Ursula Le Guin - La cité des illusions
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- Название:La cité des illusions
- Автор:
- Издательство:Pocket
- Жанр:
- Год:1987
- Город:Paris
- ISBN:2-266-02080-3
- Рейтинг книги:5 / 5. Голосов: 1
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Maintes et maintes fois au fil des longues heures de la nuit, il reprit son livre, l’Ancien Canon. Il n’osait y faire de marques, même avec l’ongle ; il se contenta de le lire, bien qu’il le sût par cœur, avec une extrême concentration, page après page, s’abandonnant à la magie des mots, les répétant sans trêve, assis, couché ou circulant dans sa chambre, et revenant encore et toujours au début du livre, aux premiers mots de la première page :
La voie que l’on peut suivre
n’est pas la Voie éternelle.
Le nom que l’on peut donner
n’est pas le Nom éternel.
Tard dans la nuit, sous la pression de la lassitude, de la faim, des pensées qu’il s’interdisait de formuler, de la peur qu’il s’interdisait d’éprouver devant la mort, il atteignit enfin l’état de conscience auquel il tendait. Les murs s’effacèrent, son moi se détacha de lui, et il n’y eut plus rien. Il s’identifiait avec le texte du livre : il était le Verbe, le Verbe s’exprimant dans la nuit, au début des temps, sans personne pour l’entendre – la première page du temps. Oui, son moi s’était détaché de Falk, et il était devenu une entité impersonnelle, unique, éternelle.
Peu à peu, le temps reparut, les choses reprirent leurs noms, et les murs leur place. Falk relut une fois de plus la première page du livre, puis se coucha et s’endormit.
Les premiers rayons du soleil matinal donnaient au mur qu’ils frappaient l’éclat d’une émeraude lorsque deux hommes-outils vinrent le chercher. Sous leur conduite, il traversa le vestibule nébuleux et descendit les rampes de l’édifice jusqu’au niveau de la rue, où l’attendait un glisseur, sur lequel il fut dirigé, par les rues ombreuses et au-dessus du gouffre, vers une nouvelle tour. Ses guides n’étaient pas les outils qui avaient été à son service, mais deux grands cerbères muets. Se rappelant la brutalité méthodique de l’accueil qu’il avait reçu à Es Toch, cette première leçon d’un traitement destiné à lui faire perdre toute confiance en soi, il supposa que les Shing avaient craint de sa part une tentative d’évasion à la dernière minute, et lui avaient fourni pareils dragons pour le décourager de toute impulsion de cette nature.
Il fut piloté dans un dédale de salles qui aboutirent à une série de petites cabines souterraines brillamment éclairées, limitées et dominées par les écrans et les panneaux d’un immense complexe d’ordinateurs. Ken Kenyek sortit d’une de ces cabines, seul, pour l’accueillir. Falk, chose curieuse, n’avait jamais vu plus de deux Shing ensemble, et très peu en tout. Ce n’était vraiment pas le moment de résoudre cette énigme, mais il eut comme une vague réminiscence, la conscience liminale, flottante et éphémère, d’une explication possible. La voix de Ken Kenyek y mit un terme.
— « Vous n’avez pas tenté de mettre fin à vos jours la nuit dernière ? » dit le Shing d’une voix éteinte.
— « J’ai préféré vous en laisser le soin, » répliqua Falk. Mais en fait, le suicide était la seule issue à laquelle il n’eût pas songé.
Ken Kenyek ne daigna pas relever cette saillie, bien qu’il eût paru prêter à Falk une oreille attentive. « Tout est prêt, » dit-il. « Vous voyez ici les mêmes panneaux de travail et exactement les mêmes connexions que celles qui, il y a six ans de cela, servirent à bloquer votre structure primaire mentale et paramentale. La suppression de ce blocage ne devrait pas faire de difficulté ni provoquer de traumatisme, votre consentement étant acquis. Le consentement est la condition essentielle d’une restauration, mais non de l’opération inverse. Vous êtes prêt ? » Et, presque en même temps qu’il prononçait ces mots, il les adressa à Falk en un langage télépathique d’une clarté éclatante : « Vous êtes prêt ? »
Il écouta attentivement la réponse de Falk, elle aussi paraverbale : « Je suis prêt. »
Comme s’il paraissait satisfait de cette réponse ou de ses résonances empathiques, le Shing fit un signe de tête affirmatif et dit de sa voix basse et monotone : « Je vais donc commencer sans drogues. Les drogues offusquent la clarté des opérations parahypnotiques ; il est préférable de s’en passer. Asseyez-vous ici. »
Falk s’exécuta en silence, s’efforçant d’imposer le même silence à son esprit.
Un assistant entra, obéissant à un signal muet, et se dirigea vers Falk tandis que Ken Kenyek s’asseyait devant un des tableaux de l’ordinateur comme un musicien devant son instrument. Falk eut un souvenir fugitif du grand chresmodrome de la salle du trône chez le prince du Kansas, des prestes mains noires qui avaient voltigé au-dessus, faisant et défaisant certains schémas capricieux de perles, d’étoiles, de pensées…
Un voile noir lui couvrit les yeux et l’esprit. Il sentit qu’on lui fixait quelque chose sur la tête, cagoule ou calotte ; puis il ne perçut plus rien que les ténèbres, des ténèbres infinies, la nuit. Dans cette nuit, une voix disait un mot à son esprit, un mot qu’il était tout près de comprendre. Le même mot répété à n’en plus finir, ce mot, ce mot, ce nom… Comme jaillit un éclair, sa volonté de survivre jaillit flamboyante, et il l’exprima en un effort terrible alors que toutes les chances étaient contre lui, il l’exprima silencieusement : je suis Falk.
Puis ce fut la nuit.
9
Il se trouvait en un lieu calme et obscur comme une forêt profonde. Très affaibli, il resta longtemps suspendu entre le sommeil et la veille. Souvent il rêvait ou se rappelait des fragments d’un rêve antérieur qu’il avait fait en plein sommeil. Puis il se rendormit, et de nouveau s’éveilla dans la paix d’un clair-obscur verdoyant.
Il y eut un mouvement auprès de lui. Tournant la tête, il vit un jeune homme qui lui était inconnu.
— « Qui êtes-vous ? »
— « Har Orry. »
Le nom tomba comme une pierre dans l’eau calme de son esprit rêveur, puis disparut. Mais il en irradia des cercles qui s’élargirent avec une douce lenteur jusqu’au moment où le plus grand d’entre eux toucha la rive et se rompit. Orry, le fils de Har Weden, un des membres de l’expédition… un garçon tout jeune, né en hiver.
Les eaux calmes de son sommeil étaient troublées par de petites rides entrecroisées. Il referma les yeux et fit un effort de volonté pour se laisser submerger.
— « J’ai rêvé, » murmura-t-il les yeux clos. » J’ai fait quantité de rêves…»
Mais il était de nouveau réveillé, regardant ce visage enfantin, effrayé et irrésolu. C’était Orry, le fils de Weden – Orry tel qu’il devrait être dans cinq ou six phases lunaires s’ils survivaient à l’expédition.
Il avait oublié quelque chose, mais quoi ?
— « Où sommes-nous ? »
— « Restez tranquille, prech Ramarren – ne parlez pas encore ; je vous prie, restez tranquille. »
— « Que m’est-il arrivé ? »
Une sensation d’étourdissement le contraignit à obéir au garçon et à se recoucher. Les muscles de son corps et jusqu’à ceux de ses lèvres et de sa langue ne lui obéissaient pas normalement. Ce n’était pas de la faiblesse, mais comme un curieux défaut de coordination psychomotrice. Il lui fallait pour lever la main, le vouloir consciemment, comme si c’était la main de quelqu’un d’autre.
La main de quelqu’un d’autre… Il fixa un bon moment son bras et sa main. Leur peau, chose curieuse, avait pris la teinte foncée d’une peau de hann tannée. Le long de l’avant-bras jusqu’au poignet s’alignait une série de cicatrices bleuâtres parallèles, formant comme un pointillé tracé à coups d’aiguille répétés. Même la paume de ses mains était durcie, et l’on eût dit les mains d’un homme longtemps exposé au grand air plutôt que celles d’un familier des laboratoires et des salles d’ordinateurs du Centre Interstellaire, des salles du Conseil et des sanctuaires du Silence de Wegest.
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