Halter,Marek - Marie

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Marie: краткое содержание, описание и аннотация

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« Il est au milieu de vous et vous ne le connaissez pas.

« Voici ce qui est arrivé au temps où Antipas trancha la tête de Jean le Baptiste. Trente années s’étaient écoulées depuis la naissance de mon fils, et depuis trente années, depuis la mort de son père Hérode, Antipas régnait sur la Galilée. Il n’avait pas le pouvoir sur le royaume d’Israël en entier à cause de la défiance des Romains.

« Jean le Baptiste, fils de Zacharias et d’Elichéba, je l’ai connu dans le ventre de sa mère. Et ma sœur de cœur Mariamne l’a connu pareillement, qu’elle s’en souvienne. Selon la volonté de Dieu, l’enfant nous est venu, à Elichéba en premier et à moi ensuite. Pour l’une comme pour l’autre, cela s’est passé à Nazareth, en Galilée.

« Devenu homme, Jean alla sur les routes. Partout où il allait, il prenait la parole et baptisait par l’eau ceux qui venaient à lui. Voilà pourquoi on le nomma le Baptiste.

« Son nom grandit.

« De Jérusalem, des prêtres du sanhédrin et des lévites vinrent à lui et demandèrent : Toi, qui es-tu ?

« Il répondit avec la parole de l’humilité. Il dit : Je ne suis pas celui que vous attendez. Je viens devant. Je ne suis pas celui qui ouvre le ciel. Moi, je suis la parole d’avant la parole criant dans le désert.

« Cela se passait à Béthanie près du Jourdain.

« Pendant dix ans la renommée de Jean-Baptiste grandit.

« Pendant dix ans, mon fils Yechoua étudie et écoute. Il entend la parole de Jean et l’approuve. Lui, quand il parle, sa parole ne va qu’au petit nombre.

« Pendant dix ans, le ciel reste couvert et jamais ne s’ouvre à celui qu’Israël attend.

« Un jour, Jean le Baptiste me dit : Que ton fils vienne pour l’immersion. Je lui réponds : Mieux qu’aucun autre, tu sais qui il est. Pourquoi veux-tu le baptiser, lui ? Quand tu fais entrer dans l’eau, c’est pour purifier l’homme et la femme. De quoi voudras-tu purifier Yechoua, mon fils ?

« Ma réponse ne plaît pas. Jean le Baptiste dit à qui veut l’entendre : Yechoua, fils de Miryem de Nazareth, on voudrait l’entendre, mais on ne l’entend pas. On voudrait voir s’il est aussi miraculeux que sa naissance et ouvre le ciel. Mais on ne le voit pas. Il parle, mais ce ne sont que des paroles d’homme et pas le souffle de Yhwh.

« Ainsi parla Jean le Baptiste. Que ma sœur de cœur Mariamne en témoigne, elle qui était présente. Cela se passait à Magdala.

« De ce jour, mon fils Yechoua se tient à Capharnaüm, au bord du lac de Génézareth. Il ne rencontre plus Jean le Baptiste, dont le bruit de la parole ne cesse de grandir. Antipas lui-même l’entend. Il prend peur. Il dit : L’homme que l’on appelle le Baptiste se répand en paroles contre moi. Il veut la fin de ma maison. On l’écoute partout, en Galilée et au-delà. Il a plus d’influence que les zélotes, les esséniens et les larrons.

« Antipas se décide. Il fait arrêter Jean le Baptiste. Pris par le vice de sa famille, qui coule dans son sang depuis son père Hérode, Antipas offre la tête de Jean le Baptiste à son épouse Hérodiade, qui était aussi sa nièce et sa belle-sœur.

« La veille du jour où l’on doit mettre Jean, fils de Zacharias et d’Elichéba, en terre, Joseph d’Arimathie, le plus saint des hommes et le plus sûr de mes amis, vient me voir. Il me dit : Il faut aller devant la tombe de Jean le Baptiste. Ton amie Mariamne est au côté de ton fils Yechoua, à Capharnaüm. Ils sont trop loin pour revenir à temps pour la sépulture. C’est à toi d’être devant la fosse de celui qu’Antipas a assassiné tant il avait peur.

« Cela se passait à Magdala.

« Je réponds à Joseph d’Arimathie : J’ai désapprouvé les paroles de Jean le Baptiste contre mon fils Yechoua. Mais tu as raison, il faut se tenir la main devant la fosse où Antipas veut enfouir sous son vice la parole du Tout-Puissant.

« De nuit, en bateau, nous allons de Magdala à Tibériade.

« Au matin, devant la fosse ouverte, nous sommes un tout petit nombre. Il y a là Barabbas, le larron. Depuis le premier jour, il m’aime comme je l’aime. Le Tout-Puissant n’a jamais voulu que les épreuves nous séparent. Que ma sœur Mariamne en témoigne, elle qui nous a vus amis et ennemis.

« Barabbas se plaint du peu que nous sommes. Il dit : Hier, ils couraient vers Jean le Baptiste pour se laver de leurs péchés dans l’eau de son bain. Aujourd’hui qu’il faut se tenir debout devant sa fosse sous l’œil de mercenaires d’Antipas, on ne les voit plus.

« Il se trompe. Lorsque la terre a recouvert le corps séparé de Jean le Baptiste, des milliers et des milliers arrivent pour le pleurer. Les chemins de Tibériade sont noirs. On n’y avance plus. Chacun veut mettre un caillou blanc sur la tombe et chanter la grandeur du Tout-Puissant. Cela dure jusqu’au soir. À la fin du jour, la tombe de Jean le Baptiste est un monticule blanc qui se voit de loin.

« Joseph d’Arimathie et Barabbas m’entraînent à l’écart de peur que j’étouffe dans la multitude. Joseph d’Arimathie dit : La parole de Jean le Baptiste s’en est allée. Cette multitude qui est là aujourd’hui est à nouveau aussi perdue que des enfants dans le noir. Ils croyaient avoir trouvé celui qui leur ouvrait le ciel. Ils ne savent pas encore qu’il est là-bas, à Capharnaüm, celui qu’ils doivent suivre maintenant. Ils l’ignorent et ils doutent à nouveau.

« Barabbas approuve : Antipas tue, il tranche la tête du Baptiste et la colère de Dieu ne se voit nulle part. Et pour moi, Barabbas ajoute : Joseph a raison. Comment croire que ton fils est celui qu’annonçait Jean s’il ne peut en faire le signe ? Ils n’avanceront pas derrière Yechoua seulement en l’écoutant.

« D’entendre ces paroles, la colère me vient. Je dis : Je suis comme eux. Voilà trente ans que mon fils est né et trente ans que j’attends. J’étais une fille en pleine jeunesse, je suis une femme qui regarde la nuit de son temps. La patience a une fin. Jean le Baptiste s’est moqué de Yechoua et de moi. Zacharias et Elichéba, avant leur mort, m’ont dit : Nous avons cru que ton fils était comme le nôtre, mais non. Je les écoute et je suis humiliée. Je suis dans la honte. Je dis : Que se passe-t-il ? Dieu veut-Il une chose et son contraire ? Dieu me fait-Il mère de Yechoua en vain ? Quand donc fait-Il, par la main de mon fils, le signe qui ouvre le ciel ? Quand donc fait-Il le signe qui abat Antipas et libère Israël ? N’est-ce pas pour cela que nous vivons ? Et n’avons-nous pas assez vécu dans la pureté pour le mériter ?

« A Joseph d’Arimathie et à Barabbas je ne cache rien : Aujourd’hui, je vous le dis, je n’ai plus de patience. Voir ces milliers sur la tombe de Jean le Baptiste ne me réconforte pas. Ce n’est pas une tombe que nous devons célébrer, c’est la lumière de la vie. Et Yechoua est né pour cela.

« Ma colère ne retombe pas avant mon retour à Magdala. Joseph d’Arimathie ne cherche pas à l’apaiser. Il est comme moi, et encore plus avant dans l’âge. Son temps est compté, sa patience plus usée que sa tunique.

« Se passent deux jours. Ma sœur de cœur Mariamne revient de Capharnaüm. Qu’elle s’en souvienne. Elle annonce avec une grande joie : Les nouvelles sont belles. Yechoua a prêché à Capharnaüm. Ceux qui l’écoutaient disaient : Voici Jean le Baptiste ressuscité. La rumeur de sa parole est venue aux oreilles d’un centurion romain. Il est venu l’écouter et on craignait sa présence. Mais Yechoua lui dit : Je sais que ta fille est entre la vie et la mort. Demain, elle sera debout. Le centurion court chez lui. Le lendemain, il revient et s’incline devant Yechoua : Mon nom est Longinius et je dois reconnaître devant tous que tu as dit la vérité. Ma fille est debout.

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