Guy de Maupassant - Chroniques

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C'est le besoin d'argent qui, très tôt, pousse le jeune Maupassant, alors employé de ministère, à donner des articles de critique littéraire. Mais il rechigne un peu à se lier à un journal comme à se livrer à une écriture trop hâtive : « Jamais mon nom au bas d'une chronique écrite en moins de deux heures. » Et cependant, après la publication de « Boule de suif » au printemps de 1880 - il a trente ans tout juste -, sa réputation de conteur change la donne : c'est une rémunération d'écrivain reconnu qu'on lui offre et, l'année suivante, une soixantaine de chroniques paraissent dans Le Gaulois. D'autres journaux accueilleront aussi sa signature jusqu'à ce que, en 1887, il décide de pleinement se consacrer à ses derniers livres. Mais il aura écrit près de deux cent cinquante chroniques, dont le présent volume offre une anthologie ordonnée selon quatre grands thèmes : société et politique, mœurs du jour, flâneries et voyages, lettres et arts. Ainsi se dessine un témoignage capital sur son époque, mais ainsi se construit aussi une part de son œuvre qu'on ne saurait négliger : dans les journaux, les chroniques alternent avec les contes ou les nouvelles, et des parentés de structure ou de thèmes ne manquent pas d'apparaître au point que l'on hésite à faire de tel texte une nouvelle plutôt qu'une chronique. Assurément, l'unité est ici celle d'un monde et d'une époque : mais c'est aussi bien celle que leur imposent le regard et la plume d'un homme qui a pu se dire « acteur et spectateur de lui-même et des autres ».

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Mais ces vérités sont inutiles et puériles. Pourquoi cette indignation m’est-elle venue ? Pour une cause bien niaise et bien futile. C’est que, me promenant au milieu des ruines d’Hippone, au bord du rivage d’Afrique, je viens de lire, sur une colonne de la ville antique, ces mots tracés d’une main novice par un citoyen quelconque, radical ou réactionnaire : « Ohé ! Gambetta, va t’asseoir ! »

Et cela m’a paru déplacé dans ce lieu.

Autour d’un livre

(Le Gaulois, 4 octobre 1881)

J’ai reçu de Bruxelles, l’autre jour, par la poste, un livre dont je connaissais l’histoire et dont la lecture m’a vivement surpris en me faisant beaucoup réfléchir. Cette œuvre contient, du reste, des qualités de premier ordre. Elle a pour titre : Un Mâle, et pour auteur M. Camille Lemonnier. C’est l’histoire très simple d’un braconnier, une espèce de bête humaine, de plante vivante grandie dans les bois, pleine de la sève des arbres, brute magnifique qui devient amoureuse de la fille d’un fermier. La fille se laisse toucher par l’emportement passionné de ce mâle terrible ; elle cède. Puis la lassitude arrive ; elle cherche à rompre ; mais le braconnier veille sur son amour avec une fureur jalouse ; il assomme un des prétendants de sa maîtresse, et finit lui-même par mourir dans un fourré, comme un gibier blessé, abattu par la balle d’un gendarme. La donnée est donc fort simple. C’est l’éternelle histoire, l’éternel drame de l’amour.

La grande valeur de cette œuvre vient de l’atmosphère champêtre et sauvage dans laquelle l’auteur a eu le talent d’envelopper ses personnages et son action. On est grisé par l’odeur des bois, par les bouillonnements des sèves, par toutes les fermentations des campagnes.

Mais il y a une chose surprenante dans l’histoire de ce roman, c’est qu’il a excité de grosses colères lorsqu’il parut en feuilleton. On l’a traité d’œuvre naturaliste ou réaliste remuant les passions basses et sales. Or, s’il y a une critique à adresser à ce livre (critique que je suis tenté de faire), c’est qu’il est, au contraire, conçu et exécuté comme un poème : il est épique. Les paysans y apparaissent grandis à l’égal de héros ; les petits faits de l’existence campagnarde prennent des proportions d’épopée. Il est vu enfin à travers l’optique spéciale et grossissante des poètes, et non avec l’œil froid du romancier.

Alors comment s’est-il trouvé des gens pour qualifier de réaliste ce poème exalté des sèves frissonnantes ! Comment une aussi monstrueuse confusion a-t-elle pu se produire ?

Que s’est-il passé dans l’esprit du public ? Une chose bien simple. – Le public n’attache pas aux mots « idéalisme » et « réalisme » le même sens que les romanciers. Une confusion persistante a lieu qui empêche les uns et les autres de se comprendre.

Pour le public, il n’y a en cette affaire aucune question d’art ni de littérature. Pour les artistes, les idéalistes sont des rêveurs dont le métier consiste à présenter la vie déformée par une espèce de prisme grossissant qu’on nomme la Poésie.

Les réalistes, au contraire, sont des gens qui ont la prétention de rendre la vie telle qu’elle est, dans sa vérité brutale.

Les deux écoles sont logiques, bien qu’à mon sens le véritable romancier ne doive être ni idéaliste ni réaliste de propos délibéré. Ou plutôt il a le devoir d’être l’un et l’autre. Il me semble clair comme le soleil que son unique prétention doit être d’exprimer la vie telle qu’elle apparaît à ses yeux d’artiste, sans parti pris d’école ni pactisations d’aucune sorte. Il sent avec le tempérament spécial que la nature lui a donné ! Qu’il exprime donc avec toute l’habileté, tout l’art, toute la conscience dont il est capable ; qu’il fasse de son mieux, enfin. Que peut-on exiger de plus ?

Avons-nous d’autres modèles que la vie ? Non. Possédons-nous les moyens de connaître autre chose que ce qui est ? Non. Alors quoi ? Aurions-nous donc la prétention de représenter ce qui existe, mieux que la nature ne l’a fait ? De corriger la création ? Cet orgueil serait gigantesque ! Et voilà pourtant ce que le public ose demander ! Art, lettre, style, conscience d’écrivain, il s’en moque : par littérature idéaliste, il entend uniquement de la littérature invraisemblable, sympathique et consolante.

Toute cette grosse question littéraire se borne là, à mon avis. Rien de plus. Donc que l’auteur, l’action, le personnage soient sympathiques au lecteur ; qu’on sente même que l’auteur, lui aussi, a de la sympathie pour ses bonshommes. Enfin de la sympathie dans le titre, de la sympathie entre les lignes, de la sympathie partout. Tarte à la crème ! Vous serez, grâce à cette simple recette, un idéaliste.

Le lecteur veut être attendri ; il consent à être remué doucement ; il ne se refuse pas au larmoiement, à la petite émotion bourgeoise. Tout cela ne sort point du sympathique.

Mais, si un écrivain de grande race, âpre, sincère et désabusé, planant au-dessus de toutes les rengaines sentimentales, de toutes les fausses poésies, de toutes les illusions intéressées où se berce la pauvre humanité, saisit le lecteur tranquille et le traîne, éperdu, à travers la vie telle qu’elle est, empoignante, sinistre, empestée d’infamies, tramée d’égoïsme, semée de malheurs, sans joies durables, et aboutissant fatalement à la mort toujours menaçante, à cette condamnation de tous nos espoirs que nous nous efforçons, par lâcheté, de ne pas croire sans appel ; s’il montre à chacun son image sans la farder, sans l’embellir ; chacun alors se fâche à la façon des enfants pris en flagrant délit, et crie : « Ce n’est pas moi, ce n’est pas moi ! Ce n’est pas vrai, ce n’est pas vrai ! »

Les uns ajoutent : « Eh bien ! Si la vie est triste, je veux être consolé, et non pas désespéré ; je veux qu’on voile mes misères, qu’on me donne des illusions, qu’on me trompe enfin. »

Cela veut dire : « Je sais bien que je ne suis guère bon, guère honnête, guère vertueux ; que les autres ne le sont pas davantage ; mais faites-moi croire que je suis parfait au milieu de voisins irréprochables ! – Quand je reviens de mon cabinet d’affaires, où j’ai le plus possible filouté mes clients ; quand je reviens de la Bourse où j’ai tâché de ruiner mes confrères pour m’enrichir à leurs dépens, où j’ai joué à la hausse, à la baisse afin de tromper le public, de faire vendre ou acheter les naïfs ; quand je reviens de mon magasin où j’ai tenté de réaliser beaucoup de gains, même exagérés et illicites ; quand je reviens de chez ma maîtresse pour laquelle je ruine ma femme légitime, je veux être consolé de mon improbité, de mes subterfuges inavouables, du sentimentalisme de mes pactisations avec ma conscience, de mon infidélité, de mes faiblesses, etc., par la lecture saine d’un livre honnête où tous les commerçants seront irréprochables, les financiers probes, les maris fidèles, etc. Je veux enfin sentir mon âme purifiée par le spectacle d’un monde idéal, par le reflet trompeur d’une existence de convention. »

Alors qu’arrive-t-il ? Des écrivains de talent, des romanciers fort respectables répondent à ce goût du lecteur pour la littérature sympathique et consolante ; et ils créent une humanité d’étagère, en sucre colorié, qui fait pâmer les femmes du monde dans leurs boudoirs.

C’est toujours la jeune fille pauvre qu’épouse un jeune ingénieur riche et plein d’avenir ; des cousins qui s’aiment et se marient, ou bien un jeune homme ruiné que choisit une riche héritière, et cela se passe avec des surprises, des héritages inattendus pour équilibrer les situations, et des aventures dramatiquement attendrissantes dans le parc d’un vieux château breton. Il y a la scène de la tour, la scène de la chasse, la scène du duel et la scène de l’aïeule invariablement. Mais où triomphe le romancier mondain, c’est quand il touche au vice. Oh ! Le vice, aimable, ganté, parfumé comme il faut ! Comme les femmes l’aiment, ce grand seigneur criminel, blasé, sceptique et charmant ! Et comme le milieu où se déroule l’action est choisi avec goût ! Quel monde d’élite, dont toutes les pensées semblent des poésies et toutes les attitudes des poses de gravures de mode ! Tarte à la crème !

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