Guy de Maupassant - Chroniques

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C'est le besoin d'argent qui, très tôt, pousse le jeune Maupassant, alors employé de ministère, à donner des articles de critique littéraire. Mais il rechigne un peu à se lier à un journal comme à se livrer à une écriture trop hâtive : « Jamais mon nom au bas d'une chronique écrite en moins de deux heures. » Et cependant, après la publication de « Boule de suif » au printemps de 1880 - il a trente ans tout juste -, sa réputation de conteur change la donne : c'est une rémunération d'écrivain reconnu qu'on lui offre et, l'année suivante, une soixantaine de chroniques paraissent dans Le Gaulois. D'autres journaux accueilleront aussi sa signature jusqu'à ce que, en 1887, il décide de pleinement se consacrer à ses derniers livres. Mais il aura écrit près de deux cent cinquante chroniques, dont le présent volume offre une anthologie ordonnée selon quatre grands thèmes : société et politique, mœurs du jour, flâneries et voyages, lettres et arts. Ainsi se dessine un témoignage capital sur son époque, mais ainsi se construit aussi une part de son œuvre qu'on ne saurait négliger : dans les journaux, les chroniques alternent avec les contes ou les nouvelles, et des parentés de structure ou de thèmes ne manquent pas d'apparaître au point que l'on hésite à faire de tel texte une nouvelle plutôt qu'une chronique. Assurément, l'unité est ici celle d'un monde et d'une époque : mais c'est aussi bien celle que leur imposent le regard et la plume d'un homme qui a pu se dire « acteur et spectateur de lui-même et des autres ».

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Pas de guerre, pas de guerre, à moins qu’on ne nous attaque. Alors, nous saurons nous défendre. Travaillons, pensons, cherchons. La gloire du travail seule existe. La guerre est le fait des barbares. Le général Farre a supprimé les tambours dans l’armée ; supprimons-les aussi dans nos cœurs. Le tambour est une plaie de la France. Nous en battons à tout propos.

Et des ministres viendront qui supprimeront les canons, plus tard, bien plus tard.

Quant à moi, la vue d’une simple tondeuse mécanique m’intéresse, m’empoigne et me séduit infiniment plus que celle d’un régiment qui passe, musique en tête et drapeau au vent.

Lettre d’Afrique

(Le Gaulois, 20 août 1881)

Djelfa, 10 août.

Mon cher directeur,

J’apprends que plusieurs journaux algériens ont répondu avec aigreur à mes chroniques sur l’Algérie. Comme je me suis trouvé presque toujours en route, aucun de ces articles ne m’est tombé sous les yeux. Je n’en ai entendu parler que par des étrangers, et il m’est fort difficile, par conséquent, de savoir au juste ce qu’ils contenaient.

Voici pourtant, à ce que je crois, les points sur lesquels on m’a le plus critiqué. J’ai écrit que le monde jetait en Algérie ses aventuriers. Là-dessus, un journal local m’a répondu : « Aventurier vous-même ! » L’argument m’a réjoui et m’a ouvert des horizons. Comme j’ai l’intention d’ajouter à mes critiques sur l’Algérie celle de la détestable cuisine qu’on mange en ce pays, je m’attends à lire dans quelques jours d’autres injures analogues à la première, et je frémirai certainement en apprenant que je suis moi-même un mauvais cuisinier ou un détestable coiffeur, si je proteste contre la façon dont on m’a coupé les cheveux. Quant au fond de la question, je mets en fait qu’il est impossible de passer une demi-journée avec un Algérien intelligent et aimant l’Algérie sans l’entendre s’élever avec violence, et peut-être avec raison, contre le flot d’aventuriers étrangers qui s’est jeté sur son pays.

Que ne dit-on pas contre les Espagnols qui peuplent toute la province d’Oran, contre certains Italiens dont l’argent coûte cher à ceux qui sont gênés, et contre les juifs cosmopolites dont l’extermination par les Arabes suivrait de près sans doute, celle des alfatiers espagnols si les Français cessaient soudain d’occuper le pays.

A propos des alfatiers espagnols massacrés, permettez-moi d’ouvrir une parenthèse. Je viens de parcourir tout le pays qu’ils occupaient, et j’ai beaucoup entendu parler d’eux par des gens assurément impartiaux et qui se désespéraient de la fuite des survivants. Or, voici ma conviction : si on les a tués, c’est leur faute bien plus encore que la nôtre.

L’histoire nous a appris comment l’Espagnol se comporte ordinairement en pays conquis : avec quelle violence il traite les vaincus.

Eh bien, il me paraît évident que les alfatiers ont suivi en Algérie leur coutume nationale ; et qu’il n’est point de durs traitements qu’ils n’aient infligé aux Arabes dont ils occupaient le territoire et qu’ils privaient de travail en accaparant la cueillette de l’alfa. Ce sont les tribus au milieu desquelles vivaient ces étrangers qui Les ont massacrés, et non les cavaliers de Bou-Amama. Or, aucun Français n’a été tué ; la ligne du chemin de fer qui traverse le pays n’a point été endommagée ; et les personnes forcées par leurs fonctions de parcourir cette contrée m’ont affirmé qu’elles se seraient estimées beaucoup plus en sûreté au milieu d’une tribu insurgée qu’au milieu d’un de ces groupes d’alfatiers qui vivaient isolés sur les hauts plateaux. Quoi d’étonnant à cela ? Ces émigrés étaient pour la plupart le rebut de leur nation. C’est la règle, d’ailleurs ; ce que rejette un pays ne constitue pas ordinairement ce qu’il possède de meilleur. Des Espagnols établis en Algérie, et fort bien vus sous tous les rapports, ne m’ont pas paru éloignés de penser ainsi.

D’où je conclus que les revendications de l’Espagne, très fondées en principe, le sont, en fait, beaucoup moins.

Or, s’il arrivait que des Français, tentés par l’argent qu’on peut gagner dans l’industrie de l’alfa (dans les ateliers d’Aïn-el-Hadjar, les femmes sont payées jusqu’à cinq francs par jour), s’il arrivait, dis-je, que des Français, tentés par ces bénéfices, émigrassent à leur tour et vinssent en foule ici, vous entendriez les Espagnols pousser bien d’autres cris, car ils attendent, ces fugitifs, que la question d’indemnité soit réglée entre les deux pays, et nous ne tarderons pas à les voir revenir en plus grand nombre encore qu’auparavant.

On m’a reproché, en outre, d’avoir affirmé que la France envoyait ici ses fonctionnaires avariés. Il n’en est plus ainsi, paraît-il. Tant mieux. Je voudrais bien seulement savoir s’il en a été ainsi et si on n’a pas, pendant longtemps, livré la colonie à bon nombre d’autorités d’un placement difficile dans la mère patrie.

Au fond on m’en a surtout voulu, je crois, de la sympathie que l’Arabe m’a inspirée à première vue, et de l’indignation qui m’a saisi en découvrant quels sont les procédés de civilisation qu’on emploie envers lui.

Nous n’avons, à Paris, aucun soupçon de ce qu’on pense ici.

Nous nous imaginons bonnement que l’application du régime civil est l’inauguration d’un régime de douceur. C’est, au contraire, dans l’espérance de la plupart des Algériens, le signal de l’extermination de l’Arabe. Les journaux les plus hostiles au système des bureaux arabes publient à tout instant des articles avec des titres comme celui-ci : « Plus d’arabophiles ! », ce qui équivaut à ce cri : « Vivent les arabophages ! » Le mot d’ordre est : « Extermination ! » la pensée : « Ote-toi de là que je m’y mette ! » Qui parle ainsi ? – Des Algériens d’Alger qui dirigent les affaires à la place du gouvernement. Ils n’ont point vu d’autres Arabes que ceux qui leur cirent les bottes : ils font de la colonisation en chambre et de la culture en gandoura.

Ont-ils parcouru leur pays ? – Jamais. Ont-ils passé huit jours dans un cercle militaire ; puis huit jours dans une commune, auprès d’un administrateur civil, pour se rendre compte de la façon dont les deux principes sont appliqués ? – Jamais. Ils crient : « L’Arabe est un peuple ingouvernable, il faut le rejeter dans le désert, le tuer ou le chasser ; pas de milieu. »

Alors on part pour l’intérieur du pays avec les idées que les journaux algériens vous ont inculquées. On gagne un cercle militaire et on se présente chez ces légendaires capitaines de bureaux arabes, ces ogres féroces, ces monstres, ces spoliateurs ! ! ! On trouve des hommes charmants, instruits, pleins de réflexion, de douceur et de pitié pour l’Arabe. Ils vous disent « C’est un peuple enfant qu’on gouverne avec une parole. On en fait ce qu’on veut, il suffit de savoir le prendre. » Et savez-vous ce qu’ils font, ces capitaines de bureaux indigènes ? – Ils défendent l’Arabe contre les vexations et les exactions du colon.

Alors vous dites : « Je comprends : c’est un rôle nouveau qu’ils jouent pour faire pièce à l’autorité civile. C’est de bonne guerre. Allons voir la boutique à côté. » Et on se rend dans un pays gouverné par un administrateur en redingote. A vos questions, il répond : « Oh ! Mes idées ont bien changé depuis que je suis ici. A Alger, je pensais tout autrement. Avec de la justice et de la fermeté, de la bienveillance sévère, on fait ce qu’on veut de l’Arabe. Il est docile et toujours prêt pour les corvées. Il tient de l’enfant et de la femme. Il suffit de savoir le prendre. »

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