Émile Faguet - Corneille expliqué aux enfants

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Et puis le crime ne disparaît-il pas dans la grandeur du service rendu à la Patrie? La Patrie peut-elle permettre qu'on la prive ainsi de ses défenseurs?

Romains, souffrirez-vous qu'on vous immole un homme
Sans qui Rome aujourd'hui cesserait d'être Rome,
Et qu'un Romain s'efforce à tacher le renom
D'un guerrier à qui tous doivent un si beau nom?
Dis, Valère, dis-nous, si tu veux qu'il périsse,
Où tu penses choisir un lieu pour son supplice:
Sera-ce entre ces murs que mille et mille voix
Font résonner encor du bruit de ses exploits?
Sera-ce hors des murs, au milieu de ces places
Qu'on voit fumer encor du sang des Curiaces,
Entre leurs trois tombeaux, et dans ce champ d'honneur
Témoin de sa vaillance et de notre bonheur?
Tu ne saurais cacher sa peine à sa victoire;
Dans les murs, hors des murs, tout parle de sa gloire,
Tout s'oppose à l'effort de ton injuste amour,
Qui veut d'un si bon sang souiller un si beau jour.
Albe ne pourra pas souffrir un tel spectacle,
Et Rome par ses pleurs y mettra trop d'obstacle.
Vous les préviendrez, Sire: et par un juste arrêt
Vous saurez embrasser bien mieux son intérêt.
Ce qu'il a fait pour elle, il peut encor le faire;
Il peut la garantir encor d'un sort contraire.
Sire, ne donnez rien à mes débiles ans;
Rome aujourd'hui m'a vu père de quatre enfants;
Trois en ce même jour sont morts pour sa querelle:
Il m'en reste encore un, conservez-le pour elle:
N'ôtez pas à ses murs un si puissant appui;
Et souffrez, pour finir, que je m'adresse à lui.
Horace, ne crois pas que le peuple stupide
Soit le maître absolu d'un renom bien solide.
Sa voix tumultueuse assez souvent fait bruit
Mais un moment l'élève, un moment le détruit;
Et ce qu'il contribue à notre renommée
Toujours en moins de rien se dissipe en fumée.
C'est aux rois, c'est aux grands, c'est aux esprits bien faits,
A voir la vertu pleine en ses moindres effets;
C'est d'eux seuls qu'on reçoit la véritable gloire;
Eux seuls des vrais héros assurent la mémoire.
Vis toujours en Horace 7 7 Tel qu'un Horace doit vivre. , et toujours auprès d'eux
Ton nom demeurera grand, illustre, fameux;
Bien que l'occasion, ou moins haute, moins brillante,
D'un vulgaire ignorant trompe l'injuste attente.
Ne hais donc plus la vie, et du moins vis pour moi,
Et pour servir encor ton pays et ton roi.
Sire, j'en ai trop dit: mais l'affaire vous touche;
Et Rome tout entière a parlé par ma bouche.

Voilà le vrai patriotisme, celui qui donne sans compter, qui perd sans se plaindre, qui ne veut conserver que pour donner encore. Ce père méritait bien qu'on lui laissât son fils. On le lui rend en effet, et il rentre dans sa maison désolée, triste, mais la tête haute, et le cœur calme; car on est inébranlable aux coups du sort, quand on s'est attaché moins aux êtres les plus chéris, qui peuvent mourir, qu'à la patrie, qui ne meurt pas.

CHAPITRE VI.

CINNA

Cinna est l'histoire d'un beau mouvement de courage de l'empereur Auguste. Le courage ne consiste pas toujours à braver l'ennemi, à attaquer, parce que l'honneur le veut, un homme qui tient votre bonheur en sa main, à sacrifier ses enfants aux intérêts de son pays. Il consiste souvent à briser, à vaincre les mauvais sentiments qu'on a dans son cœur. C'est un courage intérieur, en quelque sorte, et obscur, qui n'a rien d'éclatant et de frappant, qui ne fait pas que les gens se retournent et vous applaudissent, mais qui n'en demande peut-être que plus d'effort et de fermeté.

Cet Auguste s'était emparé du pouvoir à Rome, grâce à beaucoup de perfidies et de violences. Il s'était montré affreusement cruel envers ses ennemis et envers ceux qu'il avait vaincus. C'était un homme habitué à la haine, à la rancune et à la vengeance. Des villes entières avaient été noyées dans le sang pour s'être opposées à ses desseins. Enfin il était devenu le maître, et il gouvernait sans obstacle.

Il était heureux, me direz-vous peut-être.

Non, il s'ennuyait. On n'est heureux que par le bonheur qu'on donne aux autres, et, ne s'étant occupé que du sien, il n'avait acquis que la puissance, et non la satisfaction, ce qui n'est pas du tout la même chose. Il était si dégoûté de sa fausse prospérité qu'il songeait à quitter ce haut rang qui lui avait tant coûté d'efforts, et qu'il le disait en ces termes à Cinna et à Maxime, qu'il croyait ses amis:

Cet empire absolu sur la terre et sur l'onde,
Ce pouvoir souverain que j'ai sur tout le monde,
Cette grandeur sans borne et cet illustre rang
Qui m'a jadis coûté tant de peine et de sang,
Enfin tout ce qu'adore en ma haute fortune
D'un courtisan flatteur la présence importune,
N'est que de ces beautés dont l'éclat éblouit,
Et qu'on cesse d'aimer sitôt qu'on en jouit.
L'ambition déplaît quand elle est assouvie,
D'une contraire ardeur son ardeur est suivie;
Et comme notre esprit, jusqu'au dernier soupir,
Toujours vers quelque objet pousse quelque désir,
Il se ramène en soi, n'ayant plus où se prendre 8 8 N'ayant plus où se prendre. – Ne sachant plus à quoi s'attacher. ,
Et, monté sur le faîte, il aspire à descendre.
J'ai souhaité l'empire, et j'y suis parvenu;
Mais, en le souhaitant, je ne l'ai pas connu:
Dans sa possession j'ai trouvé pour tous charmes
D'effroyables soucis, d'éternelles alarmes,
Mille ennemis secrets, la mort à tous propos,
Point de plaisir sans trouble, et jamais de repos.
Sylla 9 9 Sylla. – Célèbre général romain qui s'était fait maître dans Rome avec beaucoup de cruautés et de sang répandu. Vous le retrouverez dans la tragédie de Corneille intitulée: Sertorius . (Voir plus loin, p. 125 ) m'a précédé dans ce pouvoir suprême:
Le grand César 10 10 César. – Le fondateur de l' Empire à Rome. Auguste l'appelle: mon père , parce que César l'avait adopté. mon père en a joui de même;
D'un œil si différent tous deux l'ont regardé,
Que l'un s'en est démis et l'autre l'a gardé:
Mais l'un, cruel, barbare, est mort aimé, tranquille,
Comme un bon citoyen dans le sein de sa ville;
L'autre, tout débonnaire, au milieu du sénat,
A vu trancher ses jours par un assassinat.
Ces exemples récents suffiraient pour m'instruire,
Si par l'exemple seul on se devait conduire:
L'un m'invite à le suivre, et l'autre me fait peur.
Mais l'exemple souvent est un miroir trompeur;
Et l'ordre du destin qui gêne nos pensées
N'est pas toujours écrit dans les choses passées:
Quelquefois l'un se brise où l'autre s'est sauvé,
Et par où l'un périt un autre est conservé.
Voilà, mes chers amis, ce qui me met en peine.
Vous, qui me tenez lieu d'Agrippe et de Mécène 11 11 Agrippe. Agrippa, lieutenant d'Auguste et son principal ministre dans les commencements de son gouvernement. — Mécène. Ami et ministre aussi d'Auguste. ,
Pour résoudre ce point avec eux débattu,
Prenez sur mon esprit le pouvoir qu'ils ont eu;
Ne considérez point cette grandeur suprême,
Odieuse aux Romains et pesante à moi-même;
Traitez-moi comme ami, non comme souverain;
Rome, Auguste, l'État, tout est en votre main:
Vous mettrez et l'Europe, et l'Asie, et l'Afrique,
Sous les lois d'un monarque, ou d'une république;
Votre avis est ma règle, et par ce seul moyen
Je veux être empereur ou simple citoyen.

Tout à coup Auguste apprend que Cinna, un jeune Romain qu'il aurait pu frapper autrefois, car il était parent de ses ennemis, mais qu'au contraire il avait protégé et comblé de faveurs, forme un complot contre lui. Cet homme ardent, violent, si enclin à la vengeance, ne songe d'abord qu'à châtier l'ingrat. Il en avait le droit; car Cinna, ayant accepté ses bienfaits, était peut-être le seul à Rome à qui il fût interdit, en conscience, de se révolter contre Auguste. Il s'écrie:

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