Robert Silverberg - L'oreille interne

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David Selig. Né en 1935 à New York. Juif.
Calvitie précoce. Ex-étudiant en lettres, ex-courtier en valeurs mobilières.
Célibataire. Sans ressources bien définies.
Signes particuliers : néant.
Bref, raté sur toute la ligne.
Et télépathe.
Bientôt ex-télépathe.
Car, en ces beaux jours de 1976, le pouvoir de David Selig décline. Ou plutôt disparaît, revient, semble jouer à cache-cache.
Mais David est sans illusion. Il sait que meurt en lui, irrévocablement, ce pouvoir étrange de lire dans l'esprit des autres, ce pouvoir qui a fait de lui un étranger sur la terre.

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C’était tout le temps comme cela, à cette époque-là : un trip sans fin, un voyage psychédélique. Mais tout pouvoir s’altère. Le temps flétrit les couleurs des plus belles visions. Le monde devient gris. L’entropie a raison de nous. Tout s’affaiblit. Tout disparaît. Tout meurt.

XIII

L’appartement sombre et contourné de Judith s’emplit d’odeurs piquantes. Je l’entends s’affairer dans la cuisine, déversant des épices dans la marmite : piment piquant, marjolaine, estragon, clous de girofle, moutarde en poudre, huile de sésame, curry et Dieu sait quoi d’autre. Le feu ronfle et le chaudron bout. La célèbre sauce aux spaghettis est en train de se faire, produit composé aux mystérieux antécédents, d’inspiration à la fois mexicaine, setchouenne, madrasienne et judithienne. Ma pauvre sœur n’appartient pas vraiment à la catégorie des femmes d’intérieur, mais pour les quelques plats qu’elle sait faire, elle est la reine, et ses spaghettis sont célèbres sur trois continents. Je suis convaincu qu’il y a des hommes qui couchent avec elle juste pour avoir le privilège de dîner ici.

Je suis arrivé une demi-heure avant l’heure prévue, et Judith n’était pas encore prête, pas même habillée. Je suis donc seul pendant qu’elle prépare le dîner. « Sers-toi à boire », me crie-t-elle. J’ouvre le buffet et je me verse un verre de rhum noir, puis je vais à la cuisine chercher des glaçons. C’est le grand branle-bas, Judith est en peignoir, un bandeau sur la tête, elle vole d’un pot d’épices à l’autre. Tout ce qu’elle fait, elle le fait à toute allure. « Je te rejoins dans dix minutes », fait-elle, haletante, en saisissant le moulin à poivre. « Le gosse ne t’embête pas trop ? »

Elle veut parler de mon neveu. Il s’appelle Paul, en l’honneur de notre père qui est aux cieux, mais elle ne l’appelle jamais comme ça. C’est toujours « le gosse », « le petit ». Quatre ans. Un enfant du divorce, destiné à être aussi tendu que sa mère. « Il ne m’ennuie pas du tout », lui dis-je pour la rassurer, et je retourne dans le living-room.

L’appartement est un de ces immenses machins qu’on trouve dans le West-Side, avec des pièces à n’en plus finir et des plafonds hauts d’un kilomètre, et qui sont auréolés d’une espèce de distinction simplement parce que tant de critiques, poètes, écrivains et chorégraphes ont vécu dans des lieux similaires dans ce même quartier. Le living est géant, avec d’innombrables fenêtres donnant sur West End Avenue. La salle à manger est austère, la cuisine immense. Chambre de maîtres, chambre d’enfant, chambre de bonne, deux salles de bains. Tout cela pour Judith et son fils. Le loyer est démentiel, mais Judith se débrouille. Elle touche plus de mille dollars par mois de son ex-mari, et elle gagne modestement mais décemment sa vie comme rédactrice et traductrice. De plus, elle tire un petit revenu d’un portefeuille d’actions judicieusement choisies pour elle il y a quelques années par un de ses amants bien placé à Wall Street, qu’elle a payées avec sa part de l’héritage de nos parents, étonnamment élevé. (Ma part a servi entièrement à rembourser des dettes accumulées, et elle a fondu comme neige au soleil.) L’endroit est meublé style moitié Greenwich Village 1960 et moitié Elégance Urbaine 1970. Lampadaires noirs, fauteuils gris en fil plastifié, étagères à livres en brique rouge, reproductions à bon marché et bouteilles de chianti incrustées de cire d’un côté ; coussins de cuir, poteries Hopi, sérigraphies psychédéliques, tables basses à dessus de verre et cactées en pots géants de l’autre. Une sonate pour clavecin de Bach est diffusée par la chaîne à mille dollars. Le plancher, d’un noir d’ébène et brillant comme un miroir, est parsemé de tapis moelleux. Une pile de livres au dos défraîchi encombre un des murs. À côté, deux caisses en bois à claire-voie qui n’ont pas été ouvertes. Elles contiennent du vin récemment arrivé de chez le marchand de spiritueux. C’est la bonne vie que ma sœur mène ici. Bonne et misérable à la fois.

Le gosse me reluque d’un air méfiant. Il est assis par terre à l’autre bout de la pièce, près de la fenêtre, et il tripote un jouet compliqué en plastique, sans jamais me quitter du coin de l’œil. Il a le teint sombre, et il est maigre et tendu comme sa mère, distant et froid. Pas d’affection perdue entre nous. J’ai été dans sa tête et je sais ce qu’il pense de moi. À ses yeux, je ne suis que l’un des nombreux hommes qu’il y a dans la vie de sa mère, un oncle véritable n’étant pas différent de la multitude de substituts qui viennent coucher ici. Il doit le prendre pour un amant qui vient un peu plus souvent que les autres, simplement. Erreur compréhensible. Mais tandis qu’il en veut aux autres parce qu’ils lui font concurrence dans l’affection de sa mère, il me considère avec hostilité parce qu’il pense que j’ai fait du mal à sa mère. C’est à cause d’elle qu’il me déteste. Il a intuitivement discerné le réseau vieux de plusieurs décennies de tension et d’hostilité qui définit mes relations avec Judith. Je suis son ennemi. S’il pouvait, il me ferait la peau.

Je sirote donc tranquillement mon rhum tout en écoutant Bach et en souriant hypocritement au gosse tandis que me parviennent les effluves de la sauce aux spaghettis. Mon pouvoir est pratiquement au repos. J’évite le plus possible de m’en servir ici, et de toute manière les influx sont faibles aujourd’hui. Au bout d’un moment, Judith émerge de la cuisine et traverse le living-room comme un éclair en disant : « Viens me parler pendant que je m’habille, Duv. » Je la suis dans la chambre à coucher et je m’assieds sur le lit. Elle se déshabille dans le cabinet de toilette attenant, en laissant la porte entrouverte d’un centimètre ou deux. La dernière fois que je l’ai vue nue, elle avait sept ans.

« Je suis contente que tu aies décidé de venir », me dit-elle.

« Moi aussi. »

« Je trouve que tu as mauvaise mine en ce moment. »

« J’ai juste faim, Jude. »

« On va arranger ça dans cinq minutes. » Bruit d’eau qui coule. Elle dit quelque chose d’autre, mais la douche couvre sa voix. Mon regard désœuvré fait le tour de la chambre. Une chemise d’homme blanche, beaucoup trop grande pour Judith, est négligemment accrochée à la poignée du placard. Sur la table de nuit sont posés deux épais volumes qui ressemblent à des manuels de cours : Neuroendocrinologie analytique, et Études sur la physiologie de la thermorégulation. Lectures qui ne vont pas avec Judith. Mais peut-être doit-elle les traduire en français. Je remarque que ce sont des exemplaires tout neufs, bien que l’un des volumes porte 1964 comme date de publication, et l’autre 1969. Ils sont tous les deux du même auteur : K.F. Silvestri, M.D., Ph. D.

« Tu fréquentes l’école de médecine en ce moment ? » lui dis-je.

« Les bouquins, tu veux dire ? Ce sont ceux de Karl. »

Karl ? Un nouveau nom. Dr. Karl F. Silvestri. J’entre légèrement en contact avec son esprit, et j’extrais son image : un grand type costaud au visage sobre, aux larges épaules et au menton à fossettes. Crinière de cheveux grisonnants. La cinquantaine, à vue d’œil. Judith aime bien les types âgés. Pendant que je dévalise sa conscience, elle me parle de lui. Son « ami » du moment ; le dernier « oncle » en date du gamin. C’est quelqu’un d’important au Centre Médical de l’Université Columbia. Une véritable autorité sur le corps humain. Particulièrement le corps de ma sœur, j’imagine. Récemment divorcé après vingt-cinq années de mariage. Hum : elle a l’art de les saisir au vol. Ils se sont connus il y a trois semaines grâce à un de leurs amis communs, un psychanalyste. Ils ne se sont vus que quatre ou cinq fois. Il est toujours occupé : réunions de comités à droite et à gauche, séminaires, consultations. Il n’y a pas si longtemps que Judith m’annonçait qu’elle était entre deux nommes, et qu’elle avait même peut-être entièrement renoncé aux hommes. Il faut croire que non. Ce doit être sérieux, si elle essaie de lire ses livres. À moi, ils me paraissent complètement hermétiques, avec tous ces diagrammes et ces tableaux statistiques et cette terminologie latinisante.

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