Romain Rolland - Jean-Christophe Tome V

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Vaste roman cyclique, ce roman fleuve est un signe d'amour et d'espoir adressé à la génération suivante. Le héros, un musicien de génie, doit lutter contre la médiocrité du monde. Mêlant réalisme et lyrisme, cette fresque est le tableau du monde de la fin du XIXème siècle au début du vingtième.

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Vous n’entendez point le latin?

– Non.

– (Avec enthousiasme) Cabricias, arci thuram, catalamus, singulariter… bonus, bona, bonum

Se trouvant en présence d’un homme qui «entendait le latin», il se replia prudemment dans le maquis de l’esthétique. De ce refuge inexpugnable, il se mit à fusiller Beethoven, Wagner, et l’art classique, qui n’étaient pas en cause: (mais, en France, on ne peut louer un artiste, sans lui offrir en holocauste tous ceux qui ne sont pas comme lui). Il proclamait l’avènement d’un art nouveau, foulant aux pieds les conventions du passé. Il parlait d’une langue musicale, qui venait d’être découverte par le Christophe Colomb de la musique parisienne, et qui supprimait totalement la langue des classiques, en faisant une langue morte.

Christophe, tout en réservant son opinion sur le génie novateur, dont il attendait d’avoir vu les œuvres, se sentait en défiance contre ce Baal musical, à qui l’on sacrifiait la musique tout entière. Il était scandalisé d’entendre parler ainsi des maîtres; et il ne se rappelait pas que naguère, en Allemagne, il en avait dit bien d’autres. Lui qui se croyait là-bas un révolutionnaire en art, lui qui scandalisait par sa hardiesse de jugement et sa verte franchise, – dès les premiers mots en France, il se sentait devenu conservateur. Il voulut discuter, et il eut le mauvais goût de le faire, non pas en homme bien élevé, qui avance des arguments et ne les démontre pas, mais en homme du métier, qui va chercher des faits précis, et qui vous en assomme. Il ne craignit pas d’entrer dans des explications techniques; et sa voix, en discutant, montait à des intonations, bien faites pour blesser les oreilles d’une société d’élite, où ses arguments et la chaleur qu’il mettait à les soutenir paraissaient également ridicules. Le critique se hâta de mettre fin par un mot dit d’esprit à une discussion fastidieuse, où Christophe venait de s’apercevoir avec stupéfaction que son interlocuteur ne savait rien de ce dont il parlait. L’opinion était faite désormais sur l’Allemand pédantesque et suranné; et, sans qu’on la connût, sa musique fut jugée détestable. Mais l’attention de cette trentaine de jeunes gens, aux yeux railleurs, prompts à saisir les ridicules, avait été ramenée vers ce personnage bizarre, qui agitait avec des mouvements gauches et violents des bras maigres aux mains énormes, et qui dardait des regards furibonds, en criant d’une voix suraiguë. Sylvain Kohn entreprit d’en donner la comédie à ses amis.

La conversation s’était définitivement écartée de la littérature pour s’attacher aux femmes. À vrai dire, c’étaient les deux faces d’un même sujet: car dans leur littérature il n’était guère question que de femmes, et dans leurs femmes que de littérature, tant elles étaient frottées de choses ou de gens de lettres.

On parlait d’une honneste dame, connue dans le monde parisien, qui venait de faire épouser son amant à sa fille, pour mieux se le réserver. Christophe s’agitait sur sa chaise et faisait une grimace de dégoût. Kohn s’en aperçut; et, poussant du coude son voisin, il fit remarquer que le sujet semblait passionner l’Allemand, qui sans doute brûlait d’envie de connaître la dame. Christophe rougit, balbutia, puis finit par dire avec colère que de telles femmes il fallait les fouetter. Un éclat de rire homérique accueillit sa proposition; et Sylvain Kohn, d’un ton flûté, protesta qu’on ne devait pas toucher une femme, même avec une fleur… etc… etc… (Il était à Paris, le chevalier de l’Amour) – Christophe répondit qu’une femme de cette espèce n’était ni plus ni moins qu’une chienne, et qu’avec les chiens vicieux il n’y avait qu’un remède: le fouet. On se récria bruyamment. Christophe dit que leur galanterie était de l’hypocrisie, que c’étaient toujours ceux qui respectaient le moins les femmes, qui parlaient le plus de les respecter; et il s’indigna contre leurs récits scandaleux. On lui opposa qu’il n’y avait là aucun scandale, rien que de naturel; et tous furent d’accord pour reconnaître en l’héroïne de l’histoire non seulement une femme charmante, mais la Femme, par excellence. L’Allemand s’exclama. Sylvain Kohn lui demanda sournoisement comment était donc la Femme, telle qu’il l’imaginait. Christophe sentit qu’on lui tendait un panneau; mais il y donna en plein, emporté par sa violence et par sa conviction. Il se mit à expliquer à ces Parisiens gouailleurs ses idées sur l’amour. Il ne trouvait pas ses mots, il les cherchait pesamment, finissant par pêcher dans sa mémoire des expressions invraisemblables, disant des énormités qui faisaient la joie de l’auditoire, et ne se troublant pas, avec un sérieux admirable, une insouciance touchante du ridicule: car il ne pouvait pas ne pas voir qu’ils se moquaient de lui effrontément. À la fin, il s’empêtra dans une phrase, n’en put sortir, donna un coup de poing sur la table, et se tut.

On essaya de le relancer dans la discussion; mais il fronça les sourcils, et il ne broncha plus, les coudes sur la table, honteux et irrité. Il ne desserra plus les dents jusqu’à la fin du dîner; si ce n’est pour manger et pour boire. Il buvait énormément, au contraire de ces Français, qui touchaient à peine à leurs vins. Son voisin l’y encourageait malignement, et remplissait son verre, qu’il vidait sans y penser. Mais, quoiqu’il ne fût pas habitué à ces excès de table, surtout après les semaines de privations qu’il venait de passer, il tint bon et ne donna pas le spectacle ridicule que les autres espéraient. Il restait absorbé; on ne faisait plus attention à lui: on pensait qu’il était assoupi par le vin. En outre de la fatigue qu’il avait à suivre une conversation française, il était las de n’entendre parler que de littérature, – acteurs, auteurs, éditeurs, bavardages de coulisses ou d’alcôves littéraires: à cela se réduisait le monde! Au milieu de ces figures nouvelles et de ce bruit de paroles, il ne parvenait à fixer en lui ni une physionomie, ni une pensée. Ses yeux de myope, vagues et absorbés, faisaient le tour de la table lentement, se posant sur les gens et ne semblant pas les voir. Il les voyait pourtant mieux que quiconque; mais il n’en avait pas conscience. Son regard n’était point comme celui de ces Parisiens et de ces Juifs, qui happe à coups de bec des lambeaux d’objets, menus, menus, menus, et les dépèce en un instant. Il s’imprégnait longuement, en silence, des êtres, comme une éponge; et il les emportait. Il lui semblait n’avoir rien vu, et ne se souvenir de rien. Longtemps après, – des heures, souvent des jours, – lorsqu’il était seul et regardait en lui, il s’apercevait qu’il avait tout raflé.

Pour l’instant, il n’avait l’air que d’un lourdaud d’Allemand, qui s’empiffrait de mangeaille, attentif seulement à ne pas perdre une goulée. Et il ne distinguait rien, sinon qu’en écoutant les convives s’interpeller par leurs noms, il se demandait, avec une insistance d’ivrogne, pourquoi tant de ces Français avaient des noms étrangers: flamands, allemands, juifs, levantins, anglo ou hispano-américains…

Il ne s’aperçut pas que l’on se levait de table. Il restait seul assis; et il rêvait des collines rhénanes, des grands bois, des champs labourés, des prairies au bord de l’eau, de la vieille maman. Quelques convives causaient encore, debout, à l’autre bout de la salle. La plupart étaient déjà partis. Enfin il se décida, se leva, à son tour, et, ne regardant personne, il alla chercher son manteau et son chapeau accrochés à l’entrée. Après les avoir mis, il partait sans dire bonsoir, quand, par l’entrebâillement d’une porte, il aperçut dans un cabinet voisin un objet qui le fascina: un piano. Il y avait plusieurs semaines qu’il n’avait touché à un instrument de musique. Il entra, caressa amoureusement les touches, s’assit, et, son chapeau sur la tête, son manteau sur le dos, il commença de jouer. Il avait parfaitement oublié où il était. Il ne remarqua point que deux personnes se glissaient dans la pièce pour l’entendre. L’une était Sylvain Kohn, passionné de musique, – Dieu sait pourquoi! car il n’y comprenait rien, et il aimait autant la mauvaise que la bonne. L’autre était le critique musical, Théophile Goujart. Celui-là – (c’était plus simple,) – ne comprenait ni n’aimait la musique; mais cela ne le gênait point pour en parler. Au contraire: il n’y a pas d’esprits plus libres que ceux qui ne savent point ce dont ils parlent: car il leur est indifférent d’en dire une chose plutôt qu’une autre.

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