Marc Levy - Le voleur d'ombres
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Entre Marquès et moi l’atmosphère était tout aussi glaciale.
Chaque fois qu’un professeur m’envoyait chercher des documents au secrétariat, puisque ce genre de missions revenait au délégué de classe, je sentais des flèches siffler dans mon dos. Depuis que j’avais visité sa maison dans mes rêves, je ne lui en voulais plus de rien et toutes ses brimades m’étaient bien égales. Maman m’avait annoncé que ce samedi matin papa viendrait me chercher et que nous passerions toute la journée ensemble et je ne pensais plus qu’à ça. Ça me rendait heureux, même si je m’inquiétais pour maman. Je n’arrêtais pas de me demander si elle n’allait pas s’ennuyer toute seule et je me sentais un peu coupable de l’abandonner.
Je crois que ma mère aussi doit lire dans les pensées qui rendent triste, en tout cas dans les miennes ; ce soir-là, elle est entrée dans ma chambre au moment où j’éteignais la lumière, elle s’est assise sur mon lit et elle m’a détaillé tout ce qu’elle ferait pendant que je passerais la journée avec mon père. Elle profiterait de mon absence pour aller chez le coiffeur. Elle avait l’air ravie en disant ça, ce que je trouvais curieux, parce que pour moi, aller chez le coiffeur, c’est plutôt une punition.
Maintenant que j’étais rassuré, plus les jours de la semaine avançaient, plus j’avais du mal à me concentrer sur mes devoirs. Je pensais sans cesse à ce que mon père et moi ferions quand nous nous serions retrouvés. Peut-être qu’il m’emmènerait manger une pizza comme il le faisait de temps en temps quand on habitait encore ensemble. Il fallait que je me ressaisisse, nous n’étions que jeudi, c’était vraiment pas le moment de se faire coller.
La journée du vendredi, les heures semblaient contenir plus de minutes que d’habitude. Comme lorsqu’on passe à l’heure d’hiver, et que la journée en gagne une de plus. Ce vendredi-là, on passait à l’heure d’hiver toutes les soixante minutes.
L’aiguille de la pendule au-dessus du tableau noir avançait très lentement, si lentement que j’étais sûr que Dieu nous avait arnaqués et que la récré du matin aurait dû être celle de l’après-midi. Aucun doute, on s’était fait avoir.
*
* *
J’avais fini mes devoirs, maman en était témoin, et je m’étais couché les dents brossées avec une heure d’avance sur l’horaire habituel. Je voulais être en forme le lendemain, je savais que j’aurais du mal à trouver le sommeil. Il est venu quand même mais je me suis réveillé plus tôt que d’habitude.
Je me suis levé sur la pointe des pieds, j’ai fait ma toilette et je suis descendu en catimini préparer un petit déjeuner à ma mère pour m’excuser de la laisser seule ce jour-là. Puis je suis remonté m’habiller. J’ai mis le pantalon de flanelle et la chemise blanche que je portais le jour où on avait emmené le grand-père de mon copain au cimetière, pour qu’il continue sa sieste tranquillement sans être dérangé. C’est très calme les cimetières.
J’avais pris quelques centimètres depuis l’année précédente, pas beaucoup mais le bas de mon pantalon arrivait en haut de mes chaussettes. J’ai essayé de mettre la cravate que papa m’avait achetée, ma première cravate, comme il avait dit le jour où il me l’avait offerte. Je n’ai pas su faire le noeud, alors je l’ai enroulée comme une écharpe. Après tout, c’est l’intention qui compte, et puis ça me donnait l’allure d’un poète. J’avais vu une photo de Baudelaire dans notre livre de français, lui non plus ne savait pas très bien nouer sa cravate et pourtant les filles ne juraient que par lui. J’étais un peu serré dans mon blazer, mais très élégant. J’aurais bien aimé me promener avec papa sur la place du marché. Avec un peu de chance on aurait pu croiser Élisabeth en train de faire des courses avec sa mère.
Je me suis regardé dans la glace de la salle de bains de mes parents et je suis descendu attendre au salon.
Nous ne sommes pas allés sur la place du marché, papa n’est pas venu. Il a appelé à midi, pour s’excuser. C’est à maman qu’il a présenté ses excuses, parce que moi, j’ai pas voulu lui parler.
Maman avait l’air encore plus triste que moi. Elle m’a proposé qu’on aille au restaurant, juste tous les deux, mais je n’avais plus faim. Je me suis changé et j’ai rangé la cravate dans l’armoire. J’espère ne pas trop grandir dans les mois à venir, comme ça, si papa vient me chercher, mes beaux habits devraient encore m’aller.
Il a plu tout le dimanche, on est restés avec maman à faire des jeux, mais j’avais pas le coeur à gagner, alors j’ai pas cessé de perdre.
*
* *
Le lundi j’ai séché la cantine, j’ai horreur du veau et des petits pois, et le lundi, c’est veau et petits pois. Je m’étais préparé un sandwich au Nutella en douce avant de partir de la maison et je suis allé le manger sous le marronnier. Yves était en train de charger dans une brouette les ruines de son ancienne remise. Il se rendait jusqu’aux grandes poubelles au fond de la cour où il entassait tout ce qui restait de ses souvenirs. Quand il m’a aperçu sur le banc, il est venu me saluer. J’avais rien contre, depuis deux jours je me sentais seul et sa compagnie ne pouvait pas me faire de mal. J’ai partagé mon sandwich en deux et je lui ai offert la petite moitié. J’étais sûr qu’il allait refuser mais il l’a mangée de bon appétit.
— Tu n’as pas l’air dans ton assiette, qu’est-ce qui t’arrive ?
— Moi aussi j’ai plein de photos dans le grenier de ma maison, si je vous les apportais vous pourriez m’aider à faire mon album de souvenirs ?
— Pourquoi tu ne le fais pas toi-même ?
— J’ai eu quatre sur vingt à mon herbier, je ne suis pas très doué en collages.
Yves a souri, il m’a dit que j’étais peut-être encore un peu jeune pour faire un album de souvenirs. Je lui ai répondu que c’était surtout des photos de mes parents, avant ma naissance.
Par définition, je ne pouvais me souvenir de rien. Voilà pourquoi je voulais coller ces photos dans un album, pour mieux connaître mes parents, surtout mon père. Yves m’a regardé en silence, comme quand maman essaie de savoir s’il y a quelque chose qui cloche. Et puis il a dit que mes plus beaux souvenirs étaient devant moi et que c’était une chance merveilleuse.
Les grandes personnes vous disent toujours que c’est merveilleux d’être un enfant, mais je vous jure qu’il y a des jours, comme samedi dernier par exemple, où l’enfance, ça pue vraiment.
2.
Les gens d’ici vous diront que nos hivers sont terribles, qu’ils ne sont que grisaille et froid, trois mois durant, sans un jour de répit. J’ai longtemps partagé leur point de vue, mais quand le premier rayon de soleil risque de vous mettre en péril, alors on adore ce pays où les hivers sont rigoureux. Le problème, c’est que le printemps finit toujours par revenir.
*
* *
Aux derniers jours de mars, le matin s’était levé sans un nuage dans le ciel. Je marchais sur le chemin de l’école et, à mon grand bonheur, l’ombre devant moi semblait bien me correspondre.
Je m’arrêtai devant la boulangerie où je retrouvais toujours Luc, sa maman m’adressa un bonjour derrière la vitrine. Je le lui rendis aussitôt et profitai que Luc ne soit pas encore descendu pour étudier de plus près ce qui se passait sur le trottoir. Aucun doute, j’avais retrouvé mon ombre. Je reconnaissais même les mèches que maman essayait systématiquement d’aplatir sur mon front avant mon départ à l’école, en me disant que j’avais des épis de blé qui poussaient au milieu du crâne, comme mon père. C’est peut-être à cause de ça qu’elle s’en prenait à eux tous les matins.
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