Eco - Le pendule de Foucault

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Le pendule de Foucault: краткое содержание, описание и аннотация

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« Je vais à Paris, aux téléphones de la poste centrale, et recherche systématiquement dans les Bottin de la France entière une famille Ingolf. J'en trouve une seule, à Auxerre, et j'écris en me présentant comme un chercheur dans le domaine archéologique. Deux semaines plus tard, je reçois la réponse d'une vieille sage-femme : c'est la fille de cet Ingolf, et elle est curieuse de savoir pourquoi je m'intéresse à lui, et même elle me demande si, pour l'amour de Dieu, je sais quelque chose au sujet de son père... Je le disais bien que derrière tout ça il y avait un mystère. Je me précipite à Auxerre, la demoiselle Ingolf vit dans une maisonnette toute recouverte de lierre, avec un petit portail de bois fermé par une ficelle et un clou. Une vieille demoiselle bien proprette, gentille, peu cultivée. Elle me demande aussitôt ce que je sais sur son père et je lui dis que je sais seulement qu'un jour il est descendu dans un souterrain, à Provins, et que je suis en train d'écrire un essai historique sur cette région. Elle tombe des nues, elle n'a jamais su que son père était allé à Provins. Il avait été dans les dragons, certes, mais il avait quitté le service en 95, avant sa naissance à elle. Il avait acheté cette maisonnette à Auxerre, et, en 98, il avait épousé une fille du coin, qui avait un petit pécule. Elle avait cinq ans quand sa mère était morte, en 1915. Quant à son père, il avait disparu en 1935. Littéralement disparu. Il était parti pour Paris, comme il le faisait au moins deux fois par an, et il n'avait plus donné de nouvelles. La gendarmerie locale avait télégraphié à Paris : volatilisé. Déclaration de mort présumée. Et comme ça notre demoiselle était restée seule et elle s'était mise à travailler, car l'héritage paternel n'allait pas très loin. Évidemment elle n'avait pas trouvé de mari, et, d'après les soupirs qu'elle poussa, il devait y avoir eu une histoire, la seule de sa vie, qui s'était mal terminée. " Et toujours avec cette angoisse, avec ce remords continuel, monsieur Ardenti, de ne rien savoir de mon pauvre papa, pas même où est sa tombe, si toutefois elle existe quelque part. " Elle avait envie de parler de lui : si tendre, si tranquille, méthodique et si cultivé. Il passait ses journées dans son petit studio, là-haut dans la mansarde, à lire et à écrire. Pour le reste, un petit coup de pioche dans le jardin et il taillait une petite bavette avec le pharmacien – désormais mort lui aussi. De temps en temps, comme elle l'avait dit, un voyage à Paris, pour affaires, c'était son expression. Mais il revenait toujours avec un paquet de livres. Son studio en était encore plein, elle voulut me les faire voir. Nous sommes montés. Une chambrette ordonnée et propre, que la demoiselle Ingolf époussetait encore une fois par semaine : pour sa maman, elle pouvait apporter des fleurs au cimetière ; pour son pauvre papa, c'était la seule chose qu'elle pouvait faire. Tout comme il l'avait laissée, lui ; elle aurait aimé avoir poursuivi des études afin de pouvoir lire ces livres, mais c'étaient des choses en ancien français, en latin, en allemand, même en russe, parce que le papa était né et avait passé son enfance là-bas, il était le fils d'un fonctionnaire de l'ambassade de France. La bibliothèque contenait une centaine de volumes, la plupart (et j'exultai) sur le procès des Templiers, par exemple les Monumens historiques relatifs à la condamnation des chevaliers du Temple, de Raynouard, imprimé en 1813, une pièce d'antiquaire. Beaucoup de volumes sur des écritures secrètes, une véritable collection de cryptologue, quelques livres de paléographie et de diplomatique. Il y avait un registre avec de vieux comptes, et en le feuilletant j'ai trouvé une note qui m'a fait sursauter : elle concernait la vente d'un étui, sans autres précisions, et sans le nom de l'acquéreur. Point de chiffres mentionnés, mais la date était de l'année 1895, et, sitôt après, suivaient des comptes précis, le grand-livre d'un monsieur prudent qui administrait avec discernement son magot. Quelques notes sur l'acquisition de livres chez des antiquaires parisiens. La mécanique de l'histoire me devenait claire : Ingolf trouve dans la crypte un étui d'or incrusté de pierres précieuses, il n'hésite pas un instant, l'enfile dans son blouson, remonte et ne souffle mot à ses compagnons. Chez lui, il en extrait un parchemin, cela me paraît évident. Il va à Paris, contacte un antiquaire, un usurier, un collectionneur, et avec la vente de l'étui, même au rabais, il devient pour le moins aisé. Mais il fait davantage, il abandonne le service, se retire à la campagne et commence à acheter des livres et à étudier le parchemin. Sans doute y a-t-il déjà en lui le chercheur de trésors, autrement il ne serait pas descendu dans les souterrains à Provins, et il a probablement assez de culture pour décider qu'il peut déchiffrer tout seul ce qu'il a trouvé. Il travaille, tranquille, sans soucis, en bon monomane, durant plus de trente ans. Parle-t-il à quelqu'un de ses découvertes ? Qui sait. Le fait est qu'en 1935 il doit penser avoir bien avancé ou bien, au contraire, être arrivé à un point mort, parce qu'il décide de s'adresser à quelqu'un, soit pour lui dire ce qu'il sait soit pour se faire dire ce qu'il ne sait pas. Mais ce qu'il sait doit être si secret, et terrible, que le quelqu'un à qui il s'adresse le fait disparaître... Revenons à la mansarde. Pour l'instant, il fallait voir si Ingolf avait laissé quelque piste. J'ai dit à la bonne demoiselle que, peut-être, en examinant les livres de son père, je trouverais trace de sa découverte de Provins, et que dans mon essai je donnerais de lui un ample témoignage. Elle en fut enthousiaste, ah ! son pauvre papa, elle me dit que je pouvais rester tout l'après-midi et revenir le lendemain si c'était nécessaire, elle m'apporta un café, m'alluma les lampes et s'en retourna dans le jardin, me laissant maître de la place. La chambre avait des murs lisses et blancs, elle ne présentait pas de coffres, d'écrins, d'anfractuosités où je pusse fouiller, mais je n'ai rien négligé, j'ai regardé dessus, dessous et dedans les rares meubles, dans une armoire quasi vide avec quelques vêtements garnis seulement de naphtaline, j'ai retourné les trois ou quatre tableaux, des gravures de paysages. Je vous épargne les détails, je ne vous dis que ça : j'ai bien travaillé, le rembourrage des divans, on ne doit pas uniquement le tâter, il faut aussi y enfiler des aiguilles pour sentir si on ne rencontre pas de corps étrangers... »

Je compris que le colonel n'avait pas fréquenté que des champs de bataille.

« Il me restait les livres, dans tous les cas il était bon que je relève les titres, et vérifie s'il n'y avait pas d'annotations dans les marges, des mots soulignés, quelques indices... Enfin, voilà que je prends maladroitement un vieux volume à la lourde reliure, il tombe : un feuillet écrit à la main en sort. D'après le type de papier quadrillé et d'après l'encre, il ne paraissait pas très vieux, il pouvait avoir été écrit dans les dernières années de vie d'Ingolf. Je le parcourus à peine, assez pour y lire une annotation en marge : " Provins 1894 ". Vous imaginerez mon émotion, la vague de sentiments qui m'a assailli... Je compris qu'Ingolf était allé à Paris avec le parchemin original, mais ce feuillet en constituait la copie. Je n'ai pas hésité. La demoiselle Ingolf avait épousseté ces livres pendant des années, mais elle n'avait jamais repéré ce feuillet, sinon elle m'en aurait parlé. Bien, elle continuerait à l'ignorer. Le monde se divise entre vaincus et vainqueurs. J'avais eu pour ma part mon compte de défaites, je devais maintenant saisir la victoire par les cheveux. Je fis glisser le feuillet dans ma poche. Je pris congé de la demoiselle en lui disant que je n'avais rien trouvé d'intéressant mais que je citerais son père, si j'écrivais quelque chose, et elle me bénit. Messieurs, un homme d'action, et brûlé par une passion comme celle qui me brûlait, ne doit pas se faire trop de scrupules devant la grisaille d'un être que le destin a désormais condamné.

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