Eco - Le pendule de Foucault
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Je dois surmonter l'ancestrale méfiance du dernier, le Sage de Sion, qui prétend être Ahasvérus, le Juif Errant, comme moi immortel. Il n'a pas confiance, alors qu'il sourit, onctueux, la barbe encore souillée du sang des tendres créatures chrétiennes dont il est habitué à faire carnage dans le cimetière de Prague. Il sait que je suis Rackovskij, il faut que je le dépasse en astuce. Je lui laisse entendre que l'écrin ne contient pas seulement la carte, mais aussi des diamants bruts, encore à tailler. Je sais la fascination qu'exercent les diamants bruts sur cette engeance déicide. Il va vers son destin, entraîné par sa cupidité et c'est à son Dieu, cruel et vindicatif, qu'il lance des imprécations tout en mourant, transpercé comme Hiram, et lancer ses imprécations lui est même malaisé, parce que de son Dieu il ne parvient pas à prononcer le nom.
Naïf, moi qui croyais avoir mené le Grand Œuvre à son terme.
Comme heurtée par un tourbillon, une fois encore s'ouvre la porte du bouge et apparaît une silhouette au visage livide, les mains dévotement racornies sur la poitrine, le regard furtif, qui ne réussit pas à cacher sa nature parce qu'elle s'habille des noirs habits de sa noire Compagnie. Un fils de Loyola !
– Crétineau ! m'écrié-je, induit en erreur.
Il lève la main en un geste hypocrite de bénédiction.
– Je ne suis pas celui que je suis, me dit-il avec un sourire qui n'a plus rien d'humain.
C'est vrai, ce fut de tout temps leur technique : tantôt ils nient à eux-mêmes leur propre existence, tantôt ils proclament la puissance de leur ordre pour intimider le couard.
– Nous sommes toujours autre que ce que vous pensez, fils de Bélial (dit à présent ce séducteur de souverains). Mais toi, ô Saint-Germain...
– Comment sais-tu que je suis vraiment ? demandé-je troublé.
Il sourit, menaçant :
– Tu m'as connu en d'autres temps, quand tu as cherché à m'éloigner du chevet de Postel, quand, sous le nom d'Abbé d'Herblay, je t'ai amené à terminer une de tes incarnations au cœur de la Bastille (oh, comme je sens encore sur mon visage le masque de fer auquel la Compagnie, avec l'aide de Colbert, m'avait condamné !), tu m'as connu quand j'espionnais tes conciliabules avec d'Holbach et Condorcet...
– Rodin ! m'exclamé-je, comme frappé par la foudre.
– Oui, Rodin, le général secret des jésuites ! Rodin que tu ne tromperas pas en le faisant tomber dans la trappe, ainsi que tu l'as fait avec les autres naïfs. Sache, ô Saint-Germain, qu'il n'est crime, artifice néfaste, piège criminel, que nous n'ayons inventé avant vous, pour la plus grande gloire de notre Dieu qui justifie les moyens ! Que de têtes couronnées n'avons-nous pas fait tomber dans la nuit qui n'a pas de matin, dans des leurres bien plus raffinés, pour obtenir la domination du monde. Et maintenant tu veux empêcher que, à un pas du but, nous ne mettions nos mains rapaces sur le secret qui meut depuis cinq siècles l'histoire du monde ?
Rodin, en parlant de la sorte, devient épouvantable. Tous ces instincts d'ambition sanguinaire, sacrilège, exécrable qui s'étaient manifestés chez les papes de la Renaissance, transparaissent à présent sur le front de ce fils d'Ignace. Je vois juste : une soif de domination insatiable agite son sang impur, une sueur brûlante l'inonde, une espèce de vapeur nauséabonde se répand autour de lui.
Comment frapper ce dernier ennemi ? Je me rappelle l'intuition inattendue, qui seule sait nourrir celui pour qui l'esprit humain, depuis des siècles, n'a pas de replis inviolés.
– Regarde-moi, dis-je, moi aussi je suis un Tigre. D'un seul coup, je te pousse toi au milieu de la pièce, et je t'arrache ton T-shirt, je déchire la ceinture de la moulante cuirasse qui cache les grâces de ton ventre ambré. Maintenant toi, à la pâle lumière de la lune qui pénètre par la porte entrouverte, tu te dresses, plus belle que le serpent qui séduisit Adam, fière et lascive, vierge et prostituée, vêtue de ton seul pouvoir charnel, parce que la femme nue est la femme armée.
Le klaft égyptien descend sur tes cheveux touffus, bleus à force d'être noirs, ton sein palpitant sous la mousseline légère. Autour de ton petit front bombé et obstiné s'enroule l'uraeus d'or aux yeux d'émeraude, dardant sur ta tête sa triple langue de rubis. Ô ta tunique de voile noir aux reflets d'argent, serrée par une écharpe brodée d'iris funestes, en perles noires. Ton pubis replet tout rasé afin d'offrir, aux yeux de tes amants, la nudité d'une statue ! La pointe de tes mamelons déjà suavement effleurée par le pinceau de ton esclave du Malabar, trempé dans le même carmin qui t'ensanglante les lèvres, invitantes comme une blessure !
Rodin à présent respire péniblement. Les longues abstinences, la vie passée dans un rêve de puissance, n'ont rien fait d'autre que le préparer encore plus à son désir irrépressible. Face à cette reine belle et impudique, aux yeux noirs comme ceux du démon, aux épaules rondes, aux cheveux odorants, à la peau blanche et tendre, Rodin est pris par l'espérance de caresses ignorées, de voluptés ineffables, il frémit dans sa chair même tel frémit un dieu des forêts en observant une nymphe nue qui se mire dans l'eau où s'est déjà damné Narcisse. Je devine à contre-jour son rictus irrépressible; il est comme pétrifié par Méduse, sculpté dans le désir d'une virilité réfrénée et maintenant à son déclin, des flammes obsédantes de lascivité lui tordent les chairs ; il est comme un arc bandé vers le but, bandé jusqu'au point où il cède et se brise.
D'un coup, il est tombé sur le sol, rampant devant cette apparition, la main telle une serre tendue pour implorer une gorgée d'élixir.
– O, râle-t-il, ô comme tu es belle, ô ces petites dents de jeune louve qui brillent quand tu ouvres tes lèvres rouges et renflées... Ô tes grands yeux d'émeraude qui tantôt étincellent et tantôt languissent. Ô démon de la volupté.
Il y a de quoi, le misérable, tandis que tu remues à présent tes hanches moulées par la toile bleuâtre et que tu tends le pubis pour pousser le flipper à la dernière démence.
– Ô vision, dit Rodin, sois mienne, pour un seul instant, comble par un instant de plaisir une vie passée au service d'une divinité jalouse, console d'un éclair de luxure l'éternité de flamme à quoi ta vision maintenant me pousse et entraîne. Je t'en prie, effleure mon visage de tes lèvres, toi Antinea, toi Marie-Madeleine, toi que j'ai désirée dans la face des saintes troublées par l'extase, que j'ai convoitée au cours de mes hypocrites adorations de visages virginaux, ô ma Dame, tu es aussi belle que le soleil, blanche comme la lune, et voilà que je renie et Dieu et les Saints, et le Pontife de Rome soi-même, je dirai plus, je renie le Loyola, et le serment criminel qui me lie à ma Compagnie, j'implore un seul baiser, et puis que j'en meure.
Il a fait encore un pas, rampant sur ses genoux racornis, la soutane soulevée sur ses reins, la main encore plus tendue vers ce bonheur impossible à atteindre. Soudain il est retombé en arrière, les yeux paraissent lui sortir des orbites. D'atroces convulsions impriment à ses traits des secousses inhumaines, semblables à celles que la pile Volta produit sur le visage des cadavres. Une écume bleuâtre empourpre ses lèvres, d'où sort une voix sifflante et étranglée, comme celle d'un hydrophobe, car lorsqu'elle arrive à sa phase paroxystique, ainsi que le dit fort bien Charcot, cette épouvantable maladie qu'est le satyriasis, punition de la luxure, marque des mêmes stigmates que la folie canine.
C'est la fin. Rodin éclate en un rire insensé. Après quoi, il s'écroule sur le sol, inanimé, image vivante de la rigidité cadavérique.
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