Gérard de Villiers - L'ordre règne à Santiago
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- Название:L'ordre règne à Santiago
- Автор:
- Издательство:Plon
- Жанр:
- Год:1975
- Город:Paris
- ISBN:2-259-00060-6
- Рейтинг книги:4 / 5. Голосов: 1
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Carlos secoua la tête sans répondre. Il s’en foutait bien de la Révolution, en cet instant.
Il n’y aurait jamais de triomphe pour Magali, morte à vingt-trois ans. Après des jours d’enfer. Brutalement, la détermination chassa son désespoir. Il ne donnerait pas à ses ennemis la joie de le torturer à son tour. Il tourna vers le barbu des yeux encore brillants de larmes.
— Tu as raison, Luis, dit-il, nous triompherons.
Il n’allait pas attendre les assassins. Il allait combattre et se venger.
Traversant le salon, il regagna la salle à manger, s’accroupit près de sa couverture et prit une sacoche de cuir marron bourrée de documents. Ce qui lui restait maintenant de plus précieux.
— Imbécile ! Traître ! Crétin !
La gifle formidable résonna douloureusement dans la tête de Juan Planas, achevant de le dessaouler. Son beau chapeau blanc gisait sur le sol du bureau, piétiné par les bottes du colonel Chonio. Ce dernier, violet de rage, les yeux hors de la tête, tournait autour du petit policier, au garde-à-vous au milieu de la pièce, le giflant, l’injuriant, le bourrant de coups de pied. Les 1 m 55 de Juan Planas oscillaient docilement. Le policier encaissait les coups sans mot dire, la tête baissée. Au début, il avait tenté de dire à son supérieur qu’il ne faisait pas un métier amusant, que torturer une femme pendant des heures c’était éprouvant pour les nerfs, que, sans le whisky confisqué, il ne tiendrait pas… Mais il s’était contenté de murmurer de plates excuses pour sa petite plaisanterie de l’ambassade d’Italie. Trop conscient des conséquences qu’elle pouvait avoir. Dégrisé, il commençait à mesurer son imprudence et aurait presque remercié le colonel pour ses gifles. Ce dernier s’approcha de lui et postillonna dans sa moustache.
— Écoute bien, cloaque ! Si ce type nous file entre les doigts, tu iras te balader dans le détroit de Magellan au bout d’une corde, jusqu’à ce que tu gèles vivant… Maintenant, fous le camp et mets-toi au travail.
Juan Planas ramassa son chapeau et commença à le décabosser. Dans l’extrême Sud, les militaires de la Junte s’amusaient à plonger les suspects dans l’océan glacial, suspendus au bout d’une corde accrochée à un hélicoptère. Jusqu’à ce qu’ils meurent de froid.
Il n’avait pas la moindre envie de subir ce traitement. Même s’il devait encore passer quelques nuits blanches à interroger des suspects.
Chapitre II
Une jeune femme surgit de l’escalier traversant le club et s’arrêta un instant, examinant ceux qui se trouvaient sur la terrasse.
Style hippie de luxe, des galoches au talon interminable, la besace de toile pendue à l’épaule, une Seïko sport au poignet. Le jean délavé moulant des hanches étroites et une croupe cambrée. Les cheveux noués en chignon, le nez retroussé et impertinent et le chemisier de soie étaient là pour rappeler sa véritable appartenance sociale. Passant près de Malko, elle lui adressa un long regard curieux, presque provocant, dépassa une demi-douzaine de vieux messieurs respectables et croulants, de ceux que les Chiliens appellent des « momias », et s’installa seule à une table… Malko éprouva un petit frisson agréable dans la colonne vertébrale. Depuis son arrivée à Santiago, la veille, il avait noté l’effronterie avec laquelle les femmes dévisageaient les hommes. Bien différentes des autres pays d’Amérique latine. Ses yeux dorés, son élégance discrète, son allure fauve, à mi-chemin entre la nonchalance et la tension, n’expliquaient pas tout. Il détourna la tête à regret. N’étant, hélas ! pas venu au bout du monde pour courir la gueuse.
— Elle est ravissante, non ? remarqua John Villa.
— Adorable, approuva Malko.
La ravissante inconnue s’intégrait parfaitement à l’atmosphère luxueuse et un peu surannée du club « Los Leones », joyau du Barrio Alto, le quartier résidentiel de Santiago. Les salons étaient dignes d’un club anglais, le service impeccable et, au pied de la terrasse, s’étalait un parcours de golf, somptueusement entretenu. Ilot de luxe dans cette ville de misère. À un kilomètre de là, à vol d’oiseau, les pauvres des « poblaciones » vendaient leurs dernières hardes pour pouvoir acheter un peu de pain rassis, tentant sans espoir de rattraper l’inflation galopante. Comme l’avait déclaré la veille, sans aucun humour, un porte-parole de la Junte, la situation économique était en progrès sensible de 500 %, l’inflation était passée à seulement 375 %.
Un garçon s’approcha, discret et craintif. Seuls les privilégiés du nouveau régime fréquentaient « Los Leones ».
— Pisco-sour ? demanda John Villavera.
L’apéritif type du Chili. Sorte d’alcool blanc, servi glacé. Malko acquiesça.
La lourde mâchoire chevaline qui déséquilibrait le visage anguleux du chef de station de la C. I. A. à Santiago semblait déjà mastiquer. Avec ses grosses lunettes d’écaille et son allure un peu gauche, il avait l’air d’un professeur en rupture de banc. Parlant parfaitement espagnol, il semblait connaître tout Santiago. Il se levait pour chaque nouvel arrivant, échangeait des abrazos ou des poignées de main. À l’aéroport, son nom avait fait des miracles… Une limousine attendait Malko pour le conduire directement au vieux Sheraton-Carrera, en plein centre de la ville, en face du palais de la Moneda où Allende avait trouvé la mort, maculé des traces de bombes et désormais inhabité. Un engin étonnant : une Lincoln Continental noire qui extérieurement était semblable à n’importe quelle autre voiture. Mais celle-là avait été spécialement commandée à Ford par la Central Intelligence Agency au prix spécial de 45 000 dollars. Les glaces avaient trois centimètres d’épaisseur et pouvaient résister à des rafales de mitraillette tirées à bout portant. Un bouton, sous le volant, permettait en quelques secondes d’inonder le véhicule de neige carbonique. Mais le plus étonnant était l’arrière. Le toit était fixé par quatre rivets explosifs. En pressant sur un des accoudoirs, on le faisait sauter et la banquette arrière s’éjectait automatiquement… Cela, au cas où la voiture aurait les portières bloquées. Avec cela, le chef de station de la C. I. A. pouvait se promener tranquille…
John Villavera avait immédiatement reçu Malko dans son bureau de l’ambassade américaine, qui se cachait bizarrement en ville du seizième au vingtième étage d’un immeuble hideux en face du Sheraton-Carrera. Une superbe plaque de cuivre ornait la porte « Wild Life Fund ». Officiellement, John Villavera se trouvait au Chili pour étudier la protection des espèces en voie de disparition…
Il était également attaché culturel de l’ambassade.
Sa cordialité envers Malko avait été exemplaire. Michael Burrough, patron de la Western Hemisphère Division, l’avait averti que le C. O. S. de Santiago lui révélerait sur place l’objet de sa mission. John Villavera s’était montré très évasif, la veille, assurant Malko que rien ne pressait, qu’on verrait le lendemain.
Santiago était une ville d’une laideur prodigieuse. Un mélange de Detroit et de Buenos Aires, avec des rues tristes et bruyantes, des boutiques vides, un ciel bas et gris, des immeubles massifs et noirâtres. Le contraste était saisissant entre l’animation de la journée et le calme pesant de la nuit.
Pris d’insomnie à cause du décalage horaire, Malko, de sa fenêtre, en pleine nuit, avait observé la place de la Moneda, déserte et silencieuse, les rues vides, l’immense tour inachevée de la télévision, qui brillait de mille lumières rouges.
C’était Pompéi.
Une peur diffuse recouvrait Santiago d’une chape de plomb dès que la circulation cessait, après le couvre-feu. Le jour, les restaurants étaient vides.
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