Antoine de Saint-Exupéry - CITADELLE

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Citadelle est un livre particulier dans le sens où il n'a jamais été achevé ni retouché (ou très peu) par Saint-Exupéry. L'œuvre est restée à l'état de brouillon dactylographié imparfait avant d'être mis en forme, tant bien que mal, par l'éditeur. Saint-Exupéry aborde ici tous ses thèmes récurrents déjà visités dans ses précédents écrits: l'Amour, l'Apprentissage, la Création, Dieu, les Hommes, les Voyages, etc.

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— Alors, lui criai-je, qui m'enseignera?»

Et mon père me répondit:

«L'essentiel de la caravane, tu le découvres quand elle se consume. Oublie le vain bruit des paroles et vois: si le précipice s'oppose à sa marche, elle contourne le précipice, si le roc se dresse, elle l'évite, si le sable est trop fin, elle cherche ailleurs un sable dur, mais toujours elle reprend la même direction. Si le sel d'une saline craque sous le poids de ses fardeaux, tu la vois qui s'agite, désembourbe ses bêtes, tâtonne pour trouver une assise solide, mais bientôt rentre en ordre, une fois de plus, dans sa direction primitive. Si une monture s'abat on fait halte, on ramasse les caisses brisées, on en charge une autre monture, on tire pour les amarrer bien sur le nœud de corde craquante, puis l'on reprend la même route. Parfois meurt celui-là qui servait de guide. On l'entoure. On l'enfouit dans le sable. On dispute. Puis on en pousse un autre au rang de conducteur et l'on met le cap une fois encore sur le même astre. La caravane se meut ainsi nécessairement dans une direction qui la domine, elle est pierre pesante sur une pente invisible.»

Les juges de la ville condamnèrent une fois une jeune femme, qui avait commis quelque crime, à se dévêtir au soleil de sa tendre écorce de chair, et la firent simplement lier à un pieu dans le désert.

«Je t'enseignerai, me dit mon père, vers quoi tendent les hommes.»

Et de nouveau il m'emporta.

Comme nous voyagions, le jour entier passa sur elle, et le soleil but son sang tiède, sa salive et la sueur de ses aisselles. But dans ses yeux l'eau de lumière. La nuit tombait et sa courte miséricorde quand nous parvînmes, mon père et moi, au seuil du plateau interdit où, émergeant blanche et nue de l'assise du roc, plus fragile qu'une tige nourrie d'humidité mais désormais tranchée d'avec les provisions d'eaux lourdes qui font dans la terre leur silence épais, tordant ses bras comme un sarment qui déjà craque dans l'incendie, elle criait vers la pitié de Dieu.

«Écoute-la, me dit mon père. Elle découvre l'essentiel…»

Mais j'étais enfant et pusillanime:

«Peut-être qu'elle souffre, lui répondis-je, et peut-être aussi qu'elle a peur…

— Elle a dépassé, me dit mon père, la souffrance et la peur qui sont maladies de l'étable, faites pour l'humble troupeau. Elle découvre la vérité.»

Et je l'entendis qui se plaignait. Prise dans cette nuit sans frontières, elle appelait à elle la lampe du soir dans la maison, et la chambre qui l'eût rassemblée, et la porte qui se fût bien fermée sur elle. Offerte à l'univers entier qui ne montrait point de visage, elle appelait l'enfant que l'on embrasse avant de s'endormir et qui résume le monde. Soumise, sur ce plateau désert, au passage de l'inconnu, elle chantait le pas de l'époux qui sonne le soir sur le seuil et que l'on reconnaît et qui rassure. Étalée dans l'immensité et n'ayant plus rien à saisir, elle suppliait qu'on lui rendît les digues qui seules permettent d'exister, ce paquet de laine à carder, cette écuelle à laver, celle-là seule, cet enfant à endormir et non un autre. Elle criait vers l'éternité de la maison, coiffée avec tout le village par la même prière du soir.

Mon père me reprit en croupe, quand la tête de la condamnée eut fléchi sur l'épaule. Et nous fûmes dans le vent.

«Tu entendras, me dit mon père, leur rumeur ce soir sous les tentes et leurs reproches de cruauté. Mais les tentatives de rébellion, je les leur rentrerai dans la gorge: je forge l'homme.» Je devinais pourtant la bonté de mon père: «Je veux qu'ils aiment, achevait-il, les eaux vives des fontaines. Et la surface unie de l'orge verte recousue sur les craquelures de l'été. Je veux qu'ils glorifient le retour des saisons. Je veux qu'ils se nourrissent, pareils à des fruits qui s'achèvent, de silence et de lenteur. Je veux qu'ils pleurent longtemps leurs deuils et qu'ils honorent longtemps les morts, car l'héritage passe lentement d'une génération à l'autre et je ne veux pas qu'ils perdent leur miel sur le chemin. Je veux qu'ils soient semblables à la branche de l'olivier. Celle qui attend. Alors commencera de se faire sentir en eux le grand balancement de Dieu qui vient comme un souffle essayer l'arbre. Il les conduit puis les ramène de l'aube à la nuit, de l'été à l'hiver, des moissons qui lèvent aux moissons engrangées, de la jeunesse à la vieillesse, puis de la vieillesse aux enfants nouveaux.

«Car ainsi que de l'arbre, tu ne sais rien de l'homme si tu l'étalés dans sa durée et le distribues dans ses différences. L'arbre n'est point semence, puis tige, puis tronc flexible, puis bois mort. Il ne faut point le diviser pour le connaître. L'arbre, c'est cette puissance qui lentement épouse le ciel. Ainsi de toi, mon petit d'homme. Dieu te fait naître, te fait grandir, te remplit successivement de désirs, de regrets, de joies et de souffrances, de colères et de pardons, puis Il te rentre en Lui. Cependant, tu n'es ni cet écolier, ni Cet époux, ni cet enfant, ni ce vieillard. Tu es celui qui s'accomplit. Et si tu sais te découvrir branche balancée, bien accrochée à l'olivier, tu goûteras dans tes mouvements l'éternité. Et tout autour de toi se fera éternel. Éternelle la fontaine qui chante et a su abreuver tes pères, éternelle la lumière des yeux quand te sourira la bien-aimée, éternelle la fraîcheur des nuits.

Le temps n'est plus un sablier qui use son sable, mais un moissonneur qui noue sa gerbe.»

II

Ainsi, du sommet de la tour la plus haute de la citadelle, j'ai découvert que ni la souffrance ni la mort dans le sein de Dieu, ni le deuil même n'étaient à plaindre. Car le disparu si l'on vénère sa mémoire est plus présent et plus puissant que le vivant. Et j'ai compris l'angoisse des hommes et j'ai plaint les hommes.

Et j'ai décidé de les guérir.

J'ai pitié de celui-là seul qui se réveille dans la grande nuit patriarcale, se croyant abrité sous les étoiles de Dieu, et qui sent tout à coup le voyage.

J'interdis que l'on interroge, sachant qu'il n'est jamais de réponse qui désaltère. Celui qui interroge, ce qu'il cherche d'abord c'est l'abîme.

Je condamne l'inquiétude qui pousse les voleurs au crime, ayant appris à lire en eux et sachant ne point les sauver si je les sauve de leur misère. Car s'ils croient convoiter l'or d'autrui ils se trompent. Mais l'or brille comme une étoile. Cet amour qui s'ignore soi-même ne s'adresse qu'à une lumière qu'ils ne captureront jamais. Ils vont de reflet en reflet, dérobant des biens inutiles, comme le fou qui pour se saisir de la lune qui s'y reflète puiserait l'eau noire des fontaines. Ils vont et jettent au feu court des orgies la cendre vaine qu'ils ont dérobée. Puis ils reprennent leurs stations nocturnes, pâles comme au seuil d'un rendez-vous, immobiles de peur d'effrayer, s'imaginant qu'ici réside ce qui peut-être un jour les comblera.

Celui-là, si je le libère, demeurera fidèle à son culte et mes hommes d'armes écrasant les branches le surprendront demain encore dans les jardins d'autrui, plein du battement de son cœur et croyant sentir vers lui, cette nuit-là, la fortune fléchir.

Et certes je les couvre d'abord de mon amour, leur connaissant plus de ferveur qu'aux vertueux dans leurs boutiques. Mais je suis bâtisseur de cités. J'ai décidé d'asseoir ici les assises de ma citadelle. J'ai contenu la caravane en marche. Elle n'était que graine dans le lit du vent. Le vent charrie comme un parfum la semence du cèdre. Moi je résiste au vent et j'enterre la semence, en vue d'épanouir les cèdres pour la gloire de Dieu.

Il faut que l'amour trouve son objet. Je sauve celui-là seul qui aime ce qui est et que l'on peut rassasier.

C'est pourquoi également j'enferme la femme dans le mariage et ordonne de lapider l'épouse adultère. Et certes je comprends sa soif et combien grande est la présence dont elle se réclame. Je sais la lire, qui s'accoude sur la terrasse, quand le soir permet les miracles, fermée de toutes parts par la haute mer de l'horizon, et livrée, comme à un bourreau solitaire, au supplice d'être tendre.

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