Eco - Le pendule de Foucault

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– Il a violé au moins huit préceptes d'un seul coup. »

Afin de mieux illustrer ma thèse, je conclus : « Vous les imaginez, des types comme ça, qui disent moi je m'en vais avec les Sarrasins, le jour où le bailli du roi les arrête et leur fait voir les fers chauffés au rouge ? Parle félon, dis que vous vous l'enfiliez dans le derrière ! Nous ? Mais moi, vos tenailles me font rire, vous ne savez pas de quoi est capable un Templier, moi je vous l'enfile dans votre derrière à vous, au pape, et, s'il me tombe sous la main, au roi Philippe soi-même !

– Il a avoué, il a avoué ! Ça s'est passé comme ça, dit Belbo. Et hop ! dans les cachots, chaque jour une couche d'huile, pour qu'il grille mieux, à la fin.

– Comme des enfants, conclut Diotallevi. »

Nous fûmes interrompus par une jeune fille, présentant une envie de fraise sur le nez et qui avait des feuillets à la main. Elle nous demanda si nous avions déjà signé pour les camarades argentins arrêtés. Belbo signa aussitôt, sans regarder la feuille. « Dans tous les cas, ils vivent plus mal que moi », dit-il à Diotallevi qui le regardait d'un air égaré. Puis il s'adressa à la fille : « Lui, il ne peut pas signer, il appartient à une minorité indienne qui interdit d'écrire son propre nom. Beaucoup d'entre eux sont en prison parce que le gouvernement les persécute. » La fille fixa Diotallevi avec compassion et me passa la feuille à moi. Diotallevi se détendit.

« Qui sont-ils ?

– Comment qui sont-ils ? Des camarades argentins.

– Oui, mais de quel groupe ?

– Tacuara, non ?

– Mais les Tacuara sont fascistes, hasardai-je, d'après ce que j'en savais.

– Fasciste », me siffla la fille pleine de ressentiment. Et elle s'en alla.

« Mais en somme, ces Templiers étaient des pauvres types alors ? demanda Diotallevi.

– Non, dis-je, c'est ma faute, je cherchais à donner plus de nerf à l'histoire. Ce que nous avons dit concerne la troupe, mais dès le début l'Ordre avait reçu d'immenses donations et peu à peu il avait construit des commanderies dans toute l'Europe. Pensez qu'Alphonse d'Aragon lui fait cadeau d'une région entière, mieux : il le couche sur son testament et lui laisse son royaume au cas où il devrait mourir sans héritiers. Les Templiers ne s'y fient pas et font une transaction, comme pour dire peu de ces maudits machins et aboulez tout de suite, mais ces peu de maudits machins sont une demi-douzaine de forteresses en Espagne. Le roi du Portugal lui donne une forêt, et vu qu'elle était encore occupée par les Sarrasins, les Templiers se jettent à l'assaut, chassent les Maures, puis, un exemple en passant, ils fondent Coïmbre. Et ce ne sont que des épisodes. En somme, une partie combat en Palestine, mais le gros de l'Ordre s'étend en métropole. Et qu'arrive-t-il ? Que si quelqu'un doit aller en Palestine et qu'il a besoin d'argent, et qu'il ne veut pas se risquer à voyager avec des bijoux et de l'or, il fait un versement aux Templiers en France, ou en Espagne, ou en Italie, il reçoit un bon, et il encaisse en Orient.

– C'est la lettre de crédit, dit Belbo.

– Bien sûr, ils ont inventé le chèque, et avant les banquiers florentins. Donc vous comprenez, entre donations, conquêtes à main armée et provisions sur les opérations financières, les Templiers deviennent une multinationale. Pour diriger une entreprise de ce genre, il fallait des gens avec la tête sur les épaules. Des gens qui réussissent à convaincre Innocent II de leur accorder des privilèges exceptionnels : l'Ordre peut garder pour lui tout le butin de guerre, et partout où il a des biens, il n'en répond ni au roi, ni aux évêques, ni au patriarche de Jérusalem, mais seulement au pape. Exemptés en tout lieu des dîmes, ils ont droit de les imposer eux-mêmes sur les terres qu'ils contrôlent... Bref, c'est une entreprise toujours en actif où personne ne peut fourrer le nez. On comprend pourquoi ils sont mal vus par évêques et souverains, sans toutefois qu'on puisse se passer d'eux Les croisés sont brouillons, des gens qui partent sans savoir où ils vont et ce qu'ils vont trouver ; les Templiers, par contre, sont chez eux dans ces contrées, ils savent comment traiter avec l'ennemi, ils connaissent le terrain et l'art militaire. L'Ordre des Templiers est une chose sérieuse, même s'il s'appuie sur les rodomontades de ses troupes de choc.

– Mais étaient-ce des rodomontades ? demanda Diotallevi.

– Souvent, oui ; encore une fois on est stupéfait du décalage entre leur savoir politique et administratif, et leur style béret rouge : ils ne manquent pas d'estomac, à défaut de cervelle. Prenons l'histoire d'Ascalon...

– Prenons-la », dit Belbo, qui s'était distrait pour saluer avec ostentatoire luxure une certaine Dolorès.

Laquelle s'assit à côté de nous en disant : « Je veux entendre l'histoire d'Ascalon, je veux l'entendre.

– Donc, un jour le roi de France, l'empereur allemand, Baudouin III de Jérusalem et les deux grands maîtres des Templiers et des Hospitaliers décident d'assiéger Ascalon. Ils partent tous pour l'assaut, le roi, la cour, le patriarche, les prêtres avec les croix et les étendards, les archevêques de Tyr, de Nazareth, de Césarée, bref, une grande fête, avec les tentes dressées devant la ville ennemie, et les oriflammes, les grands pavois, les tambours... Ascalon était défendue par cent cinquante tours et ses habitants s'étaient préparés depuis longtemps au siège, chaque maison était percée de meurtrières, comme autant de forteresses dans la forteresse. A mon avis, les Templiers, qui étaient si forts, ces choses-là ils auraient dû les savoir. Mais pas du tout, ils s'excitent tous, se bâtissent des tortues et des tours en bois, vous savez ces constructions à roues qu'on pousse sous les murailles ennemies, et lancent du feu, des pierres, des flèches, alors que de loin les catapultes bombardent avec des blocs de roc... Les Ascalonites cherchent à incendier les tours, le vent leur est défavorable, les flammes s'attaquent aux murailles, qui, au moins en un point, s'écroulent. La brèche ! Alors tous les assiégeants s'y jettent comme un seul homme, et il arrive une chose étrange. Le grand maître des Templiers fait faire barrage, de manière que dans la ville n'entrent que les siens. Les malveillants disent qu'il agit ainsi afin que la mise à sac enrichisse uniquement les Templiers, les bienveillants suggèrent que, craignant un guet-apens, il voulait envoyer ses braves en reconnaissance. Dans tous les cas, je ne lui confierais pas la direction d'une école de guerre : quarante Templiers parcourent toute la ville à cent quatre-vingts à l'heure, se lancent contre le mur d'enceinte du côté opposé, freinent dans un grand nuage de poussière, se regardent dans les yeux, se demandent ce qu'ils font ici, rebroussent chemin et défilent à tombeau ouvert au milieu des Maures qui, par les fenêtres, les criblent de pierres et de viretons, les massacrent tous y compris le grand maître, colmatent la brèche, pendent aux murailles les cadavres et de leurs poings font la figue au milieu d'immondes ricanements.

– Le Maure est cruel, dit Belbo.

– Comme des enfants, répéta Diotallevi.

– Mais ils étaient vachement katangais tes Templiers, dit Dolorès tout excitée.

– Moi, ça me fait penser à Tom and Jerry », dit Belbo.

J'eus des regrets. Au fond, je vivais depuis deux ans avec les Templiers, et je les aimais. Pris dans le chantage au snobisme de mes interlocuteurs, je les avais présentés comme des personnages de dessin animé. Peut-être était-ce la faute de Guillaume de Tyr, historiographe peu fiable. Ils n'étaient pas comme ça, les chevaliers du Temple, mais barbus et flamboyants, avec la belle croix rouge sur leur manteau blanc, caracolant à l'ombre de leur drapeau blanc et noir, le Beaucéant, absorbés – et merveilleusement – par leur fête de mort et de hardiesse, et la sueur dont parlait saint Bernard était sans doute un éclat de bronze qui conférait une noblesse sarcastique à leur effrayant sourire, tandis qu'ils veillaient à fêter si cruellement l'adieu à la vie... Lions en guerre, comme disait Jacques de Vitry, agneaux pleins de douceur en paix, rudes dans la bataille, pieux dans la prière, féroces avec leurs ennemis, bienveillants pour leurs frères, marqués par le blanc et par le noir de leur étendard parce que pleins de candeur pour les amis du Christ, sombres et terribles pour ses adversaires...

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