Bernard Pivot - Oui, mais quelle est la question ?

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Oui, mais quelle est la question ?: краткое содержание, описание и аннотация

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« Pour mon malheur, le questionnement grâce auquel je me suis fait un nom dans la presse écrite, à la radio et à la télévision, s'est étendu à ma vie privée. Je souffre d'une maladie chronique que j'appelle la "questionnite". Son symptôme est évident, identifié de tous mes proches : je n'arrête pas de leur poser des questions. Je ne peux pas m'en empêcher. C'est plus fort que moi. C'est une seconde nature. Je suis en état de perpétuelle curiosité. Et de manque si je n'arrive pas à la satisfaire. Je ne suis pas le type qui se contente d'un machinal "Comment vas-tu ?". Je veux savoir. Quoi ? Peu importe, je veux savoir. Toute personne détient de grands et de petits secrets qu'elle n'entend pas divulguer, mais que mes questions peuvent l'amener à avouer. Il n'y a pas d'homme ou de femme sans double fond. Sans mystères, sans cachotteries, sans arrière-pensées. Moi, j'en ai. Beaucoup. Heureusement, je ne suis jamais tombé sur un loustic comme moi qui vous bombarde de questions et qui, à la longue, devient insupportable. » Adam Hitch est un journaliste dont la vie sentimentale est ravagée par son addiction aux questions. En racontant son histoire, avec humour et élégance, Bernard Pivot a-t-il écrit un roman ou son autobiographie ?
« Apostrophes », « Bouillon de culture » « Double je »
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Un soir, un copain m’entraîna au Parc des Princes pour, le temps d’un grand match de football, me transformer en stadier. « C’est pas très bien payé, me dit-il, mais tu verras, c’est sympa, on prend l’air, il y a de l’ambiance, et ce n’est pas compliqué. » Nous étions une trentaine d’hommes qui revêtirent la veste jaune d’un survêtement et que l’on répartit devant les tribunes, les plus nombreux étant placés face aux supporteurs des deux équipes, surtout devant ceux réputés les plus excités. Debout, en ne lâchant jamais du regard les supporteurs assis à quelques mètres, il fallait surveiller leurs faits et gestes, en particulier le jet d’objets sur la pelouse. Essaieraient-ils d’envahir le terrain qu’ils en seraient empêchés par un grillage et une fosse et, s’il le fallait, par l’opposition des stadiers. Le risque était improbable.

Une longue clameur salua l’entrée des équipes, et c’est alors que mon supplice commença. Car il m’était interdit de me retourner, de regarder ce qui se passait derrière moi, d’assister à ce que quarante mille personnes suivaient des yeux pendant quatre-vingt-dix minutes et dont, moi, futur journaliste, déjà voyeur chevronné, j’étais privé du début à la fin. Insupportable ! Intolérable ! Chaque fois que retentissait une explosion de cris hostiles ou d’applaudissements — un but ? un beau geste technique ? une erreur d’arbitrage ? un vilain tacle ? — , je devais réprimer le geste instinctif de tourner la tête vers l’endroit du terrain où l’action avait eu lieu. C’était justement dans ces moments chauds, nous avait-on expliqué, qu’il fallait redoubler de vigilance, car les supporteurs les plus turbulents se déchaînent volontiers dans l’excitation de la joie ou de la déception.

Il y avait à côté de moi deux stadiers qui, ne s’intéressant pas au football, se fichant bien des deux équipes et de l’arbitre, n’étaient jamais tentés de zieuter derrière eux. Alors que moi, élevé dans le sport et le culte du ballon rond, je souffrais de devoir rester l’œil fixé sur des excités au lieu de suivre les arabesques et les rebondissements du jeu. Je suis sûr que, même si le football m’avait laissé indifférent, j’aurais très mal supporté cette situation ridicule où j’étais condamné à surveiller l’accessoire au lieu de regarder l’essentiel. En quittant le stade je ne pourrais répondre à aucune question sur le déroulement de la partie. Frustration maximum.

À la mi-temps, un coup d’œil au tableau d’affichage m’apprit que Paris et Marseille étaient à égalité, deux buts à deux. Quatre buts marqués. Quatre buts ratés ! J’en voulais à mon copain de m’avoir entraîné dans cette galère. Placé loin de moi, je ne pouvais lui en faire le reproche.

Quelques minutes après la mi-temps, je compris au tumulte que Paris bénéficiait d’un penalty. Tant pis, je me retournai pour regarder le tir. Le chef stadier, furibard, accourut et me donna l’ordre de reprendre la position pour laquelle je serais payé.

— Je me fous de votre argent, lui dis-je. Je préfère regarder le match plutôt que tous ces abrutis qui gueulent des insanités.

Les mains dans les poches de mon survêtement de stadier, tournant le dos aux spectateurs, je suivis ainsi la rencontre jusqu’à son terme.

J’ai raconté cet incident mineur parce que j’en ai tiré des leçons de vie auxquelles je me suis conformé. Par exemple, quand on a l’ambition de devenir journaliste, ne pas perdre son temps dans le secondaire, le superflu, la marge, sauf si, comme dans le drame du stade du Heysel, l’événement se déplace du terrain aux tribunes. C’est heureusement rare. Il faut toujours se situer là où l’on bénéficie du meilleur point de vue sur l’événement. Jouer des coudes pour ne rien louper. Se contenter de regarder ceux qui regardent, c’est négliger l’ours pour l’homme qui a vu l’homme qui a vu l’ours.

Se méfier de la rumeur. Qu’elle soit rampante et chuchotée, ou bruyante comme au Parc des Princes, ne pas la négliger, toujours être en mesure de la vérifier, d’en déceler l’origine et les causes, et de l’analyser. Écouter la sourde rumeur, la colporter sans se poser de questions n’est pas une bonne manière pour n’importe qui. Alors, pour un journaliste !

On est appelé dans l’existence à tourner mille choses : la tête, la page, le compliment, la clé, la main, la langue, l’obstacle, les yeux, les pouces. Le dos, faut pas ! Jamais. C’est démission et lâcheté. Ou facilité. Ou je-m’en-foutisme. Mais, surtout, c’est refuser la réalité, quelle qu’elle soit, attendue ou surprenante, plaisante ou fâcheuse. C’est renoncer à qui, où, quand, pourquoi, comment ? et aux réponses qui en découlent. C’est s’abstenir de vivre. Au Parc, stadier, tournant le dos au match, j’éprouvai pour la première et dernière fois la détestable sensation que j’étais en train de rater la vie.

La première fois

Je ne pense pas que beaucoup d’enfants osent demander à leurs parents où et quand ils ont fait l’amour la première fois. Trop intime, trop secret. Question presque incestueuse. Moi, j’ai osé, une dizaine de jours après le soir où, moi-même, pour la première fois… Pendant le dîner j’ai raconté. Où, quand et avec qui. Sans cependant entrer dans les détails. Mon frère et ma sœur d’abord gênés, puis amusés. Ma mère et mon père stupéfaits, puis épatés par ma sincérité.

C’est alors que j’ai demandé à mes parents s’ils se souvenaient — évidemment qu’ils s’en souvenaient, fourbe questionneur ! — de leur « première fois ». Il y a longtemps que je voulais savoir. Et j’ai pensé que le prix à payer pour obtenir cette confidence très privée était de narrer ma propre aventure, de banaliser le témoignage pour obtenir plus facilement le leur. Ça a marché. Devant ma mère qui s’est d’abord offusquée — « tu ne vas pas raconter ça ! » —, puis, rougissante, enfin souriante et émue, mon père a expliqué avec une simplicité où perçait une nostalgique fierté dans quelles circonstances somme toute banales il avait séduit notre mère. Un dîner, une promenade nocturne, puis un « dernier verre » dans son modeste deux-pièces de médecin débutant célibataire, rue de la Convention. S’ensuivit une nuit très voluptueuse.

— Mais ce n’était pas la première fois que tu recevais une femme dans ton appart ? demandai-je.

— Non, je le reconnais, mais votre mère est la seule qui y soit revenue.

— Tu étais un don juan d’une nuit ?

— J’avais peur de m’attacher. Et votre mère a réussi là où les autres avaient échoué.

— Bravo, maman ! s’exclamèrent ses trois enfants.

C’est alors que se produisit ce que j’eus souvent par la suite l’occasion de vérifier : quand un questionneur a eu l’aplomb d’aborder dans un groupe un sujet délicat, les autres personnes se sentent libérées de leur réserve naturelle et osent des interventions qui les surprendront elles-mêmes quand elles se les remémoreront. Ainsi, étonné, j’entendis Marie-Lou demander à sa mère :

— Et toi, maman, c’était la première fois que, comment dire ? la première fois que…, enfin tu vois bien ce que je veux dire ?

— Est-ce que c’était la première fois que je voyais le loup ? On disait comme ça, autrefois… J’avais déjà vu le loup !

— Tu l’as avoué à papa ?

— Avoué ? Pourquoi avoué ? Ce n’était pas une faute, tout juste une erreur.

— Elle n’avait pas besoin de me le dire, ajouta notre père. Je m’en suis rendu compte. C’est sûrement parce que nous avions l’un et l’autre une certaine expérience…

— Enfin, toi plus que moi…, dit maman.

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