Eco - Le pendule de Foucault

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Il me dit un chiffre forfaitaire fondé sur les heures de travail présumées, qui, pour l'époque, me sembla raisonnable.

« Parfait, cher Casaubon. » Il avait éliminé le « monsieur », du moment que j'étais devenu un subordonné. « Cette histoire des métaux doit devenir splendide, je dirais plus, très belle. Populaire, accessible, mais scientifique. Elle doit frapper l'imagination du lecteur, mais scientifiquement. Je vous donne un exemple. Je lis dans les premières esquisses qu'il existait cette sphère, comment elle s'appelle, de Magdebourg, deux hémisphères rapprochés dans lesquels on a fait le vide pneumatique. On leur attache deux paires de chevaux normands, une d'un côté et une de l'autre, et tire d'un côté et tire de l'autre, les deux hémisphères ne se séparent pas. Bien, ça c'est une nouvelle scientifique. Mais vous, vous devez me la repérer, au milieu de toutes les autres moins pittoresques. Et, une fois repérée, vous devez me trouver l'image, la fresque, l'huile, quelle qu'elle soit. D'époque. Et puis nous la balançons en pleine page, en couleurs.

– Il existe une gravure, dis-je, je la connais.

– Vous voyez ? Bravo. En pleine page, en couleurs

– Si c'est une gravure, elle sera en noir et blanc, dis-le.

– Oui ? Très bien, alors en noir et blanc. L'exactitude est l'exactitude. Mais sur fond or, elle doit frapper le lecteur, elle doit le faire sentir présent, le jour où on a fait l'expérience. C'est clair? Scientificité, réalisme, passion. On peut se servir de la science et prendre le lecteur aux tripes. Y a-t-il quelque chose de plus théâtral, de plus dramatique, que madame Curie qui rentre chez elle le soir et dans l'obscurité voit une lumière phosphorescente, mon Dieu que sera-ce donc... C'est l'hydrocarbure, la golconde, le phlogistique ou comment diable il s'appelait et voilà, Marie Curie a inventé les rayons X. Dramatiser. Dans le respect de la vérité.

– Mais les rayons X font partie des métaux? demandai-je.

– Le radium n'est pas un métal ?

– Je crois que si.

– Et alors? Du point de vue des métaux, on peut focaliser l'univers entier du savoir. Comment avons-nous décidé d'intituler le livre, Belbo ?

– Nous pensions à une chose sérieuse, comme Les métaux et la culture matérielle.

– Et sérieuse elle doit l'être. Mais avec ce rappel en plus, ce petit rien qui dit tout, voyons... Voilà, Histoire universelle des métaux. Il y a aussi les Chinois ?

– Les Chinois aussi.

– Et alors universelle. Ce n'est pas un truc publicitaire, c'est la vérité. Mieux : La merveilleuse aventure des métaux. »

Ce fut à ce moment-là que madame Grazia annonça le commandeur De Gubernatis. Monsieur Garamond hésita un instant, me regarda, dubitatif, Belbo lui fit un signe, comme pour lui dire que désormais il pouvait avoir confiance. Garamond donna l'ordre qu'on fît entrer l'hôte et il alla à sa rencontre. De Gubernatis était en costume croisé, il avait une rosette à la boutonnière, un stylo plume à la pochette, un quotidien replié dans la poche de sa veste, une serviette sous le bras.

« Cher commandeur, prenez place, notre très cher ami De Ambrosiis m'a parlé de vous, une vie passée au service de l'État. Et une veine poétique secrète, n'est-ce pas ? Faites, faites voir ce trésor que vous tenez entre vos mains... Je vous présente deux de mes directeurs généraux. »

Il le fit asseoir devant le bureau encombré de manuscrits, et il caressa de ses mains vibrantes d'intérêt la couverture de l'ouvrage qu'on lui présentait : « Ne dites rien, je sais tout. Vous venez de Vipiteno, grande et noble cité. Une vie dédiée au service des Douanes. Et, dans le secret, jour après jour, nuit après nuit, ces pages agitées par le démon de la poésie. La poésie... Elle a brûlé la jeunesse de Sapho, et elle a nourri la canitie de Goethe... Pharmakon – disaient les Grecs – poison et médecine. Naturellement, nous devrons la lire, cette vôtre créature; au minimum j'exige trois rapports de lecture, un interne et deux des conseillers extérieurs (anonymes, je regrette, ce sont des personnes très exposées), les éditions Manuzio ne publient pas de livres qu'elles ne soient sûres de leur qualité, et la qualité, vous le savez mieux que moi, est une chose impalpable, il faut la découvrir avec un sixième sens, parfois un livre a des imperfections, des chevilles – même Svevo écrivait mal, je ne vous l'apprends pas – mais diantre, on sent une idée, un rythme, une force. Je le sais, ne me le dites pas, à peine ai-je jeté un coup d'oeil sur l'incipit de vos pages que j'ai senti quelque chose, pourtant je ne veux pas être le seul juge, quand bien même tant de fois – ô combien – les rapports de lecture étaient tièdes, mais moi je me suis obstiné car on ne peut condamner un auteur sans être entré, comment dire, en syntonie avec lui, voici, par exemple, j'ouvre au hasard ce texte de votre plume et mes yeux tombent sur un vers, " comme en automne, le talus amaigri " – bien, je ne sais comment est le reste, mais je sens un souffle, je cueille une image, parfois on part ainsi avec un texte, une extase, un ravissement... Cela dit, cher ami, ah diantre, si l'on pouvait faire ce qu'on veut! Seulement l'édition aussi est une industrie, la plus noble d'entre les industries, mais une industrie. Mais vous savez ce que coûte aujourd'hui la typographie, et le papier ? Regardez, regardez dans le journal de ce matin, à combien est montée la prime rate à Wall Street. Ça ne nous concerne pas, dites-vous ? Au contraire, ça nous concerne. Vous savez qu'on nous taxe même le stock ? Si je ne vends pas, ils me taxent les retours. Je paie même l'insuccès, le calvaire du génie que les Philistins ne reconnaissent pas. Ce papier vélin – permettez, il est très fin, et à ce que vous avez tapé le texte sur un papier aussi fin, on reconnaît le poète ; n'importe quel filou se serait servi d'un papier extra-strong, pour éblouir l'œil et confondre l'esprit, mais ça c'est de la poésie écrite avec le cœur, eh, les mots sont des pierres et ils bouleversent le monde – ce papier vélin me coûte à moi comme du papier-monnaie. »

Le téléphone sonna. Plus tard, j'apprendrais que Garamond avait appuyé sur un bouton placé sous son bureau, et que madame Grazia lui avait passé une communication bidon.

« Cher Maître ! Comment ? Merveilleux ! Grande nouvelle, fête carillonnée ! Un nouveau livre de vous est un événement. Comment donc, les éditions Manuzio sont fières, émues, je dirais plus, heureuses de vous compter au nombre de leurs auteurs. Vous avez vu ce qu'ont écrit les journaux sur votre dernier poème épique. De quoi avoir le Nobel. Hélas, vous êtes en avance sur l'époque. Nous avons peiné pour vendre trois mille exemplaires... »

Le commandeur De Gubernatis pâlissait : trois mille exemplaires étaient pour lui un résultat inespéré.

« Ils n'ont pas couvert les coûts de production. Allez voir derrière la porte vitrée combien j'ai de personnes dans la rédaction. Aujourd'hui, pour que j'amortisse le prix d'un livre, il faut que j'en distribue au moins dix mille exemplaires, et par chance pour beaucoup j'en vends même davantage, mais ce sont des écrivains, comment dire, avec une vocation différente, Balzac était grand et il vendait ses livres comme des petits pains, Proust était aussi grand et il a publié à ses frais. Vous, vous finirez dans les anthologies scolaires mais pas dans les kiosques des gares, c'est arrivé aussi à Joyce, qui a publié à compte d'auteur, comme Proust. Des livres comme les vôtres, je peux m'en permettre un tous les deux ou trois ans. Donnez-moi trois années de temps... » Suivit une longue pause. Sur le visage de Garamond se peignit un douloureux embarras.

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