michael est, finalement, Quelqu’un. Un homme au singulier, comme aurait dit Isherwood.

Bon.

De passage dans le bureau pour prendre le Meisterwerk, le soupesant entre mes mains, prêt à l’insérer avec délicatesse dans mon cartable, j’exorbite soudain les yeux, des yeux pédonculés à la Roger Rabbit avec bruyante fanfare de klaxons, devant une petite tache sur la page de titre : elle a jailli de nulle part comme un mélanome sur un vieux surfeur, pendant le court laps de temps précis où j’étais en train de lober des bouteilles de vin dans la cuisine. Ce n’est pas une tache de café, j’en suis certain, peut-être un vulgaire défaut du papier que seule la vive lumière de mai met en évidence. Pas le temps d’allumer l’ordinateur pour effectuer un nouveau tirage, alors j’empoigne une bouteille de correcteur, j’applique le bout du pinceau sur cette vilaine petite éphélide et je souffle avec délicatesse.

Tenant la page par les bords, je sors et je la brandis face au soleil. La réparation est suffisante, elle peut compter.

Là, près du poteau télégraphique s’étend l’espace où devrait stationner la Renault.

« La salope ! »

Oups. Mauvaise idée.

« Pardon ! »

La petite livreuse exécute un écart et s’éloigne à pleine vitesse, penchée sur le guidon, en se remémorant toutes les histoires d’horreur qu’elle a pu entr’apercevoir à la une des journaux qu’elle parachute chaque jour sur les paillassons. Je vais le dire à ma maman.

Ah, misère. Mieux vaut lui laisser prendre du champ, sinon elle va croire que je me lance à sa poursuite, et il vaudrait mieux éviter ça. Je ne sais d’ailleurs pas pourquoi nous avons besoin qu’on nous livre les journaux. Jane est accro aux quotidiens, voilà la seule raison. Nous recevons même le Cambridge Evening News. Chaque après-midi. Non, mais je vous demande un peu.

Je tourne les talons et je pousse le vélo pour sortir de l’allée. Le cliquetis de ses roues me comble. Bon Dieu, je suis jeune. Je suis libre. J’ai les dents propres. Dans mon noble et ancien cartable, gîte un avenir. Gîte l’avenir. Le soleil brille. Au diable tout le reste.

Faire le petit déjeuner

Une odeur de rats

Alois grimpa en selle, fit basculer la musette sur ses épaules et se mit à pédaler en cadence pour gravir la colline, les rayures vertes de son pantalon d’uniforme et l’aigle doré sur son casque scintillant au soleil. Klara, en le regardant s’éloigner, se demanda pourquoi il ne se dressait jamais sur les pédales pour prendre de l’élan, comme font les enfants. Toujours, chez lui, cette même action absolument mécanique, affreusement régulière, délibérément retenue.

Elle s’était levée à cinq heures pour allumer le fourneau et nettoyer la table de la cuisine avant le réveil de la bonne. Elle éprouvait toujours le besoin de purger la table des taches de vin, des flaques collantes de schnaps et des éclats de verre cassé. Comme avec l’espoir, peut-être, que la vue d’une table propre pourrait faire oublier à Alois combien il avait bu la nuit d’avant. Comme si elle ne voulait pas, non plus, que les enfants découvrent un jour les vestiges des « petites soirées à la maison » de leur père.

À six heures, quand Anna la bonne se leva, elle renifla, comme toujours, devant le spectacle de la table propre, et son front plissé semblait dire à Klara, dans le dos d’Alois, tandis qu’il lustrait ses chaussures devant la cuisinière : « Je t’ai démasquée. Nous sommes semblables. Tu as été une bonne, toi aussi, autrefois. Pas même une gouvernante. Une simple fille de cuisine ; et à l’intérieur, voilà encore tout ce que tu es, et que tu seras jamais. »

Klara, comme toujours, avait regardé son mari cirer, enviant l’amour, la méticulosité et l’orgueil qu’il investissait dans son uniforme. Bercée par le balancement cadencé de la brosse contre le cuir, elle avait, comme toujours, souhaité revenir à Spital, avec ses champs, ses seaux de lait et son odeur d’ensilage, revenir auprès de ses frères, de ses sœurs et de leurs enfants, loin de la respectabilité, de la raideur, de la brutalité de l’oncle Alois, des uniformes et des gens dont elle ne comprenait ni les conventions ni les conversations.

L’oncle Alois ! Il lui avait interdit de l’appeler de cette façon.

« Je ne suis pas ton oncle, ma fille. Cousin par alliance, tout au plus. Ne m’appelle plus mon oncle. Compris ? » Mais quand elle se parlait à elle-même, elle ne pouvait s’en empêcher. L’oncle Alois il avait toujours été, et l’oncle Alois il resterait à jamais.

La veille au soir, il n’avait pas été plus soûl que d’habitude, pas plus violent, pas plus agressif, pas plus insultant. Toujours, chez lui, ce même comportement absolument mécanique, affreusement régulier, délibérément retenu.

Lorsqu’il la brutalisait, elle ne faisait jamais assez de bruit pour réveiller Angela et le petit Alois, car elle ne pouvait supporter l’idée qu’ils sachent ce que leur père lui faisait subir. Klara n’était pas une femme intelligente, mais elle avait de la sensibilité, et comprenait que ses beaux-enfants ne ressentiraient pour elle aucun chagrin, juste du mépris, s’ils apprenaient qu’elle se soumettait avec si peu de révolte aux coups de leur père. Elle avait après tout, et quelle situation ridicule ! un âge plus proche de celui des enfants que d’Alois. Voilà pourquoi, supposait-elle, il tenait tant à avoir des enfants d’elle. Pour la vieillir, transformer la paysanne empotée en Mère. La débarrasser de son odeur de purin. Lui faire prendre des rondeurs, de la substance, de la respectabilité. Oh, il aimait la respectabilité. C’était la seule chose qu’elle possédait et qu’il n’avait pas. Sotte paysanne, certes, mais elle au moins connaissait son père. Pas l’oncle Alois, ce bâtard. Pourtant, elle aussi voulait avoir des enfants de lui. Avec quel désespoir elle les voulait.

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