Indridason, Arnaldur - Hypothermie

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– C’est-à-dire que tout a commencé avec le livre de Proust ?

– À la recherche du temps perdu, répondit Baldvin. Le titre était des plus appropriés. C’était à croire qu’elles passaient tout leur temps à la recherche de ce temps révolu. Ça m’a toujours dépassé.

– Ensuite, qu’avez-vous fait ?

– Une nuit, l’été dernier, j’ai pris le premier volume sur l’étagère et je l’ai posé, grand ouvert sur le sol.

– C’est à ce moment-là que vous et Karolina avez commencé à poser vos filets ?

– Oui, répondit Baldvin à voix basse. C’est là que les choses ont débuté.

Il n’avait pas ouvert les rideaux du chalet où il faisait froid et sombre. Erlendur plongea son regard dans la pénombre de la salle à manger où s’était achevée la vie de Maria.

– C’est Karolina qui a eu l’idée ? demanda-t-il.

– Elle s’est mise à envisager ce genre de chose, à entrevoir cette possibilité. Elle était prête à aller beaucoup plus loin que moi. Je trouvais que… Enfin, j’étais prêt à aider Maria si elle voulait explorer ces territoires, cette vie après la mort, si elle voulait savoir ce qui nous attend dans l’au-delà. Elle en avait assez parlé, que ce soit avec moi ou avec Leonora. Cette idée de vie éternelle lui procurait un grand réconfort. C’était pour elle une consolation de se dire que cette vie terrestre n’était pas la fin de toute chose. Elle préférait s’imaginer que c’était le début d’une autre. Elle lisait des livres, passait des heures sur Internet. Elle s’était beaucoup documentée.

– Mais vous n’avez pas voulu aller jusqu’au bout ?

– Non, pas du tout. Et je ne l’ai pas fait.

– Mais vous avez exploité la faiblesse de Maria ?

– C’était un jeu cruel, j’en ai conscience, répondit Baldvin. Ça m’a toujours mis mal à l’aise.

– Mais pas assez pour vous arrêter ?

– Je ne sais pas ce que j’avais en tête. Karolina se montrait extrêmement pressante. Elle me menaçait de tous les maux. Finalement, j’ai accepté de tenter l’expérience. D’ailleurs, j’étais aussi curieux. Et si jamais Maria se réveillait la tête pleine d’images de l’au-delà ? Et si toutes ces histoires de vie éternelle étaient vraies ?

– Et si, par exemple, vous ne l’aviez pas ranimée ? coupa Erlendur. L’argent n’était-il pas le moteur de tout cela ?

– Oui, il y avait ça aussi, convint Baldvin. Mais avoir entre ses mains la vie d’une personne est une sensation troublante. Vous le sauriez si vous étiez médecin. Ça vous procure un immense sentiment de puissance.

Une nuit, il s’était faufilé au salon jusqu’à la bibliothèque d’où il avait sorti Du côté de chez Swann pour le poser doucement sur le sol. Maria dormait dans leur lit. Il lui avait administré une dose de somnifère un peu plus forte que d’habitude. Il lui avait également donné un autre médicament à son insu, un produit qui aiguisait les perceptions et pouvait les dérégler. Maria s’en remettait à lui pour ses traitements. C’était son mari, il était médecin.

Il s’était recouché à côté d’elle. Karolina lui avait proposé de jouer le rôle de la voyante dans leur complot. Baldvin devait encourager Maria à aller consulter un médium dont il était censé avoir entendu beaucoup de bien et qui portait le nom de Magdalena. Ils savaient que Maria n’irait jamais se renseigner. Elle ne pouvait se douter de quoi que ce soit. Elle avait une confiance aveugle en Baldvin.

Elle faisait presque une proie trop facile.

Il avait eu une insomnie cette nuit-là et s’était réveillé avant elle. Il avait quitté le lit où il la regarda dormir. Son sommeil n’avait pas été aussi paisible depuis des semaines. Il savait qu’elle allait avoir un choc lorsqu’elle s’éveillerait et qu’elle irait au salon. Elle avait depuis longtemps renoncé à rester assise à scruter la bibliothèque, mais il avait remarqué qu’elle continuait d’y jeter des coups d’œil réguliers. Elle attendait le signe de Leonora et elle allait le recevoir. Elle serait trop choquée pour soupçonner Baldvin. Il doutait qu’elle se rappelle lui avoir parlé du livre. Elle allait maintenant obtenir la confirmation qu’elle attendait.

Il l’avait réveillée avec tendresse, puis était allé dans la cuisine. Il l’entendit se lever. C’était un samedi. Maria n’avait pas tardé à le rejoindre.

– Viens ! Viens voir ce que j’ai trouvé ! s’était-elle exclamée.

– Quoi donc ? avait-il demandé.

– Elle l’a fait ! avait chuchoté Maria. Elle m’a envoyé le signe. Maman m’a dit qu’elle se servirait de ce livre. Il est posé par terre. Le livre est posé par terre. Elle… elle s’est manifestée.

– Maria…

– Non, réellement.

– Maria… Tu ne devrais pas…

– Quoi ?

– Tu as vraiment trouvé le livre par terre ?

– Oui.

– C’est vrai que c’est franchement…

– Regarde la page, avait-elle demandé.

Elle avait lu les mots à voix haute. Il savait parfaitement que l’endroit où l’ouvrage s’était ouvert relevait du plus pur des hasards.

Les bois sont déjà noirs, le ciel est encore bleu.

– Tu ne trouves pas que ça correspond ? avait demandé Maria. Les bois sont déjà noirs, le ciel est encore bleu. Voilà le message.

– Maria…

– Elle m’a envoyé un signe comme promis. Elle m’a transmis son message.

– C’est évidemment… C’est incroyable, vous aviez parlé de ça et voilà que…

– Exactement comme elle l’avait dit. C’est exactement ce qu’elle avait prévu.

Les yeux de Maria s’étaient remplis de larmes, Baldvin l’avait prise dans ses bras et assise dans un fauteuil. Elle était en proie à une forte émotion, qui oscillait entre la joie et la peine. Les jours suivants, elle avait ressenti un grand apaisement, ce qu’elle attendait depuis si longtemps était enfin arrivé.

Environ une semaine plus tard, Baldvin lui avait déclaré sans ambages :

– Tu ferais peut-être bien d’aller voir un médium.

Peu après, Karolina la recevait dans l’appartement de l’une de ses amies, en voyage aux îles Canaries. Maria ignorait que Baldvin et Karolina avaient étudié le théâtre ensemble et, à plus forte raison, qu’ils avaient eu une relation amoureuse. Elle n’avait jamais rencontré cette femme et connaissait très peu les amis que Baldvin avait conservés de cette époque.

Karolina avait allumé des bâtonnets d’encens et mis de la musique douce. Elle avait couvert ses épaules d’un vieux châle. Ce déguisement lui plaisait, elle s’était amusée à se maquiller avec de l’ombre à paupières, s’était dessiné de larges sourcils, avait souligné les traits de son visage, mis du rouge à lèvres carmin. Elle s’était entraînée avec Baldvin qui lui avait communiqué une foule de renseignements qui lui seraient utiles pour la séance. C’étaient divers détails de l’enfance de Maria, de leur vie commune ; il lui avait parlé du lien exceptionnel qui l’unissait à sa mère et de Marcel Proust.

– Je sens chez vous une grande douleur, lui avait dit Karolina, alors qu’elles s’étaient assises et que la séance allait commencer. Vous avez beaucoup souffert, beaucoup perdu.

– Ma mère est décédée il y a quelque temps, avait répondu Maria. On était très proches.

– Et elle vous manque.

– Énormément.

Karolina s’était préparée de façon professionnelle. À cette occasion, elle était allée consulter un médium pour la première fois. Elle n’avait pas spécialement écouté ce qu’il lui avait dit, mais s’était concentrée sur la manière dont il s’exprimait, les mouvements de ses mains, de sa tête, de ses yeux, et sur sa respiration. Elle s’était demandé si elle allait feindre de tomber en transe quand Maria viendrait la voir ou si elle allait se contenter, comme le médium qu’elle avait consulté, de rester assise, de poser des questions et de lui communiquer ce qu’elle percevait. Elle avait en tête une image précise de Leonora, bien que ne l’ayant jamais rencontrée. Baldvin lui avait prêté une photo qu’elle avait examinée avec soin.

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