Robert Silverberg - L'oreille interne

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David Selig. Né en 1935 à New York. Juif.
Calvitie précoce. Ex-étudiant en lettres, ex-courtier en valeurs mobilières.
Célibataire. Sans ressources bien définies.
Signes particuliers : néant.
Bref, raté sur toute la ligne.
Et télépathe.
Bientôt ex-télépathe.
Car, en ces beaux jours de 1976, le pouvoir de David Selig décline. Ou plutôt disparaît, revient, semble jouer à cache-cache.
Mais David est sans illusion. Il sait que meurt en lui, irrévocablement, ce pouvoir étrange de lire dans l'esprit des autres, ce pouvoir qui a fait de lui un étranger sur la terre.

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Elle émerge de la salle de bains portant un ensemble vermeil avec pantalon et les boucles d’oreilles en cristal que je lui ai offertes pour son vingt-neuvième anniversaire. Chaque fois que je lui rends visite, elle essaie de faire vibrer une corde sentimentale qui nous unit. Ce soir, ce sont les boucles d’oreilles. Il y a en ce moment un caractère de convalescence à notre amitié, tandis que nous marchons sur la pointe des pieds dans le jardin où nos vieilles haines sont enterrées. Je lui ouvre mes bras. Une accolade de frère et sœur. Son parfum est agréable. « Hello », dit-elle. « Je regrette que tu m’aies trouvée dans un tel état quand tu as sonné. »

« C’est ma faute. Je suis venu trop en avance. Et tu n’étais pas dans un tel état, de toute façon. »

Elle me précède dans le living-room. Sa démarche est aisée. Judith est une belle femme, grande et extrêmement svelte, à l’allure exotique, au teint brun, aux cheveux bruns, aux pommettes saillantes. Le genre mince et torride. Je suppose qu’on pourrait la considérer comme très érotique, excepté le fait qu’il y a quelque chose de cruel dans ses lèvres fines et ses yeux vifs et brillants, et que cette cruauté, qui ne fait que s’accroître en ces temps de divorce et de ressentiment, rebute les gens. Elle a eu des amants par dizaines, mais pas beaucoup d’amour. Toi et moi, sœurette ; toi et moi. On est bien de la même race.

Elle dresse la table tandis que je lui verse à boire, comme d’habitude, un Pernod avec de la glace. Le gosse, Dieu merci, a déjà mangé. Je déteste l’avoir à table. Il joue avec son truc en plastique et me lance de temps à autre un regard aigre. Judith et moi nous entrechoquons nos verres dans un geste théâtral. Elle arbore un sourire polaire. « Santé », nous disons-nous. Santé.

« Pourquoi ne viens-tu pas habiter en ville ? » demande-t-elle. « Nous pourrions nous voir plus souvent. »

« C’est moins cher là-haut. Avons-nous besoin de nous voir plus souvent ? »

« Qui d’autre avons-nous ? »

« Tu as Karl. »

« Je ne l’ai pas. Ni lui ni personne. Juste mon gosse et mon frère. »

Je pense à la fois où j’ai essayé de la tuer dans son berceau. Naturellement, elle ne le sait pas.

« Sommes-nous réellement amis, Jude ? »

« Maintenant, oui. À la fin. »

« Il n’y avait pas tellement d’affection entre nous, toutes ces années. »

« On change, Duv. On grandit. J’étais une idiote, une petite conne, si imbue de moi-même que je ne pouvais donner rien d’autre que de la haine à tous ceux qui m’entouraient. Mais c’est fini, maintenant. Si tu ne me crois pas, regarde dans ma tête et tu verras. »

« Tu n’aimes pas tellement que je fasse ça. »

« Vas-y », m’encourage-t-elle. « Regarde, et tu verras si je n’ai pas changé à ton égard. »

« Non. J’aime mieux pas. » Je me verse une autre rasade de rhum. Ma main tremble un peu. « Tu devrais aller voir ta sauce aux spaghettis. Peut-être que ça déborde. »

« Laisse-la déborder. Je n’ai pas encore fini mon verre. Duv, est-ce que tu as encore des ennuis ? Avec ton pouvoir, je veux dire. »

« Oui. C’est pire que jamais. »

« Qu’est-ce qu’il se passe, à ton avis ? »

Je hausse les épaules. Mon insouciance familière.

« Je suis en train de le perdre, c’est tout. C’est comme les cheveux, j’imagine. On en a des tas quand on est jeune, puis de moins en moins, et finalement plus du tout. Ce putain de pouvoir ne m’a jamais servi à rien, de toute façon. »

« Tu ne parles pas sincèrement. »

« Cite-moi un exemple où il m’a été d’une utilité quelconque, Jude. »

« Il faisait de toi quelqu’un de spécial. Il te rendait unique. Quand tout le reste allait mal, tu pouvais toujours te consoler avec ça, l’idée que tu pouvais entrer dans les esprits, voir l’invisible, te rapprocher de l’âme des gens. Un don divin. »

« Un don inutile. Sauf si je m’étais lancé dans le music-hall. »

« Il a fait de toi quelqu’un de plus riche. De plus complexe, de plus intéressant. Sans lui, tu aurais été une personne comme les autres. »

« Avec lui, je suis devenu une personne quelconque. Une nullité, un raté. Sans lui, j’aurais pu être une nullité heureuse au lieu d’un raté malheureux. »

« Tu t’apitoies beaucoup sur toi-même, Duv. »

« J’ai beaucoup de raisons de m’apitoyer sur moi-même. Encore un peu de Pernod, Jude ? »

« Non, merci. Il faut que j’aille voir à la cuisine. Veux-tu servir l e vin ? »

Elle va dans la cuisine. Je m’occupe du vin, puis je porte le saladier à table. Derrière moi, le gosse braille des syllabes sans queue ni tête de sa voix de baryton narquois. Même dans l’état de réceptivité émoussée où je me trouve, je sens le poids de sa haine glacée sur ma nuque. Judith est de retour, avec un plateau bien garni : spaghettis, fromage, tartines à l’ail. Elle me lance un sourire chaleureux, visiblement sincère, au moment où nous nous asseyons. Nous trinquons de nouveau avec nos verres à vin. Pendant quelques minutes, nous mangeons silencieusement. Je fais l’éloge des spaghettis. Finalement, elle déclare :

« Tu permets que j’essaie moi aussi de lire dans ta pensée, Duv ? »

« Ne te gêne pas. »

« Tu prétends être heureux que ton pouvoir s’en aille. Est-ce de la poudre que tu jettes à tes yeux ou aux miens ? Parce que tu n’es pas sincère. Tu regrettes de perdre ton pouvoir, n’est-ce pas ? »

« Un peu. »

« Beaucoup, Duv. »

« D’accord. Beaucoup. Disons que je suis partagé. J’aimerais qu’il me quitte complètement. J’aimerais ne l’avoir jamais eu, Jude. Mais d’un autre côté, si je le perds, qu’est-ce que je deviens ? Où est mon identité ? Je suis Selig le Télépathe, tu comprends ? Le Roi de la Transmission de Pensées. Si je cesse de l’être… tu saisis, Jude ? »

« Je vois. La douleur se lit sur ton visage. Je suis navrée, Duv. »

« De quoi ? »

« Que tu le perdes. »

« Tu m’as détesté de toute ton âme pour l’avoir utilisé sur toi. »

« C’était différent. C’était il y a longtemps. Je sais ce que tu dois endurer maintenant, Duv. As-tu une idée de la raison pour laquelle tu le perds ? »

« Non. Je suppose que ce doit être l’âge. »

« Est-ce qu’on pourrait faire quelque chose pour enrayer le processus ? »

« J’en doute, Jude. Je ne sais même pas de quelle manière il fonctionne. C’est juste quelque chose que j’ai dans la tête, un caprice génétique, sans doute, quelque chose qui m’a été donné à la naissance, comme les taches de rousseur. Si tes taches de rousseur se mettent à disparaître, tu connais un moyen de les faire rester s’il t’en prend l’envie ? »

« Tu n’as jamais voulu qu’on t’étudie, n’est-ce pas ? »

« Non. »

« Pour quelle raison ? »

« Je n’aime pas plus que toi qu’on vienne farfouiller dans ma tête », lui dis-je doucement. « Je ne veux pas être un phénomène de laboratoire. J’ai toujours réussi à passer inaperçu. Si le monde découvrait ce que je suis, je deviendrais un paria. Je me ferais probablement lyncher. Sais-tu à combien de personnes, j’ai avoué la vérité sur moi ? Dans toute ma vie, sais-tu combien ? »

« Une douzaine ? »

« Trois », lui dis-je. « Et si j’avais pu faire autrement, je ne l’aurais dit à personne. »

« Trois ? »

« Toi, pour commencer. Je suppose que tu t’en doutais depuis tout le temps, mais tu ne l’as découvert vraiment qu’à seize ans, tu te souviens ? Et puis, il y a eu Tom Nyquist, que j’ai perdu de vue, et une fille nommée Kitty, que je ne vois plus du tout non plus. »

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