Guy de Maupassant - Chroniques

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C'est le besoin d'argent qui, très tôt, pousse le jeune Maupassant, alors employé de ministère, à donner des articles de critique littéraire. Mais il rechigne un peu à se lier à un journal comme à se livrer à une écriture trop hâtive : « Jamais mon nom au bas d'une chronique écrite en moins de deux heures. » Et cependant, après la publication de « Boule de suif » au printemps de 1880 - il a trente ans tout juste -, sa réputation de conteur change la donne : c'est une rémunération d'écrivain reconnu qu'on lui offre et, l'année suivante, une soixantaine de chroniques paraissent dans Le Gaulois. D'autres journaux accueilleront aussi sa signature jusqu'à ce que, en 1887, il décide de pleinement se consacrer à ses derniers livres. Mais il aura écrit près de deux cent cinquante chroniques, dont le présent volume offre une anthologie ordonnée selon quatre grands thèmes : société et politique, mœurs du jour, flâneries et voyages, lettres et arts. Ainsi se dessine un témoignage capital sur son époque, mais ainsi se construit aussi une part de son œuvre qu'on ne saurait négliger : dans les journaux, les chroniques alternent avec les contes ou les nouvelles, et des parentés de structure ou de thèmes ne manquent pas d'apparaître au point que l'on hésite à faire de tel texte une nouvelle plutôt qu'une chronique. Assurément, l'unité est ici celle d'un monde et d'une époque : mais c'est aussi bien celle que leur imposent le regard et la plume d'un homme qui a pu se dire « acteur et spectateur de lui-même et des autres ».

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La stupéfaction vous saisit. Et on s’écrie : « Alors nous sommes terriblement coupables. Comment ! Ce peuple qu’il suffit de surveiller avec soin, les citadins ne parlent de rien moins que de l’exterminer et le chasser au désert, sans s’occuper de la façon dont on le remplacera. »

Il se révolte, dites-vous ; mais est-il vrai qu’on l’exproprie et qu’on lui paie ses terres un centième de ce qu’elles valent ? Il se révolte. – Est-il vrai que, sans raison, même sans prétexte, on lui prenne des propriétés qui valent environ soixante mille francs et qu’on lui donne comme compensation une rente de trois cents francs par an ?

On lui a reconnu le droit de parcours dans SES FORÊTS, seul moyen qui lui reste de faire paître ses troupeaux quand toutes les plaines sont séchées par le soleil et quand on lui a fermé l’entrée du Tell ; mais est-il vrai que l’administration forestière, la plus tracassière et la plus injuste des administrations algériennes, ait mis alors la presque totalité de ces forêts en défense et fasse procès sur procès aux pauvres diables dont les chèvres passent les limites, limites que peut seul apprécier l’œil exercé des forestiers ?

Alors qu’arrive-t-il ? Les forêts brûlent.

Elles brûlent en ce moment partout : des milliers d’hectares sont dévorés, des parties du pays sont ruinées par le feu. On a vu, de loin, les incendiaires. Et on crie : « Extermination ! » Mais, c’est justement quand on l’extermine qu’il se révolte, ce peuple.

Ce que je dis là, du reste, il n’est peut-être pas un officier du bureau arabe qui ne le pense et ne le dise à l’occasion.

Mais à Alger, les gens sédentaires et compétents ne voient que les torts et les vices de l’Arabe. Ils répètent sans fin que c’est un peuple féroce, voleur, menteur, sournois et sauvage. Tout cela est vrai. Mais, à côté des défauts, il faut voir les qualités.

J’aurais peut-être cédé moi-même et accepté enfin la manière de voir des fougueux Algériens, si je n’avais appris tout à coup, par l’article virulent d’un petit journal local, qu’il se fonde en ce moment, à Paris, une société protectrice des indigènes algériens.

A la tête de cette société, on voit les noms de MM. de Lesseps, Schœlcher, Elisée Reclus, etc., etc.

Or, si les indigènes ont tant besoin d’être protégés, c’est donc qu’on les opprime. Qui les opprime ? Ce n’est pas moi assurément. Alors c’est l’Algérien. Vraiment si des hommes comme MM. de Lesseps et Elisée Reclus reconnaissent qu’il faut secourir ce peuple, à la façon des animaux que protège la loi Grammont, c’est qu’il est bien nécessaire de venir à son secours.

Ici, dans l’intérieur, tout à fait au sud de la province où je me trouve en ce moment, les Algériens sortis d’Alger admettent parfaitement l’utilité de cette société.

J’ai dit également qu’on perdait en ce pays la notion du droit. C’est tellement vrai que je n’ai pu m’empêcher de rire à mon tour en voyant un conducteur de voiture payer à coups de matraque deux perdrix achetées à un Arabe. Ici, on s’accoutume à l’injustice, tant on vit dans l’injustice ; mais je défie un Français quelconque de ne pas s’indigner véhémentement s’il passe, comme je viens de le faire, vingt jours sous la tente, au milieu des Arabes, allant de tribu en tribu.

Et cependant, les bureaux arabes sont animés d’un esprit de justice qui m’a fortement surpris ; les administrateurs civils sont, pour la plupart, dans les mêmes idées. Mais, que voulez-vous ? L’habitude est prise, et Alger pousse à la roue.

Pardon pour cette longue lettre. Je pars pour l’oasis de Laghouat, et je suivrai ensuite le sud de la province d’Alger et de Constantine par Aïn-Rich et Bou-Saada. On dit que les tribus de ce côté sont travaillées et qu’un mouvement aura lieu dès la fin du Ramadan. Je vous parlerai incessamment de ce pays, dont il n’existe même aucune carte et que bien peu de voyageurs ont visité. Les officiers des bureaux sont presque seuls à le connaître. C’est avec deux officiers que je pars.

Va t’asseoir !

(Le Gaulois, 8 septembre 1881)

Quel triste métier, vraiment, que celui d’homme politique ! Je ne veux point parler, bien entendu, des saltimbanques de la chose, de ceux qui font uniquement du trapèze avec les élections. Ceux-là ne sont jamais à plaindre, quoi qu’il arrive, et ils forment assurément la grosse majorité des Parlements. Petits journalistes sans talent, petits avocats sans murs et sans veuves, petits médecins sans moribonds, ils demandent à un métier facile d’escamoteur le pain que ne donnent point aux avortés les professions naturelles. Le procédé est commode. Dès qu’ils se sentent impuissants dans les fonctions normales que remplissent les simples bourgeois, ils se mettent à crier, d’une voix claire et retentissante : « Vive le peuple ! »

Rien que ça. On leur demande leurs idées, leur programme, leurs croyances. « Vive le peuple ! » Au Parlement, ils servent, dans chaque discussion, un gros « Vive le peuple ! » avec quelques légumes autour. S’ils sont menacés, ils descendent dans la rue en hurlant : « Vive le peuple ! » Et lui, le peuple malin, se dit : « Pourvu qu’ils crient toujours comme ça, ça me suffit, à moi. »

Mais ils vieillissent. Leur voix s’éraille, grouille dans leur gorge ; et ils s’époumonent encore à grogner, sur le ton enroué des ivrognes à perpétuité : « Vive eul’ peupe ! »

Et le peuple rit. Il les reconnaît à l’intonation et murmure : « Ça, c’est un solide ; votons pour lui. » Et il vote.

Ainsi l’on voit, du berceau à la tombe, siéger les mêmes ganaches ânonnantes et sans cesse furibardes, qui perdent un à un tous leurs cheveux sur le dossier du même fauteuil, au Parlement. Elles deviennent alors les vieilles barbes, les vieilles barbes, immortelles tout comme les principes de 89. La pépinière est fournie, ne nous occupons point de ceux-là. Parmi les jeunes siégeant aujourd’hui, il y en a qui siégeront encore dans quarante ans.

Parlons des autres, des convaincus, des naïfs, des honnêtes, de ceux qui croient à la politique, au peuple, aux principes, au progrès, à la sagesse, à la puissance de la raison, à toutes les blagues sonores et vénérables, qui forment le fond de la malle politique d’un républicain sincère.

Oh ! Les pauvres diables, quelle tête piteuse ils doivent faire le jour où le peuple souverain leur dit plaisamment, dans un moment de caprice et de gaieté : « Va t’asseoir ! »

Ils ont travaillé avec conscience, étudié, pioché : ils sentent vraiment battre leur cœur en prononçant ce mot « la République » ; car ils ont collaboré à sa naissance et à son élevage ; et voilà que ce grand Manitou de suffrage universel leur crie au nez : « Va t’asseoir. »

Et ils vont s’asseoir au milieu de leurs familles abasourdies. Ils rentrent dans leurs foyers à la façon des troupiers réformés pour infirmité quelconque.

Oh ! Le misérable député que les électeurs viennent d’envoyer s’asseoir ! Il a l’aspect aplati et navrant d’un ballon crevé, tombé du ciel.

Il lui reste, pour toute consolation, la faculté de faire imprimer sur ses cartes de visite : « M. X..., ex-représentant du peuple. » – Mais il est devenu celui dont on dit avec un sourire : « Vous savez bien, c’est ce pauvre X..., l’ancien député. – Ah oui ! Va t’asseoir. »

Et il me semble les voir, en ce moment, assis par tous les départements de France, ces lamentables Refusés, qui regardent d’un air piteux partir pour Paris leurs rivaux, avec un chapeau neuf et des papiers sous le bras.

Voici un exemple remarquable : M. Gambetta. On peut l’aimer ou ne point l’aimer, mais il me semble impossible de contester qu’il possède plus que tout autre, aujourd’hui, la science et l’instinct politiques. Je ne nie pas qu’il puisse être une graine de despote, et qu’il ait montré en bien des occasions des tendances fort autoritaires. Je ne nie pas qu’il semble, à un moment donné, avoir rêvé le rôle dangereux de sauveur, et projeté, au milieu d’une sorte d’enivrement de puissance, d’acquérir aussi la gloire militaire en nous restituant les provinces perdues.

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