André Gide - La Symphonie Pastorale

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Un pasteur marié d'un petit pays du Jura tient un journal. Il recueille chez lui la jeune Gertrude, aveugle de naissance. Pendant plusieurs années, le pasteur fait au mieux pour élever cette pauvre jeune fille. Jusqu'au jour où il comprend qu'il est amoureux d'elle. Jacques, son fils, a deviné les sentiments de son père à l'égard de Gertrude. Le problème: il est lui-même amoureux de la jeune fille. Un roman d'amour et de raison.

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3 mai.

L’instruction religieuse de Gertrude m’a amené à relire l’Évangile avec un œil neuf. Il m’apparaît de plus en plus que nombre des notions dont se compose notre foi chrétienne relèvent non des paroles du Christ mais des commentaires de saint Paul.

Ce fut proprement le sujet de la discussion que je viens d’avoir avec Jacques. De tempérament un peu sec, son cœur ne fournit pas à sa pensée un aliment suffisant; il devient traditionaliste et dogmatique. Il me reproche de choisir dans la doctrine chrétienne «ce qui me plaît». Mais je ne choisis pas telle ou telle parole du Christ. Simplement entre le Christ et saint Paul, je choisis le Christ. Par crainte d’avoir à les opposer, lui se refuse à dissocier l’un de l’autre, se refuse à sentir de l’un à l’autre une différence d’inspiration, et proteste si je lui dis qu’ici j’écoute un homme tandis que là j’entends Dieu. Plus il raisonne, plus il me persuade de ceci: qu’il n’est point sensible à l’accent uniquement divin de la moindre parole du Christ.

Je cherche à travers l’Évangile, je cherche en vain commandement, menace, défense… Tout cela n’est que de saint Paul. Et c’est précisément de ne le trouver point dans les paroles du Christ, qui gêne Jacques. Les âmes semblables à la sienne se croient perdues, dès qu’elles ne sentent plus auprès d’elles tuteurs, rampes et garde-fous. De plus elles tolèrent mal chez autrui une liberté qu’elles résignent, et souhaitent d’obtenir par contrainte tout ce qu’on est prêt à leur accorder par amour.

– Mais, mon père, me dit-il, moi aussi je souhaite le bonheur des âmes.

– Non, mon ami; tu souhaites leur soumission.

– C’est dans la soumission qu’est le bonheur.

Je lui laisse le dernier mot parce qu’il me déplaît d’ergoter; mais je sais bien que l’on compromet le bonheur en cherchant à l’obtenir par ce qui doit au contraire n’être que l’effet du bonheur – et que s’il est vrai de penser que l’âme aimante se réjouit de sa soumission volontaire, rien n’écarte plus du bonheur qu’une soumission sans amour.

Au demeurant, Jacques raisonne bien, et si je ne souffrais de rencontrer, dans un si jeune esprit, déjà tant de raideur doctrinale, j’admirerais sans doute la qualité de ses arguments et la constance de sa logique. Il me paraît souvent que je suis plus jeune que lui; plus jeune aujourd’hui que je n’étais hier, et je me redis cette parole: «Si vous ne devenez semblables à des petits enfants, vous ne sauriez entrer dans le Royaume.»

Est-ce trahir le Christ, est-ce diminuer, profaner l’Évangile que d’y voir surtout une méthode pour arriver à la vie bienheureuse? L’état de joie, qu’empêchent notre doute et la dureté de nos cœurs, pour le chrétien est un état obligatoire. Chaque être est plus ou moins capable de joie. Chaque être doit tendre à la joie. Le seul sourire de Gertrude m’en apprend plus là-dessus que mes leçons ne lui enseignent.

Et cette parole du Christ s’est dressée lumineusement devant moi: «Si vous étiez aveugles, vous n’auriez point de péché.» Le péché, c’est ce qui obscurcit l’âme, c’est ce qui s’oppose à sa joie. Le parfait bonheur de Gertrude, qui rayonne de tout son être, vient de ce qu’elle ne connaît point le péché. Il n’y a en elle que de la clarté, de l’amour.

J’ai mis entre ses mains vigilantes les quatre évangiles, les psaumes, l’apocalypse et les trois épîtres de Jean où elle peut lire: «Dieu est lumière et il n’y a point en lui de ténèbres» comme déjà dans son évangile elle pouvait entendre le Sauveur dire: «Je suis la lumière du monde; celui qui est avec moi ne marchera pas dans les ténèbres.» Je me refuse à lui donner les épîtres de Paul, car si, aveugle, elle ne connaît point le péché, que sert de l’inquiéter en la laissant lire: «Le péché a pris de nouvelles forces par le commandement» (Romains VII, 13) et toute la dialectique qui suit, si admirable soit-elle?

8 mai.

Le docteur Martins est venu hier de la Chaux-de -Fonds. Il a longuement examiné les yeux de Gertrude à l’ophtalmoscope. Il m’a dit avoir parlé de Gertrude au docteur Roux, le spécialiste de Lausanne, à qui il doit faire part de ses observations. Leur idée à tous deux c’est que Gertrude serait opérable. Mais nous avons convenu de ne lui parler de rien tant qu’il n’y aurait pas plus de certitude. Martins doit venir me renseigner après consultation. Que servirait d’éveiller en Gertrude un espoir qu’on risque de devoir éteindre aussitôt? Au surplus, n’est-elle pas heureuse ainsi?…

10 mai.

À Pâques, Jacques et Gertrude se sont revus, en ma présence – du moins Jacques a revu Gertrude et lui a parlé, mais rien que de choses insignifiantes. Il s’est montré moins ému que je n’aurais pu craindre, et je me persuade à nouveau que, vraiment ardent, son amour n’aurait pas été si facile à réduire, malgré que Gertrude lui ait déclaré, avant son départ l’an passé, que cet amour devait demeurer sans espoir. J’ai constaté qu’il vousoie Gertrude à présent, ce qui est certainement préférable; je ne le lui avais pourtant pas demandé, de sorte que je suis heureux qu’il ait compris cela de lui-même. Il y a incontestablement beaucoup de bon en lui.

Je soupçonne néanmoins que cette soumission de Jacques n’a pas été sans débats et sans luttes. Le fâcheux, c’est que la contrainte qu’il a dû imposer à son cœur, à présent lui paraît bonne en elle-même; il la souhaiterait voir imposer à tous; je l’ai senti dans cette discussion que je viens d’avoir avec lui et que j’ai rapportée plus haut. N’est-ce pas La Rochefoucauld qui disait que l’esprit est souvent la dupe du cœur? Il va sans dire que je n’osai le faire remarquer à Jacques aussitôt, connaissant son humeur et le tenant pour un de ceux que la discussion ne fait qu’obstiner dans son sens; mais le soir même, ayant retrouvé, et dans saint Paul précisément (je ne pouvais le battre qu’avec ses armes), de quoi lui répondre, j’eus soin de laisser dans sa chambre un billet où il a pu lire: «Que celui qui ne mange pas ne juge pas celui qui mange, car Dieu a accueilli ce dernier.» (Romains XIV, 2.)

J’aurais aussi bien pu copier la suite: «Je sais et je suis persuadé par le Seigneur Jésus que rien n’est impur en soi et qu’une chose n’est impure que pour celui qui la croit impure» – mais je n’ai pas osé, craignant que Jacques n’allât supposer, en mon esprit, à l’égard de Gertrude, quelque interprétation injurieuse, qui ne doit même pas effleurer son esprit. Évidemment il s’agit ici d’aliments; mais à combien d’autres passages de l’Écriture n’est-on pas appelé à prêter double et triple sens? «Si ton œil…»; multiplication des pains; miracle aux noces de Cana, etc…) Il ne s’agit pas ici d’ergoter; la signification de ce verset est large et profonde: la restriction ne doit pas être dictée par la loi, mais par l’amour, et saint Paul, aussitôt ensuite, s’écrie: «Mais si, pour un aliment, ton frère est attristé, tu ne marches pas selon l’amour.» C’est au défaut de l’amour que nous attaque le Malin. Seigneur! enlevez de mon cœur tout ce qui n’appartient pas à l’amour… Car j’eus tort de provoquer Jacques: le lendemain je trouvai sur ma table le billet même où j’avais copié le verset: sur le dos de la feuille, Jacques avait simplement transcrit cet autre verset du même chapitre: «Ne cause point par ton aliment la perte de celui pour lequel Christ est mort.» (Romains XIV, 15.)

Je relis encore une fois tout le chapitre. C’est le départ d’une discussion infinie. Et je tourmenterais de ces perplexités, j’assombrirais de ces nuées, le ciel lumineux de Gertrude? Ne suis-je pas plus près du Christ et ne l’y maintiens-je point elle-même, lorsque je lui enseigne et la laisse croire que le seul péché est ce qui attente au bonheur d’autrui, ou compromet notre propre bonheur?

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