Simenon, Georges - L'écluse n°1

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Quand on observe des poissons à travers une couche d’eau qui interdit entre eux et nous tout contact, on les voit rester longtemps immobiles, sans raison, puis d’un frémissement de nageoires aller un peu plus loin pour n’y rien faire qu’attendre à nouveau.
C’est dans le même calme, comme sans raison aussi, que le tramway 13, le dernier « Bastille-Créteil », traîna ses lumières jaunâtres tout le long du quai des Carrières. Au coin d’une rue, près d’un bec de gaz vert, il fit mine de s’arrêter, mais le receveur agita sa sonnette et le convoi fonça vers Charenton. Derrière lui, le quai restait vide et stagnant comme un paysage du fond de l’eau. A droite, des péniches flottaient sur le canal, avec de la lune tout autour.
Un filet d’eau se faufilait par une vanne mal fermée de l’écluse, et c’était le seul bruit sous le ciel encore plus quiet et plus profond qu’un lac.
[http://www.amazon.fr/LEcluse-numéro-1-Georges-Simenon/dp/2253143154](http://www.amazon.fr/LEcluse-num%C3%A9ro-1-Georges-Simenon/dp/2253143154)

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— Ma femme est partie ce soir pour arranger les meubles dans ma maison.

— De quel côté ?

— Entre Meung et Tours.

Les quais étaient déserts. Jusqu’à la rue Saint-Antoine, on ne croisa que deux voitures. Le chauffeur baissa la glace.

— Où faut-il aller ?

Et Ducrau, comme s’il défiait quelqu’un :

— Vous me déposerez au Maxim.

C’est là qu’il descendit, en effet, lourd et buté, dans son gros complet bleu orné d’un brassard de crêpe. Le chasseur, qui devait le connaître, se précipita néanmoins.

— Vous entrez un moment, commissaire ?

— Merci.

Ducrau était déjà dans le tambour de la porte qui tournait, si bien qu’ils ne se serrèrent pas la main, n’eurent même pas le temps de se saluer.

Il était une heure et demie. Le chasseur demandait à Maigret :

— Taxi ?

Oui… Non… Boulevard Edgar-Quinet, il n’y avait personne, et le grand lit était parti pour la campagne. Maigret fit comme Ducrau : il alla coucher à l’hôtel, au bout de la rue Saint-Honoré.

Sa femme, qui était arrivée là-bas, dormait pour la première fois dans leur maison.

VII

Un piétinement lent et monotone venait encore du fond du cimetière, bien que la tête du cortège fût déjà à la grille. Et ce bruit de graviers écrasés, cette poussière qui étoffait l’air jusqu’à y mettre des arcs-en-ciel, la pesanteur de cette troupe en marche qui devait parfois marquer le pas, accroissaient encore l’impression de chaleur.

Calé contre la grille ouverte du cimetière, Émile Ducrau, tout en noir, avec du linge très blanc, s’épongeait de son mouchoir roulé en boule et serrait la main de tous ceux qui s’inclinaient. On n’aurait pas pu dire à quoi il pensait. Il n’avait pas pleuré, et même il n’avait cessé de regarder les gens comme s’il n’eût été pour rien dans cet enterrement. Son beau-fils, mince et correct, avait les yeux rouges. On ne voyait pas le visage des femmes sous le crêpe.

Le cortège avait encombré tout Charenton. Derrière les deux chars de fleurs et de couronnes marchaient des centaines de mariniers bien lavés, bien peignés, vêtus de bleu, la casquette à la main.

Ils saluaient maintenant, un à un, en sortant du cimetière, et balbutiaient des condoléances, après quoi on les voyait se former gauchement en groupes et chercher un café. Ils avaient des gouttes de sueur au front. On les sentait moites dans les grosses vestes croisées.

Maigret était sur le trottoir d’en face, devant l’éventaire de la fleuriste, à se demander s’il allait rester encore.

Un taxi s’arrêta près de lui. Un de ses inspecteurs en sortit et le chercha.

— Ici, Lucas.

— Il ne s’est rien produit ? Je viens d’apprendre que ce matin à huit heures et demie le vieux Gassin a acheté un revolver chez un armurier de la Bastille.

Il était là, Gassin, à cinquante mètres encore de la famille en rang. Il suivait le flot sans parler à ses voisins, sans impatience, l’œil morne.

Maigret l’avait remarqué auparavant, car c’était la première fois qu’il le voyait endimanché, la barbe taillée, avec du linge et un complet neufs. Avait-il enfin cessé sa neuvaine d’ivrognerie ? En tout cas, il était plus digne, plus calme. Il ne grommelait plus de syllabes entre ses dents, et c’était même un peu inquiétant de le voir aussi digne.

— Tu es sûr ?

— Certain. Il s’est fait expliquer le maniement de l’arme.

— Tout à l’heure, quand il sera un peu plus loin, tu l’arrêteras discrètement et me l’amèneras au commissariat.

En attendant, Maigret se hâta de traverser la chaussée et se campa à trois mètres à peine de Ducrau, qui en fut étonné. Il défilait toujours du monde, toujours des gens en bleu, au teint cuit, aux cheveux délavés. Le regard de Maigret croisa celui de Gassin qui approchait, mais le vieux ne manifesta ni surprise, ni contrariété.

Il prenait son tour. Il marquait le pas derrière les autres. Enfin, sans rien dire, il tendit sa vieille main ridée qui serra celle de son patron.

C’était tout. Il s’en allait. Maigret observa sa démarche et fut incapable de dire s’il avait bu ou non, car l’excès d’ivresse donne parfois cet excès de sang-froid.

L’inspecteur attendait au premier coin de rue. Maigret lui fit signe que oui et les deux hommes s’éloignèrent l’un derrière l’autre.

— Tu devrais passer rue du Sentier, à la maison qui est en face du bureau de poste, et acheter une centaine de mètres de corde à rideau… avait téléphoné, le matin, Mme Maigret.

Dans Charenton, on rencontrait des mariniers partout, et bientôt il y en aurait partout, endimanchés, dans tous les cafés des quais, depuis le canal jusqu’à Auteuil. Quelles avaient été les réactions du vieux Gassin quand l’inspecteur l’avait arrêté ? Maigret avait préféré s’en aller du côté contraire, et maintenant il ne savait pas dans quelle rue il se trouvait. On le hélait.

— Commissaire !

C’était Ducrau, qui était déjà à deux pas de lui, Ducrau qui avait quitté sa famille en deuil et écourté les condoléances pour se mettre à sa poursuite.

— Que fricote-t-on autour de Gassin ?

— Que voulez-vous dire ?

— Je vous observais tout à l’heure, quand votre inspecteur vous a parlé. On va l’arrêter ?

— C’est fait.

— Pourquoi ?

Maigret se demanda un instant s’il valait mieux parler ou non.

— Il a acheté un revolver, ce matin.

L’armateur ne dit rien, mais ses yeux devinrent tout petits, son regard dur.

— Je suppose que c’est pour vous ? continua le commissaire.

— C’est fort possible, grogna Ducrau en enfonçant sa main dans sa poche et en exhibant un browning.

Il riait avec défi.

— Vous m’arrêtez ?

— Ce n’est pas la peine. Il faudrait vous relâcher tout à l’heure.

— Et Gassin ?

— Gassin aussi.

Ils étaient dans une tache de soleil, au bord du trottoir, dans une rue étroite où les ménagères faisaient leur marché, et c’est là que, pensant aux deux hommes lâchés dans Paris, chacun avec un revolver, Maigret eut l’idée bouffonne qu’il avait l’air de jouer à Dieu le Père.

— Gassin ne me tuera pas, affirma l’armateur.

— Pourquoi ?

— Parce que !

Et changeant de ton :

— Voulez-vous venir déjeuner chez moi demain, à la campagne ? C’est à Samois.

— Je verrai. Je vous remercie quand même.

Il le laissa aller, lui et son revolver, et son faux col trop raide qui le gênait. Maigret était fatigué et il se souvint qu’il avait promis de téléphoner à sa femme pour lui dire s’il irait passer le dimanche avec elle. Mais il entra d’abord au commissariat. Du moins y faisait-il frais ! Le commissaire était parti déjeuner, et son secrétaire reçut Maigret avec empressement.

— Votre homme est dans la cellule de gauche. J’ai gardé ici le contenu de ses poches.

C’était posé sur un journal déployé : d’abord le revolver, qui était un revolver bon marché, à barillet ; ensuite une pipe en écume, une blague à tabac en caoutchouc rouge et un mouchoir bordé de bleu ; enfin un portefeuille roussi et mou que Maigret mania un moment avant de l’ouvrir.

Il ne contenait presque rien. Dans une pochette se trouvaient les papiers de la Toison-d’Or et la feuille de déclaration, avec la signature des éclusiers. Ailleurs, un peu d’argent, puis deux portraits, un de femme et un d’homme.

Le portrait de femme datait d’au moins vingt ans. L’épreuve, mal tirée, pâlissait, mais on distinguait encore les traits d’une femme jeune et mince, au sourire voilé qui rappelait le sourire d’Aline.

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