John Varley - Titan

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Titan: краткое содержание, описание и аннотация

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Une roue géante orbitant au large de Saturne, voilà ce que découvre l'équipage du vaisseau spatial américain, le « Seigneur des Anneaux ». Son caractère artificiel ne fait aucun doute… pourtant… Création ou créature extra-terrestre, la chose phagocyte littéralement le vaisseau et ses sept astronautes. Et Cirocco Jones, la jeune femme qui dirige la mission, se retrouve à l'intérieur d'un monde creux, un gigantesque Disneyland peuplé d'anges cruels et de centaures bavards, de baleines-zeppelins et de vers des sables…
Pour Cirocco et ses compagnons, c'est le début d'une incroyable odyssée pour découvrir qui est Gaïa, la divinité créatrice de cet univers trop hollywoodien pour être vrai, et pour recouvrer, peut-être, la liberté.
Premier volet d'une trilogie,
marie avec un rare bonheur la science et le mythe, le merveilleux et la technologie dans une épopée palpitante et truffée de clins d'oeil.

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— Et d’où proviendrait l’air pompé au moyeu ?

— Soit il est aspiré au travers des câbles – on a pu constater que c’était pour une part le cas – soit il provient des autres rayons : ils se raccordent tous au sommet. Et avec quelques valves supplémentaires tu peux les utiliser en alternance : en ouvrant et fermant certaines d’entre elles, l’air est aspiré au-dessus d’Océan et traverse le moyeu pour emplir ce rayon-ci. Puis encore quelques manipulations de valves et tu le chasses au-dessus de Rhéa. Maintenant, quant à savoir les raisons pour lesquelles les constructeurs ont jugé ceci nécessaire… »

Gaby parut songeuse.

« Je crois tenir la solution. C’est un problème qui me turlupinait. Pourquoi toute l’atmosphère ne s’accumule-t-elle pas au fond, au bord de la couronne ? L’air est certes plus raréfié ici mais demeure d’une densité correcte parce que la pression régnant au niveau de la couronne est supérieure à la normale terrestre. Et sous une faible gravité, la pression chute moins rapidement. Ainsi, sur Mars, l’atmosphère est des plus ténues mais elle s’étend extrêmement loin. Alors, il suffit de maintenir l’air en circulation pour qu’il n’ait pas le temps de s’accumuler.

Et conserver une pression atmosphérique correcte dans tout le volume de Gaïa. »

Cirocco opina avant de pousser un soupir.

« Parfait. Tu viens d’éliminer l’ultime objection à notre ascension : nous avons le boire et le manger – du moins c’est ce qu’il semble. Maintenant tout porte à croire que nous aurons également de quoi respirer. Que dirais-tu de continuer de monter ?

— Et l’exploration du reste du mur ?

— À quoi bon ? On pourrait fort bien être déjà passées devant ce que l’on cherche. Il est tout bonnement impossible de le savoir.

— Je crois que tu as raison. D’accord. Je te suis. »

La tâche était difficile : ennuyeuse mais requérant toutefois un maximum d’attention. Elles firent des progrès à la longue mais Cirocco savait bien que la présente ascension resterait toujours plus difficile que celle du câble. Leur unique consolation à l’issue des dix premières heures d’effort fut de constater qu’elles étaient en bonne forme. Cirocco était lasse, elle avait une ampoule dans la paume gauche, mais hormis quelques courbatures dans le dos, elle se sentait parfaitement bien. Il ferait bon dormir. Elles gagnèrent le sommet d’un arbre pour évaluer leur progression avant de dresser le camp.

« Ton système te permet-il de mesurer une telle hauteur ? »

Gaby fronça les sourcils avant de hocher la tête.

« Pas guère. » Elle tendit quand même les mains devant elle, les mit en carré et cligna de l’œil. « Je dirais… oups ! »

Cirocco la rattrapa sous un bras, tout en se retenant à la branche au-dessus de sa tête.

« Merci. Quelle chute, sinon !

— Tu avais ta corde, remarqua Cirocco.

— Ouais, mais ça ne me dit rien de me balancer au bout. » Elle reprit haleine puis regarda le sol à nouveau.

« Que veux-tu que je te dise ? Il m’a l’air sacrément plus loin qu’avant et le plafond ne s’est pas rapproché d’un mètre. Ça risque de durer comme ça un bon moment.

— À ton avis, on pourrait faire une estimation autour de trois kilomètres ?

— Ton estimation sera la mienne. »

Ce qui signifiait au bas mot cent jours d’ascension – sauf incident. Cirocco étouffa un gémissement avant de regarder encore une fois, pour tenter de se persuader que leur altitude était de cinq kilomètres tout en soupçonnant qu’elle était en réalité plus proche de deux.

Elles firent demi-tour et trouvèrent deux branches parallèles espacées de deux mètres cinquante. Elles y suspendirent leurs hamacs ; puis elles s’assirent sur l’une des branches pour manger un repas froid de fruits et de légumes crus avant de grimper dans les hamacs et de s’y attacher.

Deux heures plus tard, il se mit à pleuvoir.

La pluie sur son visage réveilla Cirocco. Elle tourna la tête pour consulter sa montre. Il faisait plus sombre qu’au moment de leur coucher. Allongée sur le côté, le visage enfoui dans la toile, Gaby ronflait tranquillement. Au matin, elle se réveillerait avec un torticolis. Cirocco hésita à l’éveiller puis se ravisa : si elle parvenait à dormir malgré l’averse, autant valait la laisser.

Avant de déplacer son hamac, Cirocco se faufila jusqu’à l’extrémité de l’arbre. Tout ce qu’elle parvint à entrevoir fut un vague rideau de brume derrière l’averse continue. La pluie semblait bien plus intense vers le centre. Là où elles campaient, elles n’écopaient que de l’eau qui dégouttait des branches après avoir été recueillie par les frondaisons extérieures.

À son retour Gaby était éveillée et le ruissellement s’était accentué. Elles décidèrent qu’il ne servirait à rien de déplacer les hamacs. Elles sortirent une tente puis après en avoir déchiré au couteau quelques coutures elles la convertirent en un dais qu’elles arrimèrent au-dessus de leurs couchages. Chaleur et humidité étaient extrêmes mais Cirocco était si épuisée qu’elle s’endormit rapidement, bercée par le tambourinement des gouttes d’eau sur la toile.

Elles s’éveillèrent à nouveau, frissonnantes, deux heures plus tard.

« Quelle nuit », grogna Gaby.

Cirocco claquait des dents tandis qu’elles déballaient manteaux et couvertures et se roulaient dedans avant de retourner dans les hamacs. Il lui fallut une demi-heure pour se réchauffer assez et parvenir à se rendormir. Le doux balancement des branches l’y aida.

Cirocco éternua, chassant un flocon de neige. C’était une neige très légère et très sèche qui s’était immiscée par tous les interstices de sa couverture. Elle s’assit et la neige s’écroula en avalanche sur son giron.

Des glaçons pendaient du rebord de la toile et sous les cordes de leurs hamacs. On entendait des craquements continuels dans les branches ballottées par le vent, auxquels s’ajoutait le cliquetis permanent des glaçons heurtant la toile gelée. L’une de ses mains était restée exposée : elle était raide et gercée lorsqu’elle se pencha pour secouer Gaby.

« Euh ? Euh ? » Gaby regarda autour d’elle avec un œil vitreux – l’autre était fermé par ses sourcils gelés. « Oh ! merde ! » Elle fut prise d’une quinte de toux.

« Tu te sens bien ?

— Hormis une oreille gelée, je crois que oui. Que fait-on ?

— On se couvre le plus possible, je suppose. Et on attend que ça se passe. »

La tâche n’était guère aisée, assises sur un hamac, mais elles y parvinrent toutefois. L’unique incident advint lorsqu’en fourrageant avec ses doigts gourds Cirocco laissa échapper un gant qui disparut rapidement dans la tourmente de neige en dessous d’elle. Elle jura pendant cinq bonnes minutes avant de se souvenir qu’elles avaient encore la paire de Gene.

Puis elles attendirent.

Impossible de dormir. Elles avaient suffisamment chaud sous leurs couches de vêtements et de couvertures mais auraient bien souhaité avoir un passe-montagne et des lunettes. Toutes les dix minutes, elles devaient s’ébrouer pour ôter la neige accumulée.

Elles essayèrent de parler mais l’intérieur du rayon était devenu assourdissant. Cirocco laissa donc s’étirer les minutes puis les heures, allongée le visage enfoui sous les couvertures en écoutant hurler le vent. Et par-dessus, encore plus effrayant, un bruit, comme des grains de maïs en train de péter : c’étaient les branches surchargées de glace qui se brisaient sous la gifle du vent.

Elles patientèrent cinq heures. Le vent devint encore plus glacial et violent. Une branche se rompit à côté d’elles et Cirocco l’entendit dégringoler avec force craquements à travers la forêt en dessous d’elle.

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