XX - Etudes de moeurs [Document électronique]

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Ainsi, quand les Français fugitifs commencèrent à s’arrêter, ayant lassé leurs ennemis, quand ils eurent vu les Anversois retourner enfin vers leur ville suivis des soldats du prince d’Orange ; quand ceux qui avaient échappé sains et saufs du carnage de la nuit crurent enfin être sauvés, et respirèrent un instant, les uns avec une prière, les autres avec un blasphème, c’était à cette heure même qu’un nouvel ennemi, aveugle, impitoyable, se déchaînait sur eux avec la célérité du vent, avec l’impétuosité de la mer ; toutefois, malgré l’imminence du danger qui commençait à les envelopper, les fugitifs ne se doutaient de rien.

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Joyeuse avait commandé une halte à ses marins, réduits à huit cents, et les seuls qui eussent conservé une espèce d’ordre dans cette effroyable déroute.

Le comte de Saint-Aignan, haletant, sans voix, ne parlant plus que par la menace de ses gestes, le comte de Saint-Aignan essayait de rallier ses fantassins épars.

Le duc d’Anjou, à la tête des fuyards, monté sur un excellent cheval, et accompagné d’un domestique tenant un autre cheval en main, poussait en avant, sans paraître songer à rien.

– Le misérable n’a pas de cœur, disaient les uns.

– Le vaillant est magnifique de sang-froid, disaient les autres.

Quelques heures de repos, prises de deux heures à six heures du matin, rendirent aux fantassins la force de continuer la retraite.

Seulement, les vivres manquaient.

Quant aux chevaux, ils semblaient plus fatigués encore que les hommes, se traînant à peine, car ils n’avaient pas mangé depuis la veille.

Aussi marchaient-ils à la queue de l’armée.

On espérait gagner Bruxelles qui était au duc et dans laquelle on avait de nombreux partisans ; cependant on n’était pas sans inquiétude sur son bon vouloir ; un instant aussi l’on avait cru pouvoir compter sur Anvers comme on croyait pouvoir compter sur Bruxelles.

Là, à Bruxelles, c’est-à-dire à huit lieues à peine de l’endroit où l’on se trouvait, on ravitaillerait les troupes, et l’on prendrait

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un campement avantageux, pour recommencer la campagne interrompue au moment que l’on jugerait le plus convenable.

Les débris que l’on ramenait devaient servir de noyau à une armée nouvelle.

C’est qu’à cette heure encore nul ne prévoyait le moment épouvantable où le sol s’affaisserait sous les pieds des malheureux soldats, où des montagnes d’eau viendraient s’abattre et rouler sur leurs têtes, où les restes de tant de braves gens, emportés par les eaux bourbeuses, rouleraient jusqu’à la mer, ou s’arrêteraient en route pour engraisser les campagnes du Brabant.

M. le duc d’Anjou se fit servir à déjeuner dans la cabane d’un paysan, entre Héboken et Heckhout.

La cabane était vide, et, depuis la veille au soir, les habitants s’en étaient enfuis ; le feu allumé par eux la veille brûlait encore dans la cheminée.

Les soldats et les officiers voulurent imiter leur chef et s’éparpillèrent dans les deux bourgs que nous venons de nommer ; mais ils virent avec une surprise mêlée d’effroi que toutes les maisons étaient désertes, et que les habitants en avaient à peu près emporté toutes les provisions.

Le comte de Saint-Aignan cherchait fortune comme les autres ; cette insouciance du duc d’Anjou, à l’heure même où tant de braves gens mouraient pour lui, répugnait à son esprit, et il s’était éloigné du prince.

Il était de ceux qui disaient :

« Le misérable n’a pas de cœur ! »

Il visita, pour son compte, deux ou trois maisons qu’il trouva vides ; il frappait à la porte d’une quatrième, quand on

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vint lui dire qu’à deux lieues à la ronde, c’est-à-dire dans le cercle du pays que l’on occupait, toutes les maisons étaient ainsi.

À cette nouvelle, M. de Saint-Aignan fronça le sourcil et fit sa grimace ordinaire.

– En route, messieurs, en route ! dit-il aux officiers.

– Mais, répondirent ceux-ci, nous sommes harassés, mourant de faim, général.

– Oui ; mais vous êtes vivants, et si vous restez ici une heure de plus, vous êtes morts ; peut-être est-il déjà trop tard.

M. de Saint-Aignan ne pouvait rien désigner, mais il soupçonnait quelque grand danger caché dans cette solitude.

On décampa.

Le duc d’Anjou prit la tête, M. de Saint-Aignan garda le centre, et Joyeuse se chargea de l’arrière-garde.

Mais deux ou trois mille hommes encore se détachèrent des groupes, ou affaiblis par leurs blessures, ou harassés de fatigue, et se couchèrent dans les herbes, ou au pied des arbres, abandonnés, désolés, frappés d’un sinistre pressentiment.

Avec eux restèrent les cavaliers démontés, ceux dont les chevaux ne pouvaient plus se traîner, ou qui s’étaient blessés en marchant.

À peine, autour du duc d’Anjou, restait-il trois mille hommes valides et en état de combattre.

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LXVII

Les voyageurs

Tandis que ce désastre s’accomplissait, précurseur d’un désastre plus grand encore, deux voyageurs, montés sur d’excellents chevaux du Perche, sortaient de la porte de Bruxelles pendant une nuit fraîche, et poussaient en avant dans la direction de Malines.

Ils marchaient côte à côte, les manteaux en trousse, sans armes apparentes, à part toutefois un large couteau flamand, dont on voyait briller la poignée de cuivre à la ceinture de l’un d’eux.

Ces voyageurs cheminaient de front, chacun suivant sa pensée, peut-être la même, sans échanger une seule parole.

Ils avaient la tournure et le costume de ces forains picards qui faisaient alors un commerce assidu entre le royaume de France et les Flandres, sorte de commis-voyageurs, précurseurs et naïfs, qui, à cette époque, faisaient le travail de ceux d’aujourd’hui, sans se douter qu’ils touchassent à la spécialité de la grande propagande commerciale.

Quiconque les eût vus trotter si paisiblement sur la route, éclairée par la lune, les eût pris pour de bonnes gens, pressés de trouver un lit, après une journée convenablement faite.

Cependant il n’eût fallu qu’entendre quelques phrases, détachées de leur conversation par le vent, quand il y avait conversation, pour ne pas conserver d’eux cette opinion erronée que leur donnait la première apparence.

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Et d’abord, le plus étrange des mots échangés entre eux fut le premier mot qu’ils échangèrent, quand ils furent arrivés à une demi-lieue de Bruxelles à peu près.

– Madame, dit le plus gros au plus svelte des deux compagnons, vous avez en vérité eu raison de partir cette nuit ; nous gagnons sept lieues en faisant cette marche, et nous arrivons à Malines au moment où, selon toute probabilité, le résultat du coup de main sur Anvers sera connu. On sera là-bas dans toute l’ivresse du triomphe. En deux jours de très petites marches, et pour vous reposer vous avez besoin de courtes étapes, en deux jours de petites marches, nous gagnons Anvers, et cela justement à l’heure probable où le prince sera revenu de sa joie et daignera regarder à terre, après s’être élevé jusqu’au septième ciel.

Le compagnon qu’on appelait madame, et qui ne se révoltait aucunement de cette appellation, malgré ses habits d’homme, répondit d’une voix calme, grave et douce à la fois :

– Mon ami, croyez-moi. Dieu se lassera de protéger ce misérable prince, et il le frappera cruellement ; hâtons-nous donc de mettre à exécution nos projets, car je ne suis pas de ceux qui croient à la fatalité, moi, et je pense que les hommes ont le libre arbitre de leurs volontés et de leurs faits. Si nous n’agissons pas et que nous laissions agir Dieu, ce n’était pas la peine de vivre si douloureusement jusque aujourd’hui.

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