Jonathan Littell - Les Bienveillantes

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"En fait, j'aurais tout aussi bien pu ne pas écrire. Après tout, ce n'est pas une obligation. Depuis la guerre, je suis resté un homme discret; grâce à Dieu, je n'ai jamais eu besoin, comme certains de mes anciens collègues, d'écrire mes Mémoires à fin de justification, car je n'ai rien à justifier, ni dans un but lucratif, car je gagne assez bien ma vie comme ça. Je ne regrette rien: j'ai fait mon travail, voilà tout; quant à mes histoires de famille, que je raconterai peut-être aussi, elles ne concernent que moi; et pour le reste, vers la fin, j'ai sans doute forcé la limite, mais là je n'étais plus tout à fait moi-même, je vacillais, le monde entier basculait, je ne fus pas le seul à perdre la tête, reconnaissez-le. Malgré mes travers, et ils ont été nombreux, je suis resté de ceux qui pensent que les seules choses indispensables à la vie humaine sont l'air, le manger, le boire et l'excrétion, et la recherche de la vérité. Le reste est facultatif."Avec cette somme qui s'inscrit aussi bien sous l'égide d'Eschyle que dans la lignée de Vie et destin de Vassili Grossman ou des Damnés de Visconti, Jonathan Littell nous fait revivre les horreurs de la Seconde Guerre mondiale du côté des bourreaux, tout en nous montrant un homme comme rarement on l'avait fait: l'épopée d'un être emporté dans la traversée de lui-même et de l'Histoire.

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«Bien». J'allai faire mon paquetage. Puis je m'assis à une table et rédigeai une lettre pour Thomas, décrivant sans détours l'incident de la veille: Tu en discuteras avec le Brigadeführer, car je sais que Blobel ne fera rien, à part se couvrir. Il faut en tirer les conclusions appropriées, sinon cela risque de se reproduire. La lettre terminée, je la scellai dans une enveloppe et la mis de côté. Puis j'allai trouver Ries.

«Dites-moi, Ries, votre petit Kindersoldat, là, celui qui grince des dents. Comment s'appelle-t-il?» -

«Vous voulez dire Hanika? Franz Hanika. Celui que je vous ai montré?» – «Oui, c'est lui. Vous pouvez me le donner?» Il haussa les sourcils, interloqué. «Vous le donner? Pour quoi faire?» – «J'abandonne mon chauffeur ici; j'ai laissé mon ordonnance à Kiev, il m'en faut une autre. Et puis à Kharkov il y aura moyen de le caser à part, comme ça il n'embêtera plus personne». Ries avait l'air ravi: «Écoutez, Herr Hauptsturmführer, si vous êtes sérieux… Pour ma part, c'est bien volontiers. Je vais demander à l'Obersturmführer; je ne pense pas qu'il aura d'objections». – «Bien. Moi j'irai prévenir ce Hanika». Je le trouvai au mess, où il récurait des casseroles. «Hanika!» Il se mit au garde-à-vous et je vis qu'il avait un bleu sur une pommette. «Oui?» – «Je pars tout à l'heure pour Poltava puis Kharkov. J'ai besoin d'une ordonnance. Tu veux venir?» Son visage meurtri s'illumina: «Avec vous?» – «Oui. Ton travail ne changera pas beaucoup mais au moins tu n'auras pas les autres sur le dos». Il avait un air radieux, un enfant à qui on a fait un cadeau inespéré. «Va préparer tes affaires», lui dis-je.

Le voyage en camion jusqu'à Iagotine reste pour moi une longue divagation, un sombrement sans fin. Les hommes passaient plus de temps hors des camions à pousser que dans les cabines. Mais aussi terrible que fût la boue, l'idée de ce qui viendrait après les terrifiait encore plus. «On n'a rien, Herr Hauptsturmführer, vous comprenez, rien, m'expliqua un Feldwebel. Pas de sous-vêtements chauds, pas de pull-overs, pas de pelisses, pas d'antigel, rien. Les Rouges, eux, seront prêts pour l'hiver». – «Ce sont des hommes comme nous. Eux aussi auront froid». – «C'est pas ça. Le froid, ça se gère. Il faut du matériel, et eux, ils l'auront. Et même s'ils ne l'ont pas ils sauront improviser. Eux ça fait toute leur vie qu'ils vivent avec ça». Il me cita un exemple frappant qu'il tenait d'un de ses Hiw i: dans l'Armée rouge, les hommes touchaient des bottes deux tailles au-dessus de leur pointure. «Avec le gel, les pieds gonflent, et puis ça laisse encore de la place pour les fourrer de paille et de papier journal. Nous, on a des bottes à notre pointure. La moitié des hommes va se retrouver au Revier avec les doigts de pieds amputés».

Arrivé à Iagotine, j'étais tellement crotté que le sous-officier responsable de la gare ne reconnut pas mon grade et m'accueillit par une bordée d'injures parce que je traînais de la boue dans sa salle d'attente. Je posai mon paquetage sur un banc et rétorquai durement: «Je suis officier et vous n'avez pas à me parler comme ça». Je ressortis rejoindre Hanika, qui m'aida à me rincer un peu à une pompe à main. Le sous-officier se confondit en excuses lorsqu'il vit mes pattes de col, qui étaient toujours celles d'un Obersturmführer; il m'invita à prendre un bain et à dîner. Je lui remis la lettre pour Thomas, qui partirait avec le courrier. Il me logea dans une chambrette pour officiers; Hanika dormit sur un banc dans la salle d'attente, avec des permissionnaires qui attendaient le train de Kiev. Le chef de station me réveilla en pleine nuit: «Il y a un train dans vingt minutes. Venez». Je m'habillai à la hâte et sortis. La pluie avait cessé mais tout dégouttait encore, les rails brillaient sous les tristes lampadaires de la gare. Hanika m'avait rejoint avec les paquets. Puis le train arriva, ses freins grinçant longuement, par à-coups, avant l'arrêt. Comme tous les trains se rapprochant du front, il était à moitié vide, on avait le choix des compartiments. Je me recouchai et me rendormis. Si Hanika grinça des dents, je ne l'entendis pas.

Lorsque je me réveillai nous n'avions même pas dépassé Lubny. Le train s'arrêtait souvent, à cause d'alertes, ou pour laisser passer des convois prioritaires. Près des toilettes, je fis la connaissance d'un Major de la Luftwaffe, qui rentrait de permission pour rejoindre son escadron à Poltava. Cela faisait cinq jours qu'il avait quitté l'Allemagne. Il me parla du moral des civils du Reich, qui restaient confiants bien que la victoire se fît attendre, et très aimablement nous offrit un peu de pain et de saucisson. Aux gares aussi on trouvait parfois de quoi grignoter. Le train avait son propre temps, je ne me sentais pas pressé. À l'arrêt je contemplais longuement la tristesse des gares russes. Les équipements à peine installés paraissaient déjà vétustes; les ronces et les herbes folles envahissaient les voies; çà et là, même en cette saison, on apercevait l'éclat de couleur d'une fleur tenace, perdue parmi le gravier imbibé d'huile noire. Les vaches qui traversaient placidement semblaient chaque fois surprises lorsque la sirène mugissante d'un train venait déranger leur méditation. Un gris terne de boue et de poussière recouvrait tout. Sur les chemins longeant les rails, un gamin crasseux poussait un vélo rafistolé, ou bien une vieille paysanne clopinait vers la gare pour tenter d'y vendre quelques légumes moisis. Je me laissai envahir par les ramifications sans fin du système des voies, des aiguillages contrôlés par des manœuvres abrutis et alcooliques. Aux gares de triage, on voyait attendre des files interminables de wagons sales, graisseux, boueux, chargés de blé, de charbon, de fer, de pétrole, de bétail, toutes les richesses de l'Ukraine occupée saisies pour être envoyées en Allemagne, toutes ces choses dont les hommes ont besoin, déplacées d'un endroit à un autre selon un plan de circulation grandiose et mystérieux. C'était donc pour cela qu'on faisait la guerre, pour cela que les hommes mouraient? Or même dans la vie de tous les jours il en est ainsi. Quelque part, un homme perd son existence, couvert de poussière de charbon, dans les profondeurs étouffantes d'une mine; ailleurs, plus loin, un autre se repose au chaud, revêtu d'alpaga, enfoncé avec un bon livre dans un fauteuil, sans jamais songer d'où et comment lui viennent ce fauteuil, ce livre, cet alpaga, cette chaleur. Le national-socialisme avait voulu faire en sorte que chaque Allemand, à l'avenir, puisse avoir sa part modeste des bonnes choses de la vie; or, dans les limites du Reich, cela s'était révélé impossible; ces choses, maintenant, nous les prenions aux autres. Cela était-il juste? Tant que nous en avions la force et le pouvoir, oui, car en ce qui concerne la justice, il n'y a pas d'instance absolue, et chaque peuple définit sa vérité et sa justice. Mais si jamais notre force faiblissait, si notre pouvoir flanchait, alors il faudrait subir la justice des autres, aussi terrible soit-elle. Et cela aussi serait juste.

À Poltava, Blobel m'envoya à l'épouillage dès qu'il me vit. Puis il me renseigna sur la situation. «Le Vorkommando a pu entrer à Kharkov le 24, avec le IVe corps d'armée. Ils ont déjà établi un bureau». Mais Callsen manquait absolument d'hommes et demandait d'urgence des renforts. Pour le moment, toutefois, les routes étaient bloquées par les pluies et la boue. Le train n'allait pas plus loin car les voies devaient être remises en état et élargies, et cela, aussi, ne pourrait se faire que lorsque les déplacements redeviendraient possibles. «Dès qu'il gèlera vous vous rendrez à Kharkov avec quelques autres officiers et des troupes; le Kommandostab vous rejoindra un peu plus tard. Le Kommando entier prendra ses quartiers d'hiver à Kharkov».

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